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Autorisation de diffusion N° TTR2234270606SJ
accordée par
Metula News Agency ©
à La Chaîne d’Union
de Pierre BOUSKILA
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Un tremblement de terre et ses répliques
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency
Avec le concours prépondérant, sur place à Gaza et avec les forces israéliennes,
de Sami El Soudi et Ilan Tsadik
Mortelle surprise
Les huit hommes des Comités de la Résistance Populaire et du Hamas qui ont attaqué trois cibles de l’armée israélienne à proximité du kibboutz de Kerem Shalom, dimanche à l’aube, ont imposé une surprise totale à leurs adversaires. L’enquête interne en cours au sein de Tsahal définira l’état d’alerte exact dans lequel se trouvaient ses soldats au moment de l’attaque. Il se pourrait bien, en effet, que l’équipage du tank Merkava, dans lequel deux hommes ont trouvé la mort, un troisième a été sérieusement blessé et un quatrième enlevé par les assaillants, était assoupi. Impossible d’expliquer autrement qu’ils aient laissé les commandos palestiniens s’approcher aussi près de leur blindé pour lui administrer un dommage de cette importance. Il importe, pour comprendre cette analyse, de savoir que le seul talon d’Achille dans la cuirasse de ce monstre de 81 tonnes (en pleine charge) se trouve être la jointure existant entre la tourelle et la plateforme du char. Pour générer des dégâts de cette importance, il faut impérativement tirer un missile ou une grenade antichar dans cette portion du véhicule. Une aire ne dépassant pas cinq centimètres. Une précision qui ne peut être atteinte avec un RPG [1] que lorsque l’on se trouve à bout portant du tank, à environ quinze mètres, et qu’on dispose du temps nécessaire afin d’effectuer la visée. De plus, les miliciens se trouvaient face à l’engin, car la partie sensible du joint tourelle-plateforme se trouve protégée en sa partie arrière par une succession de chaînes munies d’un poids à leur extrémité. Les projectiles, lorsqu’ils atteignent ces lourds chaînons d’acier, explosent avant d’avoir touché le blindage.
Cette constatation est sans appel, toute les autres parties de ce char, que nous connaissons sur le bout du doigt, sont absolument imperméables à l’effet des missiles. Ceci démontre, une fois encore, l’importance de l’effet de surprise et la quasi impossibilité qui prévaut à se défendre lorsqu’on est pris au dépourvu, ce, quel que soit le degré de protection et l’armement dont on dispose.
L’un des soldats stationnés dans le périmètre de la zone où s’est déroulée l’attaque, a d’ailleurs expliqué à Ilan Tsadik sa stupéfaction en une seule phrase : "nous ne nous attendions absolument pas à une attaque de ce genre de leur part !". Une phrase qui veut tout dire. Les militaires israéliens, qui scrutaient attentivement les activités diurnes de l’autre côté de la frontière, étaient à mille lieues de se douter que les miliciens d’en face avaient creusé, à leur nez et à leur barbe, une galerie de près d’un kilomètre de long, enfouie si profondément dans le sol que les sismographes n’avaient rien détecté, et qui resurgissait en territoire israélien, derrière la première ligne de combattants. Ainsi, pendant que ces derniers pointaient leurs armes en direction du territoire de Gaza, leurs agresseurs se sont approchés d’eux dans leur dos.
"Une manœuvre à l’israélienne" a concédé l’un des officiers en chef de ce front, ajoutant que "lorsqu’on garde une position et que l’on ne croit pas à la possibilité de se faire attaquer, mieux vaut ne pas la garder". Ilan ajoute qu’il ne s’agissait pas non plus d’une mission suicide, puisque, leur coup accompli, le commando a repassé la frontière, le plus simplement du monde, en faisant sauter la fine barrière de barbelés avec une petite charge d’explosifs. De plus, ils ont eu tout le loisir d’emmener avec eux un prisonnier, ce qui place toute la région à quelques millimètres de la ré-invasion de Gaza par Tsahal. Ils avaient même prévu que nous leur donnerions la chasse, puisqu’ils avaient préalablement piégé l’itinéraire de leur fuite et deux de nos hommes ont ainsi été blessés lors de la poursuite.
Encore faut-il ne pas accuser les services de renseignements de l’armée de n’avoir pas averti le commandement. Le risque de cette attaque imminente, avec tous ses composants, avait été décrit en détails aux responsables du front. De fait, comme le précise Sami El Soudi depuis Rafah, à quelques centaines de mètres de l’endroit où se trouve Tsadik, c’était le stratège et chef des Comités de la Résistance Populaire, Jamal Abou Samhadana, qui avait préparé cette opération complexe. Sur la base de l’imminence de sa réalisation, un commando israélien avait éliminé Samhadana voici quelques semaines, imaginant sans doute que, privés de leur chef, les miliciens seraient dans l’incapacité de mener à bien cette opération. Leurs conclusions étaient hâtives et le 1er lieutenant Khanan Barak [2] ainsi que le sergent Pavel Slutsker ont payé cette mauvaise lecture des informations de leur vie. Quant au caporal Gilad Shalit, il fait en ce moment la très inconfortable expérience de la captivité entre les mains de l’aile armée de l’organisation de la résistance islamique.
Kerem Shalom un kibboutz et un point de passage
sur les trois frontières : Israël, Gaza, Egypte
Un point de sémantique encore : Ehoud Olmert a tort lorsqu’il parle d’une attaque terroriste. Les membres du commando avaient le champ libre pour s’infiltrer dans les maisons du kibboutz et faire un carnage parmi les civils, mais ils ont choisi de surprendre les militaires. Il ne s’agit pas non plus d’un crime de guerre ni d’un crime contre l’humanité, il ne faut décidément pas tout mélanger. Les mots ont un sens qui permet aux gens, lorsque utilisés à bon escient, de saisir une situation ; et leur emploi correct n’est pas affaire de sympathie ou de révulsion. Des individus armés n’appartenant pas à une armée régulière s’attaquant à d’autres hommes armés sont des miliciens. Quant à l’AFP, qui persiste à les appeler des "activistes", elle sombre cette fois-ci corps et âme dans le ridicule sémiologique dont on ne sort que difficilement… [3]
Riposte complexe
Israël a fait savoir aux membres du gouvernement Hamas qu’elle les tenait un à un personnellement responsables du sort du caporal Shalit. Tsahal a fermé tous les points de passage entre Israël et Gaza, et les observateurs internationaux délégués au poste frontière de Rafah, entre Gaza et l’Egypte, ont refusé de gagner leur poste de travail. Rafah est donc également fermé, ce qui isole hermétiquement la bande de Gaza.
Le président palestinien Mahamoud Abbas, qui ne se sentait pas directement concerné par ces mesures de cloisonnement, s’est également vu signifier une interdiction de quitter Gaza. Ehoud Olmert lui a fait savoir qu’Israël le considérait également responsable de "ce grave incident avec tout ce que cela implique". Quand à la ministre des Affaires Etrangères, Tsipi Livni, elle a informé Abbas qu’elle attendait de sa part qu’il reste à Gaza afin d’aider à solutionner la crise.
Au demeurant, les composants de la situation semblent assez simples : Israël agit sur trois axes afin de récupérer son soldat kidnappé : a) diplomatique, en demandant à toutes les tierces parties de bonne composition de faire pression sur les Palestiniens. La France est intervenue à ce titre, Gilad Shalit disposant de la double nationalité franco-israélienne ; b) le renseignement : tous ses agents à Gaza – et ils sont fort nombreux – s’activent à trouver l’endroit où est détenu le caporal et c) en massant des forces considérables le long de la frontière, qui se préparent avec détermination à réinvestir la bande lors d’une campagne déroulante.
Et le message est reçu 5 sur 5 par le gouvernement du Hamas, qui en est presque à implorer les Israéliens – sur la radio de l’armée Gaaleï Tsahal et en hébreu ! – à renoncer à l’escalade et à lui donner le temps de résoudre l’affaire sans plus d’effusions de sang. Très clairement, Ismaïl Hanya, sait qu’il joue sa tête et celle de ses collègues. Il fait ainsi appeler les ravisseurs, par ses porte-parole officiels, à bien traiter Gilad Shalit et à ne lui faire aucun mal.
Le caporal Gilad Shalit : Ismaïl Hanya en répond sur sa vie
Le gouvernement du Hamas déclare par ailleurs ne pas savoir où est détenu le soldat israélien, et Sami El Soudi, sur place à Gaza depuis dimanche midi pour la Ména, nous invite vivement à le croire. Serait-ce une contradiction ? D’une part, le Hamas co-revendique l’opération de dimanche, et de l’autre, il prétend ne pas savoir où il détient le prisonnier ?
Au-delà de l’aspect déroutant et douteux de cette ambiguïté, il faut y voir une lutte de pouvoir, ainsi que les traces d’une confrontation idéologique majeure au sein même de l’organisation islamique. Un danger de schisme et même de confrontation interne. Hanya n’a pas voulu ni décidé de la participation du Hamas à l’opération contre Kerem Shalom, il s’est fait déborder par des membres de ses factions armées répondant aux ordres de l’autre direction du mouvement, celle oeuvrant sous l’aile des Al-Assad depuis Damas. Le plus grand problème de Hanya, actuellement, c’est précisément son concurrent réfugié en Syrie, Khaled Mashal et son élément principal à Gaza, en la personne d’Ahmad Jabari, le no.1 de la branche armée du Hamas. Or, tant Mashal que Jabari avaient eu vent de ce qu’Abbas et Hanya étaient sur le point de signer un document décisif, basé sur la charte des prisonniers, et qui reconnaissait le droit d’Israël à l’existence, sur les bases de la proposition saoudienne d’une paix définitive, signée avec toute la nation arabe, en échange du retour d’Israël aux frontières de 1967.
D’ailleurs, il n’est pas nécessaire, pour s’assurer de la véridicité de ce point, de faire cette fois appel aux analyses au diamant de notre camarade El Soudi. Le président de l’Autorité Palestinienne l’a annoncé en clair, accusant Mashal de saboter, en déclanchant l’opération de dimanche, la signature de l’accord que les factions palestiniennes étaient à la veille de signer. Abou Mazen parle également d’une "violation des engagements pris lors des discussions en vue de former une plateforme politico-stratégique entre le Hamas et le Fatah en vue de former un gouvernement d’union nationale".
Dures décisions…
On ne déclenche pas une guerre globale pour sauver un soldat. Même en Israël, où la nation entière s’identifie aux souffrances des familles des disparus et à celle de Gilad Shalit et de ses proches.
Le Hamas, version Hanya, a "exigé", par la voix du vice-1er ministre Nasser Shakher, de sa faction armée, "la libération immédiate" sans conditions et sans troc de Shalit. Mahmoud Abbas, voulant à tout prix éviter l’invasion israélienne et préserver son rêve d’unification des courants palestiniens, va, ce lundi soir, envoyer les forces gouvernementales à la recherche de la planque des ravisseurs, en prenant le risque de provoquer la confrontation armée tant discutée entre le Fatah et les hommes de Jabari.
En Israël, c’est aussi une affaire de temps. On transmet des ultimatums discrets aux Palestiniens pour la libération du caporal franco-israélien. Officiellement, il ne se déroule pas de négociations, mais Ilan et Sami, que j’ai envoyés des deux côtés de la frontière, savent parfaitement que c’est faux : dans le cas où Gilad serait restitué, rapidement et en bonne santé, Israël n’attaquera pas la bande de Gaza.
Dans le cas contraire, Ehoud Olmert serait contraint d’effectuer une démonstration de force et de démanteler les cellules terroristes. Encore devrait-il choisir entre un feu d’artifice évidé de tout objectif stratégique majeur et l’élimination des membres du gouvernement du Hamas, ensemble avec les noyaux terroristes et miliciens qui portent le même nom qu’eux.
La décision ne serait pas aisée. En éliminant Hanya, d’une manière ou d’une autre, Olmert ferait le jeu de Damas et de Téhéran… Certes, mais il se débarrasserait également d’un futur interlocuteur intransigeant et d’un front palestinien politiquement unifié, autour de thèmes fort éloignés des provisions de la Carte Routière. En gardant Hanya en vie et en place, avec l’option de le libérer, de même qu’Abbas et les habitants de Sdérot, de la plupart des irréguliers fanatiques armés de Gaza, Olmert prendrait le risque d’avoir à négotier la paix avec les représentants de toutes les composantes de la société palestinienne. L’unique manière d’atteindre une paix durable, cela aussi, il le saisit bien.
Ceci dit, nous sommes persuadés, à la Ména, que le désir premier du président du conseil israélien, de même que celui d’un nombre fort conséquent de personnalités oeuvrant dans le même sens, consiste à récupérer Gilad Shalit en bonne santé. Ensuite, la marge de manœuvre du remplaçant de Sharon serait considérablement plus large. De même, sa capacité à laisser se former des dynamiques intéressantes…
Notes :
[1] RPG, Ruchnoy Protivotankovy Granatomyot, grenade antichar de conception soviétique largement répandue dans le monde.
[2] Le 1er lieutenant Khanan Barak était fiancé à Orit Gino, une voisine de Métula et membre d’une famille très proche des animateurs de la Ména israélienne.
[3] La Ména conseille la lecture des comptes-rendus de Didier François dans Libération. François est un reporter rigoureux et expérimenté, qui s’emploie, le plus souvent, à respecter notre langue et qui a le mérite de demeurer à Gaza. Notez que les titres qui précèdent ses articles, souvent trompeurs quant à leur contenu, ne sont pas de son fait, comme c’est le cas dans la plupart des media.
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Metula News Agency ©
Avec le concours actif d’Ilan Tsadik à Rafah et de Jean Tsadik à Phoenix.
Le président de l’Autorité Palestinienne a rencontré le 1er ministre Ismaïl Hanya à plusieurs reprises durant ces derniers jours, le conjurant "de faire ce qu’il fallait pour que le caporal israélien soit libéré immédiatement et sans conditions". Mahmoud Abbas avait, en outre, fait peser l’entière responsabilité de la réinvasion progressive de Gaza par Tsahal, qui a commencé cette nuit et qui porte le nom de Pluies d’été, sur les épaules de Hanya et du Hamas.
C’est lundi qu’a eu lieu la réunion la plus virulente. On a entendu le président littéralement hurler des menaces à plusieurs dizaines de mètres de la salle fermée dans laquelle se déroulait le meeting. J’ai entendu de mes propres oreilles Abou Mazen dire à Hanya que "si tes bâtards touchent un seul cheveu du soldat, les Israéliens m’ont prévenu qu’ils t’abattront, toi, de même que Mahmoud (Mahmous A-Zahar, ministre des AE de l’Autorité) et Saïd (Saïd Sayam, ministre de l’Intérieur), comme des chiens !". Abbas ajouta, sur une échelle de décibels dont je le croyais incapable : "et ils auraient bien raison, vous êtes des irresponsables en train de sacrifier le sang de notre peuple pour rien" ; puis, avant de quitter la pièce en claquant la porte comme dans un vaudeville, "et si les Juifs te ratent, c’est Dahlan qui te fera la peau, il n’attend que cela !".
Depuis, les Israéliens sont entrés dans la bande de Gaza. Avec de gros moyens en tanks et en infanterie et le soutien de leur artillerie. Dans le ciel, les hélicoptères d’assaut canardent les positions des organisations terroristes et les chasseurs-bombardiers font des boums supersoniques terrifiants.
Un tank Merkava constituant l’ossature de la force blindée en action à Gaza
Remarquez la trappe du conducteur : si le canon se trouve dans l’alignement du char,
elle est inutilisable !
La percée initiale se déroule dans le Sud de la bande, dans la région de Rafah et de Khan Yunis, qui est coupée du reste du territoire. Les Israéliens ont reçu des informations attestant que Gilad Shalit serait détenu dans ce périmètre. Ilan Tsadik, avec lequel je converse plusieurs fois par jour, et qui se trouve avec les forces des premières lignes, mais qui s’est engagé auprès de ses chefs à ne pas écrire d’article depuis le champ de bataille, m’a informé de leur intention de couper la bande en trois secteurs, d’est en ouest, afin d’empêcher les déplacements des terroristes. De plus, mon jeune et estimé collègue me dit que son armée est très active le long de la frontière avec l’Egypte, de crainte que les ravisseurs de Shalit n’essaient de le faire passer dans le Sinaï, avec l’aide des éléments armés des Frère musulmans – Al Quaëda.
Je sais, de la même source, que les Israéliens préviennent les policiers de l’Autorité des objectifs qu’ils vont attaquer, peu avant l’assaut, et que ceux-ci quittent les lieux avec docilité et rapidité. La télévision nationale palestinienne diffuse de faux reportages versant dans la victimisation, dans lesquels elle annonce que les bombardiers israéliens arrosent à la mitrailleuse les maisons de Rafah sans distinction. Je n’ai pas besoin de consulter Ilan pour savoir que c’est intégralement faux. Nous aussi, nous avons eu le temps d’apprendre les pratiques de nos adversaires…
A Gaza même, tous les ministres du Hamas ont pris le maquis. L’ambiance de suspicion est générale, quasi irrespirable. Deux véhicules ont explosé depuis hier non loin de la résidence azatie du président Abbas, mais il ne semble pas que ces bombes lui fussent destinées.
Sur quoi ont porté les disputes entre Abbas et Hanya ? – Sur le fait que le 1er ministre a refusé d’exiger publiquement et de sa voix que les kidnappeurs de son organisation relâchent leur otage sans contrepartie de la part de Jérusalem et en s’abstenant de toute temporisation. "Avec Khaled Mashal à Damas et son pantin Ossama Hamdan au Liban (le représentant du Hamas à Beyrouth), qui appellent à plus d’enlèvements de Juifs, de militaires juifs et d’officiers, ma base me prendrait pour un traître, pour quelqu’un qui s’occupe plus de sa vie que de la possibilité offerte de libérer nos prisonniers", a, chaque fois, rétorqué Hanya. "Si les Juifs veulent me tuer, eh bien qu’ils m’assassinent, je préfère encore cela à mourir par une balle palestinienne !".
Mais Hanya n’est pas pressé d’y passer ! Il a ainsi demandé à Mahmoud Abbas et obtenu que soit pré-signé le traité entre le Hamas et le Fatah, version à peine modifiée de la charte dite des prisonniers. Le paraphage définitif de ce document pourrait conduire à la formation d’un gouvernement d’union nationale sous quinze jours. Il s’agit d’un pas sérieux dans la bonne direction qu’il importe d’interpréter correctement : Hanya et Abbas savent pertinemment que l’adoption de ce texte sera insuffisante pour desserrer le blocus économique autour de l’Autorité, mais ce n’est pas là sa fonction. Ceux qui ont imaginé que l’entérinement de la charte allait remplacer la Carte Routière n’y comprennent décidément pas grand-chose… Il s’agit ni plus ni moins de définir les lignes stratégiques permettant au gouvernement ainsi qu’au parlement de prendre ensuite les décisions opérationnelles qui s’imposent. En reconnaissant la validité du plan saoudien, Hanya autorise le futur gouvernement non seulement à parler à Israël, mais également à engager des négociations sur le statut définitif entre les deux entités, en acceptant clairement que l’existence d’Israël soit dorénavant théoriquement envisageable.
De plus, le document pré-endossé confie au Fatah le soin de mener les discussions avec Olmert. On pourrait, à brève échéance, voir un gouvernement de l’Autorité réaffirmer son engagement à la Road Map, négocier un cessez-le-feu applicable et, surtout, permettre ainsi le retour de l’aide internationale. Sauver la Palestine de la banqueroute dans laquelle elle se trouve déjà enfoncée jusqu’au nombril !
Ne vous y trompez pas, respectés lecteurs de la Ména, Ismaïl Hanya vient de jouer ainsi son va-tout, son existence physique… Et il s’agit d’une véritable carte que le chef intégriste a posée sur la table, pas d’un placebo ! Hanya offre au 1er ministre israélien, le jour même de l’entrée de ses troupes dans Gaza, la seule et unique perspective authentique d’accéder, à terme, à une paix véritable entre nos deux peuples. A Jérusalem on sait très bien qu’une paix qui ne serait signée qu’avec le Fatah n’aurait strictement aucune valeur et que les intégristes empêcheraient, par des actes terroristes, qu’elle n’entre dans les faits. Par contre, en dépit des difficultés que cela comporte, un accord définitif impliquant le Hamas, c’est pour les Israéliens l’assurance de leur pérennité. Pas rien !
Ne croyez pas non plus qu’Ehoud Olmert n’ait pas parfaitement saisi le message de son pire ennemi. Son changement fondamental d’idéologie. Il le lui a fait savoir en dirigeant la quasi-totalité de ses flèches contre Khaled Mashal. En avertissant ce dernier, le plus directement du monde, qu’il n’était pas en sécurité à Damas et qu’Israël pourrait bien aller l’y débusquer. Pour le moment, et au centre d’intenses préparatifs militaires, les Affaires Etrangères israéliennes ont demandé à tous les Etats animés de bonne volonté de faire pression sur Béchar Al-Assad afin d’obliger la Syrie à expulser cet archi-terroriste.
Hosni Moubarak a d’ailleurs convoqué Mashal au Caire pour aujourd’hui. C’est important, crucial même. Le raïs va signifier au terroriste qu’il lui faut immédiatement intimer l’ordre à ses hommes de relâcher le prisonnier israélien sain et sauf. Sinon ? Sinon, l’Egypte aussi le considérera comme un ennemi à abattre. Pourquoi est-ce si important ? Parce que la vie de Gilad Shalit se trouve entre les mains de ce chef fanatique. Dût-il prendre la décision de le libérer, Olmert a promis de retirer son armée, et l’initiative politique basée sur la Charte des Prisonniers prendrait toute sa signification. Si, par contre, il devait arriver malheur au jeune soldat israélien, le gouvernement israélien serait bien en peine d’épargner à Hanya et ses ministres le châtiment qu’il leur a publiquement promis.
En fait, et à moins d’une libération de Shalit par Tsahal, par les forces de l’Autorité ou par les miliciens armés du Hamas fidèles à Hanya, le destin du 1er ministre Hamas du gouvernement palestinien tient tout entier dans les mains de son frère ennemi Mashal. Et lorsque l’on sait que Mashal est totalement, absolument, opposé au principe de coexistence pacifique avec Israël, on saisit la précarité de la position de Hanya.
Ne croyez pas non plus que la tâche de l’armée israélienne soit aisée. Je ne fais pas ici allusion aux miliciens cagoulés des organisations intégristes et du FPLP, qui sont incapables de ralentir sa progression, ni de lui imposer des pertes sérieuses. Je parle de la confusion tactique qui lui est infligée par son échelon politique. Publiquement, ils parlent d’une "opération modulaire", mais dans les faits, c’est éminemment plus chaotique… Tsahal est laissée sans objectifs précis ou plutôt avec des objectifs stratégiques et tactiques à géométrie variable. Jean Tsadik m’a expliqué qu’en termes militaires, c’était tout simplement irréalisable. 1er objectif : la libération de Shalit. Tant que ce n’est pas accompli, ils entendent également désarmer et détruire les infrastructures des terroristes qui tirent les Qassam sur Sdérot, et si, qu’au ciel ne plaise, il arrivait malheur à l’otage de Mashal, Tsahal marcherait sans aucun doute sur Gaza City afin d’y renverser le gouvernement Hanya et de lui "régler son compte".
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Le destin de quatre jeunes hommes et ses facéties
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency
Avec Ilan Tsadik dans le Néguev et à Beer Sheva
Le canon pointé droit sur la bande de Gaza, le tank Merkava scrutait l?horizon face à lui suivant le dispositif d?embuscade. L?équipage était soudé, bien entraîné, discipliné. Khanan, le commandant, regardait devant lui, le torse à moitié sorti, du haut de sa tourelle. Il ne lui serait jamais venu à l?idée de surveiller se qui se passait derrière lui, en plein territoire israélien. Par acquis de conscience, il jetait bien un coup d??il de temps à autres par-dessus son épaule, mais c?était aux copains situés dans la tour de garde qu?il appartenait d?assurer les arrières du char.
Parmi les quatre servants du mastodonte, on se relayait toutes les deux heures. Khanan montait la garde avec Pavel, le conducteur, et Gilad, le canonnier, les relayait avec Roï, celui dont le boulot consistait à remplir le tube de munitions. Dans ce modèle de Merkava, chacun dispose de sa trappe de sortie, sauf le canonnier, qui, en cas de nécessité, sort par le haut du tank, après son commandant.
Mais en formation d?embuscade, on ne tient pas forcément sa place. C?est sans doute parce que le meilleur siège pour dormir est sans conteste celui du conducteur. Les avantages sont maigres, mais c?est cependant le plus confortable, il est situé tout à l?avant de l?habitacle, sur la gauche, juste derrière l?énorme moteur diesel du pachyderme, qui avale aisément quelques centaines de litres de carburant à l?heure lorsqu?il barrit.
Cinq heures du matin, dimanche, une garde sans intérêt va se terminer dans deux heures. Pavel et Roï échangent la place du conducteur pour la dernière fois. Dur de s?y relayer ; à vrai dire, c?est toute une gymnastique ! D?abord Pavel la quitte et passe avec peine vers le centre du char, puis Roï le remplace, avec tout autant de difficulté. Roï ne trouve pas la bonne position pour s?endormir, aussi, il tourne et se retourne des dizaines de fois.
Feu le 1er lieutenant, commandant de char, Khanan Barak
Voilà à quoi ces quatre hommes songeaient peut-être, lorsqu?un projectile heurte l?arrière du tank, et non l?avant, comme Ilan Tsadik nous l?avait communiqué par erreur lors de son premier constat. Le système de chaînes visant à faire exploser la grenade antichar avant qu?il n?atteigne le blindage a, semble-t-il, correctement fonctionné. On retrouvera plus tard une trace sur l?acier mais en superficialité, la jupe du tank n?a pas été percée comme nous l?avions déduit dans un premier temps.
Peut-être, mais pour Khanan, Pavel, Gilad et Roï, la surprise est totale, ils n?ont aucune idée de ce qui leur arrive. Encore, si Khanan avait pu se retourner et regarder du côté d?Israël, n?aurait-il distingué que des soldats de Tsahal, puisque les miliciens du Hamas s?étaient revêtus des uniformes de notre armée. Que faire ?
Feu le sergent Pavel Slutsker
Les systèmes de tirs et ceux de vision sont tous dirigés vers le territoire ennemi, dans l?axe du canon. De plus, le bruit d?explosions proches et d?armes automatiques a, d?un coup, déchiré le silence pastoral de l?aube. Ce que l?équipage entend, mais il n?a aucun moyen de s?en rendre compte, c?est l?écho de l?attaque de la tour de garde censée couvrir l?arrière du tank. Les gars de l?infanterie qui s?y trouvent ne se sont pas laissés surprendre, et ils ont abattu les deux assaillants palestiniens. Oui mais, dans l?entre-temps, ils ont laissé Khanan et ses soldats sans protection arrière et sans information.
Le mastodonte a certes tremblé, dans un vacarme insupportable, mais personne n?est blessé. Seulement, le Merkava est aveugle et ses servants sont totalement pris au dépourvu et au milieu d?une bataille, dans laquelle l?attaque vient de la direction d?Israël? Ce que je vous narre ici n?a duré en fait que quelques secondes et, face à l?inconnu, Khanan prend une décision fatidique. La plus mauvaise des décisions, celle d?abandonner le char.
Il a pourtant appris que, lorsque l?on est sujet à l?attaque d?une force inconnue et invisible, utilisant des moyens qu?on est incapable d?identifier, on est bien mieux protégé dans un tank qu?à l?extérieur. Khanan Barak a appris que les deux seuls cas dans lesquels il faut abandonner le blindé, c?est s?il est immobilisé, incapable de se mouvoir ? auquel cas il ne représente plus qu?une énorme cible immanquable ? ou/et si son canon est endommagé, rendu inapte à tirer, auquel cas le char ne sert plus à rien.
Mais le commandant est seul maître à bord. Sans doute n?imagine-t-il pas que des commandos ennemis sont postés juste derrière lui, les mitraillette, grenades et autres RPG pointés sur le Merkava. Il pense que ses hommes pourront sans encombre courir se mettre à l?abri afin de réaliser ce qui se passe. Alors Khanan crie, en baissant la tête : "lazov et ha-kli, laroutz !" ? abandonnez l?engin, courez ! ?. Il s?extrait en même temps que Pavel, qui a ouvert l?écoutille réservée au chargeur. Ils sont bientôt suivis par Gilad Shalit, qui passe par le même orifice que son chef. Là ils sont irrémédiablement fauchés par les rafales des Palestiniens, arrêtés net dans leur course. Khanan et Pavel sont tués durant l?échange mais Gilad n?est que blessé à l?abdomen. Les commandos, qui ne sont soumis à aucune menace urgente, s?en emparent et l?obligent à se traîner derrière eux en direction de la barrière de métal qui les sépare de Gaza. Elle n?est distante que de quelques dizaines de mètres.
Reste Roï dans le tank ! Il essaie d?ouvrir la trappe du conducteur, mais celle-ci, lorsque le canon se trouve exactement dans l?alignement du char, s?en trouve condamnée. Roï Amitaï pousse sur la porte, tire, rien ne se passe. Il est le dernier occupant du navire, et croit, à cet instant que ses camarades ont pu gagner un lieu où ils sont en sécurité. Roï panique ! Il essaie de quitter la loggia réservée au pilote, mais, en proie à une excitation extrême, il en est incapable. Il est bloqué, se voit condamné, impuissant, aussi, ce grand gaillard, sentant sa fin inéluctable éclate-t-il en sanglots. Pire, en s?agitant, il se cogne violemment contre un instrument de bord et s?occasionne une commotion cérébrale. En fait, sa malchance lui a assuré son salut? le bon vieux tank l?a protégé conte sa volonté !
Après la bataille, Roï sera transporté par hélicoptère à l?hôpital Soroka de Beer Sheva. En plus du choc qu?il a subi au-dessus de l??il droit, il souffre d?avoir respiré de la fumée et est légèrement intoxiqué. Le docteur Tsakhi Ben Zion, vice-directeur de l?établissement et porte-parole par intérim m?a confirmé le diagnostic il y a quelques heures.
Le soldat de 1ère classe Roï Amitaï,
sauvé par une porte récalcitrante?
Mais par quoi a-t-il été intoxiqué ? Pas par le RPG, car si cette arme anti-tank avait perforé le blindage du Merkava, la température à l?intérieur aurait atteint des milliers de degrés et l?équipage serait mort carbonisé. Or Roï, le chargeur de canon, n?a subi aucune blessure par brûlure ! Une possibilité envisageable est que les miliciens, avant de quitter les lieux, ont balancé une ou plusieurs grenades par la trappe du commandant. Possible. Bien que Roï ne souffre d?aucun éclat et que les munitions, nombreuses, contenues dans l?habitacle du char n?ont pas explosé. De toutes façons, Tsahal, qui a constaté l?état du tank, possède la réponse à cette dernière question relativement mineure. Et de toutes façons aussi, la présence de fumée ne constituait pas une raison d?abandonner le blindé, la survie de Roï et la superficialité de ses maux en témoignent. Les Merkava sont munis d?un système d?extinction d?incendie et d?extraction de fumée hyper-performant, qui se met en marche automatiquement.
Certains vont se demander si Roï ne pouvait pas faire quelque chose d?utile au lieu de se lamenter sur son sort. En fait, non ! De là où il se trouvait, il n?avait pas accès au canon, ni aux deux mitrailleuses. Il ne pouvait pas non plus faire pivoter la tourelle? A la limite, il aurait pu mettre le tank en marche, même s?il n?est pas conducteur, mais ceci pour quoi faire ? Sans les instructions de son commandant, il prenait le risque d?écraser ses camarades, dont il ne connaissait pas l?état.
On lui a appris la nouvelle à l?hôpital de Beer Sheva : deux copains tués et un autre aux mains des intégristes. Il a de la peine à y croire, il image un film, un mauvais scénario? Quand à Tsahal, elle a tout un tas d?enseignements à tirer de cette tragédie. Cela va du sérieux avec lequel il convient de prendre les avertissements des services d?information de l?armée ; ceux-ci avaient même prévenu que la galerie que les Palestiniens creusaient aboutissait quelques deux cents mètres derrière la frontière. Puis il faudra répéter aux tankistes, preuve à l?appui, que leur meilleure protection, c?est leur monstre. Ceci dit, loin de moi l?idée de formuler une critique face à la décision de feu le 1er lieutenant Khanan Barak. Facile de procéder à une analyse depuis un siège bien rembourré de Métula, avec un comité d?experts qui disposent de toutes les conditions nécessaires afin de procéder à leurs reconstitutions et à leurs conclusions tactiques. Nous, nous avons une base de l?armée, à 50 mètres, qui assure nos arrières !
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Libérez le soldat franco-israélien Guilad Shalit
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| En direct de Metoula, à 380 m de la frontière du Liban | ||
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Les reporters de Guysen TV se sont rendu sur le lieu des affrontements entre le Hezbollah et Israël. http://www.guysen.tv/?vida=475
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