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Metula News Agency©

Vendredi 30 juin 2006 5 30 /06 /2006 11:26

 

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Autorisation de diffusion N° TTR2234270606SJ 

 

 

accordée par

Metula News Agency ©

à La Chaîne d’Union

de Pierre BOUSKILA

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Un tremblement de terre et ses répliques

 Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

 

 

 

 

 

Avec le concours prépondérant, sur place à Gaza et avec les forces israéliennes,

 de Sami El Soudi et Ilan Tsadik

   

 

 

Mortelle surprise

  

 

   

Les huit hommes des Comités de la Résistance Populaire et du Hamas qui ont attaqué trois cibles de l’armée israélienne à proximité du kibboutz de Kerem Shalom, dimanche à l’aube, ont imposé une surprise totale à leurs adversaires. L’enquête interne en cours au sein de Tsahal définira l’état d’alerte exact dans lequel se trouvaient ses soldats au moment de l’attaque. Il se pourrait bien, en effet, que l’équipage du tank Merkava, dans lequel deux hommes ont trouvé la mort, un troisième a été sérieusement blessé et un quatrième enlevé par les assaillants, était assoupi. Impossible d’expliquer autrement qu’ils aient laissé les commandos palestiniens s’approcher aussi près de leur blindé pour lui administrer un dommage de cette importance. Il importe, pour comprendre cette analyse, de savoir que le seul talon d’Achille dans la cuirasse de ce monstre de 81 tonnes (en pleine charge) se trouve être la jointure existant entre la tourelle et la plateforme du char. Pour générer des dégâts de cette importance, il faut impérativement tirer un missile ou une grenade antichar dans cette portion du véhicule. Une aire ne dépassant pas cinq centimètres. Une précision qui ne peut être atteinte avec un RPG [1] que lorsque l’on se trouve à bout portant du tank, à environ quinze mètres, et qu’on dispose du temps nécessaire afin d’effectuer la visée. De plus, les miliciens se trouvaient face à l’engin, car la partie sensible du joint tourelle-plateforme se trouve protégée en sa partie arrière par une succession de chaînes munies d’un poids à leur extrémité. Les projectiles, lorsqu’ils atteignent ces lourds chaînons d’acier, explosent avant d’avoir touché le blindage.

   

 

Cette constatation est sans appel, toute les autres parties de ce char, que nous connaissons sur le bout du doigt, sont absolument imperméables à l’effet des missiles. Ceci démontre, une fois encore, l’importance de l’effet de surprise et la quasi impossibilité qui prévaut à se défendre lorsqu’on est pris au dépourvu, ce, quel que soit le degré de protection et l’armement dont on dispose.

  

 

 

  

L’un des soldats stationnés dans le périmètre de la zone où s’est déroulée l’attaque, a d’ailleurs expliqué à Ilan Tsadik sa stupéfaction en une seule phrase : "nous ne nous attendions absolument pas à une attaque de ce genre de leur part !". Une phrase qui veut tout dire. Les militaires israéliens, qui scrutaient attentivement les activités diurnes de l’autre côté de la frontière, étaient à mille lieues de se douter que les miliciens d’en face avaient creusé, à leur nez et à leur barbe, une galerie de près d’un kilomètre de long, enfouie si profondément dans le sol que les sismographes n’avaient rien détecté, et qui resurgissait en territoire israélien, derrière la première ligne de combattants. Ainsi, pendant que ces derniers pointaient leurs armes en direction du territoire de Gaza, leurs agresseurs se sont approchés d’eux dans leur dos.

 

"Une manœuvre à l’israélienne" a concédé l’un des officiers en chef de ce front, ajoutant que "lorsqu’on garde une position et que l’on ne croit pas à la possibilité de se faire attaquer, mieux vaut ne pas la garder". Ilan ajoute qu’il ne s’agissait pas non plus d’une mission suicide, puisque, leur coup accompli, le commando a repassé la frontière, le plus simplement du monde, en faisant sauter la fine barrière de barbelés avec une petite charge d’explosifs. De plus, ils ont eu tout le loisir d’emmener avec eux un prisonnier, ce qui place toute la région à quelques millimètres de la ré-invasion de Gaza par Tsahal. Ils avaient même prévu que nous leur donnerions la chasse, puisqu’ils avaient préalablement piégé l’itinéraire de leur fuite et deux de nos hommes ont ainsi été blessés lors de la poursuite.

  

 

 

  

 

Encore faut-il ne pas accuser les services de renseignements de l’armée de n’avoir pas averti le commandement. Le risque de cette attaque imminente, avec tous ses composants, avait été décrit en détails aux responsables du front. De fait, comme le précise Sami El Soudi depuis Rafah, à quelques centaines de mètres de l’endroit où se trouve Tsadik, c’était le stratège et chef des Comités de la Résistance Populaire, Jamal Abou Samhadana, qui avait préparé cette opération complexe. Sur la base de l’imminence de sa réalisation, un commando israélien avait éliminé Samhadana voici quelques semaines, imaginant sans doute que, privés de leur chef, les miliciens seraient dans l’incapacité de mener à bien cette opération. Leurs conclusions étaient hâtives et le 1er lieutenant Khanan Barak [2] ainsi que le sergent Pavel Slutsker ont payé cette mauvaise lecture des informations de leur vie. Quant au caporal Gilad Shalit, il fait en ce moment la très inconfortable expérience de la captivité entre les mains de l’aile armée de l’organisation de la résistance islamique.

 

 

 

 

 

 

Kerem Shalom un kibboutz et un point de passage

 sur les trois frontières : Israël, Gaza, Egypte

 Un point de sémantique encore : Ehoud Olmert a tort lorsqu’il parle d’une attaque terroriste. Les membres du commando avaient le champ libre pour s’infiltrer dans les maisons du kibboutz et faire un carnage parmi les civils, mais ils ont choisi de surprendre les militaires. Il ne s’agit pas non plus d’un crime de guerre ni d’un crime contre l’humanité, il ne faut décidément pas tout mélanger. Les mots ont un sens qui permet aux gens, lorsque utilisés à bon escient, de saisir une situation ; et leur emploi correct n’est pas affaire de sympathie ou de révulsion. Des individus armés n’appartenant pas à une armée régulière s’attaquant à d’autres hommes armés sont des miliciens. Quant à l’AFP, qui persiste à les appeler des "activistes", elle sombre cette fois-ci corps et âme dans le ridicule sémiologique dont on ne sort que difficilement… [3]

 Riposte complexe

 Israël a fait savoir aux membres du gouvernement Hamas qu’elle les tenait un à un personnellement responsables du sort du caporal Shalit. Tsahal a fermé tous les points de passage entre Israël et Gaza, et les observateurs internationaux délégués au poste frontière de Rafah, entre Gaza et l’Egypte, ont refusé de gagner leur poste de travail. Rafah est donc également fermé, ce qui isole hermétiquement la bande de Gaza.

 Le président palestinien Mahamoud Abbas, qui ne se sentait pas directement concerné par ces mesures de cloisonnement, s’est également vu signifier une interdiction de quitter Gaza. Ehoud Olmert lui a fait savoir qu’Israël le considérait également responsable de "ce grave incident avec tout ce que cela implique". Quand à la ministre des Affaires Etrangères, Tsipi Livni, elle a informé Abbas qu’elle attendait de sa part qu’il reste à Gaza afin d’aider à solutionner la crise.

 

 

  

 

 

 

 

 Au demeurant, les composants de la situation semblent assez simples : Israël agit sur trois axes afin de récupérer son soldat kidnappé : a) diplomatique, en demandant à toutes les tierces parties de bonne composition de faire pression sur les Palestiniens. La France est intervenue à ce titre, Gilad Shalit disposant de la double nationalité franco-israélienne ; b) le renseignement : tous ses agents à Gaza – et ils sont fort nombreux – s’activent à trouver l’endroit où est détenu le caporal et c) en massant des forces considérables le long de la frontière, qui se préparent avec détermination à réinvestir la bande lors d’une campagne déroulante.

 Et le message est reçu 5 sur 5 par le gouvernement du Hamas, qui en est presque à implorer les Israéliens – sur la radio de l’armée Gaaleï Tsahal et en hébreu ! – à renoncer à l’escalade et à lui donner le temps de résoudre l’affaire sans plus d’effusions de sang. Très clairement, Ismaïl Hanya, sait qu’il joue sa tête et celle de ses collègues. Il fait ainsi appeler les ravisseurs, par ses porte-parole officiels, à bien traiter Gilad Shalit et à ne lui faire aucun mal.

 

 

  

 

 

 

  

  Le caporal Gilad Shalit : Ismaïl Hanya en répond sur sa vie

 Le gouvernement du Hamas déclare par ailleurs ne pas savoir où est détenu le soldat israélien, et Sami El Soudi, sur place à Gaza depuis dimanche midi pour la Ména, nous invite vivement à le croire. Serait-ce une contradiction ? D’une part, le Hamas co-revendique l’opération de dimanche, et de l’autre, il prétend ne pas savoir où il détient le prisonnier ?

 Au-delà de l’aspect déroutant et douteux de cette ambiguïté, il faut y voir  une lutte de pouvoir, ainsi que les traces d’une confrontation idéologique majeure au sein même de l’organisation islamique. Un danger de schisme et même de confrontation interne. Hanya n’a pas voulu ni décidé de la participation du Hamas à l’opération contre Kerem Shalom, il s’est fait déborder par des membres de ses factions armées répondant aux ordres de l’autre direction du mouvement, celle oeuvrant sous l’aile des Al-Assad depuis Damas. Le plus grand problème de Hanya, actuellement, c’est précisément son concurrent réfugié en Syrie, Khaled Mashal et son élément principal à Gaza, en la personne d’Ahmad Jabari, le no.1 de la branche armée du Hamas. Or, tant Mashal que Jabari avaient eu vent de ce qu’Abbas et Hanya étaient sur le point de signer un document décisif, basé sur la charte des prisonniers, et qui reconnaissait le droit d’Israël à l’existence, sur les bases de la proposition saoudienne d’une paix définitive, signée avec toute la nation arabe, en échange du retour d’Israël aux frontières de 1967.

 D’ailleurs, il n’est pas nécessaire, pour s’assurer de la véridicité de ce point, de faire cette fois appel aux analyses au diamant de notre camarade El Soudi. Le président de l’Autorité Palestinienne l’a annoncé en clair, accusant Mashal de saboter, en déclanchant l’opération de dimanche, la signature de l’accord que les factions palestiniennes étaient à la veille de signer. Abou Mazen parle également d’une "violation des engagements pris lors des discussions en vue de former une plateforme politico-stratégique entre le Hamas et le Fatah en vue de former un gouvernement d’union nationale".

 Dures décisions…

 On ne déclenche pas une guerre globale pour sauver un soldat. Même en Israël, où la nation entière s’identifie aux souffrances des familles des disparus et à celle de Gilad Shalit et de ses proches.

 Le Hamas, version Hanya, a "exigé", par la voix du vice-1er ministre Nasser Shakher, de sa faction armée, "la libération immédiate" sans conditions et sans troc de Shalit. Mahmoud Abbas, voulant à tout prix éviter l’invasion israélienne et préserver son rêve d’unification des courants palestiniens, va, ce lundi soir, envoyer les forces gouvernementales à la recherche de la planque des ravisseurs, en prenant le risque de provoquer la confrontation armée tant discutée entre le Fatah et les hommes de Jabari.

 En Israël, c’est aussi une affaire de temps. On transmet des ultimatums discrets aux Palestiniens pour la libération du caporal franco-israélien. Officiellement, il ne se déroule pas de négociations, mais Ilan et Sami, que j’ai envoyés des deux côtés de la frontière, savent parfaitement que c’est faux : dans le cas où Gilad serait restitué, rapidement et en bonne santé, Israël n’attaquera pas la bande de Gaza.

 Dans le cas contraire, Ehoud Olmert serait contraint d’effectuer une démonstration de force et de démanteler les cellules terroristes. Encore devrait-il choisir entre un feu d’artifice évidé de tout objectif stratégique majeur et l’élimination des membres du gouvernement du Hamas, ensemble avec les noyaux terroristes et miliciens qui portent le même nom qu’eux.

 La décision ne serait pas aisée. En éliminant Hanya, d’une manière ou d’une autre, Olmert ferait le jeu de Damas et de Téhéran… Certes, mais il se débarrasserait également d’un futur interlocuteur intransigeant et d’un front palestinien politiquement unifié, autour de thèmes fort éloignés des provisions de la Carte Routière. En gardant Hanya en vie et en place, avec l’option de le libérer, de même qu’Abbas et les habitants de Sdérot, de la plupart des irréguliers fanatiques armés de Gaza, Olmert prendrait le risque d’avoir à négotier la paix avec les représentants de toutes les composantes de la société palestinienne. L’unique manière d’atteindre une paix durable, cela aussi, il le saisit bien.

 Ceci dit, nous sommes persuadés, à la Ména, que le désir premier du président du conseil israélien, de même que celui d’un nombre fort conséquent de personnalités oeuvrant dans le même sens, consiste à récupérer Gilad Shalit en bonne santé. Ensuite, la marge de manœuvre du remplaçant de Sharon serait considérablement plus large. De même, sa capacité à laisser se former des dynamiques intéressantes…    

   Notes :

 [1] RPG, Ruchnoy Protivotankovy Granatomyot, grenade antichar de conception soviétique largement répandue dans le monde.

  [2] Le 1er lieutenant Khanan Barak était fiancé à Orit Gino, une voisine de Métula et membre d’une famille très proche des animateurs de la Ména israélienne.

 [3] La Ména conseille la lecture des comptes-rendus de Didier François dans Libération. François est un reporter rigoureux et expérimenté, qui s’emploie, le plus souvent, à respecter notre langue et qui a le mérite de demeurer à Gaza. Notez que les titres qui précèdent ses articles, souvent trompeurs quant à leur contenu, ne sont pas de son fait, comme c’est le cas dans la plupart des media.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Metula News Agency ©

  

 

 

 

"Pluies d’été" ou "Grosse migraine" ?

Par Sami El Soudi à Gaza

 Avec le concours actif d’Ilan Tsadik à Rafah et de Jean Tsadik à Phoenix.

 

Le président de l’Autorité Palestinienne a rencontré le 1er ministre Ismaïl Hanya à plusieurs reprises durant ces derniers jours, le conjurant "de faire ce qu’il fallait pour que le caporal israélien soit libéré immédiatement et sans conditions". Mahmoud Abbas avait, en outre, fait peser l’entière responsabilité de la réinvasion progressive de Gaza par Tsahal, qui a commencé cette nuit et qui porte le nom de Pluies d’été, sur les épaules de Hanya et du Hamas.

  

 

 

 

 

C’est lundi qu’a eu lieu la réunion la plus virulente. On a entendu le président littéralement hurler des menaces à plusieurs dizaines de mètres de la salle fermée dans laquelle se déroulait le meeting. J’ai entendu de mes propres oreilles Abou Mazen dire à Hanya que "si tes bâtards touchent un seul cheveu du soldat, les Israéliens m’ont prévenu qu’ils t’abattront, toi, de même que Mahmoud (Mahmous A-Zahar, ministre des AE de l’Autorité) et Saïd (Saïd Sayam, ministre de l’Intérieur), comme des chiens !". Abbas ajouta, sur une échelle de décibels dont je le croyais incapable : "et ils auraient bien raison, vous êtes des irresponsables en train de sacrifier le sang de notre peuple pour rien" ; puis, avant de quitter la pièce en claquant la porte comme dans un vaudeville, "et si les Juifs te ratent, c’est Dahlan qui te fera la peau, il n’attend que cela !".

 Depuis, les Israéliens sont entrés dans la bande de Gaza. Avec de gros moyens en tanks et en infanterie et le soutien de leur artillerie. Dans le ciel, les hélicoptères d’assaut canardent les positions des organisations terroristes et les chasseurs-bombardiers font des boums supersoniques terrifiants.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Un tank Merkava constituant l’ossature de la force blindée en action à Gaza

 Remarquez la trappe du conducteur : si le canon se trouve dans l’alignement du char, 

 elle est inutilisable !

   

 

 

 

 La percée initiale se déroule dans le Sud de la bande, dans la région de Rafah et de Khan Yunis, qui est coupée du reste du territoire. Les Israéliens ont reçu des informations attestant que Gilad Shalit serait détenu dans ce périmètre. Ilan Tsadik, avec lequel je converse plusieurs fois par jour, et qui se trouve avec les forces des premières lignes, mais qui s’est engagé auprès de ses chefs à ne pas écrire d’article depuis le champ de bataille, m’a informé de leur intention de couper la bande en trois secteurs, d’est en ouest, afin d’empêcher les déplacements des terroristes. De plus, mon jeune et estimé collègue me dit que son armée est très active le long de la frontière avec l’Egypte, de crainte que les ravisseurs de Shalit n’essaient de le faire passer dans le Sinaï, avec l’aide des éléments armés des Frère musulmans Al Quaëda.

 

  Je sais, de la même source, que les Israéliens préviennent les policiers de l’Autorité des objectifs qu’ils vont attaquer, peu avant l’assaut, et que ceux-ci quittent les lieux avec docilité et rapidité. La télévision nationale palestinienne diffuse de faux reportages versant dans la victimisation, dans lesquels elle annonce que les bombardiers israéliens arrosent à la mitrailleuse les maisons de Rafah sans distinction. Je n’ai pas besoin de consulter Ilan pour savoir que c’est intégralement faux. Nous aussi, nous avons eu le temps d’apprendre les pratiques de nos adversaires…

  

 

 

 A Gaza même, tous les ministres du Hamas ont pris le maquis. L’ambiance de suspicion est générale, quasi irrespirable. Deux véhicules ont explosé depuis hier non loin de la résidence azatie du président Abbas, mais il ne semble pas que ces bombes lui fussent destinées.

  Sur quoi ont porté les disputes entre Abbas et Hanya ? – Sur le fait que le 1er ministre a refusé d’exiger publiquement et de sa voix que les kidnappeurs de son organisation relâchent leur otage sans contrepartie de la part de Jérusalem et en s’abstenant de toute temporisation. "Avec Khaled Mashal à Damas et son pantin Ossama Hamdan au Liban (le représentant du Hamas à Beyrouth), qui appellent à plus d’enlèvements de Juifs, de militaires juifs et d’officiers, ma base me prendrait pour un traître, pour quelqu’un qui s’occupe plus de sa vie que de la possibilité offerte de libérer nos prisonniers", a, chaque fois, rétorqué Hanya. "Si les Juifs veulent me tuer, eh bien qu’ils m’assassinent, je préfère encore cela à mourir par une balle palestinienne !".

  

 

 

 

  

Mais Hanya n’est pas pressé d’y passer ! Il a ainsi demandé à Mahmoud Abbas et obtenu que soit pré-signé le traité entre le Hamas et le Fatah, version à peine modifiée de la charte dite des prisonniers. Le paraphage définitif de ce document pourrait conduire à la formation d’un gouvernement d’union nationale sous quinze jours. Il s’agit d’un pas sérieux dans la bonne direction qu’il importe d’interpréter correctement : Hanya et Abbas savent pertinemment que l’adoption de ce texte sera insuffisante pour desserrer le blocus économique autour de l’Autorité, mais ce n’est pas là sa fonction. Ceux qui ont imaginé que l’entérinement de la charte allait remplacer la Carte Routière n’y comprennent décidément pas grand-chose… Il s’agit ni plus ni moins de définir les lignes stratégiques permettant au gouvernement ainsi qu’au parlement de prendre ensuite les décisions opérationnelles qui s’imposent. En reconnaissant la validité du plan saoudien, Hanya autorise le futur gouvernement non seulement à parler à Israël, mais également à engager des négociations sur le statut définitif entre les deux entités, en acceptant clairement que l’existence d’Israël soit dorénavant théoriquement envisageable.

  

 

 

 De plus, le document pré-endossé confie au Fatah le soin de mener les discussions avec Olmert. On pourrait, à brève échéance, voir un gouvernement de l’Autorité réaffirmer son engagement à la Road Map, négocier un cessez-le-feu applicable et, surtout, permettre ainsi le retour de l’aide internationale. Sauver la Palestine de la banqueroute dans laquelle elle se trouve déjà enfoncée jusqu’au nombril !    

   Ne vous y trompez pas, respectés lecteurs de la Ména, Ismaïl Hanya vient de jouer ainsi son va-tout, son existence physique… Et il s’agit d’une véritable carte que le chef intégriste a posée sur la table, pas d’un placebo ! Hanya offre au 1er ministre israélien, le jour même de l’entrée de ses troupes dans Gaza, la seule et unique perspective authentique d’accéder, à terme, à une paix véritable entre nos deux peuples. A Jérusalem on sait très bien qu’une paix qui ne serait signée qu’avec le Fatah n’aurait strictement aucune valeur et que les intégristes empêcheraient, par des actes terroristes, qu’elle n’entre dans les faits. Par contre, en dépit des difficultés que cela comporte, un accord définitif impliquant le Hamas, c’est pour les Israéliens l’assurance de leur pérennité. Pas rien !

  Ne croyez pas non plus qu’Ehoud Olmert n’ait pas parfaitement saisi le message de son pire ennemi. Son changement fondamental d’idéologie. Il le lui a fait savoir en dirigeant la quasi-totalité de ses flèches contre Khaled Mashal. En avertissant ce dernier, le plus directement du monde, qu’il n’était pas en sécurité à Damas et qu’Israël pourrait bien aller l’y débusquer. Pour le moment, et au centre d’intenses préparatifs militaires, les Affaires Etrangères israéliennes ont demandé à tous les Etats animés de bonne volonté de faire pression sur Béchar Al-Assad afin d’obliger la Syrie à expulser cet archi-terroriste.

   

 

 

 

Hosni Moubarak a d’ailleurs convoqué Mashal au Caire pour aujourd’hui. C’est important, crucial même. Le raïs va signifier au terroriste qu’il lui faut immédiatement intimer l’ordre à ses hommes de relâcher le prisonnier israélien sain et sauf. Sinon ? Sinon, l’Egypte aussi le considérera comme un ennemi à abattre. Pourquoi est-ce si important ? Parce que la vie de Gilad Shalit se trouve entre les mains de ce chef fanatique. Dût-il prendre la décision de le libérer, Olmert a promis de retirer son armée, et l’initiative politique basée sur la Charte des Prisonniers prendrait toute sa signification. Si, par contre, il devait arriver malheur au jeune soldat israélien, le gouvernement israélien serait bien en peine d’épargner à Hanya et ses ministres le châtiment qu’il leur a publiquement promis.

  En fait, et à moins d’une libération de Shalit par Tsahal, par les forces de l’Autorité ou par les miliciens armés du Hamas fidèles à Hanya, le destin du 1er ministre Hamas du gouvernement palestinien tient tout entier dans les mains de son frère ennemi Mashal. Et lorsque l’on sait que Mashal est totalement, absolument, opposé au principe de coexistence pacifique avec Israël, on saisit la précarité de la position de Hanya.

  Ne croyez pas non plus que la tâche de l’armée israélienne soit aisée. Je ne fais pas ici allusion aux miliciens cagoulés des organisations intégristes et du FPLP, qui sont incapables de ralentir sa progression, ni de lui imposer des pertes sérieuses. Je parle de la confusion tactique qui lui est infligée par son échelon politique. Publiquement, ils parlent d’une "opération modulaire", mais dans les faits, c’est éminemment plus chaotique… Tsahal est laissée sans objectifs précis ou plutôt avec des objectifs stratégiques et tactiques à géométrie variable. Jean Tsadik m’a expliqué qu’en termes militaires, c’était tout simplement irréalisable. 1er objectif : la libération de Shalit. Tant que ce n’est pas accompli, ils entendent également désarmer et détruire les infrastructures des terroristes qui tirent les Qassam sur Sdérot, et si, qu’au ciel ne plaise, il arrivait malheur à l’otage de Mashal, Tsahal marcherait sans aucun doute sur Gaza City afin d’y renverser le gouvernement Hanya et de lui "régler son compte".

 

"A courir trop de lièvres à la fois, on rentre souvent bredouille et plein d’égratignures", cette phrase aussi est de Jean, qui m’a appelé des Etats-Unis, où il participe à un séminaire, pour un échange de vues sur la situation. Ajoutez à cela que si le caporal est découvert vivant, il faudrait tout arrêter, en laissant la menace contre Sdérot perdurer et le Hamas en place à Gaza, toujours à deux doigts de la guerre civile avec Abbas, Dahlan et les autres hommes du Fatah.

 

Pluies d’été ? Opération modulaire ? Moi je l’aurais appelée Torticolis ou mieux encore, Migraine ! Difficile d’être un soldat israélien à Gaza, ces jours, même si on est infiniment moins en danger que Gilad Shalit ou qu’Ismaïl Hanya !

 

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Par Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Vendredi 30 juin 2006 5 30 /06 /2006 17:07

 

 Le destin de quatre jeunes hommes et ses facéties

  

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

 Avec Ilan Tsadik dans le Néguev et à Beer Sheva

    

Le canon pointé droit sur la bande de Gaza, le tank Merkava scrutait l?horizon face à lui suivant le dispositif d?embuscade. L?équipage était soudé, bien entraîné, discipliné. Khanan, le commandant, regardait devant lui, le torse à moitié sorti, du haut de sa tourelle. Il ne lui serait jamais venu à l?idée de surveiller se qui se passait derrière lui, en plein territoire israélien. Par acquis de conscience, il jetait bien un coup d??il de temps à autres par-dessus son épaule, mais c?était aux copains situés dans la tour de garde qu?il appartenait d?assurer les arrières du char.

  

 

Parmi les quatre servants du mastodonte, on se relayait toutes les deux heures. Khanan montait la garde avec Pavel, le conducteur, et Gilad, le canonnier, les relayait avec Roï, celui dont le boulot consistait à remplir le tube de munitions. Dans ce modèle de Merkava, chacun dispose de sa trappe de sortie, sauf le canonnier, qui, en cas de nécessité, sort par le haut du tank, après son commandant.

  

 

Mais en formation d?embuscade, on ne tient pas forcément sa place. C?est sans doute parce que le meilleur siège pour dormir est sans conteste celui du conducteur. Les avantages sont maigres, mais c?est cependant le plus confortable, il est situé tout à l?avant de l?habitacle, sur la gauche, juste derrière l?énorme moteur diesel du pachyderme, qui avale aisément quelques centaines de litres de carburant à l?heure lorsqu?il barrit.  

  

 

Cinq heures du matin, dimanche, une garde sans intérêt va se terminer dans deux heures. Pavel et Roï échangent la place du conducteur pour la dernière fois. Dur de s?y relayer ; à vrai dire, c?est toute une gymnastique ! D?abord Pavel la quitte et passe avec peine vers le centre du char, puis Roï le remplace, avec tout autant de difficulté. Roï ne trouve pas la bonne position pour s?endormir, aussi, il tourne et se retourne des dizaines de fois.

 

 

Pavel occupe la place du chargeur de munitions, et Gilad celle du canonnier, et il dort sous le commandant et ses jumelles. Khanan, le chef, est l?exemple du brave type, qui accomplit sa tâche sans rechigner ni prendre de raccourcis. Dans l?unité de tankistes, tout le monde l?aime bien et le respecte. Tout le monde aime prendre ses tours de garde avec lui. Il n?est pas très loquace, mais parfois, dans les confidences des longues nuits, il lâche quelques mots à propos de son amie de Métula, Orit. Il a l?air sérieusement allumé, le commandant, même qu?Orit, la s?ur de Shaï, l?ami de berceau de ma fille Vahé, vient de déménager à Arad, une ville située en surplomb de la Mer Morte, pour partager ses permissions et rêver ensemble à l?avenir. Ils vont bientôt faire un grand voyage, dont Khanan a répété cent fois l?itinéraire à ses potes qui le connaissent par c?ur.

  

 

 

 

 

 

Feu le 1er lieutenant, commandant de char, Khanan Barak

 

 

5h 30, la meilleure heure pour une embuscade : les moyens de vision nocturne sont déjà inopérants et on n?y voit pas encore vraiment clair. Mais qui pense à un guet-apens ? Ils ont certes été briefés de ce que des organisations palestiniennes creusaient un méga-tunnel dans la région, mais ils n?y croient pas beaucoup. Et l?un des endroits les plus sûrs sur cette terre, c?est assurément à l?intérieur d?un Merkava. Et puis, il y a quelques dizaines d?autres chars, postés dans les villages israéliens autour de la bande, alors pourquoi eux ? Si on ajoute à cela qu?aucun terroriste n?est jamais parvenu, en dépit de centaines de tentatives, à traverser cette section de la frontière, l?équipage n?a aucune raison de se faire des cheveux. On fait son travail, correctement, parce que, dans les blindés, on est des gens consciencieux et scrupuleux. Avec de tels engins entre les mains, ce n?est pas un luxe, c?est une condition incontournable. Il faut en avoir piloté un pour comprendre. Lorsqu?on lance 80 tonnes d?acier à près de soixante-dix à l?heure, on a l?impression d?être inarrêtable, absolument invincible ! Encore, ce modèle n?est pas le plus moderne, le Merkava Mark IV a l?air d?un vaisseau venu d?une autre galaxie, tant de l?extérieur qu?au niveau de l?agencement intérieur, de ses systèmes de tir, de ses armes?  

 

 

 

Voilà à quoi ces quatre hommes songeaient peut-être, lorsqu?un projectile heurte l?arrière du tank, et non l?avant, comme Ilan Tsadik nous l?avait communiqué par erreur lors de son premier constat. Le système de chaînes visant à faire exploser la grenade antichar avant qu?il n?atteigne le blindage a, semble-t-il, correctement fonctionné. On retrouvera plus tard une trace sur l?acier mais en superficialité, la jupe du tank n?a pas été percée comme nous l?avions déduit dans un premier temps.

 

 

 

Peut-être, mais pour Khanan, Pavel, Gilad et Roï, la surprise est totale, ils n?ont aucune idée de ce qui leur arrive. Encore, si Khanan avait pu se retourner et regarder du côté d?Israël, n?aurait-il distingué que des soldats de Tsahal, puisque les miliciens du Hamas s?étaient revêtus des uniformes de notre armée. Que faire ?

 

 

 

 

 

Feu le sergent Pavel Slutsker

 

 

 

Les systèmes de tirs et ceux de vision sont tous dirigés vers le territoire ennemi, dans l?axe du canon. De plus, le bruit d?explosions proches et d?armes automatiques a, d?un coup, déchiré le silence pastoral de l?aube. Ce que l?équipage entend, mais il n?a aucun moyen de s?en rendre compte, c?est l?écho de l?attaque de la tour de garde censée couvrir l?arrière du tank. Les gars de l?infanterie qui s?y trouvent ne se sont pas laissés surprendre, et ils ont abattu les deux assaillants palestiniens. Oui mais, dans l?entre-temps, ils ont laissé Khanan et ses soldats sans protection arrière et sans information.

 

 

 

Le mastodonte a certes tremblé, dans un vacarme insupportable, mais personne n?est blessé. Seulement, le Merkava est aveugle et ses servants sont totalement pris au dépourvu et au milieu d?une bataille, dans laquelle l?attaque vient de la direction d?Israël? Ce que je vous narre ici n?a duré en fait que quelques secondes et, face à l?inconnu, Khanan prend une décision fatidique. La plus mauvaise des décisions, celle d?abandonner le char.

 

 

 

Il a pourtant appris que, lorsque l?on est sujet à l?attaque d?une force inconnue et invisible, utilisant des moyens qu?on est incapable d?identifier, on est bien mieux protégé dans un tank qu?à l?extérieur. Khanan Barak a appris que les deux seuls cas dans lesquels il faut abandonner le blindé, c?est s?il est immobilisé, incapable de se mouvoir ? auquel cas il ne représente plus qu?une énorme cible immanquable ? ou/et si son canon est endommagé, rendu inapte à tirer, auquel cas le char ne sert plus à rien.

 

 

 

Mais le commandant est seul maître à bord. Sans doute n?imagine-t-il pas que des commandos ennemis sont postés juste derrière lui, les mitraillette, grenades et autres RPG pointés sur le Merkava. Il pense que ses hommes pourront sans encombre courir se mettre à l?abri afin de réaliser ce qui se passe. Alors Khanan crie, en baissant la tête : "lazov et ha-kli, laroutz !" ? abandonnez l?engin, courez ! ?. Il s?extrait en même temps que Pavel, qui a ouvert l?écoutille réservée au chargeur. Ils sont bientôt suivis par Gilad Shalit, qui passe par le même orifice que son chef. Là ils sont irrémédiablement fauchés par les rafales des Palestiniens, arrêtés net dans leur course. Khanan et Pavel sont tués durant l?échange mais Gilad n?est que blessé à l?abdomen. Les commandos, qui ne sont soumis à aucune menace urgente, s?en emparent et l?obligent à se traîner derrière eux en direction de la barrière de métal qui les sépare de Gaza. Elle n?est distante que de quelques dizaines de mètres.

 

 

 

Reste Roï dans le tank ! Il essaie d?ouvrir la trappe du conducteur, mais celle-ci, lorsque le canon se trouve exactement dans l?alignement du char, s?en trouve condamnée. Roï Amitaï pousse sur la porte, tire, rien ne se passe. Il est le dernier occupant du navire, et croit, à cet instant que ses camarades ont pu gagner un lieu où ils sont en sécurité. Roï panique ! Il essaie de quitter la loggia réservée au pilote, mais, en proie à une excitation extrême, il en est incapable. Il est bloqué, se voit condamné, impuissant, aussi, ce grand gaillard, sentant sa fin inéluctable éclate-t-il en sanglots. Pire, en s?agitant, il se cogne violemment contre un instrument de bord et s?occasionne une commotion cérébrale. En fait, sa malchance lui a assuré son salut? le bon vieux tank l?a protégé conte sa volonté !

 

 

 

Après la bataille, Roï sera transporté par hélicoptère à l?hôpital Soroka de Beer Sheva. En plus du choc qu?il a subi au-dessus de l??il droit, il souffre d?avoir respiré de la fumée et est légèrement intoxiqué. Le docteur Tsakhi Ben Zion, vice-directeur de l?établissement et porte-parole par intérim m?a confirmé le diagnostic il y a quelques heures.

 

 

 

 

 

Le soldat de 1ère classe Roï Amitaï,

 

 

sauvé par une porte récalcitrante?

 

 

 

Mais par quoi a-t-il été intoxiqué ? Pas par le RPG, car si cette arme anti-tank avait perforé le blindage du Merkava, la température à l?intérieur aurait atteint des milliers de degrés et l?équipage serait mort carbonisé. Or Roï, le chargeur de canon, n?a subi aucune blessure par brûlure ! Une possibilité envisageable est que les miliciens, avant de quitter les lieux, ont balancé une ou plusieurs grenades par la trappe du commandant. Possible. Bien que Roï ne souffre d?aucun éclat et que les munitions, nombreuses, contenues dans l?habitacle du char n?ont pas explosé. De toutes façons, Tsahal, qui a constaté l?état du tank, possède la réponse à cette dernière question relativement mineure. Et de toutes façons aussi, la présence de fumée ne constituait pas une raison d?abandonner le blindé, la survie de Roï et la superficialité de ses maux en témoignent. Les Merkava sont munis d?un système d?extinction d?incendie et d?extraction de fumée hyper-performant, qui se met en marche automatiquement.

 

 

 

Certains vont se demander si Roï ne pouvait pas faire quelque chose d?utile au lieu de se lamenter sur son sort. En fait, non ! De là où il se trouvait, il n?avait pas accès au canon, ni aux deux mitrailleuses. Il ne pouvait pas non plus faire pivoter la tourelle? A la limite, il aurait pu mettre le tank en marche, même s?il n?est pas conducteur, mais ceci pour quoi faire ? Sans les instructions de son commandant, il prenait le risque d?écraser ses camarades, dont il ne connaissait pas l?état.

 

 

 

On lui a appris la nouvelle à l?hôpital de Beer Sheva : deux copains tués et un autre aux mains des intégristes. Il a de la peine à y croire, il image un film, un mauvais scénario? Quand à Tsahal, elle a tout un tas d?enseignements à tirer de cette tragédie. Cela va du sérieux avec lequel il convient de prendre les avertissements des services d?information de l?armée ; ceux-ci avaient même prévenu que la galerie que les Palestiniens creusaient aboutissait quelques deux cents mètres derrière la frontière. Puis il faudra répéter aux tankistes, preuve à l?appui, que leur meilleure protection, c?est leur monstre. Ceci dit, loin de moi l?idée de formuler une critique face à la décision de feu le 1er lieutenant Khanan Barak. Facile de procéder à une analyse depuis un siège bien rembourré de Métula, avec un comité d?experts qui disposent de toutes les conditions nécessaires afin de procéder à leurs reconstitutions et à leurs conclusions tactiques. Nous, nous avons une base de l?armée, à 50 mètres, qui assure nos arrières !

 

 

 

 

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Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /2006 14:31
Fin des efforts diplomatiques.
Début des moussons.
© MetulaNewsAgency
 
 
Drôle de guerre, si on peut dire…
par Ilan Tsadik
 
Informations non officielles ne provenant pas de sources militaires autorisées
 
Ce que j’ai vu la semaine dernière dans la bande de Gaza était pour le moins étrange. Tsahal, après la capture du caporal Shalit, s’est seulement avancée en quelques points du territoire azati. Hormis dans la région de Rafah et de Khan Yunis, au sud – voir la carte ci-dessous – l’armée israélienne aurait pu effectuer exactement les mêmes missions sans quitter le territoire israélien.
 
Les Pluies d’été ne sont visiblement pas encore tombées, on en est au stade des gros cumulonimbus qui s’amoncellent et menacent. Certes, les artilleurs et l’aviation se livrent à quelques activités offensives : ils s’attaquent à certains symboles de la légitimité du gouvernement Hamas, comme le ministère de l’Intérieur de Saëd Syam, et celui du 1er ministre Ismaïl Hanya. Encore, ces raids ont-ils été menés après que les Israéliens se soient soigneusement assurés que les deux dirigeants du Hamas ne s’y trouvaient pas.
 
L’objectif de ces actions a consisté à avertir les deux leaders intégristes qu’à l’état-major hébreu, on sait à chaque minute où ils se trouvent et que, le cas échéant, on n’aura aucune difficulté à se débarrasser d’eux. C’est exactement le même genre de message que celui que les chasseurs-bombardiers du Hel Avir ont fait passer au président Béchar Al-Assad dans son palais de Lattaquié ; ils ont réalisé pas un, mais quatre buzz – du radada, 4 passages successifs à très basse altitude et à très haute vitesse – au-dessus de la résidence de l’occuliste-dictateur alors qu’il s’y trouvait en villégiature. Même message à Assad qu’à Hanya : c’est lorsqu’on le voudra, où on le voudra, et vous ne disposez d’aucun moyen militaire pour vous protéger ou pour contrecarrer nos plans. Alors, soyez raisonnables, libérez le soldat Shalit !
 
Dans le cas de Lattaquié, ce qui diffère, c’est que l’autocrate syrien dispose d’une armée nombreuse mais qui est à ce point surclassée par la technologie de l’aviation à l’étoile de David, que les chefs de cette dernière se sont autorisés une mission d’ordre uniquement psychologique contre le périmètre, en théorie, le mieux protégé de Syrie. Connaissant les précautions prises par l’état-major de l’armée de l’air hébraïque pour la sécurité de ses pilotes, cela signifie qu’ils peuvent aller réveiller Béchar Al-Assad au milieu de la nuit et casser les vitres de sa gentilhommière sans encourir le moindre risque.
 
S’il se peut que certains des lecteurs de la Ména n’aient pas saisi toutes les finesses de ce message, je puis en revanche vous assurer qu’il est extrêmement clair et qu’il a été reçu 5/5 par le tortionnaire alaouite, autant que par son allié, le fanatique islamiste de Gaza.
 
Les deux hommes ont, depuis, une respiration saccadée, et ils passent leur temps entre de bruyantes crises de nerfs sur leurs assistants qui n’y sont pour rien et la scrutation nerveuse du ciel. Et il ne s’agit point ici de métaphores mais d’informations transmises par El-Soudi et Béhé. Mettez-vous à la place des cibles humaines marquées par les Israéliens et vous comprendrez peut-être ce qu’elles peuvent ressentir…
 
Au reste, les Israéliens bombardent des camps d’entraînement de terroristes, des infrastructures, des ateliers servant à fabriquer ou à assembler des Qassam, des dépôts d’armes, des cellules de terroristes en route pour lancer des roquettes ainsi que les terrains vagues qu’ils utilisent à cet effet. Ceci dit, je n’ai jamais vu, même dans un film, des canonniers prendre autant de précautions afin de ne pas atteindre les cibles principales de leurs ennemis. Preuve en est qu’avec des moyens aussi impressionnants, des centaines d’obus de 120 et de 155 mm tirés chaque jour, on ne dénombre, en face, que quelques victimes que l’on peut aisément compter sur les doigts des deux mains.
 
Au nord de la bande de Gaza, ce dimanche à midi, la très grosse concentration d’hommes regroupés en face de Beit Hanoun n’avait pas encore fait mouvement.
 
 
 
La carte de la bande de Gaza
Pour savoir de quoi on parle
 
Tactiquement, d’un point de vue strictement militaire, l’intrusion de Tsahal ne sert à rien pour l’instant. Le feu d’artifice n’a pas encore commencé, il est suspendu aux résultats des tractations diplomatiques en cours.
 
Il y a au moins une chose que les chefs israéliens sur le terrain saisissent mal : il leur semble qu’il est, dans l’ordre des priorités, nettement plus urgent de libérer Sdérot et Ashkelon de la menace des Qassam, 600 d’entre eux ayant été tirés par les Palestiniens depuis le retrait de Gaza, que de sauver à tout prix le soldat Ryan. Ils se demandent ce que les politiques leur enjoindront de faire si le Hamas ou Tsahal libère Shalit. Devront-ils se retirer sans avoir solutionné le problème des missiles ? Et remobiliser toute cette armada au prochain tir de Qassam ou à la prochaine capture de l’un des 6.7 millions d’Israéliens ?
 
En revanche, ils ne jugent pas cette intrusion totalement inutile, mais pas pour les motifs que leur gouvernement s’efforce de présenter à la planète. Il est opérationnellement profitable de s’être rapprochés de certains endroits stratégiques. Et je ne vous en dirai pas plus aujourd’hui, mon propos n’étant pas de faire rater les plans des copains…
 
 
 
L’ultimatum du président égyptien au Hamas vient d’expirer
Par Sami El Soudi à Gaza
 
L’idée de Hosni Moubarak, qui a conduit jusqu’à présent les négociations entre les parties, consistait à exiger des ravisseurs et de leurs commanditaires à Gaza et en Syrie la libération de Gilad Shalit, contre celle des ministres et dignitaires du Hamas arrêtés par Israël la semaine dernière en Cisjordanie. De plus, dans le cadre de la même entente officieuse, Tsahal quitterait Gaza et les organisations terroristes cesseraient d’envoyer des Qassam sur l’Etat hébreu. Moubarak, qui a mené personnellement la plupart des discussions, avait mis sa réputation en jeu en affirmant aux intégristes avoir obtenu de Jérusalem qu’un certain nombre de prisonniers sécuritaires seraient ultérieurement libérés dans le cadre de la solution qu’il préconisait.
 
Le raïs avait averti ses interlocuteurs arabes, vendredi déjà, que si les détenteurs du caporal Shalit ne le relâchaient pas jusqu’à midi aujourd’hui, l’Egypte se retirerait de la négociation et les troupes israéliennes, en attente de leur réponse, pénétreraient plus que probablement au cœur du territoire de Gaza.
 
Moubarak s’est impliqué très profondément à trouver un dénouement pacifique à cette crise, puisqu’il a appelé Béchar Al-Assad pour le prier de faire pression sur son hôte Khaled Mashal afin que ce dernier prenne la décision d’accepter ses conditions. Dans le même temps, le très influant chef des services secrets du Caire, le général Omar Suleiman, téléphonait à Mashal lui-même pour le mettre devant ses responsabilités. Mashal qui, dans un premier temps, et comme nous l’avions annoncé, était attendu dans la capitale égyptienne mais qui a annulé son déplacement, craignant pour sa vie.
 
Al-Assad a répondu à Moubarak – au mépris de toutes les informations contradictoires très complètes dont dispose le raïs – que Mashal n’était pour rien dans la capture du soldat juif. Et Mashal a répondu à Suleiman qu’il allait envisager sa proposition.
 
Mais à Gaza et à Damas, les intégristes et les baathistes les plus extrémistes veulent exiger de Jérusalem la relaxe d’au moins 1'000 prisonniers condamnés en Israël pour des actes de violence. Et de Beyrouth, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a conjuré les ravisseurs de ne pas céder à moindre prix.
 
Autre problème : sur quel royaume Ismaïl Hanya règne-t-il effectivement ? Selon un communiqué que j’ai reçu ce dimanche matin à Gaza dans le bureau du président Abbas : sur rien du tout ! Il n’aurait "aucune autorité sur les geôliers de Shalit".
 
Israël avait déjà décidé d’intervenir depuis plusieurs jours et avait fixé plusieurs ultimatums aux kidnappeurs. Vendredi pourtant, Messieurs Olmert et Moubarak s’étaient entendus pour une dernière prolongation de 48 heures. Ce qui n’arrange pas les affaires des ministres du Hamas, c’est que, selon plusieurs proches du président Abbas, les Israéliens savent précisément où est détenu leur soldat. A les en croire, il s’agirait d’un bloc de maisons situé presque en plein centre de Khan Yunis. Khan Yunis, une ville et un camp de réfugiés d’environ 250'000 âmes, situés au sud de la bande (voire la carte).
 
Ceux qui détiennent le caporal ont lourdement piégé les abords de leur prison improvisée. Dans un premier temps, ils comptaient transporter Shalit de planque en planque, mais les activités de l’armée israélienne les en ont empêchés. Alors, ils ont juré de tuer leur otage dès le début de l’assaut redouté et ensuite de mourir en martyrs pour la gloire d’Allah. Là où le bât blesse, c’est que les Israéliens ont annoncé aux ravisseurs, ainsi qu’à Mashal et même à Al-Assad, que "si leurs supplétifs touchaient un seul cheveu de la tête de Gilad, ils en répondraient de leur personne".
 
Or ce matin, au début de la séance du conseil des ministres hebdomadaire, et après avoir conversé avec le chef de l’Etat du pays des pharaons, M. Olmert a affirmé sans ambages avoir "donné l’ordre à l'armée d'agir avec toute sa puissance pour poursuivre les terroristes, leurs idéologues et ceux qui les protègent". Voici qui a, si ce n’est celui du langage diplomatique, au moins le mérite de la clarté. Le 1er ministre hébreu a même précisé à l’intention des personnages que j’ai cités plus haut : personne ne sera épargné et "nous ferons tout, je répète, tout, pour libérer notre soldat".
 
Maintenant, à moins d’une surprise de dernière minute, au moment ou vous lirez ces lignes, l’orage sur Gaza aura vraisemblablement éclaté, et les premières gouttes de ces angoissantes pluies d’été auront commencé à tomber. A Gaza, je vois un ciel très lourd et je sens des tourbillons de poussière annonciateurs de tempête.
Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /2006 07:48
 
 
 
 
Synthèse de guerre
 
 
 
 
Par Stéphane Juffa
 
 
  
 
 avec Sami El Soudi à Gaza
 
  
 
© Metula News Agency  
 
 
 
 
 
 
Metula, 19h 30 heure d’Israël, 18h 30 à Paris
 
Israël poursuit désormais quatre objectifs et non plus trois. Ceci depuis qu’un missile Qassam muni de deux moteurs et d’une charge utile (explosive) allégée, de l’ordre de 3 kg, a atteint, hier, une école inoccupée au centre d’Ashkelon. Ce super-Qassam a parcouru une distance de 12 à 13 kilomètres, au lieu des 5 à 7 du modèle habituel, et ce nouveau développement constitue une menace permanente pour la cité du sud d’Israël, qui a, dans l’antiquité, donné son nom à l’échalote.
 
Toutes curiosités mises à part, il ne s’agit plus, pour les forces de l’Etat hébreu, uniquement de protéger Sdérot et les Kibboutz frontaliers des roquettes usuelles et des Katiouchas des terroristes, mais également, dorénavant, de démanteler le potentiel destructif représenté par tous ces armements. Ashkelon est une ville de plus de 100'000 habitants, entourée d’industries parfois stratégiques. Les soucis d’Ehoud Olmert se portent sur la possibilité, par exemple, que l’un de ces engins fasse exploser une cuve à carburant de la grande centrale électrique, dont on distingue nettement les cheminées depuis la ville de Gaza.
 
Et puisqu’on parle de scénarios catastrophes, il ne s’en faut pas de beaucoup pour que les fusées primitives des organisations palestiniennes n’atteignent la ville suivante, juste un peu plus au nord, le long de la côte, de Kiriat Gat. Et Kiriat Gat constitue un centre mondial de high-tech, avec notamment l’un des centres de recherche névralgiques du géant Intel, le leader des microprocesseurs. Un missile sur l’une de ces usines constituerait une atteinte stratégique contre Israël. La première dans l’histoire des missiles arabes.
 
Il n’est donc plus seulement question, pour Tsahal, de neutraliser la région nord-est de la bande, mais également sa partie nord. Puis il faudra administrer au Hamas une punition dont l’organisation intégriste peinera à se relever et c’est tout un programme. De plus, l’armée israélienne avance étape par étape, en attachant le plus grand soin à préserver les civils et à protéger ses soldats. On craint, à l’état-major, une fashla, une bourde d’envergure, qui pousserait la communauté internationale à faire pression sur Jérusalem afin qu’elle cesse de faire tomber la pluie. Alors on avance ici d’un kilomètre et là de six. On contourne les zones habitées, on les isole. On préfère prendre le contrôle des voies de communications que se livrer à des combats de rues.
 
En opérant de cette manière, de plus, on augmente la pression sur l’adversaire. Des organisations paramilitaires privées de tout ravitaillement, de tout échange matériel avec l’étranger, et dont les chefs voient les canons israéliens s’approcher d’eux chaque jour davantage. Le Hamas est aculé presque en douceur ; par un rouleau compresseur qu’il ne peut que regarder à l’œuvre.
 
Pour ne rien arranger, les morts, côté Hamas, se comptent à présent par dizaines. Lors d’un raid contre une seule position tenue par les intégristes, ce jeudi après-midi, les Israéliens ont tué 10 miliciens à Bet Layha (nord de la bande) et ont fait une vingtaine de blessés. Un soldat israélien est décédé à l’hôpital des suites des blessures que lui a infligées un sniper palestinien. Des combats intenses ont lieu, à l’heure de terminer cet article, à Latatra, près de Bet Hanoun. Deux miliciens, porteurs d’une grenade antichar, viennent d’être anéantis à cet endroit.
 
L’ordre du jour global des Israéliens, lors de cette campagne, consiste non seulement à défaire les organisations intégristes en leur coupant la tête mais aussi à libérer leur soldat Ryan. A son propos, on a affaire à une situation extrêmement tactique ; une espèce d’immense jeu d’échecs dont les pièces ne se relèvent pas à l’issue de la partie. Ce qui donne à peu près ceci, sur la base des renseignements, jamais démentis, récoltés par Sami El Soudi sur place, auprès de sources palestiniennes, et complétés par ceux glanés par ses collègues israéliens de la Ména :
 
  • Ø      Les Israéliens savent précisément où est détenu Gilad Shalit, (même s’ils affirment le contraire) de même qu’ils connaissent l’identité de ses geôliers et de leurs chefs.
 
  • Ø      Le caporal Shalit est maintenu prisonnier dans une maison située au centre du camp de réfugiés de Khan Yunis. Toutes les voies d’accès à cette bâtisse sont lourdement piégées et minées. Environ une centaine de miliciens du Hamas et de groupuscules annexes se sont solidement retranchés au milieu d’un périmètre de défense dont l’accès est interdit, pour divers prétextes, à toute personne étrangère à l’opération.
 
  • Ø      Pour tenter de donner le change, trois autres fausses prisons, éparpillées dans la même conurbation que la vraie, sont protégées exactement comme celle dans laquelle le soldat est détenu.
 
  • Ø      Les gardiens du caporal se sont fixé comme plan d’assassiner leur otage dès le déclenchement d’une opération israélienne en vue de le libérer, puis de "se défendre jusqu’à tomber dans une mort de martyrs".
 
  • Ø      De plus, le commandement de la branche armée du Hamas s’emploie à mettre au point un plan tactique d’après lequel des masses de miliciens irréguliers tenteraient, dans les venelles hyper étriquées du camp de Khan Yunis – dans lesquelles la supériorité des moyens mécaniques israéliens n’est d’aucune utilité – de couper les lignes de communication entre un éventuel commando et ses lignes arrières. L’objectif "idéal" de ce plan consiste à encercler des dizaines de commandos d’élite de Tsahal et de les massacrer.
 
  • Ø      Au plan stratégique, l’ambition des chefs du Hamas est d’inspirer à l’état-major de leurs ennemis une estimation de bilan dans lequel Israël pourrait, lors de l’opération de libération, perdre de 30 à 50 hommes en plus de Shalit. Côté armée israélienne, on peaufine des plans d’action extrêmement audacieux et sophistiqués pour contourner les desseins du commandant du Hamas en charge de l’otage, Ahmad Jabari. Des plans qui sont ensuite soumis à l’échelon politique.
 
  • Ø      Dans ce jeu d’échec "pour de vrai", les ministres du Hamas ont été avertis par la présidence de l’Autorité Palestinienne ainsi que par les médiateurs égyptiens, avant que ces derniers ne se retirent, qu’ils serviront de cibles aux Israéliens si Gilad Shalit était "malmené". Depuis que nous vous l’avons annoncé, par ailleurs, lesdits ministres sont inatteignables, ils n’utilisent pas leurs téléphones et ne dorment pas deux nuits de suite dans le même lit.
 
  • Ø      Le même message a été transmis à tous les dirigeants armés intégristes, ainsi qu’à Mashal, dans sa tanière de Damas, sans omettre le président syrien Béchar Al-Assad qui lui prête refuge. Israël a fait savoir à Al-Assad qu’elle le tenait personnellement co-responsable des événements en cours à Gaza et que ni lui, ni son territoire, ne jouiraient de la moindre immunité au cas où l’enlèvement de Gilad Shalit tournerait mal.
 
Voici l’analyse de la situation que l’on peut faire ce jeudi soir, de Gaza et de Métula. Jusqu’à présent, on avait du mal à croire que se déroulait une vraie guerre, mais aujourd’hui, les choses ont changé. Les salles de soins intensifs de Gaza ne désemplissent pas de miliciens plus ou moins mutilés. Au Fatah, on prend soin de rester en dehors de la mêlée et de compter les coups. Le président Mahmoud Abbas avait prévenu Ismaïl Hanya qu’il aurait importé de songer aux conséquences de l’incursion de Kerem Shalom AVANT de l’entreprendre. Puis il lui a dit qu’il fallait rendre le soldat Shalit immédiatement et sans conditions, dans l’intérêt du peuple palestinien.
 
Avec l’étau qui se resserre autour du Hamas de Gaza, on a entendu d’étranges rumeurs en provenance de Damas. Des bruits impossibles à vérifier. Il paraîtrait que le pouvoir alaouite aurait demandé à l’entourage de Mashal de quitter le sol syrien. Il paraîtrait aussi qu’on n’exigerait plus que la relaxe des femmes et des jeunes prisonniers sécuritaires mineurs détenus en Israël en échange de celle de Shalit.
 
Des soldes ? Peut-être, mais Jérusalem ne s’y est pas intéressée. Au vacarme que font ses canons, on dirait que le temps des palabres est échu. Que les Hébreux entendent utiliser d’autres méthodes pour résoudre "la crise".

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Libérez le soldat franco-israélien Guilad Shalit
 
Merci de relayer et de transférer cet email, le temps presse ...
 
De même que les Français se sont mobilisés pour la libération des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, puis de Florence Aubenas enlevés par des "rebelles" en Irak, d'une part, et d'Ingrid Betancourt enlevée par les "FARC" en Colombie, de même que des édiles, notamment à Paris, ont affiché sur la façade de leur mairie la photographie de nos compatriotes pris en otage, nous demandons que les Français se mobilisent pour notre compatriote, Gilad Shalit.
 
Contribuons à dénouer la crise
 
 
 
 
Libérez le soldat franco-israélien Gilad Shalit, 19 ans

enlevé le 26 juin 2006 par le Hamas,

sur le territoire israélien
 
envoi d'Hector CHEMLA
Tranférez cet email à tous vos parents et amis
 
 
 
www.terredisrael.com
Sur le site vous aurez des informations sur l'évolution de cette opération
Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Dimanche 9 juillet 2006 7 09 /07 /2006 10:54
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Kerem Shalom : notre enquête est bouclée
Par Ilan Tsadik
avec Stéphane Juffa
© MetulaNewsAgency
 
 
 
Afin de conclure notre enquête [voir Le destin de quatre jeunes hommes et ses facéties] sur le guet-apens tendu par des miliciens palestiniens à Kerem Shalom, il nous restait un point à résoudre : par quel(s) gaz le soldat Roï Bitton avait-il été intoxiqué ? Le diagnostic posé à notre intention par le docteur Tsakhi Ben Zion, vice-directeur de l’Hôpital Soroka de Beer Sheva, selon lequel Bitton avait inhalé une substance nocive ne souffrant d’aucun doute, il nous fallait encore déterminer de quel gaz il s’agissait et, surtout, quelle était son origine !
 
 
 
A la Ména, une enquête n’est jamais terminée avant que nous n’ayons recueilli, puis vérifié, les éléments qui la constituent ; c’est forts de ce principe, que nous sommes allés, Stéphane Juffa et moi-même, dans la nuit de mardi à mercredi, à la rencontre des soldats ayant essuyé l’attaque du Hamas.
 
 
 
Une fois de plus, notre obstination a payé. Nous avions exclu, par l’analyse et la constatation, qu’une roquette antichar ait percé le blindage du Merkava ; dans un tel cas, statistiquement déjà très douteux, l’équipage serait probablement mort carbonisé ou, dans le meilleur des cas, aurait subi des blessures par brûlures. Or Roï Bitton, le rescapé, de même que les corps de ses deux camarades, ne portent aucune trace de ce genre de blessures.
 
La seconde hypothèse que nous avions envisagée nous avait amenés à imaginer que les miliciens palestiniens avaient jeté une ou plusieurs grenades par l’une des deux trappes d’accès restées ouvertes sur le tank. Mais, dans cette éventualité également, il y avait de grandes chances pour que le première classe Bitton fût, au moins superficiellement, atteint par des éclats, or ce n’était pas le cas. De plus, nous avons reçu un descriptif détaillé de l’état du Merkava, dont la prise de connaissance a définitivement éliminé l’hypothèse de la grenade. Alors… la source de l’intoxication ?
 
Elémentaire, mon cher Watson ! Lorsque le RPG, la grenade antitank et autopropulsée, lancée par les miliciens à très courte distance de leur objectif, a atteint le char et explosé, si elle n’a pas généré de dommages conséquents, elle a tout de même déclenché le système automatique d’extinction d’incendie du Merkava. Un système réagissant notamment aux déflagrations et qui a pour but d’éteindre, quasi instantanément, tout début d’incendie. Or ce système ne fonctionne ni à l’eau ni par projection de mousse – des moyens à effet trop lent pour l’application recherchée – mais par diffusion d’une formule gazeuse de très grande efficacité appelée "BCF". Et ce cocktail de gaz a la propriété de stopper presque aussitôt n’importe quel feu, protégeant ainsi, et en principe, les hommes de la carbonisation et le tank de l’explosion due à l’échauffement exorbitant des stocks de projectiles qu’il contient.
 
Mais ce BCF possède un inconvénient : il est modérément toxique et très désagréable à respirer. De toutes façons, nous avons désormais toutes les preuves nécessaires nous permettant d’affirmer que Roï Bitton a été indisposé par ce fameux BCF. D’autre part, le déclenchement automatique du système anti-feu a peut-être poussé le commandant du char, Khanan Barak, à appeler à l’abandon du Merkava. Peut-être Barak était-il persuadé qu’à l’extérieur – en territoire israélien ! – ses hommes ne couraient aucun danger ; peut-être estima-t-il que le risque de se trouver en présence de forces hostiles à l’extérieur était largement moindre que le désagrément consistant à se faire suffoquer par ce mélange irritant.
 
 
 
 
 
 
La niche du conducteur dans le Merkava dans laquelle dormait Roï Bitton
On comprend aisément la difficulté qu’il y a à s’en extraire par l’arrière…
Il faut faire basculer le dossier du siège et se faufiler entre les divers objets qui peuvent encombrer le passage.
Remarquez le collier de balles qui alimente l’une des deux mitrailleuses
 
Khanan a payé ce jugement de sa vie, de même que le sergent Pavel Slutsker. Le caporal Gilad Shalit est, du fait de cette décision, tombé prisonnier entre les mains des intégristes palestiniens. Roï Bitton, qui n’a pas réussi à s’extraire du tank demeuré intact, n’a été que très légèrement blessé. Le Merkava n’a jamais cessé d’être opérationnel et il a correctement servi à protéger les occupants lovés dans son ventre.
 
 
 
Nous sommes en mesure d’affirmer aujourd’hui que, sauf le jugement erroné du commandant, l’équipage du char serait aujourd’hui sain et sauf et Pluies d’été n’aurait pas été déclenchée. A quoi tient la météo…
 
 
 
Ceci dit, la décision de feu le 1er lieutenant Khanan Barak est à mettre en balance avec toutes les circonstances atténuantes qui ont précipité sa mauvaise évaluation. L’une d’elle tient au fait que les fantassins qui occupaient la tour de garde – que nous avons également rencontrés – n’ont pas pu remplir leur fonction consistant à être les yeux et les protecteurs des arrières du Merkava, puisqu’ils étaient entièrement occupés à repousser l’attaque de diversion qu’une partie sacrifiée du commando avait lancée contre leur promontoire. Ils nous ont précisément confirmé de vive voix les éléments qui précèdent.
Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Mercredi 12 juillet 2006 3 12 /07 /2006 14:42
MetulaNews
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Breaking : le Hezbollah embrase la frontière israélo-libanaise
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Metula, 12h 15 locales, la Ména fonctionne sous régime de crise jusqu’à publication d’un avis contraire. Avec Jean Tsadik à Naharyia (ouest),  Ilan Tsadik dans le Golan (est), Etienne Duranier en direction de Chtoula (centre) et Stéphane Juffa, à Metula.
 
L’organisation des Fous de dieu (Hezbollah),qui contrôle le sud du Liban, a lancé des attaques contre Israël sur toute la longueur de la frontière, de la Méditerranée à l’ouest au Mont Hermon à l’est.
 
 
 
L’état d’urgence "5" a été décrété dans la région, représentant une situation conflictuelle. Les habitants de Metula ont été appelés par haut-parleurs à descendre aux abris, de même que toutes les autres personnes demeurant dans le voisinage du Liban. 
 
 
 
La proximité immédiate de notre rédaction, de même que la région toute proche dite des Fermes de Chabaa, sont secouées à intervalles irréguliers par des impacts de Katiouchas et de grenades antichars.
 
L’agression a débuté aux alentours de 8h 30 locales par une attaque dans la région centrale, aux alentours des villages de Chtoula et de Zarit. Onze personnes ont été blessées lors de cette action, dont une à un degré grave (sur l’échelle : léger – modéré- grave). Sept personnes ont été transportées à l’hôpital de Naharya.
 
L’information la plus préoccupante provient de la radio Nour et de la télévision Al Manar du Hezbollah, qui ont annoncé, à 10h locales, dans une ambiance euphorique, que leur organisation avait kidnappé, à 9h 05, deux militaires israéliens. Ces media ont lancé des messages en direction des détenus sécuritaires dans les prisons israéliennes, les prévenant que l’heure de leur libération était proche. Les intégristes déclarent ainsi vouloir échanger les soldats contre les prisonniers arabes.
 
La Ména est en mesure de confirmer les informations en provenance des media islamistes. Les deux soldats effectuaient une patrouille le long de la barrière de démarcation, dans deux véhicules Hammer distincts, lorsqu’ils sont tombés dans une embuscade.
 
Nous pouvons, de même, affirmer qu’une opération de kidnapping de ce type était prévue et qu’elle n’a pu se produire qu’en raison de graves manquements et d’indolence au sein des forces de Tsahal positionnées dans notre zone. De nombreux conseillers iraniens participent, entre autres, aux actions des intégristes. Ceci dit, le gouvernement israélien a informé les autorités libanaises qu’il les considérait responsables de la détérioration de la situation à partir de leur territoire ainsi que redevables de la sécurité des militaires enlevés.
 
Les événements de ce jour doivent être considérés avec la plus grande gravité. Ils sont de nature à plonger la région dans une situation instable pour une période prolongée. Il est clair, en effet, que l’agression du Hezbollah n’aurait pas pu se produire sans l’autorisation de la Syrie. Elle doit ainsi être considérée comme la réponse de Damas aux nombreux appels internationaux et arabes afin qu’elle expulse le chef du Hamas, Khaled Mashal, qu’elle protège. A contrario, Béchar Al-Assad a décidé d’ouvrir un second front contre le nord d’Israël.
 
Dans ces conditions, une confrontation, à un niveau ou un autre, entre l’Etat hébreu et la dictature alaouite semble ce matin inévitable.
 
Sur le terrain, et dans l’immédiat, l’aviation israélienne intervient dans le Sud-Liban depuis plus de deux heures et demi. Les chasseurs-bombardiers attaquent les positions du Hezbollah et détruisent des routes et des ponts afin de tenter d’empêcher les ravisseurs d’emmener leurs otages en direction de Beyrouth. L’artillerie pilonne massivement les positions intégristes dans toute la région.
 
Dernières minutes 12h 20
 
Des forces terrestres israéliennes et des blindés viennent de pénétrer au Liban.
 
Intenses échanges d’artillerie dans la région de Metula.
 
 
 

Breaking : un bilan déjà lourd !

 

breaking news













 
Metula, 14h 55 locales,
 
La Ména annonce, en primeur, qu’en plus des deux soldats enlevés, pas moins de 7 militaires israéliens ont déjà perdu la vie dans les opérations.
 
3 d’entre eux ont été tués lors du guet-apens au cours duquel les soldats ont été kidnappés. Cette attaque avait été accompagnée d’un intense bombardement de Katiouchas et de mortiers. Les trois hommes ont perdu la vie lors de l’assaut lui-même, au cours de l’échange de feu, et alors que les assaillants ont fait sauter une charge qu’ils avaient enfouie au bord de la route qu’empruntent les patrouilles.
 
Les 4 autres victimes de Tsahal sont mortes à l’intérieur du Liban, au moment où une charge explosive a sauté sous leur blindé.
 
Un tel bilan va contraindre, sans aucun doute, le gouvernement israélien à conduire une riposte importante contre l’organisation intégriste, ses chefs, ses alliés, et ses commanditaires en dehors du Liban.
 
Agression du Hezbollah libanais:

Metula, 15h 07 heure d'Israël, mercredi

D'intenses échanges d'artillerie viennent de reprendre dans la région de Metula.


Il s'agit surtout de bombardements par l'artillerie israélienne de positions intégristes, avec quelques rares salves de Katiouchas en riposte.
 
 


Beyrouth, 14h 36 heure de Beyrouth correspondance de Michaël Béhé :


L'ancien président chrétien et membre de l'actuelle coalition gouvernementale, Amine Gemayel, a déclaré, en substance, que la décision de faire la guerre à Israël n'avait pas été prise par le Liban mais par le Hezbollah et que c'est le Liban qui en subirait les conséquences.


Il a en outre déclaré, à l'intention de "Monsieur le président Al-Assad", que s'il avait envie de faire la guerre à Israël, il devait ouvrir le front du Golan, pas celui du Liban !

 
 

Metula, 14h 11 heure d'Israël, mercredi

L'état-major de l'armée israélienne vient de décider d'une mobilisation partielle de réservistes. Ceci indique une intention claire de durcir le conflit en direction de Beyrouth et de Damas.

Des voix officieuses à Jérusalem déclarent que "nous allons renvoyer le Liban plusieurs années en arrière, à moins que son gouvernement ne libère immédiatement nos soldats".


L'armée ne laissera plus le Hezbollah se déployer à quelques mètres de la frontière israélienne. L'état-major hébreu entend engager des actions au Nord, aussi longtemps que le Liban n'aura pas pris le contrôle du sud de son territoire et désarmé les Fous de Dieu, comme le lui a ordonné le Conseil de sécurité de l'ONU.


La Ména vient d'apprendre que les 2 soldats israéliens kidnappés sont d'origine druze. Dans le passé, les Druzes libanais n'ont jamais permis aux chiites de maltraiter leurs frères servant dans l'armée israélienne. L'obligation d'un Druze de protéger un autre Druze précède toute autre obligation !
 


Nous attendons à ce propos la réaction du cheikh Walid Joumblatt, chef de la communauté druze, opposant féroce, ces derniers mois, des Syriens et du Hezbollah, avec le plus grand intérêt.


L'action des troupes israéliennes au sol se poursuit en territoire libanais, dans une difficile tentative de retrouver les ravisseurs et leurs otages, avant qu'ils ne quittent le Sud-Liban.
 
 

D'autre part, toutes les positions du Hezbollah le long de la frontière ont été détruites. Soit par des raids de l'aviation, soit par des frappes de l'artillerie.
 
 

 

La Ména continuera à informer ses lecteurs de l’évolution de la situation, par voie de communiqués continus sur notre site www.menapress.com, pour les développements mineurs, et par l’envoi de "breaking news" à ses abonnés, en cas d’événements majeurs.
Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /2006 00:50

 

En direct de Metoula, à 380 m de la frontière du Liban

Les reporters de Guysen TV se sont rendu sur le lieu des affrontements entre le Hezbollah et Israël.

Retrouvez Meïr Azoulay lors du direct retransmis depuis le siège de Metula News Agency à Metoula. Au micro de Guysen TV, Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l'agence de presse, qui nous livre une analyse des plus pertinentes sur l'escalade de violence à la frontière nord.

Pendant l'émission, un obus, tiré par Tsahal, est tombé à moins de 500 m du lieu de l'enregistrement.

Un document exceptionnel de Guysen TV.

http://www.guysen.tv/?vida=475

 

En direct de Metoula. 2ème partie

Suite de la retransmission en direct du 12 juillet.

http://www.guysen.tv/?vida=476

 

 

 

Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /2006 01:07
MetulaNews
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Une stratégie logique qui ne laisse pas de place au simplisme
Par Jean Tsadik
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La population et même une partie des députés et ministres israéliens s’impatientent. Ils ont hâte de voir le caporal Shalit rentrer chez lui, de préférence suite à une opération magistrale de commandos, dans la meilleure tradition de Tsahal. Ils voudraient que les tirs de Qassam cessent ; que le Hamas, Hanya, Mashal, et le président syrien soient punis. De plus, ils aimeraient que ces choses surviennent rapidement, selon la formule en vogue ici, tirée d’une publicité TV pour un produit anti-moustiques : Zbang vegamarnou ! ("Zbang et c’est fini").
 
Ils vont être déçus. Non que leur armée ne soit plus aussi performante qu’autrefois ni que ses adversaires aient fait des progrès ahurissants dans l’art de la guerre. Là n’est pas la question… Ce que les Israéliens vont devoir comprendre, c’est que la situation donnée ne laisse pas de place pour "un grand nettoyage", "l’anéantissement de tous les terroristes", ainsi que tous les concepts du même genre évoquant l’écrasement final, une bonne fois pour toutes, de l’ennemi.
 
Quitte à en désappointer certains, il restera, après les Pluies d’été, des terroristes vivants, indissociables du million trois cent mille Palestiniens de la Bande de Gaza. Il restera également des Qassam et la capacité pour les intégristes d’en fabriquer d’autres aisément. Ces constatations amènent à une déduction stratégique cardinale pour comprendre les objectifs de l’opération israélienne en cours : il faudra que ce soient les extrémistes qui visent sciemment nos civils, à Sdérot et Ashkelon, qui prennent la décision de cesser leurs agressions.
 
Certes, ces terroristes ne prendront pas cette décision de gaîté de cœur. Ils ne le feront que contraints et forcés, mais libres et vivants, soit toujours techniquement capables de nuire. L’objectif de l’armée israélienne consiste donc à conduire ces individus à une situation dans laquelle le prix qu’ils auront payé et le risque qu’ils encourront en poursuivant leurs attaques de civils seront trop élevés pour qu’ils en vaillent la peine. Pour qu’ils puissent, ne serait-ce qu’envisager de poursuivre ces actions.
 
Cet objectif est dicté par un choix politique clair et simple : il est hors de question pour Israël de réoccuper et de reprendre le contrôle de Gaza. Israël n’a pas quitté ce territoire voici dix mois pour y revenir et pour gérer un espace et ses habitants, qui ne lui procurent aucun avantage d’ordre stratégique ou économique. Or, pour réduire la menace terroriste à quasi néant – la menace zéro n’existant pas, rappelez-vous que des assassinats d’Israéliens se produisaient également lorsque Tsahal occupait la Bande – il faudrait la réinvestir. La fouiller maison par maison, à l’instar de l’opération Rempart en Cisjordanie. Certes, mais la Cisjordanie revêt, de par sa proximité immédiate aux grandes villes israéliennes, un intérêt stratégique évident. Depuis Rempart, par ailleurs, l’armée garde le doigt sur la gâchette, et  il ne se passe pas une nuit sans qu’elle n’y conduise un raid pour se saisir de membres des organisations terroristes.
 
Un Rempart à Gaza n’est pas exclu, mais il n’est pas à l’ordre du jour. On essaiera d’abord de faire revenir les intégristes à la raison par d’autres moyens, d’où la stratégie adoptée pour Pluies d’été.
 
Il s’agit d’user l’ennemi par des raids incessants, des occupations éphémères de places fortes et des opérations commando, dont on ne parle pas dans la presse. On utilise également l’artillerie terrestre et marine, et puis l’aviation, tout ce qui vole, des drones aux avions de chasse, en passant par les hélicos d’assaut. Et on prend son temps, rien ne presse. Chaque jour qui passe inflige des pertes de responsables et d’exécutants, au sein du Hamas, du Djihad etc. Des centres d’entraînement sont bombardés, des ateliers, des entrepôts d’armes sont réduits en cendres.
 
Tsahal conserve sa doctrine consistant à protéger d’abord ses soldats et ensuite les civils palestiniens. Mais pour l’opération en cours, elle a augmenté son seuil de tolérabilité des victimes collatérales innocentes. En temps normal, on exige des architectes des opérations de l’armée une pré-évaluation des risques de zéro sur dix en ce qui concerne la projection de non atteinte aux soldats et aux civils arabes, n’admettant que le "risque inhérent", inévitable lors d’une opération militaire. Pour les pluies de juillet, on a augmenté le risque d’atteinte collatérale de civils à Gaza à 2 ou 3. Sinon, il est impossible de combattre les terroristes et les miliciens, qui prennent le plus grand soin à n’évoluer qu’en milieu urbain hyper peuplé. Ceci explique que les attaques contre les véhicules transportant des individus armés sont autorisées par l’état-major même lorsqu’il existe un risque non nul de blesser des innocents.
 
Mais la faute à qui ? Depuis le retrait israélien, les organisations intégristes n’ont cessé d’agresser les agglomérations voisines du territoire de Gaza. Ils ont tiré de 6 à 700 roquettes dans leur direction. Spécifiquement sur des civils juifs et dans le but déclaré d’en tuer le plus possible. D’où la nouvelle équation : on respecte la vie des civils, mais on protège d’abord celle des civils agressés, les nôtres.
 
Il est, de plus, exact que la situation humanitaire, dans la Bande, est de plus en plus intenable. Mais sur ce point aussi, on assiste à une tentative d’affamer la population de la part des intégristes. De quelle façon ? – En prenant rationnellement pour cibles d’attentats tous les points de passages israélo-palestiniens, par lesquels transitent les vivres et les autres marchandises. Pas plus tard qu’hier, des miliciens ont tenté une action contre le point de transit de Karni. Et si cela ne suffisait pas, l’Autorité Palestinienne a refusé, hier également, que des convois de camions n’entrent à Gaza par le passage de Kerem Shalom. Cet autre point de transit que le Hamas avait attaqué et près duquel ses membres ont capturé Gilad Shalit après avoir tué deux tankistes, générant ainsi le point de départ des hostilités actuelles.
 
Certes, la population souffre. Même si ce n’est pas de la faute d’Israël, sans nouveaux approvisionnements, la Bande entrera en situation de pénurie sous quinze jours. Une centrale électrique a été détruite durant les affrontements, elle fournissait 50 % de l’électricité de Gaza. Ce fait de guerre influe directement sur le fonctionnement des pompes en eau potable et des évacuateurs dans les égouts. Un acte prémédité ? – Possiblement. Si Israël, tant que cela ne dépend que d’elle, n’a aucune intention de réduire les Azatis à la famine, cela ne la dérange pas de leur rendre la vie encore plus difficile qu’à l’accoutumée. Par vengeance pour les souffrance endurée par les Sdérotiens ? – Non, par calcul. Pour que la population saisisse que les islamistes qui la dirigent ne lui apporteront que malheur et destruction. Afin qu’elle comprenne qu’à les laisser œuvrer sans cesse pour l’éradication d’Israël, c’est elle qui essuiera les plâtres de cette politique, pendant que la majorité des Israéliens n’entend parler de la guerre que par l’intermédiaire de ses media. Assurément, une partie de la stratégie de Pluies d’été consiste à faire monter la pression populaire contre le Hamas afin qu’il abandonne la voie terroriste et relâche Shalit. A terme, cette réaction des habitants est garantie. Elle croît avec chaque nouveau jour de privations.
 
Bien entendu, face à ces choix, le Hamas joue à fond la carte palestinienne traditionnelle de la victimisation des civils et de la barbarie israélienne. Lorsque l’on regarde les images d’un enfant blessé, on a bien naturellement tendance à négliger tous les éléments qui ont engendré cette tragédie. Mais les islamistes lassent, la communauté internationale se rendant bien compte que Tsahal ne fait pas la guerre aux enfants mais à ceux qui tuent des enfants. Et le monde apprend lentement à compter, à comparer les guerres, jusqu’à s’apercevoir qu’en un seul attentat de musulmans contre des musulmans en Irak, ils ont tué autant de personnes que toutes celles qui ont perdu la vie depuis le début de la campagne israélienne.
 




Sans commentaire
 
De plus, les camps palestinien et arabe sont divisés. Mahmoud Abbas demande la libération immédiate du soldat israélien et impute la responsabilité de la crise à Ismaïl Hanya et à ses séides. En tous cas, les forces de sécurité de l’AP, qui reçoivent leurs ordres d’Abou Mazen, ne prennent pas part aux combats et les Israéliens font tout ce qui est nécessaire pour les épargner. Le même son de cloche sort du palais de Hosni Moubarak, qui a accusé lundi le Hamas et son chef Mashal, réfugié à Damas, d’être à l’origine du calvaire que traverse la Palestine et de faire risquer à la région un embrasement général. Le raïs pointe également du doigt Béchar Al-Assad, qui protège Khaled Mashal, en indiquant que cette attitude "met en danger la survie du régime syrien".
 
Et il y a anguille sous roche… que ce soient Al-Assad, Mashal, et même Hanya, il est clair que de graves avertissements pèsent sur leurs têtes. Il suffirait par exemple qu’il advienne malheur à Gilad Shalit pour que je ne donne pas cher de la peau de ces larrons. Par contre, je fais mienne l’information de Sami El Soudi selon laquelle Tsahal sait pertinemment où est détenu son soldat. El Soudi n’écrit jamais des choses en l’air… Lors, la stratégie "longue durée" de Pluies d’été donne le temps à l’armée des Hébreux de peaufiner une possible intervention. De plus, elle met à rude épreuve les nerfs des geôliers, qui savent qu’ils peuvent essuyer l’attaque d’un commando à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Immanquablement, leur attention faiblit et leur vulnérabilité s’accroît proportionnellement.
 
A force de subir les coups de boutoir à répétition de la formidable mécanique qu’est l’armée israélienne, à force de compter leurs morts et leurs blessés, sans parler des dégâts infrastructurels et matériels, les organisations terroristes, privées de tout approvisionnements et de tout renfort, vont céder. Elles n’ont aucune chance de tenir, ne serait-ce que deux autres mois, à ce régime-là. Ce qu’Israël attend de leurs leaders, c’est qu’ils s’engagent à cesser définitivement les tirs de Qassam contre Israël et qu’ils libèrent Ryan. S’ils sont incapables, même lorsqu’ils se retrouveront à genoux, de faire exécuter ces dispositions, Jérusalem changera de stratégie et envisagera leur élimination. De toutes façons, ces pluies qui tombent hors saison renforcent l’autorité de Mahmoud Abbas, qui pourra remplir le vide politique que ne manquera pas de laisser la ligne déraisonnable suivie par les fanatiques islamistes. C’est aussi ce que beaucoup de monde, partout sur la planète, attend en silence.
 
A tous : apprenez la patience !
 
 
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /2006 13:01
 
Qui survivra : le Liban ou le Hezbollah ?
 
 
C’est la seule question stratégique de cette histoire
 
 
Par Stéphane Juffa
 
 
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Synthèse du travail des membres de la Ména israélienne et libanaise œuvrant en situation de guerre ouverte
 
 
 
Suite à l’acte de guerre perpétré hier en Israël par le Hezbollah, à partir du territoire libanais, l’Etat hébreu a entrepris une très vaste opération militaire au-delà de sa frontière nord. Huit soldats ont péri dans la vague du guet-apens tendu mercredi par les Fous de Dieu, et deux autres ont été pris en otages par l’organisation intégriste. Celle-ci réclame la libération de milliers de prisonniers sécuritaires arabes comme condition à leur restitution.
 
 
Le général Alain Pellegrini, chef de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a, par ailleurs, confirmé que l’agression du Hezbollah avait eu lieu sur le sol israélien et que ses exécutants avaient franchi la frontière internationalement reconnue séparant les deux Etats.
 
 
Afin de permettre aux ravisseurs de gagner la région de Beyrouth, la milice chiite a abondamment bombardé la Galilée, tout le long des 70 kilomètres de ladite frontière, à coups de roquettes et d’obus de mortier. Les forces de Jérusalem ont tout d’abord réagi en pilonnant au canon et par des attaques aériennes toutes les positions du Hezbollah le long du Liban Sud, ainsi que les ponts routiers reliant cette région méridionale au centre du pays des cèdres.
 
Le 1er ministre libanais, M. Fouad Siniora, a  rapidement proposé, hier soir déjà, un cessez-le-feu à M. Olmert par l’intermédiaire du général français, mais le président du Conseil l’a aussitôt et sèchement rejeté. Peu auparavant, sur le coup des 17 heures, Hassan Nasrallah, le secrétaire du Hezb, avait déjà fait à Israël la même proposition, affirmant qu’il se contentait d’avoir kidnappé les deux soldats mais, ce qui est paradoxal voire cynique, qu’il n’était pas intéressé par une escalade militaire entre les deux pays.
 
 
A Beyrouth, le gouvernement, comprenant des ministres du Hezbollah, a promulgué un avis, selon lequel il dénonce l’action d’hier et se désolidarise du parti de Dieu. Le même cabinet s’est déclaré non responsable de cette attaque – pourtant conduite à partir de son territoire – et des agissements de l’organisation islamiste. Mais personne ne se fourvoyait quant au type de réaction qui allait venir de la part d’Israël ; le ministre de l’Economie et du Commerce, M. Sami Haddad, a résumé la situation par cette litote : "La saison estivale, hélas, ne sera pas excellente".
 
 
Sami Haddad ne croyait pas si bien dire… la réponse de Jérusalem est profonde et terrible. Israël annonce la couleur : elle va imposer au Liban un blocus terrestre, maritime et aérien. Et il ne s’agit pas de mots creux. Avant de ce faire, les bombardiers à l’étoile bleue ont rendu inutilisables l’autoroute et les autres voies de communication reliant la capitale au Sud. L’objectif de cette intervention est double : d’une part, il s’agit d’empêcher les ravisseurs de transporter leurs otages au nord, si ce n’est pas déjà fait, et d’autre part, les intégristes sont désormais dans l’incapacité de véhiculer des renforts et des munitions à leurs miliciens, ce qui les place dans une situation critique en vue d’une probable opération terrestre des Israéliens.
 
 
Mais ce n’était qu’un hors-d’œuvre, si l’on peut dire. Les avions ont ensuite détruit les pistes de l’unique aéroport international libanais, y empêchant, depuis, tout mouvement. Deux appareils en vol pour Beyrouth, ont été contraints de rebrousser chemin et de se poser à Chypre. En quelques minutes de raid, la liaison par air entre la capitale libanaise et le monde était coupée. De plus la saison touristique, dans un pays qui commençait à attirer de nouveau les touristes, semble condamnée, et le transporteur national, la MEA, va perdre des centaines de milliers de dollars quotidiennement et pour une longue période.
 
 
L’accès maritime est bloqué lui aussi. Les vedettes de la navy hébraïque interdisent tout trafic, interceptant les paquebots et les obligeant à faire demi-tour. Si cela continue, dans quelques jours, les Libanais, totalement dépendants de l’étranger pour leur approvisionnement, vont commencer à ressentir les effets de la pénurie.
 
 
Israël justifie ces deux dernières mesures en expliquant que, tant l’aéroport Rafic Hariri que la Méditerranée, servaient à fournir des armes, des combattants et des munitions aux organisations terroristes. Sous le nez des autorités ! Sous leur nez, alors qu’elles étaient censées appliquer la résolution 1995 du Conseil de Sécurité qui leur enjoignait, entre autres, de désarmer toutes les milices…
 
 
L’armée de l’air bleu-blanc attaque également dans le fief des intégristes, la ville de Baalbek, dans la Bekaa. Elle s’en est prise à des camps d’entraînement, des bases arrière et des dépôts d’armes. Elle y a détruit les antennes de la télévision Al-Manar des extrémistes chiites. Désormais, pour capter les programmes du Hezb, il faut disposer du satellite. Combien de temps encore cette chaîne parviendra-t-elle à émettre ? On peut se poser la question, en voyant tout ce qui reste de son bâtiment principal de Beyrouth : un tas de gravats ! D’autres objectifs islamistes de la capitale ont été frappés de plein fouet, insinuant un vent de panique au sein des huiles du Hezbollah. Hier, le cheikh Nasrallah était étrangement serein durant sa conférence de presse, mais aujourd’hui, Al-Manar et Nour ont commencé à raconter n’importe quoi. Ils ont annoncé que leurs miliciens avaient anéanti une grande base de l’armée de l’air adverse et qu’ils avaient touché des objectifs imaginaires, loin à l’intérieur d’Israël.
 
 
La dernière d’Al-Manar : une bande passante qui défile depuis 13 heures locales et qui "menace l’ennemi sioniste de bombarder Haïfa si les Israéliens bombardent les quartiers chiites de Beyrouth".
 
 
Possèdent-ils des missiles capables d’atteindre Haïfa ? On en doute. Et même dans l’affirmative, quels dégâts pourraient-ils y causer ? C’est vrai que les intégristes ont augmenté le rayon d’action des projectiles en leur possession ; il y a quelques minutes, vers 14h 30, des super-katiouchas ont atteint Safed, l’une d’elles s’abattant sur le grand centre commercial de la ville et faisant un blessé grave et 12 autres dans un état léger à moyen. C’est 20 kilomètres de portée, soit au moins 10 de plus que l’ancien modèle. Mais Haïfa ? Ce qui est certain, en revanche, c’est que si les chiites tentent cette autre folie, les Israéliens réagiront de façon enragée et réduiront en cendres de larges portions du Liban.
 
 
Les chiites entraînent ainsi dans une guerre suicidaire la majorité de leurs compatriotes qui ne partagent pas leur point de vue "stratégique". Mais on s’aperçoit soudain qu’il ne suffit pas d’afficher son désaccord avec ces excités, on découvre, comme par surprise, le risque qu’il y avait à les laisser exister en tant qu’Etat armé dans l’Etat en principe souverain. Peut-être cette sale crise forcera-t-elle les Libanais à prendre leurs responsabilités, à devenir cohérents. Nous vous laissons découvrir, à ce propos, l’excellent article "Schizophrénies galopantes"de l’éditorialiste Elie Fayad dans L’Orient-Le-Jour de ce jeudi. Tout ce qu’il y a d’important à savoir y est. 
 
 
Au nord d’Israël, les Katiouchas islamiques continuent pour le moment de pleuvoir à grosses gouttes, incitant de nombreux habitants à prendre un exil provisoire. Mais les nations importantes du monde, comme l’Allemagne, l’Italie et surtout les Etats-Unis reconnaissent à l’Etat hébreu le droit de se défendre. Et les Katiouchas ne servent "qu’à" semer la terreur, il n’ont pas la capacité de faire gagner une guerre. Il y a bien 39 blessés, dont certains grièvement atteints, causés par les Fous de Dieu dans les hôpitaux de Galilée, et l’ambiance, dans cette région, est assurément pesante.
 
 
 
Mais tout le monde sait qu’à la fin de cette guerre, il n’y aura plus de milice chiite au Liban-Sud. La question qui compte, c’est "qui les en chassera, les Israéliens ou les Libanais" ? De la réponse à cette interrogation dépendra une question subsidiaire : Que restera-t-il du pays des cèdres à la fin de ce conflit ?
 
 
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Dispositions extraordinaires concernant le fonctionnement de la Ména en zone de combats
 
 
 
Au cours d’une réunion extraordinaire conjointe du comité de rédaction et du directoire de la Ména, ce matin à Metula,pour l’adoption de dispositions spéciales en fonction du régime de crise imposé par le conflit faisant rage dans notre environnement immédiat, il a été décidé plusieurs mesures d’exception.
 
Celles qui intéressent, directement ou indirectement, le public sont les suivantes :
 
a) la réunion du comité élargi pour la titularisation des journalistes stagiaires est repoussée au dimanche 20 août si la situation sécuritaire le permet ;
 
b) les personnels administratifs et coopérants, dont la présence n’est pas absolument nécessaire à Metula sont priés de ne pas s’y rendre ;
 
c) tous les rendez-vous prévus avec des tiers au siège de la rédaction de Metula sont reportés sine die. Cette mesure ne concerne pas les reporters-journalistes d’autres media ni les réunions éventuelles avec des personnels militaires ;
 
d) la réunion de l’assemblée générale de notre société mère, la Metula News Agency S.A, est reportée au lundi 4 septembre si la situation sécuritaire le permet. La convocation à l’assemblée sera publiée 7 jours ouvrables auparavant sur nos pages et sur le site de l’agence ;
 
e) les lecteurs des articles et analyses de l’agence sont instamment invités à s’acquitter, sans tarder, et par paiement sécurisé [ICI], du montant de leur dû. Ces paiements, en toute ponctualité, sont plus que jamais nécessaires au fonctionnement de la Ména sous régime de crise ;
 
f) le comité de rédaction transfère au rédacteur en chef le droit de prendre, en cas de nécessité et sur la base de son seul jugement, toutes les décisions qui relèvent en temps normal et selon nos règles de fonctionnement, du comité de rédaction. Cette disposition restera en place jusqu’à l’annonce sur nos pages de la fin de l’état de crise ;
 
g) une permanence sera assurée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à la rédaction de Metula jusqu’à la fin de l’état de crise ;
 
h) les lecteurs intéressés sont priés de publier leurs commentaires par eux-mêmes sur le forum de l’agence. La rédaction n’y publiera pas les messages qui lui sont adressés afin d’y être affichés ;
 
i) les lecteurs sont priés de limiter les messages électroniques qu’ils adressent à notre rédaction aux seuls courriers de nature professionnelle ou présentant une importance urgente ou élevée pour l’information. Il ne sera pas répondu aux messages personnels ni aux courriers exempts de caractère d’urgence ;
 
j) cette publication fait office d’avis officiel et ne sera pas accompagnée de communications individuelles.
 
 
Le comité de rédaction et le directoire de la Metula News Agency 
 
 
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Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /2006 17:16
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Le Monde marche sur la tête
Par Sénèque-le-boiteux  à Paris
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Marcher sur la tête, la plus sommaire des inspections de l’anatomie des bipèdes que nous sommes nous indique tout de suite que c’est confondre le haut avec le bas, et nos organes de locomotion avec la boîte qui renferme notre organe cogitatif. C’est inverser l’ordre des choses. Normalement on marche sur ses pieds et on garde la tête haute. Il semble pourtant qu’il y ait des gens qui marchent sur la tête et qui confondent les deux.
 
Confondre sa tête et ses pieds, n’allez pas croire qu’il soit question de Zidane qui, dans un instant d’égarement, a confondu le football, qui se joue avec les pieds, avec l’art du coup de boule, qui concerne l’autre partie. Zidane n’est pas le seul à perdre la boule en France, comme le chante la nouvelle danse qui fait fureur, « La danse du Coup de boule » [cliquez ici], qui va sans doute devenir le tube de l’été. Le quotidien Le Monde semble aussi ne plus savoir quoi faire de sa tête et s’égare. Lui aussi semble affecté de cette maladie de l’inversion systématique. Relativement au compte rendu des événements sur la frontière libanaise d’Israël.
 
Heureusement, toute la presse française n’est pas à ce point malade. L’ordre des raisons reflète l’ordre des choses. Israël a subi une agression à sa frontière libanaise, plusieurs des soldats de Tsahal ont été tués et deux d’entre eux ont été enlevés, et c’est pourquoi il a engagé une riposte militaire parfaitement compréhensible, dont l’intention transparente est de récupérer ses soldats enlevés. La plupart des titres de la presse éclaire honnêtement cette réalité. Ainsi, Libération titre : « Israël punit le Liban pour enlèvements : le rapt de deux soldats par le Hezbollah, hier matin, a provoqué une riposte militaire, dans laquelle huit militaires ont été tués ». Cette tirade indique bien quoi a provoqué quoi, et l’action militaire israélienne est clairement qualifiée de riposte. De même, si le titre principal « L’aviation israélienne bombarde l’aéroport de Beyrouth » est centré sur l’un des actes marquants de Tsahal au Liban, l’explication qui suit immédiatement établit clairement, sinon la légitimité, du moins la motivation de cette action : « Après la capture de deux de ses soldats, Israël a lancé une offensive sans précédent contre le Hezbollah chiite libanais »… Post hoc, propter hoc. L’avant et l’après sont ici aussi clairement indiqués. Si l’aviation israélienne a agi, c’est après que le Hezbollah ait commis son agression, et la structure de la responsabilité est lisible pour chacun. De même encore, L’Express (électronique) titre : « Israël bombarde le Liban », mais le chapeau précise : « Alors que le conflit se poursuit sur le front palestinien, les forces israéliennes ont intensifié leurs bombardements au Liban en réponse aux attaques du Hezbollah et à l’enlèvement de deux soldats ». Même son de cloche, approximativement, dans l’ensemble de la presse française. Clarté et honnêteté : on distingue l’avant et l’après, l’agresseur et le riposteur, la cause et l’effet, la droite et la gauche, le haut et le bas.
 
Or voilà qui est remarquable : seul Le Monde se distingue de ses confrères, se mettant, pour ainsi dire à l’école du coup de boule de Zidane. Seul Le Monde ne sait apparemment pas distinguer l’avant et l’après, la cause et l’effet, sa tête et ses pieds. Le Monde marche sur la tête et, dans la plus grande malhonnêteté, bouleverse l’ordre des choses, donnant l’agresseur pour l’agressé et inversement.
 
Le Monde en effet, titre ceci : « Israël multiplie les bombardements au Liban, l’aéroport de Beyrouth touché ». Et le chapeau d’expliquer : « L’aviation israélienne a effectué une quarantaine de raids au Liban… contre la milice chiite du Hezbollah, faisant 27 morts parmi les civils. Paris condamne une action ‘disproportionnée’».
 
Point n’est besoin d’être fin sémiologue pour que la différence entre ce titre et celui du reste de la presse saute aux yeux. Contrairement à tous les autres titres, dans Le Monde, il manque d’abord tout simplement l’ordre des responsabilités. L’action militaire israélienne y est décontextualisée, sortie de l’enchaînement des actions et contre-actions, l’agression préalable du Hezbollah étant purement et simplement passée sous silence, tandis que l’effet de dramatisation et de grossissement est saturé dans l’espace d’une phrase afin d’amplifier la réaction israélienne et ses morts civils : « multiplie les bombardements », « quarantaine de raids », « faisant 27 morts parmi les civils ». Donc un double mécanisme sémantique d’inversion, c’est-à-dire d’effacement des raisons et des responsabilités de l’agresseur d’un côté, et de dramatisation, d’amplification rhétorique du caractère meurtrier de la riposte israélienne de l’autre. Une telle construction sémantique délibérée est ensuite assortie du jugement officiel français sur le caractère « disproportionné » de l’action israélienne (qui, il faut le souligner, n’est pas qualifiée comme riposte à la différence de tous les autres titres de presse). Le chapeau du Monde met donc en scène une construction de l’événement, vaguement en rapport avec la réalité des faits, et qui n’a d’autre but que d’illustrer le jugement politique qui la conclut : disproportion.
 
Comment qualifier ce travail de journalisme ? Il n’a qu’un seul nom dans les annales de l’histoire. Et cela s’appelle d’abord un communiqué officiel. Et ensuite, l’utilisation directe du journalisme dramatisé au service des positions officielles des Affaires étrangères s’appelle de la propagande de guerre.
 
Le journal Le Monde, Mesdames et Messieurs, contre toute apparence, n’est pas un journal comme les autres parmi la presse française.C’est un bulletin propagandiste du gouvernement. Il ne fait qu’habiller des communiqués officiels, et, quitte à mettre l’ordre des choses sens dessus dessous et sortir de son chapeau des effets sans cause, il ne sert qu’à mettre en scène la vision qu’il veut imposer à l’opinion publique. Façonner l’opinion de ses lecteurs. Avec des procédés de manipulation du sens qui sont les plus grossiers de toute l’histoire de la presse.
 
Aujourd’hui donc, Le Monde marche sur la tête, et commet un acte de voyou digne du coup de boule du capitaine de l’équipe de France. Mais évidemment son lectorat se réduisant comme peau de chagrin, on peut se consoler en pensant que ce journalisme voyou n’est pas lu par des milliards de lecteurs… contrairement aux nombre de téléspectateurs qui ont assisté au fameux coup de boule. Carton rouge journalistique !
Par Pierre Bouskila - Publié dans : Metula News Agency©
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