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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 14:03


 
La grande solitude
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

Autorisations de publier "La grande solitude" 
 N° : LGS493010/9SJ et LGS503010/9SJ


 
Si l’on veut savoir où l’on se trouve et, conséquemment, comment se comporter, il est nécessaire de regarder sa situation les yeux grands ouverts, surtout sans tenter de ne rien embellir ni dramatiser.
 
Toute autre attitude tient de l’autosuggestion ou de la propagande.
 
Partant de cette règle, force est de constater qu’Israël traverse une période de solitude dans ses relations internationales, tant au niveau des gouvernements que des peuples, dont on n’a pas souvenir depuis la création de l’Etat.
 
Parmi les nations civilisées, il n’y a guère que la Tchéquie qui fait exception à la pandémie de rejet qui nous frappe, et où l’on peut être à peu près certain de trouver un jugement équilibré relativement à la considération des questions nous concernant.
 
Il est vrai que l’amitié entre les Juifs et les Tchèques ne date pas d’hier, puisqu’à Prague, on trouve presque autant de musées consacrés au judaïsme, que de musées de toutes les autres sortes réunis. Ca n’est pas très étonnant, lorsque l’on constate que c’est la statue d’un rabbin qui trône sur la place centrale de cette ville.
 
Pas étonnant non plus, quand on fait l’effort de se rappeler que la majorité des dirigeants jugés lors des fameux procès de l’époque communiste étaient israélites. Et que la plupart d’entre eux avaient fait avancer la Tchécoslovaquie d’alors, en dépit de l’occupation soviétique.
 
Ici, en Israël, on n’oublie pas non plus que les premiers avions de chasses qui équipèrent notre armée de l’air, et participèrent à nous permettre de gagner notre indépendance, furent des Messerschmitt, fabriqués dans ce pays d’Europe centrale après la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de bonnes volontés et de sympathies pour notre cause furent nécessaires pour nous livrer ces appareils.
 
Au-delà de cette empathie, il existe d’autres points communs entre les deux nations, qui contribuent probablement à la solidité de cette relation privilégiée. Le plus important, à mon sens en tout cas, procède d’un "facteur d’impact" comparable : deux nations trop petites en nombre d’habitants pour devenir des grandes puissances, et, simultanément, trop présentes, historiquement, traditionnellement, industriellement et militairement pour passer inaperçues.
 
Rappelons, à propos de l’industriel et du militaire, qu’en 1939, les blindés fabriqués en Tchécoslovaquie, notamment les LT-35 et LT-38, étaient supérieurs à tous les chars manufacturés en Allemagne. Après le pillage de l’industrie tchèque par les nazis, entre autres du complexe Skoda, ces chars équipèrent des divisions entières de l’armée hitlérienne.
 
Beaucoup de politiciens et d’officiers hébreux ont, par ailleurs, construit notre armée en songeant aux paroles de Neville Chamberlain au sujet de la Tchécoslovaquie. Lorsque la France et la Grande-Bretagne, qui s’étaient pourtant engagées par traité à défendre les frontières de la démocratie tchèque, la livrèrent au contraire à Hitler, le 1er ministre anglais déclara que son pays n’allait tout de même pas risquer la guerre "pour ce pays lointain dont on ne connaît pas grand-chose".
 
Reste, qu’à l’exception de la Tchéquie et de la portion majoritaire de sa population, l’Etat hébreu cherche ses amis à la longue vue et au microscope. Et des relations décentes avec un pays de dix millions d’habitants ne suffisent certes pas à développer une stratégie diplomatique globale.
 
On pourrait assurément se dire que nous sommes (presque) les seuls justes sur Terre, mais cela ne participe pas d’une réflexion stratégique.
 
Ce genre de repli autarcique et narcissique mène au désastre, car plus aucun pays ne peut s’exclure totalement de la communauté des nations. Chacune est tributaire des autres pour ce qu’elle ne produit pas, tributaire des autres pour les relations commerciales et l’apport de devises, indissociable de la capacité à se défendre.
 
Au reste, les boîtes de vitesses de nos chars sont anglaises et tous nos avions sont américains. Sans eux et les pièces détachées qui les maintiennent en service, il nous faudrait affronter les Iraniens avec des arcs et des flèches. Ce, pour autant, encore, que l’on trouve sur place suffisamment de bois pour en faire.
 
Dans cet article, je ne me demande pas "pourquoi les autres ne nous aiment pas", question que les rédacteurs de notre agence traitent en abondance, mais "quelles sont les conséquences de ce désamour".
 
En vérité, elles sont terribles !
 
Essayez donc de prendre la parole devant un parterre de syndicalistes européens modérés – ce que je tente de faire au moins une fois l’an – qui n’ont pas lu la moindre ligne de ce que vous écrivez, qui ne connaissent rien de vos idées et de vos préférences, mais se contentent de réagir en ne considérant que le fait que vous êtes un intellectuel israélien. Vous saisirez alors immédiatement ce qu’est la haine, à quel point elle peut être profonde, et le peu qui lui est nécessaire pour qu’elle se déclenche.
 
Cette posture, aussi désagréable que représentative d’un état d’esprit largement répandu, traduit en fait une situation qui dépasse de très loin le seul isolement diplomatique.
 
Aujourd’hui, n’en déplaise à M. Attali, qui me semble débarquer d’une planète étrangère au système solaire, l’Etat hébreu doit faire face à un antagonisme quasi général, qui atteint également, et de plein fouet, les Israélites qui refusent la dénonciation automatique d’Israël.
 
Ceci suffit-il à décrire la pandémie actuelle comme une crise aigue d’antisémitisme ?
 
Absolument. D’une part, parce qu’il suffit de se promener en Europe pour s’apercevoir que toutes les institutions appartenant à la communauté israélite sont transformées en camps retranchés, et qu’elles sont gardées en permanence par des hommes en armes.
 
Ces mesures ont été prises en réponse à des centaines d’actes violents dirigés contre cette communauté, et non à titre préventif. Il faudrait que quelqu’un se portât volontaire pour conter à Jacques Attali le martyre d’Ilan Halimi, et des circonstances environnementales qui l’ont rendu possible.
 
Ca n’est pas, comme il ose le prétendre, un coup de propagande des sionistes.
 
S’il ne s’agissait encore "que" des agressions antijuives, on pourrait attribuer à une frange marginale et non-représentative de la société européenne des intentions antisémites.
 
Mais la situation est autrement plus sérieuse, car l’épidémie a déjà gagné les responsables politiques des grandes démocraties. Ce, de la manière la plus préjudiciable et incontestable que l’on puisse imaginer : l’acceptation d’une attitude d’exception à l’encontre d’Israël. La plus grave des formes de ségrégation.
 
Il existe aujourd’hui, au sommet des pyramides décisionnelles des démocraties, une façon de traiter les relations avec tous les Etats, et une autre, spécifique, de régenter les relations avec l’Etat d’Israël.
 
Une double mesure qui, disons-le une fois pour toutes, à haute et intelligible voix, n’a strictement rien à faire avec les actions de l’Etat hébreu.
 
Exemple, le traitement du rapport Goldstone au Conseil onusien des droits de l’Homme : le Conseil en question ne s’est penché, le plus arbitrairement du monde, que sur les allégations de crimes de guerre qu’aurait commis Tsahal à Gaza.
 
Avoir appliqué à Israël ce traitement unique, en l’épargnant au Sri-Lanka, au Soudan, à la Russie, aux Etats-Unis et ses alliés en Irak et en Afghanistan, à la France pour son rôle dans le génocide des Tutsis porte un nom, toujours le même : ségrégation.
 
Pour que le Théâtre-Guignol autour du rapport Goldstone ait un sens, il aurait fallu que l’examen des "actions" de l’armée française au Rwanda en 1994, ait également lieu, avec audition des témoins, à Genève et non à Kigali.
 
Il faudrait, de même, que les instances internationales définissent ce qu’est une riposte militaire disproportionnée, avant qu’elles ne l’appliquent à un seul Etat. L’invasion de la Géorgie par les chars de Poutine, après l’intervention de Tbilissi afin de rétablir l’ordre dans sa province d’Ossétie du Sud, était-elle proportionnée ?
 
A partir de combien de bombes que des terroristes tirent intentionnellement sur vos civils, après combien de morts au sein de ceux-ci, est-il "proportionné" de réagir militairement. Dans le cas d’Israël, huit mille roquettes tirées sur ses villes ont été considérées insuffisantes par l’ONU.
 
Il est évidemment plus important que ces questions soient posées devant le Conseil des droits de l’homme, réuni, chaque fois, en session extraordinaire pour traiter de ces choses, que de leur apporter des réponses dans l’urgence.
 
Plus important, non seulement pour Israël mais, pour que la préservation des droits de l’homme dans le cadre onusien recèle le moindre sens, de considérer pourquoi la Russie est-elle épargnée en Géorgie et en Tchétchénie, et pourquoi Israël est-elle seule à subir l’examen.
 
L’existence de cette autre ségrégation anti-israélienne, qui ne provoque aucun tollé parmi les nations dites démocratiques, démontre à elle seule à quel point la planète se moque toujours de la question des droits de l’homme, les démocraties n’ont aucune intention de lui apporter des solutions. Tant pis pour ceux qui souffrent d’en être privés, la majorité des êtres humains, la priorité appelle à participer à la stigmatisation d’Israël.
 
Tant pis pour les Tamouls, les Tibétains, la population Nord-coréenne, les femmes qu’on excise toujours à tours de bras, les homosexuels qu’on pend au bout des grues en Iran, et qu’on décapite à la Mecque, les condamnées chinois, qu’on exécute d’une balle dans la nuque à l’issue de procès sommaires. Tant pis pour ces milliards d’individus privés de Goldstones ; il faut condamner Israël.
 


 


 

Rosanna Al-Yami :
60 coups de fouet parce qu’elle est correspondante d’une chaîne ayant commis une impudicité.



Les droits de l’homme trop occupés à condamner Israël 


En Arabie Saoudite, cette semaine, une consœur a été condamnée par un "tribunal" à soixante coups de fouet. Son crime ? Etre la correspondante dans le royaume de la chaîne de TV libanaise LBC, qui a retransmis les confessions impudiques d’un homme d’affaires saoudien.
 
Il va sans dire que l’infortunée journaliste n’a pas participé à cette émission, mais qu’importe ! Ceux qui croyaient naïvement que l’un des droits fondamentaux et universels de la personne consiste à ne pouvoir être poursuivi que pour les actes qu’elle a commis, en seront pour leurs frais.
 
Rosanna Al-Yami a refusé de faire appel, craignant une peine alourdie. Un détail encore : la famille régnante à Riad est copropriétaire de la LBC, ce qui a probablement poussé le souverain, devant lequel Obama s’est courbé, à gracier la jeune femme juste avant l’exécution de la sentence.
 
La plupart des condamnés en Arabie n’ont pas cette chance, et s’en trouvent physiquement mutilés par un système juridique de pacotille.
 
Mais, pardon Rosanna, l’ONU ne se penchera pas sur la façon dont on rend la justice dans ton pays, elle est occupée à dénoncer Israël.


La grande solitude (suite et fin) (info # 012910/9) [Analyse]
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency
 
La non-ingérence dans les affaires des autres, sous la présidence de Barack Obama, est devenue un axiome-guide de politique étrangère. Le président l’a modulé avec force, lors de son discours aux musulmans prononcé au Caire.
 
On n’essaie plus de démocratiser les régimes, on n’impose pas l’exemple démocratique, mais surtout, on laisse les autocraties faire leur popote domestique et gérer les conflits à leur guise. Même si des hectolitres de sang débordent de la marmite.
 
Cette règle est respectée par tous, surtout au Quai d’Orsay, où on se prosterne devant elle depuis des décennies.
 
Non-ingérence et dédain pour l’individu broyé dans des systèmes inhumains, oui, sauf dans le cas d’Israël.
 
Mais qui donc aurait l’idée de descendre dans la rue, à Paris, Londres ou New York, pour protester contre l’auteur des confessions coquines sur la LBC, condamné, lui, à cinq ans de prison et un millier de coups de fouet. Inutile de vous dire que la peine de prison ne sera pas purgée, personne n’ayant résisté à autant de lacérations.
 
Avant d’être sensibilisé par pareilles injustices, encore faudrait-il savoir qu’elles ont lieux. Or quelle chaîne européenne "perdrait son temps", risquant, de surplus, une remontrance des Affaires Etrangères, une hausse du prix du pétrole, un retrait des investissements des dictateurs, à narrer ce genre d’"incidents" dans ses JT principaux ?
 
C’est exactement ce qui arrive à la Confédération helvétique, qui est intervenue afin de faire cesser les mauvais traitements, infligés sur son sol, par la famille Kadhafi à ses serviteurs. D’ailleurs, la Confédération a présenté des excuses officielles au colonel ; les dictateurs de tous poils peuvent ainsi revenir à Genève et y battre leurs esclaves à mort, personne ne regardera. Rien à voir avec les droits de l’homme.
 
On a bien trop à faire à noircir Israël pour s’attarder sur ce genre d’incidents bénins à la télévision. Cela, c’est permis, c’est sans danger et même bien considéré. Si l’on ne trouve pas de bavure israélienne à généraliser, on peut les inventer, demandez à Thierry Thuillier ou à Enderlin comment on procède, ils en connaissent un bout sur la question.
 
La stigmatisation de la nation d’Israël, forcément antisémite, génère des regroupements de "confrères", signant des pétitions pour "le droit de critiquer Israël", ou, jurant, sur la tête de leurs mères, dans l’Obs, avoir vu les images pourtant inexistantes de Mohamed foudroyé par les balles des soldats israéliens.
 
Ces plumitifs trouvent héroïque de réclamer le droit le plus usité dans la presse française, section internationale, et que personne, ni en Israël ni en France, ne leur a jamais refusé. Ce doit être la première fois, à ma connaissance, que des individus lettrés exigent un droit qu’ils possèdent déjà, que personne ne leur conteste, et qu’ils ressentent de l’héroïsme à marcher dans le troupeau commun, à paître et à bêler avec lui.
 
Il est évident, vu de Métula, que ces pétitions n’en sont pas vraiment, mais qu’elles sont des démonstrations de force, visant à intimider ceux qui ne sont pas encore couchés sur le ventre devant eux, caprinés antijuifs, lobotomisés et castrés. Et aussi à intimider la justice, directement, au cas où elle entendrait considérer avec indépendance l’imposture pyromane de Charles Enderlin et de FR2.
 
Comme si le nombre de signataires circonscrivait l’étendue de leur ignominie !
 
Mais pourquoi ces antisémites primaires – tous ceux qui ont signé au moins l’une de ces pétitions, sans la moindre exception - se gêneraient-ils, alors que leur pays s’abstient de voter contre le Rapport Goldstone ?
 
Alors que le journaliste faussaire, loin d’être viré de France 2, obtient une promotion et se voit remettre... la Légion d’Honneur. Vous parlez d’un permis de Chasse aux Juifs !
 
Israël, on s’en fout, des Français juifs aussi, sur le discernement desquels on fait virevolter la menace d’un nouveau blâme ahurissant : le communautarisme. Sa définition : vous ne voyez pas, sur les images d’Abou Rahma – vous ne vous forcez pas à voir - l’assassinat en direct de Mohamed A-Dura, vous refusez d’uriner sur Israël, vous êtes donc un dangereux communautariste, mettant en péril la cohésion nationale.
 
Les apôtres de la bien-pensance font mieux, ils politisent. Pour refuser de prendre des positions pro-éradicationnistes à l’encontre de l’Etat hébreu, ils ont décrété, et ils le diffusent à la cantonade, il faut appartenir à l’extrême-droite.
 
M’bala M’abala, le leader du mouvement antisioniste, fait parrainer sa fille par Jean-Marie Le Pen, invite Sollers à ses shows, lèche les bottes de Faurisson, le négationniste phare français de la Shoah, mais ce sont les Juifs qui fricoteraient avec le Front National. En voilà un renversement massif des rôles réels au profit de la fiction antisémite !
 
Mais baste de tous ces pseudo-intellos antisionistes, ces non-journalistes médiocres, parce que sans conscience, sans curiosité, sans testicules et sans plume, du Monde, de Libé, de Marianne, de l’Obs, du Fig., etc., qui s’imaginent qu’il suffit de se présenter sous la bannière d’un parti ou d’une sensibilité politique – de "gauche" en général – pour se mettre à l’abri de la critique et obtenir le privilège de cataloguer impunément les Juifs et Israël, là où ils ne sont pas et où ils n’ont jamais été.
 
La fréquentation de la tradition antisémite, des guildes et des sociétés semi-secrètes en disent bien plus sur l’individu que la coloration politique de laquelle il se réclame. Les cagoules restent, mais les vestes politiques se retournent aisément chez les lâches et les racistes.
 
N’est pas Léon Blum qui veut, pour défendre, Juif, socialiste et sioniste, ses idées, même entre les mains des Allemands, même parqué, trois ans durant, avec sa famille, aux portes d’un camp d’extermination. Quel socialiste a plus fait pour la France et l’humanisation du statut des travailleurs que Léon Blum ?
 
Pas Pierre Laval, membre, depuis 1905, année de sa création, de la SFIO (le prédécesseur du parti socialiste) ; Laval était inscrit sur le "Carnet B", la liste de tous les militants de l’extrême-gauche pacifiste, que le ministère de l’Intérieur entendait arrêter en cas de conflit. Laval, qui devint l’un des Présidents du Conseil sous Pétain, architecte de la politique nazie de Vichy. Fusillé en 1946.
 
Ou Darlan, l’autre Président du Conseil de la France occupée et antisémite, homme de "centregauche", amiral de la flotte du Front Populaire.
 
Et tous les autres, dont ceux qui reçurent la Francisque, et un qui devint tout de même Président de la République Française, s’arrangeant pour sauver du gibet un certain nombre de hauts collaborateurs avérés, et pour les faire ensuite avancer en politique ou dans le fonctionnariat.
 
Permettez ainsi à votre serviteur de considérer d’abord l’homme, et longtemps après qu’il soit passé devant moi, le manteau politique avec lequel il s’affiche. C’est à la fin de leur vie, que l’on devrait décider de l’orientation politique qu’a prise la vie d’un homme, non à ce qu’il exhibe au milieu d’icelle.
 
A mes yeux, beaucoup de donneurs de leçons appartenant au troupeau des ovidés castrés, et de "pacifistes-éradicationnistes" défilant contre les "atrocités commises par Israël" ont la gueule de Darlan, et je sais que la distance qui les sépare du totalitarisme et de l’antisémitisme débridé, se mesure à quelques grains de sable. Lorsqu’il reste du sable dans les bacs à jeu.
 
Je me sens autant concerné par leurs discours, les insultes politiques qu’ils profèrent, que le cerveau de Kouchner est concerné par l’humilité et celui de Jacques Attali par la cohérence et le respect de ses origines.
 
Le nom du problème généré par la solitude, donc : ségrégation. Licence, voire encouragement médiatique et mimétique à dénigrer Israël, et ceux qui s’identifient encore à elle, au prix de l’affrontement quotidien avec la haine raciste ; des Juifs, pour la plupart, et quelques justes parmi les nations.
 
On en est là, quand l’Etat laisse mettre à sac les produits israéliens dans les grandes surfaces, et les néofachos, notamment dans les universités britanniques et norvégiennes, appellent au boycott des facs d’Israël. Les universités !!
 
Le boycott des produits fabriqués dans un pays spécifique est totalement illégal, certes, mais on ne va tout de même pas risquer un nouvel embrasement des banlieues pour protéger le commerce de "ce pays lointain dont on ne connaît pas grand-chose" et "dont les habitants prennent du plaisir à maltraiter leurs voisins" (dixit Edgar Maurin, un Juif et ancien résistant, in Le Monde).
 
L’Europe officielle présente ses excuses, pays par pays, lorsqu’un caricaturiste danois associe le coran à la pratique du terrorisme. Pourtant, le coran est un livre d’une rare violence, tout comme le sont de nombreux livres sacrés des autres religions. C’est pour se protéger de cela, et au terme de centaines d’autodafés, que les Européens avaient enfin conquis le droit de critiquer les religions, et même de s’en moquer.
 
Un droit qui leur a été subitement retiré, en ce qui touche l’islam, au terme de certains procès ciblés et en faisant l’économie d’un débat de société, pendant que, dans le monde musulman, les églises brûlaient et les succursales des sociétés occidentales étaient vandalisées.
 
En revanche, quand un journaliste suédois lance une accusation de meurtre rituel supplémentaire contre Israël, prétendant que nous prélevons les organes des Palestiniens tués pour procéder à un trafic, et qu’Israël demande simplement au gouvernement de Stockholm de marquer sa position face à cette accusation, Stockholm refuse.
 
Refuse au nom de la liberté de la presse, et d’une prétendue clause de non-ingérence dans la constitution suédoise ; un prétexte aussitôt balayé par des experts en droit de ce pays.
 
Et tout se déroule dans le silence des agneaux castras médiatiques.
 
Parce que ça n’est pas une simple affaire d’isolement diplomatique, mais parce que la permission de tirer sur Israël est si étendue, qu’elle a si souvent été utilisée récemment, que l’on peut désormais dire ou écrire publiquement n’importe quoi au débit de l’Etat hébreu. La véracité de l’accusation n’a plus aucune importance, pas plus que sa vraisemblance.
 
Les démocraties – on ne parlera même pas des autres régimes – ont consacré l’association de tous les crimes envisageables avec le concept "Israël". Il est évident, sans ne rien vérifier, c’est inutile dans le cas de ce pays, que les Israélites, tuent, violent (Sara Daniel), perpétuent des massacres (Maurin in Le Monde) au sujet de Djénine, exécutent des enfants (Mohamed), volent les organes des morts (Aftonbladet) et commettent des crimes de guerre à Gaza (Goldstone).
 
Si le monde avait encore sa tête, il s’étonnerait tout de même un peu de ce qu’un si petit pays, démocratique de surplus, pluraliste et politiquement alternant, puisse commettre autant de crimes monstrueux, et qu’on entende si peu parler des exactions qui se déroulent ailleurs. Car enfin, les victimes des guerres et des répressions se comptent par millions, et le Hamas lui-même, n’accuse Tsahal "que" d’avoir tué, lors d’un conflit armé, mille quatre cents personnes.
 
Mais le monde n’a plus sa tête. Il est gagné par la peste antisémite à tous les échelons : politique, intellectuel, académique, médiatique et la rue. Ca pue. Je ne vous parle pas d’isolement, le titre de mon article est trompeur, je vous prie de m’en excuser, mais d’une nouvelle vague de haine raciste, en tous points comparable à ce qu’elle fut dans les années trente.
 
Les temps ont changé, murmurent certains, plus totalement sûrs de leur fait ? Effectivement. Entre 39 et 45, les démocraties ont laissé les Allemands assassiner cinq millions de Juifs ; en ce mois de novembre 2009, elles paraissent disposées à signer un traité qui permette à l’Iran de se doter de l’arme atomique. Et qui nous empêcherait de neutraliser préventivement le danger pesant sur notre existence.
 
C’est que le président iranien a dit et répété ce qu’il entend faire : rayer Israël, ce "cancer de l’humanité", cet "insecte nuisible", de la surface de la Terre.
 
Au fond, c’est encore plus grave : les démocraties s’approchent rapidement du moment où elles s’accommoderont de la destruction éventuelle de l’Etat d’Israël et de l’éradication de ses habitants. Nous en sommes à la phase où elles laissent les faux prétextes justifiant un tel anéantissement s’amasser et être rendus publics.
 
On a connu exactement la même hystérie dans l’Europe des années trente, les Israélites étaient accusés, par les mêmes acteurs de la vie publique, le plus sérieusement du monde, comme de nos jours, de tous les maux. En Allemagne, Hitler avait réclamé les pleins pouvoirs afin de défendre le pays contre une attaque imminente des Juifs qui, disait la Propagandastaffel, se préparaient à s’emparer de Berlin.
 
Aucun doute, la nation d’Israël se trouve à nouveau le dos au mur, elle fait face à une nouvelle menace d’anéantissement. Les démocraties ne sont plus ses alliées indéfectibles, elles sont tentées de ne pas s’interposer pour empêcher la solution finale ; elles relativisent à nouveau les risques évidents pesant sur les Juifs ; elles discutent avec M. Ahmadinejad, lui cherchent des circonstances atténuantes et prennent en compte ses doléances, comme jadis, elles prirent en considération les "droits de Sudètes maltraités par les Tchèques", plaidés par M. le Chancelier du Reich, Adolf Hitler. Un homme charmant avec lequel on peut discuter, comme on disait à Matignon et au 10 Downing Street à l’époque.
 
La différence consiste en cela que les Israélites possèdent aujourd’hui de quoi se défendre. Mais ils vont devoir ne compter que sur eux, maintenant les échanges avec l’étranger sur une base de stricts intérêts réciproques et ponctuels. Nos amis sont trop rares et étouffés dans la masse hostile pour qu’ils pèsent dans la balance d’un poids critique.
 
Dans un monde où on peut à nouveau prétendre n’importe quelle folie lorsqu’elle met Israël en cause. Dans une telle pestilence, où on nous dispute jusqu’au droit de nous défendre lorsqu’un ennemi nous agresse ostensiblement (voir 2006 et Gaza), survivre demandera toute notre attention et tous les moyens dont nous nous sommes dotés. C’est là une vision froide et intégrative des conséquences de notre "solitude".
 
 
 
Fin.

Autorisations de publier les deux  parties de "La grande solitude" : LGS493010/9SJ et LGS503010/9SJ

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