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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 16:04


Pour Israël, c’est l’histoire d’un barrage, et de savoir s’il tiendra

Par Sami El Soudi © Metula News Agency



 
Ce matin, ce sont quatre Qassam et quatre mortiers que les islamistes de Gaza ont tirés sur le territoire israélien du Néguev occidental. Ces tirs n’ont fait ni victimes ni dégâts mais l’une des roquettes a explosé à équidistance entre deux jardins d’enfants.
 
L’armée israélienne n’a pas riposté à ces attaques. Tout comme elle n’a pas répondu, hier, au tir d’une Katioucha sur Ashkelon.
 
Tsahal tente de ne pas attiser le feu, alors que nous nous trouvons dans à une délicate croisée de chemins. La première raison qui me semble guider la prudence des Israélien se trouve à Rafah, en Egypte.
 
Depuis quelques jours, des spécialistes occidentaux y sont à pied d’œuvre, occupés à l’installation d’appareils automatiques de surveillance du sous-sol de la frontière avec Gaza. On trouve des techniciens venus de différents Etats européens et des Etats-Unis.
 
Ils sont en train de placer des caméras, des senseurs et des sismographes destinés à indiquer aux Egyptiens l’occurrence du percement et la localisation d’un tunnel de contrebande à partir de la Bande.
 
Lorsqu’ils auront terminé leur travail d’installation, on prête à ces personnels la tâche de former les militaires de Hosni Moubarak au fonctionnement et à l’entretien courant des appareils.
 
On comprend qu’en présence de ces spécialistes, venus de pays qu’elle considère amis afin d’aider à juguler la contrebande d’armes à destination du Hamas, Jérusalem ne veut à aucun prix avoir à soutenir des échanges de feu qui pourraient menacer la sécurité des experts.
 
De plus, une délégation de la Résistance Islamique Damas-Gaza est arrivée au Caire. Elle doit donner son accord aux conditions de l’instauration d’un cessez-le-feu avec Israël pour une période d’un an.
 
Des sources proches de notre agence dans la capitale baignée par le Nil nous ont affirmé, ce dimanche soir, que l’organisation fondamentaliste pourrait fixer à jeudi prochain le début de la trêve qu’elle dit vouloir respecter.
 
On note à ce sujet les dissensions de plus en plus tranchées qui se confirment entre la direction de Gaza et celle agissant depuis Damas. Alors qu’Hanya, depuis Gaza, multiplie ses efforts en vue de voir aboutir la trêve, Khaled Mashal, de son côté, s’emploie à annoncer la victoire du Hamas lors de sa dernière confrontation avec l’Etat hébreu.
 
Sur sa lancée, Mashal dénonce les tentatives de neutralisation du conflit, appelant, au contraire, à la reprise des hostilités au nom d’Allah.
 
Sur le terrain, on assiste, pour la première fois, à des petites manifestations de civils réclamant au Hamas la fin des hostilités et la cessation des percements de tunnels à Rafah. Le souci de ces habitants, qui ont souvent perdu leur maison lors du dernier conflit, est de ne pas assister au renouvellement de l’offensive israélienne.
 
En apparence, la direction islamiste fait la sourde oreille à ces complaintes, enjoignant, de plus, aux mécontents de ne pas s’adresser aux journalistes sous peine de "punitions sévères". Plus en profondeur, toutefois, nous considérons que le soutien populaire dont l’organisation fondamentaliste jouissait avant Plomb fondu s’est considérablement effrité.
 
Nous ne doutons pas que s’il s’engageait dans un nouveau bras de fer, amenant de nouvelles destructions, et lors duquel il ne possède aucune chance de prendre le dessus sur ses ennemis, la population marquerait sa désapprobation en cessant totalement d’obéir aux directives du Hamas.
 
A ce propos, le second problème d’Hanya et Jabaari, après celui du renouvellement de leur arsenal et de la reconstitution de leur milice, consiste à combattre la participation des habitants au renseignement de l’ennemi.
 
En dépit des exécutions sommaires ayant frappé des dizaines de sympathisant de l’OLP, la collaboration avec les renseignements hébreux n’a pas diminué depuis la fin de la guerre, bien au contraire. Elle provient de la haine que conçoit une partie de la population à l’encontre du Hamas, des avantages promis par les agents israéliens, et du fait que tout le monde, à Gaza, fait deux constatations :
 
La première est que l’organisation intégriste a montré, durant Plomb fondu, qu’elle était totalement pénétrée par le renseignement adverse, jusqu’à ses secrets qu’elle croyait le mieux gardés. L’étendue de la connaissance qu’ont les Israéliens de tous les lieux d’activité des miliciens, mais aussi de leurs mouvements, en temps réel, prolonge l’état de choc et de suspicion générale au sein du Hamas.
 
Bien évidemment, cette constatation criarde provoque la défiance de la population et des miliciens de base. La seconde observation que fait l’homme de la rue, très au fait, à Gaza, de tout ce qui se passe, est que les personnes abattues par le bras séculier cagoulé des intégristes n’entretenaient aucune relation avec les Israéliens.
 
Elles n’ont été liquidées que pour l’exemple, afin de dissuader les vocations et pour se venger de l’humiliation subie sur des victimes à merci.
 
Les Gazaouis savent que les véritables informateurs sont toujours en place et qu’ils continuent à informer Tsahal. En début de semaine dernière, ses hélicoptères ont pulvérisé une nouvelle fabrique secrète d’armement qui venait d’être ouverte, en représailles d’une agression contre l’une de ses patrouilles.
 
Et puis, lorsque le Hamas met la main sur un indic, il organise une parodie de procès durant laquelle la balance fait publiquement son autocritique, dans le but de démontrer, avant sa mise à mort, la "puissance du régime" et ses capacités à dévisager les espions.
 
Ce ne sont pas des procès de ce genre qui ont précédé les éliminations sommaires. Et la population de Gaza, qui n’est ni plus ni moins intelligente qu’une autre, n’est pas dupe.
 
Ces jours d’après-guerre sont également ceux des révélations. Les ONG et les associations internationales enquêtant, l’énorme mise en scène des pseudo-pénuries qui n’ont jamais sévi est progressivement dévoilée.
 
A l’instar des bilans truqués, dans lesquels le nombre des victimes civiles – avec le concours d’observateurs internationaux ! – a été enflé au-delà de toute mesure, tandis que celui des miliciens morts et blessés était réduit dans les mêmes proportions.
 
A Djabalya, à propos de l’école de l’UNWRA qui aurait été attaquée par les Israéliens, provoquant la mort de 43 civils selon le Hamas, des journalistes d’investigation canadiens se sont aperçus sur place qu’il s’agissait, là aussi, d’une imposture, participant à la propagande mensongère de victimisation à outrance que les islamistes ont menée.
 
A en croire un cadre supérieur de l’UNRWA à Gaza, John Jing, les bombes israéliennes sont toutes tombées hors des bâtiments scolaires. Aucune personne se trouvant à l’intérieur du complexe onusien n’a été tuée.
 
A Chypre, dans le même temps, la fouille de la cargaison du paquebot russe battant pavillon cypriote, le Montchegorsk, a révélé aujourd’hui, outre des armes en provenance d’Iran, des équipements industriels pour la fabrication de roquettes.
 
Le navire avait été arraisonné par l’U.S Navy en Mer Rouge et forcé à mouiller à Limassol. L’opération a été montée en réalisation de l’accord passé entre Jérusalem et Washington pendant le conflit, et qui prévoit que les Américains tenteront d’intercepter les cargaisons d’armes à destination du Hamas avant même qu’elles n’atteignent le Sinaï égyptien.
 
Dans le cas où l’application de l’accord serait étendue, cela porterait, sans aucun doute, un coup conséquent à la capacité de nuire de la succursale gazaouie des Frères Musulmans.
 
Malgré l’annonce, qui vient de nous parvenir (à 18h locales), selon laquelle deux militaires israéliens ont été légèrement atteints, ce soir, par des shrapnels de Qassam, dans la région du kibboutz Shaar Haneguev, on voit qu’il n’est pas dans l’intérêt de Jérusalem de s’empresser à déclencher une nouvelle guerre. Ce que le Hamas sait aussi bien que les Israéliens et qu’il exploite au maximum.
 
La clé stratégique n’est pas à rechercher dans les provocations quotidiennes des miliciens, ni dans les hypothétiques ripostes des soldats. Pas plus que dans les Taadyé et trêves de tous genres. Ni dans les engagements ou dédits des organisations intégristes. La clé du calme ou de la guerre se situe dans la capacité de la communauté occidentale à verrouiller la contrebande d’armes à Rafah.
 
Car privés de roquettes, les miliciens islamistes et leurs chefs ne sont que des pantins éructants et gesticulants qui ne font peur à personne et qui n’intéressent qu’eux-mêmes.
 
L’Etat hébreu, à neuf jours de la tenue de ses élections générales, est en train de mesurer la capacité de l’Egypte, aidée en cela par des Etats comprenant l’importance des enjeux, à contenir le trafic d’armes. Dans le cas où elle a une chance concrète d’y parvenir, cela constituerait une erreur fondamentale de manquer de la patience de voir venir. Car les Israéliens se contenteraient volontiers du seul arrêt de la contrebande ; ils ne connaissent aucune autre nécessité pressante de contrer le Hamas à Gaza.
 
Ce qui n’est pas le cas de nous autres, les Palestiniens : tant que le drapeau vert djihadiste flotte sur Gaza ville, la vision de notre Etat indépendant demeure un projet irréalisable. Et les pourparlers dits de réconciliation nationale, qui vont s’ouvrir au Caire sous l’égide de Moubarak, ne sont que poudre aux yeux : la direction du Fatah à Ramallah ne cédera rien à ses ennemis islamistes. Elle veut les voir à genoux, puis quitter le pouvoir à Gaza en rampant. Des agendas en forme de lignes parallèles, qui, comme chacun le sait, ne se touchent jamais. Pas même au Moyen-Orient.
 
 
Metula News
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Published by Pierre Bouskila - dans Metula News Agency©
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