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  • : La Chaine d'Union
  • : Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:08


 
La planète passe à la couleur
 
L’Amérique a voté, l’Amérique a élu Barak Obama, propulsé à la Maison Blanche par 57 millions d’électeurs contre 52 millions à son adversaire. Remportant probablement la victoire dans 28 Etats, contre 22 à John McCain.
 
Quelles que soient nos préférences politiques, nos craintes pour l’avenir, nous commettrions une impardonnable erreur en passant à travers l’historicité de cette élection. Le choix d’Obama recèle plusieurs processus parallèles, attention alors à ne pas tout mélanger ; les priorités domestiques, la crise économique, la politique étrangère et la sécurité du monde ne doivent pas faire d’ombre à la cooptation du premier homme de couleur au rang de personnalité la plus importante et la plus puissante de la planète.
 
Seule une très grande démocratie pouvait exprimer concrètement cette préférence. Elle matérialise enfin l’égalité entre tous les hommes, met un point final aux scories de la Controverse de Valladolid, donne rétroactivement un sens aux souffrances endurées par les Africains, "importés" en Amérique dans des navires à bestiaux, exploités comme esclaves tels des bêtes de somme.
 
Aux USA, certes, mais également en Amérique du Sud, en Europe et dans le monde arabe. Depuis la nuit dernière, les gens de couleur ont non seulement une âme, mais ils sont encore reconnus capables par leurs pairs de mener les affaires du monde. Le gnome Adolf, qui ne leur serrait pas la main par peur de la contagion, a grillé une seconde fois devant son bunker.
 
Surtout, que personne ne doute un seul instant de l’impact immédiat que le choix d’Obama aura sur les vieux réflexes racistes ! Depuis cette nuit, parler de l’égalité entre les races n’est plus la prérogative des humanistes éclairés, c’est un fait avéré.
 
Tout comme les Etats-Unis, tant critiqués, avec leur peine de mort, leurs armes à feu, leurs télé-évangélistes et leurs dispositions ringardes sur l’IVG, ont montré aux autres peuples, que le problème de la couleur de la peau d’une personne n’en était pas un chez eux.
 
Tout aussi important, peut-être, la démonstration s’est déroulée en douceur, les démons racistes sont restés enfermés dans leurs bouteilles. La noirceur de Barak Obama n’a jamais occupé le moindre espace dans le débat, ce n’est donc pas hier que les Américains ont franchi le cap des vieux préjugés, car hier, ils n’existaient déjà plus.
 
C’est à peine si l’on est désormais capable de se rappeler que l’abolition de l’esclavage n’a pas encore fêté ses 150 ans. Qu’au XXème siècle, dans certains Etats, on pendait encore des "nègres" à "la plus haute branche de l’arbre le plus proche" pour avoir regardé une femme blanche à hauteur d’yeux.
 
Dans le Tennessee, il y a vingt-cinq ans, alors que je faisais mon apprentissage de pilote, mon moniteur avait cessé de m’adresser la parole après m’avoir vu inviter à danser une élève de Côte d’Ivoire au bal de l’école.
 
Maintenant il aura un président noir, et ça me fait sourire. C’est comme ouvrir toutes les fenêtres de sa maison, le matin, et respirer le bon air frais à pleins poumons. Le monde est moins injuste, ce mercredi, parce que les Américains lui ont donné une bonne leçon de choses.
 
 
A tort ou à raison
 
Les sondages à la sortie des urnes l’ont démontré : la préoccupation principale de 50% des Etasuniens relève de la situation économique.
 
Lors de l’interminable campagne électorale, les deux candidats se trouvaient dans un mouchoir de poche jusqu’à la semaine noire de la bourse américaine. Le mince avantage de McCain a fondu instantanément, et l’avance d’Obama, depuis, s’est faite irrattrapable.
 
Afin d’expliquer la victoire du Démocrate, on pourrait énumérer bien des facteurs, les américanologues s’y sont employés, sur toutes les chaînes de télévision, toute la nuit durant.
 
Certes McCain n’avait ni l’avantage de l’âge ni celui de la rhétorique, et il aurait pu beaucoup mieux gérer sa campagne. Mais il aurait perdu tout de même.
 
Ce ne sont pas les différences dogmatiques entre les deux prétendants qui ont fait pencher la balance, pas plus que la situation en Afghanistan ou en Irak, et encore moins les préoccupations relatives à l’avenir d’Israël.
 
Ce n’est pas moi qui le dit mais les mêmes sondages effectués devant les isoloirs. C’est la situation économique qui a fait sortir les Américains de chez eux et constituer les queues impressionnantes qu’on a vues devant les bureaux de vote.
 
C’est d’avoir entendu qu’un ami, qui travaillait chez General Motors depuis vingt ans, avait été licencié en un jour. C’est la florescence des affiches "A vendre. Propriété de la banque XY" sur les maisons de leur rue. C’est le jeune couple d’en-face, auquel on a enlevé la voiture car il avait cessé de payer ses traites.
 
C’est ce qui se déroule devant leurs yeux, qui a fait réagir les Américains, quoi de plus normal. Et dans ces conditions, McCain, avec son rêve américain pour tous était moins rassurant que celui qui parle de partager plus équitablement les ressources existantes. Dur de rêver et même d’imaginer l’avenir quand on a les jambes dans la mélasse jusqu’aux genoux.
 
Inutile de chercher à juger s’ils ont fait le bon choix ou s’ils se sont placés dans les mains du Diable. Ce qui est sûr, c’est que c’est sous la présidence d’un Républicain que le système a explosé, que les banquiers, qui leur faisaient la morale pour un dépassement de cinq cents dollars, en ont dilapidés des milliers de milliards, et que l’Etat est bien obligé de se porter garant de leurs folies pour empêcher la société de se désintégrer.
 
Il suffirait en effet qu’un établissement bancaire majeur, n’importe où sur terre, devienne insolvable pour entraîner un effet domino aux circonstances terrifiantes. C’est pour cela que tous les gouvernements sauvent leurs banques.
 
Mais c’est aussi le constat d’un échec cuisant et d’un procédé rageant, parce que profondément injuste et conduit avec nos économies.
 
Et même si les sénateurs Démocrates sont au moins aussi responsables que le gouvernement dans cette avalanche, il était hors de question, pour les Yankees, de reconduire les Républicains au Capitole.
 
Le sentiment de l’urgence de la situation économique est largement plus présent outre-Atlantique qu’en Europe, où nous avons toujours un temps de retard. Même si je doute qu’Obama pourra résoudre la crise, je n’hésite pas à jouer les propagateurs d’angoisses : les Américains ont tout-à-fait raison d’avoir peur ; la crise est là, elle est inéluctable, profonde, et nous allons tous passer un fort mauvais moment.
 
L’activité économique diminue partout, de jour en jour, inversement au nombre des licenciements qui lui, va croissant. Demandez aux industriels de votre région ce qu’il en est, et réservez une place numérotée dans l’Arche de Noé. Les autorités tentent d’éviter la panique en prenant des mesures rassurantes et sociales, mais ils font dans le cosmétique ; en vérité, le tsunami est terrible.
 
J’ai entendu certains experts financiers optimistes parler d’un creux de vague d’un an, moi je vois plutôt un marasme de trois, voire de quatre ans, juste en évaluant le temps que durent le flux, le reflux et la reconstruction de l’économie.
 
Juffa, éternel oiseau de mauvais augures ? Je n’en sais rien, je n’y suis pour rien, mais je peux vous dire, à propos de l’économie israélienne, reconnue pour être plus solide que la moyenne, qui a, par exemple, traversé sans même sourcilier la guerre de 2006, que les actions saines de la bourse de Tel-Aviv ont déjà perdu plus de 64% de leur valeur depuis le début 2008.
 
Lundi, j’ai reçu à Métula la visite de deux grands patrons de la high-tech israélienne, le secteur le plus porteur de notre économie. Ils prévoient que d’ici la même date en 2009, la moitié des sociétés de leur domaine auront mis la clef sous la porte.
 
"Vous comprenez, Stéphane, quel que soit votre produit, LE marché de la high-tech, c’est les Etats-Unis. Et s’ils cessent d’acheter, s’ils perdent leur pouvoir d’achat, si les banques ne financent plus leurs acquisitions, nous sommes cuits.". Je leur ai dit que je saisissais, ajoutant : "et c’est inévitable", eux me répondant : "ça a déjà commencé, nos ventes ont déjà diminué de 20%... et ça empire".
 
 
Une question de point de vue
 
En dépit de la préoccupation économique qui m’inquiète de plus en plus, ma plus grande crainte est toujours constituée par les efforts de dotation de l’Iran en armes atomiques.
 
Normal, je vis à Métula, au Moyen-Orient, et Ahmadinejad n’a de cesse de me rappeler son intention de m’éradiquer.
 
L’Amérique, c’est plus loin de Téhéran ; Jean Tsadik prévoit que la République Islamique sera capable d’envoyer ses missiles sur le continent américain dans un laps de 5 à 6 ans. Cela leur laisse un peu de temps, nous en possédons beaucoup moins.
 
De plus, toujours dans le but d’éviter l’affolement, les autorités US, comme leurs consœurs européennes et israéliennes, d’ailleurs, tentent de minimiser la menace islamiste. Elles s’y emploient en demeurant floues sur sa nature précise, qu’elles connaissent pourtant parfaitement.
 
Pour évoquer la différence de notre agenda de préoccupations, les Américains et moi, je prendrai l’exemple d’un grand paquebot. Dans mon cas, subissant l’anomalie de ma déviance professionnelle consacrée à la stratégie internationale, je me soucie de l’état de la coque, et, secondairement, des activités sociales qui se déroulent à bord.
 
Si je vois que nous nous dirigeons droit sur un banc d’icebergs, je sonne à la cloche d’alarme, j’informe le capitaine et les passagers.
 
Quant aux Américains moyens, qui ne voient pas la coque, qui ne savent pas évaluer sa solidité ni utiliser un radar, ils se préoccupent naturellement de ce qui se voit. L’état de l’intérieur du navire, ses réserves en nourriture, leur capacité à s’en procurer, comment continuer à payer sa cabine, etc.
 
De leur point de vue, qu’importe-t-il d’avoir une coque solide, si tout ce qui se trouve à l’intérieur est inutilisable ? Du mien, c’est "à quoi cela sert-il de vous occuper de socialités alors que votre coque est pourrie et que vous risquez de couler à tout moment ?".
 
Cela explique la raison pour laquelle la présidence de Barack Obama, dans la mer agitée que nous connaissons, avec les plages obscures de son passé et ses accointances, la vacuité de son discours, le risque, révélé par son colistier, qu’il se fasse flouer par les ennemis du monde libre m’apparaît infiniment périlleuse. Que j’aurais voté McCain, nonobstant la longue liste de nos divergences dans la façon d’aménager l’intérieur d’un paquebot.
 
Ceci dit, il existe une chanson très connue en Israël, qui dit "les choses que l’on voit de là-bas, on ne les voit pas d’ici", et, par la force des choses, vice-versa.
 
 
Peur pour Israël ?
 
Toujours, ce qui me semble naturel vu notre situation géopolitique. Je suis absolument certain, toutefois, que la menace iranienne est au moins autant dirigée contre l’Europe et les USA, que contre l’Etat hébreu. Mais j’ai appris à me soucier d’abord de mes intérêts, surtout lorsqu’ils sont existentiels et que, dans l’espace-temps, je suis menacé avant les autres.
 
L’innocence d’Obama m’inquiète, de même que ses longues fréquentations extrémistes antisémites et anti-israéliennes. Pour fournir une échelle de comparaison et donner matière à réflexion à ceux qui crient à la rumeur et prétendent que c’est sans importance, les théories des gens qu’Obama a côtoyés durant des décennies forment un mélange désavantageux de celles de Dieudonné et de la tribu-Ka.
 
Je déteste aussi les phrases qu’on lui prête à propos d’Israël, dont celles dissimulées du regard du public par les media Démocrates.
 
En bref, il serait surprenant que le nouveau Président se dévoile comme un ami sincère de mon pays. Et bien moins surprenant, s’il replaçait artificiellement notre conflit avec les Arabes au centre du calendrier international, et s’il se mettait, graduellement, à faire pression sur Jérusalem afin qu’elle fasse des concessions qui nous mettent en danger.
 
On sera fixé dès que Barack Obama formera son équipe gouvernementale ; dès qu’on connaîtra le nom du nouveau Secrétaire d’Etat, le nouveau chef à la Défense, aux renseignements, ainsi que son équipe de conseillers.
 
Il faut aussi craindre pour toute la région, et envisager la situation intenable qu’Obama y créerait s’il retirait subitement l’armée US d’Irak, comme il l’a promis durant sa campagne. Il faut être islamiste ou déséquilibré pour appeler de ses vœux semblable implosion trismégiste.
 
Il y a lieu toutefois de modérer ses appréhensions : en reconnaissant d’abord que les présidents américains ne prennent pas leurs décisions au milieu d’un vide politique. Washington est une mécanique complexe de pouvoirs et de contre-pouvoirs, et la marge de décision du Président est restreinte.
 
En matière proche-orientale, en raison de cette mécanique, un Président américain ne peut pas être farouchement anti-israélien. Certainement pas avec un parlement dont la majorité Démocrate compte parmi les meilleurs amis de l’Etat hébreu.
 
Pas non plus avec un électorat juif, dont Obama aura besoin s’il entend briguer un second mandat, et qui s’est prononcé à raison de plus de 75% en faveur de sa candidature. Un électorat représentant 3% en moyenne nationale, mais 0,001% dans le Vermont, et jusqu’à 30% dans les Etats qui fournissent le plus grand nombre de grands électeurs.
 
Dans ces conditions, un Président américain peut être "un peu proche d’Israël", ou "très", comme c’est le cas de George W. Bush.
 
Quant aux Juifs américains, ils ont donné la preuve de leur intégration A l’instar des originaires d’Italie, d’Allemagne ou d’Irlande, ils se sont mis à la décoration navale.
 
Ce à quoi il faut ajouter, avant de conclure, que les Israélites américains ont été les premiers et les meilleurs alliés de la communauté noire durant son émancipation. Au point que, jusqu’à l’émergence de Farrakhan, de sa nation de l’islam et d’autres mouvements extrémistes dans les années 70, les communautés noire et juive aux USA étaient pratiquement garantes l’une de l’autre, y compris lorsqu’il s’agissait de défendre le droit des Israélites de vivre dans leur patrie historique.
 
 
Metula News
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Published by Pierre Bouskila - dans Metula News Agency©
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