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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 22:38

Où ce sont les poules qui chasseraient les renards et les putois qui menacent les éléphants

Par Jean Tsadik © Metula News Agency


 
Voilà la Ména à nouveau obligée par l’actualité mal rapportée à jouer les redresseurs de torts. Une fois encore, après le raid d’un commando américain contre un objectif situé dans le village d’Al-Soukkariya, à l’intérieur du territoire syrien, le monde civilisé procède à l’inversion des rôles agresseurs-victimes.
 
Les media occidentaux font derechef preuve d’une insupportable ignorance doublée d’un manque crasse de curiosité. Or il suffisait de se poser des questions du niveau d’étudiants en première année de journalisme, de passer quelques minutes à rechercher sur la toile des bilans d’archives pour éviter d’ânonner les plus grosses inconséquences derrière les porte-parole de la junte des Al-Assad.
 
Il suffisait, par exemple, de recueillir un minimum d’informations sur la situation économique de la Syrie pour se montrer prudent avant de répéter l’affirmation de Damas, selon laquelle la plupart des victimes de l’opération étaient des "travailleurs étrangers".
 
Des travailleurs immigrés, dans un pays soumis à la loi martiale depuis 1963, qui n’accorde que très extraordinairement de permis de travail aux non-autochtones ? Qui avait envoyé un million de ses propres ouvriers au Liban, lui-même pas très riche, qui compte 3.5 millions d’habitants, pour ramener quelques devises en Syrie.
 
Un apport qui représentait l’une des ressources principales de l’oligarchie damascène, ainsi que l’une des raisons fondamentales pour refuser de cesser l’occupation du pays aux cèdres.
 
Une Syrie où, lors des périodes de sécheresse, dans des régions comme les provinces orientales, justement, les paysans meurent encore littéralement de faim. Où le PNB officiel par habitant avoisine les mille dollars, et où le chômage touche 20% de la population. Où ces chiffres sont encore très largement plus indigents, lorsque l’on s’éloigne de 550 km de la capitale.
 
Il n’était que de regrouper ces quelques données objectives et publiques, pour se demander ce qu’auraient bien pu faire de la main d’œuvre étrangère dans une ferme situées à huit kilomètres de la frontière irakienne.
 
Mais les pays civilisés du globe sont devenus si engoncés dans leur propre réalité, qu’ils ont perdu l’aptitude de concevoir l’évidence, à savoir que toute la planète n’est pas construite à leur image. Ils sont, de plus, mal desservis par des journalistes aux connaissances de plus en plus restreintes, aux bagages formel minimaux, paresseux de surcroît, plus prompts à émettre une opinion magistrale qu’à faire leur travail de journalistes.
 
Car pour évaluer à chaud si l’on avait plus de chances d’avoir affaire à des terroristes de la Djihad mondiale ou à des travailleurs immigrés, il fallait impérativement intégrer dans l’équation les 100 000 morts du terrorisme en Irak, depuis l’intervention alliée en 2003 [1].
 
Lors, quand on entend informer le public, et percevoir un salaire pour ce faire, on sait que les auteurs des centaines d’attentats en Babylonie ne sont, dans leur majorité, pas indigènes, et qu’ils ne transitent pas par l’Arabie Saoudite, ni par la Jordanie, dont les frontières sont pratiquement bouclées.
 
Pour massacrer autant d’innocents, il faut bien que les membres de l’Internationale Islamiste – à ne surtout pas confondre avec l’essentiel des musulmans ! – passent quelque part. Qu’ils jouissent d’une base arrière logistique sûre, de laquelle ils importent en Mésopotamie les armes, les munitions, l’argent et les volontaires maghrébins, libanais, palestiniens, afghans, saoudiens, soudanais, somaliens, égyptiens et européens, nécessaires à saboter la démocratie en genèse et la reconstruction.
 
Depuis la chute du tyran Saddam Hussein, ces terroristes transitant par l’Iran et la Syrie ont assassiné une moyenne de 55 personnes chaque jour. A coups d’attentats-suicides, de voitures et de camions piégés, de bombes télécommandées et de décapitations. Semblable performance exige, je vous l’assure, une sacrée profondeur stratégique, un arsenal bien fourni, et la collaboration active et totale de la dictature assadienne.
 
Dans ces conditions, et avant même de procéder à une investigation factuelle, à quelle profession les étrangers d’Al-Soukkariya avaient-ils le plus de chances d’appartenir ? Agriculteurs ou poseurs de bombes dans les marchés surpeuplés de Bagdad ?
 
Ensuite, lorsqu’on a un peu d’ontologie et de bouteille, on se pose des questions élémentaires concernant l’armée américaine. On se dit qu’en cinq ans de présence en Irak sans avoir jamais franchi la frontière syrienne, elle a inévitablement recueilli une foultitude de renseignements sur les activités d’Al-Qaeda en territoire assadien.
 
Il serait, à cet effet, grandement temps que les confrères tricolores cessent de prendre la plus grande armée du monde pour une bande d’arriérés. Non, quitte à vous surprendre, il n’y a pas que la Grande muette qui possédât un service de renseignement…
 
Et cinq ans, c’est, à n’en pas douter, un temps suffisant pour choisir consciencieusement sa cible. Pour ne pas s’en prendre, lors de son unique sortie, à une famille de paysans paisibles et à ses commis étrangers.
 
Car, pour croire les accusations proférées par Walid Mohalem, le ministre des Affaires Etrangères de la dictature de Damas, cela implique nécessairement de considérer les boys non seulement comme un ramassis de sadiques, mais, de plus, pour un gang d’imbéciles, dirigé par des généraux stupides et renseignés par des services impotents.
 
Un journaliste authentique se demande en quoi cela sert-il le Surge, le combat ravivé des alliés contre le terrorisme islamiste, d’assassiner des civils et des enfants, tout en épargnant leurs ennemis concentrés, à deux pas, dans la même région frontalière.
 
Les militaires américains ont-ils pour vocation d’alimenter la propagande antioccidentale de Damas et de Téhéran ? Un peu de sérieux, Messieurs les radoteurs, vous nous avez habitués aux questions similairement aberrantes à Gaza et en Cisjordanie, que vous ne vous posez plus avant d’inonder la France de vos obscénités !     
 
Qui, de votre allié américain, démocratique et transparent, ou de l’un des régimes les plus refermés et brutaux de la planète, doit-on croire, si l’on n’a pas d’excellente raison factuelle de mettre en doute la version des démocrates ?
 
Qui peut le plus naturellement participer à des "agressions criminelles et terroristes" comme les définit Mohalem ? Qui a le plus le profil de "criminels de guerre", de "terroristes" et "d'assassins", comme le braille la presse aux ordres de Damas ? Ceux qui arment le Hezbollah, détruisent l’indépendance du Liban et ont assassiné Rafic Hariri, ou ceux qui ont perdu plus de 4 000 hommes en affrontant le terrorisme islamiste rien qu’en Irak ? 
 
Lors des obsèques des terroristes, à proximité du lieu de l’attaque US, dans ce pays où toute réunion spontanée est passible d’emprisonnement, où des dizaines de défenseurs des droits de l’Homme croupissent enjôlés depuis plus de trente ans, les habitants brandissaient des pancartes sur lesquelles un commissaire politique avait écrit : "Mort au criminel Bush", "A bas l'Amérique et Israël", et "Nous ne nous mettrons pas à genoux devant les Américains !".
 
Une branche d’Al-Qaeda a cependant promis de venger ses combattants en faisant couler le sang des infidèles. La junte alaouite, quant à elle, s’est "réservée le droit de répondre à l’agression américaine", la même réserve qu’elle avait revendiquée après qu’Israël eut détruit son embryon de réacteur nucléaire et sa base de missiles chimiques, et dont on attend encore la fureur, un an après les faits.
 
Le correspondant de la Ména à Beyrouth, de même que nos fidèles amis kurdes irakiens, ont informé la rédaction de Métula que l’un des morts était le chef syrien de l’organisation chargée de faire passer les terroristes en Irak.
 
Un responsable US, peu disert, a seulement déclaré que les soldats yankees "avaient mené avec succès un raid contre des combattants étrangers". S’adressant à la CNN, il a ajouté "Quand se présente une importante opportunité, on la prend. C'est ce que les Américains attendent, particulièrement lorsqu'il s'agit de combattants étrangers entrant en Irak et menaçant nos forces armées".
 
Que les media français répètent mot pour mot les propos des officiels syriens, que CNN attribue généreusement son temps d’antenne à l’ambassadeur de Béchar Al-Assad auprès des Nations Unies, qui y tient, sans contradiction, le même discours que Mohalem, cela ne nous étonne pas vraiment.
 
CNN n’avait-elle pas affirmé, péremptoire, suite à l’annonce exclusive par notre agence du raid israélien en Syrie, que l’objectif des chasseurs-bombardiers de l’Etat hébreu était un convoi d’armes iraniennes à destination du Hezbollah ? Un convoi qui était passé par où, exactement ?
 
Ce qui nous a sidérés, à proprement parler, c’est la réaction de l’Elysée, déplorant "la perte de civils syriens" ? Sarkozy, qui nous avait accoutumés à plus de perspicacité, a exprimé la "vive préoccupation" de la France et a appelé en son nom à la "retenue".
 
Quel intérêt soudain le président français a-t-il à préserver les assassins qui terrorisent l’Irak ainsi que le régime dictatorial qui les héberge et qui les arme ? Etrangeté !
 
Qui se poursuit toutefois par l’adoption as is de la version Al-Assad, précisant que la France "souligne son attachement au strict respect de l’intégrité territoriale des États (…) et souhaite que toute la lumière soit faite sur cette opération qui a coûté la vie à plusieurs personnes, dont des enfants".
 
On se croirait revenu au temps exécré de la Chiraquie et de la prédominance discrétionnaire de la Rue arabe du Quai d’Orsay, propriétaire d’un "institut" au cœur de Damas.
 
Et nous suggérons vivement, de notre rocher qui essuie ses premières pluies de la saison, à M. Sarkozy, pour l’action duquel nous entretenons généralement un respect non feint, d’abandonner ce langage anti-atlantiste et totalement hors de propos qui nous rappelle Villepin.
 
De songer combien cette rhétorique de la lumière est dangereuse, qui, bien avant de s’appliquer à la poignée d’islamistes neutralisés à Al-Soukkariya, devra faire le jour sur le massacre par la soldatesque française d’un millier d’Africains non-armés devant l’Hôtel Ivoire à Abidjan. Et rendre publiques les pages des conclusions de la Commission Mucyo, détaillant la participation de la même armée au génocide d’un million de Tutsis.
 
En réservant que la France n’est en guerre ni avec la Côte d’Ivoire ni avec le Rwanda, que ni les Ivoiriens ni les Rwandais n’abattent 55 civils irakiens par jours, et, qu’enfin, ils ne menacent pas d’africaniser la Terre.
 
L’apothéose du communiqué de l’Elysée n’a toutefois été atteinte que lorsque le président de la République Nicolas Sarkozy y "adresse aux familles des victimes et à leurs proches toutes ses condoléances"
 
Sarkozy qui envoie sa sympathie aux familles des pires terroristes de la planète et à Oussama Ben Laden, voilà qui sort de l’ordinaire. M’est avis que le Président ne s’entend plus avec George W. Bush sur les mesures à prendre pour juguler la crise qui s’amplifie. D’où ces accents gaulliens et déplacés, ce qui constitue un pléonasme en soi, j’en conviens volontiers. Je ne vois pas d’autre explication.
 
Mais si M. Sarkozy se perd corps et biens dans la hâte d’une analyse aussi mal-fichue, comment voulez-vous que je critique l’ignorance, l’incurie et les drôles de partis-pris de mes confrères de l’Hexagone ?
 
 
 
Note :
 
[1] Selon diverses sources sérieuses que j’ai consultées, dont l’Associated Press, qui chiffre à 34 832 le nombre d’Irakiens tués d’avril 2005 à août 2008.

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Published by Pierre Bouskila - dans Metula News Agency©
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