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  • : La Chaine d'Union
  • : Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 08:34



Il y a d'excellentes raisons de penser que Barack Obama sera élu demain Président des Etats-Unis. Il y a aussi d'excellentes raisons de penser que cette élection sera une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis et pour le monde.
 
Certes, les sondages se sont resserrés depuis quelques jours. Pour la première fois depuis six semaines, l'un d'entre eux (Zogby, 31 octobre) donne John McCain vainqueur. Mais chaque sondage comprend inévitablement un risque d'erreur ; comme les méthodes sont différentes d'un institut à l'autre, le risque est réduit si l'on considère la moyenne des différents résultats plutôt qu'un sondage particulier. Or, au 1er novembre, la moyenne des sondages - pour plus de 250 sondages réalisés dans les six dernières semaines - donnait à Obama un avantage de 6,5 points sur McCain.
 
Rien ne permet de croire que les sondeurs puissent se tromper en bloc, d'une manière assez massive pour permettre à McCain d'espérer l'emporter. Il y a bien eu, dans le passé, des erreurs de 3 à 4 points de la moyenne des sondeurs. Reagan fut élu en 1980 alors qu'il était à la traîne des sondages au cours des dernières semaines. Bush, en 2000, fut élu comme l'annonçaient les instituts, mais avec moins de voix que Gore, alors que les derniers sondages le montraient en avance de 3 points. Mais dans ces deux cas, le nombre des sondages en cause était beaucoup plus réduit qu'il ne l'a été cette année.
 
Si McCain l'emportait mardi, les instituts devraient se poser des questions très sérieuses sur leurs méthodes et sur leurs préjugés. Il faudrait aussi se demander comment le candidat Républicain aura pu surmonter tous les désavantages structurels qui l'ont handicapé pendant la campagne : des coffres beaucoup moins remplis (McCain a accepté le financement public, accompagné de sévères limites sur la capacité à lever des fonds privés, alors qu'Obama a mené la campagne politique la plus chère de l'histoire de l'humanité) et des volontaires moins nombreux et moins bien organisés.
 
Si, au contraire, les sondeurs ont raison et Obama l'emporte, il y a peu de chances que les Etats-Unis et le monde en retirent tous les avantages que nombreux parmi nos collègues journalistes énumèrent chaque jour.
 
Laurent Murawiec a expliqué hier, dans ces colonnes, l'une des principales raisons qui permettent de douter qu'Obama fera un grand Président. La presse américaine, en surprotégeant le candidat de son cœur, est parvenue à empêcher presque entièrement l'une des opérations les plus importantes pour le bon fonctionnement de la démocratie : le processus par lequel les électeurs sondent les qualités et les défauts de chaque candidat et se font, avant de voter, une idée aussi précise que possible de son caractère.
 
Le caractère de Barack Obama recèle des forces que nous avons tous vues : il est éloquent, intelligent, gracieux dans les débats et résistant sous la pression. Il a aussi montré une remarquable habileté tactique dans la conduite de sa campagne. Mais Obama a aussi ses faiblesses, qui ont été soigneusement dissimulées pendant la campagne, et qui pourraient avoir une considérable influence sur son action de président.
 
L'homme qui se présente aujourd'hui en candidat de réforme et de réconciliation a montré un goût prononcé pour les coups tordus. Il est le produit de la machine politique de Chicago - aujourd'hui comme jadis probablement la plus corrompue des Etats-Unis - et n'a jamais fait preuve de la moindre indépendance face aux méthodes qui y ont cours.
 
Lorsqu'il s'est présenté au Sénat de l'Illinois, en 1996, il a utilisé une armée de juristes pour faire disqualifier, sur une technicalité, tous ses concurrents - y compris Alice Palmer, qui avait été la première à reconnaître les talents politiques du jeune Barack. Plus tard, en 2004, lors de sa campagne pour un siège au Sénat fédéral, deux de ses concurrents virent leurs dossiers de divorce - des dossiers confidentiels, gardés par l'administration de l'Etat de l'Illinois - mystérieusement fuités à la presse.
 


Cet excellent ouvrage de David Freddoso est l'un des rares à avoir examiné la carrière politique d'Obama dans les années 1990 à Chicago


 
De plus, Obama ne s'est inventé que très récemment son nouveau positionnement politique de centre gauche. Il a circulé, pendant plus de vingt ans, dans les milieux de l'extrême-gauche révolutionnaire et anti-américaine ; il est considéré par ces milieux comme leur plus grand espoir. Il fut le disciple de Saul Alinsky (théoricien de l'agitation marxiste) ; l'ami de Bill Ayers et Bernardine Dohrn (terroristes marxistes actifs dans les années 1960 et 1970, désormais professeurs d'université) ; le paroissien, pendant vingt ans, de Jermiah Wright, un pasteur convaincu que le sida a été inventé par le gouvernement américain pour exterminer les Noirs.
 
Tout cela ne prouve pas, bien sûr, qu'un Président Obama conduirait la politique de ces dangereux cinglés. Mais on ne peut pas échapper au choix suivant : soit Obama partageait les convictions de ces gens jusqu'à un âge avancé, auquel cas il ment probablement dans son centrisme actuel ; soit il ne partageait pas leurs convictions mais ne voyait pas de difficulté à les fréquenter, auquel cas on peut se poser des questions sur son jugement ; soit, enfin, il ne les a fréquentés que pour constituer une base politique qui le lancerait et qu'il pourrait trahir plus tard. La dernière explication est la plus rassurante, mais elle fait d'Obama un homme politique cynique, comme les autres, et non un Messie.
 
Enfin - et, à mon sens, surtout - Obama souffre d'un narcissisme criant, même par comparaison avec la moyenne des hommes politiques. Voilà un homme qui a exigé, avant d'avoir été élu, de parler devant la porte de Brandebourg à Berlin, comme les Présidents Kennedy et Reagan ; qui a annoncé que son élection « renverserait la montée des océans » ; qui a rédigé deux autobiographies à quarante-cinq ans, et qui proclame tous les jours qu'il va « changer le monde ».
 
Une telle démesure dans l'ego serait insupportable, même chez un homme qui aurait produit une œuvre importante ou dirigé une grande organisation. Mais Obama n'a jamais dirigé que des campagnes politiques ; il n'a rédigé ni lois importantes, malgré sa longue activité politique, ni articles juridiques, malgré ses diplômes et son long enseignement du droit. La maigreur de sa production et l'ampleur de son ego sont d'ailleurs probablement interactifs. Il a encore, à quarante-sept ans, l'arrogance égotiste des jeunes gens brillants qui n'ont pas testé la limite de leurs talents.
 
Il est impossible que ces trois faiblesses du caractère d'Obama n'aient pas d'effet sur son action future s'il est élu. Son goût pour les coups bas risque de polluer l'atmosphère politique américaine et de faire régner à Washington la peur et la méfiance. Sa proximité avec l'extrême-gauche se traduira nécessairement dans ses recrutements.
 
Elle donnera un poids démesuré au groupe le plus gauchiste du Congrès, le Congressional Progressive Committee, qui veut réduire fortement les dépenses militaires, augmenter les impôts et faire intervenir massivement le gouvernement dans la gestion de l'économie. Enfin, le narcissisme d'Obama peut le conduire à éviter les sujets difficiles, ou à les traiter par un beau discours plutôt que par des actions toujours imparfaites. Il peut lui faire préférer, sur la scène internationale, l'adulation du monde à la défense rigoureuse des intérêts nationaux - et donc à céder trop facilement, négociation après négociation, aux concurrents ou aux ennemis de l'Amérique.
 
Les défauts de caractère du probable futur Président risquent donc de l'entraîner sur une route qui l'éloignera du peuple américain, un peuple qui reste majoritairement de centre droit et attaché à la défense de ses intérêts nationaux. Mais la situation sera presque certainement rendue encore plus grave par le caractère de celui qu'Obama a choisi pour colistier, le sénateur Joe Biden.
 
Obama a des défauts, mais Biden tient une pathologie. Voilà un homme qui, au cours de son débat avec Sarah Palin, a évoqué l'époque où « avec les Français, nous avons chassé le Hezbollah du Liban »...
 
Qui a nié que le candidat Obama avait affirmé qu'il rencontrerait Ahmadinejad, alors que le site d'Obama lui-même affiche officiellement cette position. Qui a invité les auditeurs à venir dîner avec lui dans un restaurant de sa circonscription, fermé depuis vingt ans. Qui a affirmé que sept ans de guerre en Afghanistan avaient seulement coûté autant que trois semaines de guerre en Irak (le vrai chiffre est vingt fois supérieur). Et qui va jusqu'à mentir sur son histoire familiale, affirmant, contre les faits, qu'il est le premier de sa famille à être allé à l'université, qu'il a eu des ancêtres mineurs de charbon en Pennsylvanie, ou que sa première femme, morte dans un accident de voiture, a été tuée par un conducteur ivre (l'homme était sobre).
 
La presse américaine, qui a examiné chaque déclaration de Sarah Palin au microscope, en espérant la faire passer pour une réactionnaire attardée, ne semble avoir aucun problème à la perspective de voir un mythomane clinique accéder un jour à la présidence. Il n'est pourtant pas difficile de prédire que cette pathologie ne va pas disparaître si Biden est élu, et ne peut pas contribuer à la réussite d'une présidence Obama.
 
Tous ces facteurs font peser le risque important que la probable présidence Obama ne soit pas, pour les Américains, une présidence réussie. Pour le reste d'entre nous, l'avenir ne s'annonce pas beaucoup plus riant.
 
On entend et on lit beaucoup que l'élection d'Obama « restaurera l'image des Etats-Unis dans le monde ». Cette affirmation est curieuse. Il y a bien eu, naguère, en 2003-2004, une crise sérieuse des relations entre les Etats-Unis et certains de leurs alliés, notamment en Europe. Mais, pour ceux qui l'auraient oublié, cette crise s'est terminée lorsque les deux pays les plus agressifs du camp anti-américain - l'Allemagne et la France - ont élu de nouveaux dirigeants pro-américains, qui ont rétabli des relations normales avec le Président Bush.
 
D'autres alliances américaines - avec le Japon ou l'Europe de l'Est, par exemple - n'avaient jamais faibli. Au cours des dernières années, les Etats-Unis ont renforcé leur amitié avec les pays arabes traditionnellement alliés. On voit donc mal ce qu'il y a encore à « restaurer » chez les alliés de l'Amérique. Le seul groupe actuellement hostile à l'Amérique de Bush, et qui pourrait être réconcilié avec l'Amérique d'Obama, est formé des classes bavasseuses de l'intelligentsia européenne. Heureusement, le poids de ces gens dans les affaires du monde est égal à zéro.
 
Et si la petite phrase sur la « restauration de l'image de l'Amérique » ne s'applique pas aux alliés des Etats-Unis, mais à leurs ennemis - alors, on peut se faire beaucoup de mauvais sang. Car la Russie ou l'Iran ne sont pas hostiles à Bush, mais aux Etats-Unis.
 
Contrairement aux intellectuels européens, ils ne passent pas leur temps à se moquer du cow-boy texan : ils travaillent à réduire la puissance américaine et à augmenter la leur propre. La seule façon dont Obama pourrait « améliorer les relations » entre son pays et ces ennemis serait d'accepter l'affaiblissement des Etats-Unis - en réduisant la présence militaire américaine à l'étranger, en acceptant de perdre encore plus de temps que l'Amérique n'en perd déjà dans des discussions stériles à l'ONU, et, surtout, en réduisant la protection que l'Amérique fournit à ses alliés contre leurs agresseurs.
 
Le monde semble convaincu qu'un tel affaiblissement américain sera, au moins dans un premier temps, la politique d'un Président Obama. Les chefs d'Etats et de gouvernements les plus anti-américains - Poutine, Ahmadinejad et Chavez - ont tous souhaité publiquement sa victoire. A l'inverse, les sondages montrent que l'opinion publique souhaite la victoire de McCain dans quatre pays : la Géorgie, l'Irak, Israël et les Philippines.
 
Ces quatre pays ont tous une chose en commun : ils sont menacés par le terrorisme ou par des voisins agressifs et ils comptent sur leur alliance avec les Etats-Unis pour ne pas être emportés. Quand l'élection d'un candidat est souhaitée par vos ennemis et redoutée par les alliés qui comptent sur votre aide, il faut effectivement se poser des questions.
 
Il n'est pas certain qu'Obama sera aussi faible qu'Ahmadinejad et Poutine le souhaitent, mais il est certain que les ennemis des Etats-Unis l'espèrent. Il est donc inévitable qu'ils chercheront à le jauger dans les premiers mois de sa présidence. Joe Biden a, récemment, publiquement reconnu qu'il y aurait une crise internationale majeure « dans les six mois » après l'élection d'Obama, dans le seul but de tester le nouveau Président.
 
Il est probable que, cette fois, Biden n'a pas fabulé. Plusieurs crises sont possibles : l'invasion d'un nouveau voisin par la Russie, une nouvelle vague d'attaques en Irak, coordonnée par l'Iran, une attaque simultanée d'Israël, venant de Gaza et du Liban, avec des armes améliorées, ou même une invasion de Taiwan par la Chine.
 
Si Obama est élu, quand ces crises se matérialiseront, celui qui y répondra ne sera pas l'Obama idéal que ses admirateurs ont inventé de toutes pièces. L'homme qui sera aux commandes ce jour-là sera l'Obama réel - avec ses qualités et ses défauts, son intelligence et son inexpérience, son éloquence et son narcissisme, sa souplesse d'esprit et ses préjugés. Espérons seulement que le monde ne regrettera pas, ce jour-là, de ne l'avoir pas connu plus tôt.
  
 
Metula News
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Published by Pierre Bouskila - dans Metula News Agency©
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