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  • : Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 14:03


 
La grande solitude
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

Autorisations de publier "La grande solitude" 
 N° : LGS493010/9SJ et LGS503010/9SJ


 
Si l’on veut savoir où l’on se trouve et, conséquemment, comment se comporter, il est nécessaire de regarder sa situation les yeux grands ouverts, surtout sans tenter de ne rien embellir ni dramatiser.
 
Toute autre attitude tient de l’autosuggestion ou de la propagande.
 
Partant de cette règle, force est de constater qu’Israël traverse une période de solitude dans ses relations internationales, tant au niveau des gouvernements que des peuples, dont on n’a pas souvenir depuis la création de l’Etat.
 
Parmi les nations civilisées, il n’y a guère que la Tchéquie qui fait exception à la pandémie de rejet qui nous frappe, et où l’on peut être à peu près certain de trouver un jugement équilibré relativement à la considération des questions nous concernant.
 
Il est vrai que l’amitié entre les Juifs et les Tchèques ne date pas d’hier, puisqu’à Prague, on trouve presque autant de musées consacrés au judaïsme, que de musées de toutes les autres sortes réunis. Ca n’est pas très étonnant, lorsque l’on constate que c’est la statue d’un rabbin qui trône sur la place centrale de cette ville.
 
Pas étonnant non plus, quand on fait l’effort de se rappeler que la majorité des dirigeants jugés lors des fameux procès de l’époque communiste étaient israélites. Et que la plupart d’entre eux avaient fait avancer la Tchécoslovaquie d’alors, en dépit de l’occupation soviétique.
 
Ici, en Israël, on n’oublie pas non plus que les premiers avions de chasses qui équipèrent notre armée de l’air, et participèrent à nous permettre de gagner notre indépendance, furent des Messerschmitt, fabriqués dans ce pays d’Europe centrale après la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de bonnes volontés et de sympathies pour notre cause furent nécessaires pour nous livrer ces appareils.
 
Au-delà de cette empathie, il existe d’autres points communs entre les deux nations, qui contribuent probablement à la solidité de cette relation privilégiée. Le plus important, à mon sens en tout cas, procède d’un "facteur d’impact" comparable : deux nations trop petites en nombre d’habitants pour devenir des grandes puissances, et, simultanément, trop présentes, historiquement, traditionnellement, industriellement et militairement pour passer inaperçues.
 
Rappelons, à propos de l’industriel et du militaire, qu’en 1939, les blindés fabriqués en Tchécoslovaquie, notamment les LT-35 et LT-38, étaient supérieurs à tous les chars manufacturés en Allemagne. Après le pillage de l’industrie tchèque par les nazis, entre autres du complexe Skoda, ces chars équipèrent des divisions entières de l’armée hitlérienne.
 
Beaucoup de politiciens et d’officiers hébreux ont, par ailleurs, construit notre armée en songeant aux paroles de Neville Chamberlain au sujet de la Tchécoslovaquie. Lorsque la France et la Grande-Bretagne, qui s’étaient pourtant engagées par traité à défendre les frontières de la démocratie tchèque, la livrèrent au contraire à Hitler, le 1er ministre anglais déclara que son pays n’allait tout de même pas risquer la guerre "pour ce pays lointain dont on ne connaît pas grand-chose".
 
Reste, qu’à l’exception de la Tchéquie et de la portion majoritaire de sa population, l’Etat hébreu cherche ses amis à la longue vue et au microscope. Et des relations décentes avec un pays de dix millions d’habitants ne suffisent certes pas à développer une stratégie diplomatique globale.
 
On pourrait assurément se dire que nous sommes (presque) les seuls justes sur Terre, mais cela ne participe pas d’une réflexion stratégique.
 
Ce genre de repli autarcique et narcissique mène au désastre, car plus aucun pays ne peut s’exclure totalement de la communauté des nations. Chacune est tributaire des autres pour ce qu’elle ne produit pas, tributaire des autres pour les relations commerciales et l’apport de devises, indissociable de la capacité à se défendre.
 
Au reste, les boîtes de vitesses de nos chars sont anglaises et tous nos avions sont américains. Sans eux et les pièces détachées qui les maintiennent en service, il nous faudrait affronter les Iraniens avec des arcs et des flèches. Ce, pour autant, encore, que l’on trouve sur place suffisamment de bois pour en faire.
 
Dans cet article, je ne me demande pas "pourquoi les autres ne nous aiment pas", question que les rédacteurs de notre agence traitent en abondance, mais "quelles sont les conséquences de ce désamour".
 
En vérité, elles sont terribles !
 
Essayez donc de prendre la parole devant un parterre de syndicalistes européens modérés – ce que je tente de faire au moins une fois l’an – qui n’ont pas lu la moindre ligne de ce que vous écrivez, qui ne connaissent rien de vos idées et de vos préférences, mais se contentent de réagir en ne considérant que le fait que vous êtes un intellectuel israélien. Vous saisirez alors immédiatement ce qu’est la haine, à quel point elle peut être profonde, et le peu qui lui est nécessaire pour qu’elle se déclenche.
 
Cette posture, aussi désagréable que représentative d’un état d’esprit largement répandu, traduit en fait une situation qui dépasse de très loin le seul isolement diplomatique.
 
Aujourd’hui, n’en déplaise à M. Attali, qui me semble débarquer d’une planète étrangère au système solaire, l’Etat hébreu doit faire face à un antagonisme quasi général, qui atteint également, et de plein fouet, les Israélites qui refusent la dénonciation automatique d’Israël.
 
Ceci suffit-il à décrire la pandémie actuelle comme une crise aigue d’antisémitisme ?
 
Absolument. D’une part, parce qu’il suffit de se promener en Europe pour s’apercevoir que toutes les institutions appartenant à la communauté israélite sont transformées en camps retranchés, et qu’elles sont gardées en permanence par des hommes en armes.
 
Ces mesures ont été prises en réponse à des centaines d’actes violents dirigés contre cette communauté, et non à titre préventif. Il faudrait que quelqu’un se portât volontaire pour conter à Jacques Attali le martyre d’Ilan Halimi, et des circonstances environnementales qui l’ont rendu possible.
 
Ca n’est pas, comme il ose le prétendre, un coup de propagande des sionistes.
 
S’il ne s’agissait encore "que" des agressions antijuives, on pourrait attribuer à une frange marginale et non-représentative de la société européenne des intentions antisémites.
 
Mais la situation est autrement plus sérieuse, car l’épidémie a déjà gagné les responsables politiques des grandes démocraties. Ce, de la manière la plus préjudiciable et incontestable que l’on puisse imaginer : l’acceptation d’une attitude d’exception à l’encontre d’Israël. La plus grave des formes de ségrégation.
 
Il existe aujourd’hui, au sommet des pyramides décisionnelles des démocraties, une façon de traiter les relations avec tous les Etats, et une autre, spécifique, de régenter les relations avec l’Etat d’Israël.
 
Une double mesure qui, disons-le une fois pour toutes, à haute et intelligible voix, n’a strictement rien à faire avec les actions de l’Etat hébreu.
 
Exemple, le traitement du rapport Goldstone au Conseil onusien des droits de l’Homme : le Conseil en question ne s’est penché, le plus arbitrairement du monde, que sur les allégations de crimes de guerre qu’aurait commis Tsahal à Gaza.
 
Avoir appliqué à Israël ce traitement unique, en l’épargnant au Sri-Lanka, au Soudan, à la Russie, aux Etats-Unis et ses alliés en Irak et en Afghanistan, à la France pour son rôle dans le génocide des Tutsis porte un nom, toujours le même : ségrégation.
 
Pour que le Théâtre-Guignol autour du rapport Goldstone ait un sens, il aurait fallu que l’examen des "actions" de l’armée française au Rwanda en 1994, ait également lieu, avec audition des témoins, à Genève et non à Kigali.
 
Il faudrait, de même, que les instances internationales définissent ce qu’est une riposte militaire disproportionnée, avant qu’elles ne l’appliquent à un seul Etat. L’invasion de la Géorgie par les chars de Poutine, après l’intervention de Tbilissi afin de rétablir l’ordre dans sa province d’Ossétie du Sud, était-elle proportionnée ?
 
A partir de combien de bombes que des terroristes tirent intentionnellement sur vos civils, après combien de morts au sein de ceux-ci, est-il "proportionné" de réagir militairement. Dans le cas d’Israël, huit mille roquettes tirées sur ses villes ont été considérées insuffisantes par l’ONU.
 
Il est évidemment plus important que ces questions soient posées devant le Conseil des droits de l’homme, réuni, chaque fois, en session extraordinaire pour traiter de ces choses, que de leur apporter des réponses dans l’urgence.
 
Plus important, non seulement pour Israël mais, pour que la préservation des droits de l’homme dans le cadre onusien recèle le moindre sens, de considérer pourquoi la Russie est-elle épargnée en Géorgie et en Tchétchénie, et pourquoi Israël est-elle seule à subir l’examen.
 
L’existence de cette autre ségrégation anti-israélienne, qui ne provoque aucun tollé parmi les nations dites démocratiques, démontre à elle seule à quel point la planète se moque toujours de la question des droits de l’homme, les démocraties n’ont aucune intention de lui apporter des solutions. Tant pis pour ceux qui souffrent d’en être privés, la majorité des êtres humains, la priorité appelle à participer à la stigmatisation d’Israël.
 
Tant pis pour les Tamouls, les Tibétains, la population Nord-coréenne, les femmes qu’on excise toujours à tours de bras, les homosexuels qu’on pend au bout des grues en Iran, et qu’on décapite à la Mecque, les condamnées chinois, qu’on exécute d’une balle dans la nuque à l’issue de procès sommaires. Tant pis pour ces milliards d’individus privés de Goldstones ; il faut condamner Israël.
 


 


 

Rosanna Al-Yami :
60 coups de fouet parce qu’elle est correspondante d’une chaîne ayant commis une impudicité.



Les droits de l’homme trop occupés à condamner Israël 


En Arabie Saoudite, cette semaine, une consœur a été condamnée par un "tribunal" à soixante coups de fouet. Son crime ? Etre la correspondante dans le royaume de la chaîne de TV libanaise LBC, qui a retransmis les confessions impudiques d’un homme d’affaires saoudien.
 
Il va sans dire que l’infortunée journaliste n’a pas participé à cette émission, mais qu’importe ! Ceux qui croyaient naïvement que l’un des droits fondamentaux et universels de la personne consiste à ne pouvoir être poursuivi que pour les actes qu’elle a commis, en seront pour leurs frais.
 
Rosanna Al-Yami a refusé de faire appel, craignant une peine alourdie. Un détail encore : la famille régnante à Riad est copropriétaire de la LBC, ce qui a probablement poussé le souverain, devant lequel Obama s’est courbé, à gracier la jeune femme juste avant l’exécution de la sentence.
 
La plupart des condamnés en Arabie n’ont pas cette chance, et s’en trouvent physiquement mutilés par un système juridique de pacotille.
 
Mais, pardon Rosanna, l’ONU ne se penchera pas sur la façon dont on rend la justice dans ton pays, elle est occupée à dénoncer Israël.


La grande solitude (suite et fin) (info # 012910/9) [Analyse]
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency
 
La non-ingérence dans les affaires des autres, sous la présidence de Barack Obama, est devenue un axiome-guide de politique étrangère. Le président l’a modulé avec force, lors de son discours aux musulmans prononcé au Caire.
 
On n’essaie plus de démocratiser les régimes, on n’impose pas l’exemple démocratique, mais surtout, on laisse les autocraties faire leur popote domestique et gérer les conflits à leur guise. Même si des hectolitres de sang débordent de la marmite.
 
Cette règle est respectée par tous, surtout au Quai d’Orsay, où on se prosterne devant elle depuis des décennies.
 
Non-ingérence et dédain pour l’individu broyé dans des systèmes inhumains, oui, sauf dans le cas d’Israël.
 
Mais qui donc aurait l’idée de descendre dans la rue, à Paris, Londres ou New York, pour protester contre l’auteur des confessions coquines sur la LBC, condamné, lui, à cinq ans de prison et un millier de coups de fouet. Inutile de vous dire que la peine de prison ne sera pas purgée, personne n’ayant résisté à autant de lacérations.
 
Avant d’être sensibilisé par pareilles injustices, encore faudrait-il savoir qu’elles ont lieux. Or quelle chaîne européenne "perdrait son temps", risquant, de surplus, une remontrance des Affaires Etrangères, une hausse du prix du pétrole, un retrait des investissements des dictateurs, à narrer ce genre d’"incidents" dans ses JT principaux ?
 
C’est exactement ce qui arrive à la Confédération helvétique, qui est intervenue afin de faire cesser les mauvais traitements, infligés sur son sol, par la famille Kadhafi à ses serviteurs. D’ailleurs, la Confédération a présenté des excuses officielles au colonel ; les dictateurs de tous poils peuvent ainsi revenir à Genève et y battre leurs esclaves à mort, personne ne regardera. Rien à voir avec les droits de l’homme.
 
On a bien trop à faire à noircir Israël pour s’attarder sur ce genre d’incidents bénins à la télévision. Cela, c’est permis, c’est sans danger et même bien considéré. Si l’on ne trouve pas de bavure israélienne à généraliser, on peut les inventer, demandez à Thierry Thuillier ou à Enderlin comment on procède, ils en connaissent un bout sur la question.
 
La stigmatisation de la nation d’Israël, forcément antisémite, génère des regroupements de "confrères", signant des pétitions pour "le droit de critiquer Israël", ou, jurant, sur la tête de leurs mères, dans l’Obs, avoir vu les images pourtant inexistantes de Mohamed foudroyé par les balles des soldats israéliens.
 
Ces plumitifs trouvent héroïque de réclamer le droit le plus usité dans la presse française, section internationale, et que personne, ni en Israël ni en France, ne leur a jamais refusé. Ce doit être la première fois, à ma connaissance, que des individus lettrés exigent un droit qu’ils possèdent déjà, que personne ne leur conteste, et qu’ils ressentent de l’héroïsme à marcher dans le troupeau commun, à paître et à bêler avec lui.
 
Il est évident, vu de Métula, que ces pétitions n’en sont pas vraiment, mais qu’elles sont des démonstrations de force, visant à intimider ceux qui ne sont pas encore couchés sur le ventre devant eux, caprinés antijuifs, lobotomisés et castrés. Et aussi à intimider la justice, directement, au cas où elle entendrait considérer avec indépendance l’imposture pyromane de Charles Enderlin et de FR2.
 
Comme si le nombre de signataires circonscrivait l’étendue de leur ignominie !
 
Mais pourquoi ces antisémites primaires – tous ceux qui ont signé au moins l’une de ces pétitions, sans la moindre exception - se gêneraient-ils, alors que leur pays s’abstient de voter contre le Rapport Goldstone ?
 
Alors que le journaliste faussaire, loin d’être viré de France 2, obtient une promotion et se voit remettre... la Légion d’Honneur. Vous parlez d’un permis de Chasse aux Juifs !
 
Israël, on s’en fout, des Français juifs aussi, sur le discernement desquels on fait virevolter la menace d’un nouveau blâme ahurissant : le communautarisme. Sa définition : vous ne voyez pas, sur les images d’Abou Rahma – vous ne vous forcez pas à voir - l’assassinat en direct de Mohamed A-Dura, vous refusez d’uriner sur Israël, vous êtes donc un dangereux communautariste, mettant en péril la cohésion nationale.
 
Les apôtres de la bien-pensance font mieux, ils politisent. Pour refuser de prendre des positions pro-éradicationnistes à l’encontre de l’Etat hébreu, ils ont décrété, et ils le diffusent à la cantonade, il faut appartenir à l’extrême-droite.
 
M’bala M’abala, le leader du mouvement antisioniste, fait parrainer sa fille par Jean-Marie Le Pen, invite Sollers à ses shows, lèche les bottes de Faurisson, le négationniste phare français de la Shoah, mais ce sont les Juifs qui fricoteraient avec le Front National. En voilà un renversement massif des rôles réels au profit de la fiction antisémite !
 
Mais baste de tous ces pseudo-intellos antisionistes, ces non-journalistes médiocres, parce que sans conscience, sans curiosité, sans testicules et sans plume, du Monde, de Libé, de Marianne, de l’Obs, du Fig., etc., qui s’imaginent qu’il suffit de se présenter sous la bannière d’un parti ou d’une sensibilité politique – de "gauche" en général – pour se mettre à l’abri de la critique et obtenir le privilège de cataloguer impunément les Juifs et Israël, là où ils ne sont pas et où ils n’ont jamais été.
 
La fréquentation de la tradition antisémite, des guildes et des sociétés semi-secrètes en disent bien plus sur l’individu que la coloration politique de laquelle il se réclame. Les cagoules restent, mais les vestes politiques se retournent aisément chez les lâches et les racistes.
 
N’est pas Léon Blum qui veut, pour défendre, Juif, socialiste et sioniste, ses idées, même entre les mains des Allemands, même parqué, trois ans durant, avec sa famille, aux portes d’un camp d’extermination. Quel socialiste a plus fait pour la France et l’humanisation du statut des travailleurs que Léon Blum ?
 
Pas Pierre Laval, membre, depuis 1905, année de sa création, de la SFIO (le prédécesseur du parti socialiste) ; Laval était inscrit sur le "Carnet B", la liste de tous les militants de l’extrême-gauche pacifiste, que le ministère de l’Intérieur entendait arrêter en cas de conflit. Laval, qui devint l’un des Présidents du Conseil sous Pétain, architecte de la politique nazie de Vichy. Fusillé en 1946.
 
Ou Darlan, l’autre Président du Conseil de la France occupée et antisémite, homme de "centregauche", amiral de la flotte du Front Populaire.
 
Et tous les autres, dont ceux qui reçurent la Francisque, et un qui devint tout de même Président de la République Française, s’arrangeant pour sauver du gibet un certain nombre de hauts collaborateurs avérés, et pour les faire ensuite avancer en politique ou dans le fonctionnariat.
 
Permettez ainsi à votre serviteur de considérer d’abord l’homme, et longtemps après qu’il soit passé devant moi, le manteau politique avec lequel il s’affiche. C’est à la fin de leur vie, que l’on devrait décider de l’orientation politique qu’a prise la vie d’un homme, non à ce qu’il exhibe au milieu d’icelle.
 
A mes yeux, beaucoup de donneurs de leçons appartenant au troupeau des ovidés castrés, et de "pacifistes-éradicationnistes" défilant contre les "atrocités commises par Israël" ont la gueule de Darlan, et je sais que la distance qui les sépare du totalitarisme et de l’antisémitisme débridé, se mesure à quelques grains de sable. Lorsqu’il reste du sable dans les bacs à jeu.
 
Je me sens autant concerné par leurs discours, les insultes politiques qu’ils profèrent, que le cerveau de Kouchner est concerné par l’humilité et celui de Jacques Attali par la cohérence et le respect de ses origines.
 
Le nom du problème généré par la solitude, donc : ségrégation. Licence, voire encouragement médiatique et mimétique à dénigrer Israël, et ceux qui s’identifient encore à elle, au prix de l’affrontement quotidien avec la haine raciste ; des Juifs, pour la plupart, et quelques justes parmi les nations.
 
On en est là, quand l’Etat laisse mettre à sac les produits israéliens dans les grandes surfaces, et les néofachos, notamment dans les universités britanniques et norvégiennes, appellent au boycott des facs d’Israël. Les universités !!
 
Le boycott des produits fabriqués dans un pays spécifique est totalement illégal, certes, mais on ne va tout de même pas risquer un nouvel embrasement des banlieues pour protéger le commerce de "ce pays lointain dont on ne connaît pas grand-chose" et "dont les habitants prennent du plaisir à maltraiter leurs voisins" (dixit Edgar Maurin, un Juif et ancien résistant, in Le Monde).
 
L’Europe officielle présente ses excuses, pays par pays, lorsqu’un caricaturiste danois associe le coran à la pratique du terrorisme. Pourtant, le coran est un livre d’une rare violence, tout comme le sont de nombreux livres sacrés des autres religions. C’est pour se protéger de cela, et au terme de centaines d’autodafés, que les Européens avaient enfin conquis le droit de critiquer les religions, et même de s’en moquer.
 
Un droit qui leur a été subitement retiré, en ce qui touche l’islam, au terme de certains procès ciblés et en faisant l’économie d’un débat de société, pendant que, dans le monde musulman, les églises brûlaient et les succursales des sociétés occidentales étaient vandalisées.
 
En revanche, quand un journaliste suédois lance une accusation de meurtre rituel supplémentaire contre Israël, prétendant que nous prélevons les organes des Palestiniens tués pour procéder à un trafic, et qu’Israël demande simplement au gouvernement de Stockholm de marquer sa position face à cette accusation, Stockholm refuse.
 
Refuse au nom de la liberté de la presse, et d’une prétendue clause de non-ingérence dans la constitution suédoise ; un prétexte aussitôt balayé par des experts en droit de ce pays.
 
Et tout se déroule dans le silence des agneaux castras médiatiques.
 
Parce que ça n’est pas une simple affaire d’isolement diplomatique, mais parce que la permission de tirer sur Israël est si étendue, qu’elle a si souvent été utilisée récemment, que l’on peut désormais dire ou écrire publiquement n’importe quoi au débit de l’Etat hébreu. La véracité de l’accusation n’a plus aucune importance, pas plus que sa vraisemblance.
 
Les démocraties – on ne parlera même pas des autres régimes – ont consacré l’association de tous les crimes envisageables avec le concept "Israël". Il est évident, sans ne rien vérifier, c’est inutile dans le cas de ce pays, que les Israélites, tuent, violent (Sara Daniel), perpétuent des massacres (Maurin in Le Monde) au sujet de Djénine, exécutent des enfants (Mohamed), volent les organes des morts (Aftonbladet) et commettent des crimes de guerre à Gaza (Goldstone).
 
Si le monde avait encore sa tête, il s’étonnerait tout de même un peu de ce qu’un si petit pays, démocratique de surplus, pluraliste et politiquement alternant, puisse commettre autant de crimes monstrueux, et qu’on entende si peu parler des exactions qui se déroulent ailleurs. Car enfin, les victimes des guerres et des répressions se comptent par millions, et le Hamas lui-même, n’accuse Tsahal "que" d’avoir tué, lors d’un conflit armé, mille quatre cents personnes.
 
Mais le monde n’a plus sa tête. Il est gagné par la peste antisémite à tous les échelons : politique, intellectuel, académique, médiatique et la rue. Ca pue. Je ne vous parle pas d’isolement, le titre de mon article est trompeur, je vous prie de m’en excuser, mais d’une nouvelle vague de haine raciste, en tous points comparable à ce qu’elle fut dans les années trente.
 
Les temps ont changé, murmurent certains, plus totalement sûrs de leur fait ? Effectivement. Entre 39 et 45, les démocraties ont laissé les Allemands assassiner cinq millions de Juifs ; en ce mois de novembre 2009, elles paraissent disposées à signer un traité qui permette à l’Iran de se doter de l’arme atomique. Et qui nous empêcherait de neutraliser préventivement le danger pesant sur notre existence.
 
C’est que le président iranien a dit et répété ce qu’il entend faire : rayer Israël, ce "cancer de l’humanité", cet "insecte nuisible", de la surface de la Terre.
 
Au fond, c’est encore plus grave : les démocraties s’approchent rapidement du moment où elles s’accommoderont de la destruction éventuelle de l’Etat d’Israël et de l’éradication de ses habitants. Nous en sommes à la phase où elles laissent les faux prétextes justifiant un tel anéantissement s’amasser et être rendus publics.
 
On a connu exactement la même hystérie dans l’Europe des années trente, les Israélites étaient accusés, par les mêmes acteurs de la vie publique, le plus sérieusement du monde, comme de nos jours, de tous les maux. En Allemagne, Hitler avait réclamé les pleins pouvoirs afin de défendre le pays contre une attaque imminente des Juifs qui, disait la Propagandastaffel, se préparaient à s’emparer de Berlin.
 
Aucun doute, la nation d’Israël se trouve à nouveau le dos au mur, elle fait face à une nouvelle menace d’anéantissement. Les démocraties ne sont plus ses alliées indéfectibles, elles sont tentées de ne pas s’interposer pour empêcher la solution finale ; elles relativisent à nouveau les risques évidents pesant sur les Juifs ; elles discutent avec M. Ahmadinejad, lui cherchent des circonstances atténuantes et prennent en compte ses doléances, comme jadis, elles prirent en considération les "droits de Sudètes maltraités par les Tchèques", plaidés par M. le Chancelier du Reich, Adolf Hitler. Un homme charmant avec lequel on peut discuter, comme on disait à Matignon et au 10 Downing Street à l’époque.
 
La différence consiste en cela que les Israélites possèdent aujourd’hui de quoi se défendre. Mais ils vont devoir ne compter que sur eux, maintenant les échanges avec l’étranger sur une base de stricts intérêts réciproques et ponctuels. Nos amis sont trop rares et étouffés dans la masse hostile pour qu’ils pèsent dans la balance d’un poids critique.
 
Dans un monde où on peut à nouveau prétendre n’importe quelle folie lorsqu’elle met Israël en cause. Dans une telle pestilence, où on nous dispute jusqu’au droit de nous défendre lorsqu’un ennemi nous agresse ostensiblement (voir 2006 et Gaza), survivre demandera toute notre attention et tous les moyens dont nous nous sommes dotés. C’est là une vision froide et intégrative des conséquences de notre "solitude".
 
 
 
Fin.

Autorisations de publier les deux  parties de "La grande solitude" : LGS493010/9SJ et LGS503010/9SJ

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 07:15

 


Le Liban en sursis




"Une attaque israélienne (contre le Liban) est hors de question". C’est ce qu’a déclaré le chef de la diplomatie européenne, M. Javier Solana, à l’issue de son récent séjour à Beyrouth.
 
C’est tout à fait exact, si l’on fait référence aux intentions de l’Etat hébreu à notre égard. Solana est bien informé, puisqu’il consulte régulièrement les membres du gouvernement siégeant à Jérusalem. Notre puissant voisin du Sud n’a aucune velléité offensive à notre égard.
 
Le problème, c’est qu’il n’en a jamais eue. Hormis les divagations des partisans libanais de la guerre à outrance, aucun esprit bien fait ne peut soutenir qu’Israël ait jamais ourdi le dessein de s’approprier tout ou partie de notre territoire, ni aucune de ses ressources naturelles.
 
Chaque fois que ce pays est intervenu sur notre sol, c’est qu’il avait, préalablement et sur de longues périodes, été victime d’agressions de la part d’organisation terroristes établies au Liban.
 
Sauf en 1948, lorsque ce fut l’armée libanaise qui s’était mise en tête de participer à l’effort panarabe d’éradication de l’Etat hébreu nouvellement créé et qui avait alors tenté de "libérer" la Galilée par la force.
 
Il est vrai qu’à l’époque, et sur le papier à tout le moins, avec ses alliés, notre armée était censée être supérieure en nombre et en équipement à Tsahal à peine sortie des nimbes. Toujours est-il que, sur le théâtre des opérations, dans les faits, la raclée qui nous fut infligée nous persuada à tout jamais de laisser nos voisins tranquilles.
 
Une attaque israélienne est donc hors de question, mais à la condition que ce ne soit pas le Hezbollah qui prenne l’initiative d’un nouveau conflit.
 
A cet égard également, si cela ne tient qu’à la volonté du chef des Fous de Dieu, Hassan Nasrallah, ainsi que du reste de leurs dirigeants locaux, il n’existe aucune volonté de rééditer l’aventure de l’été 2006.
 
En dépit des quelques 40 000 roquettes et missiles dont sa milice dispose ici, au-delà de l’argument de la nécessité de "résister" à l’ennemi sioniste, qui ne lui sert qu’à exister politiquement et à occuper militairement de larges portions de notre territoire, le Hezb avait subi de si vastes destructions qu’il n’a pas l’envie de s’attirer à nouveau.
 
A ce propos, il n’est que de signaler que Nasrallah, de crainte d’être appréhendé ou liquidé par Israël, continue à se terrer, n’apparait pas en public et dort chaque nuit dans un endroit différent.
 
Le Hezbollah se concentre, au contraire, à négocier son admission dans le prochain gouvernement Hariri, qu’il empêche de voir le jour depuis les élections générales qui se sont achevées il y a quatre mois.
 
Dans les faits, et malgré leur défaite dans les urnes, les chiites, largement minoritaires démographiquement, ne se satisfont pas à l’idée de participer au prochain cabinet. Leur ambition étant de s’approprier le pays, non de participer à sa gestion démocratique.
 
Pour satisfaire le Hezbollah, il faudrait au moins qu’il dispose à nouveau de son droit de veto sur toutes les décisions gouvernementales qui ne sont pas à son goût, ni à celui de ses mentors syriens et iraniens.
 
L’objectif du Hezbollah étant à la fois d’empêcher le gouvernement de gouverner et d’étendre ses zones d’implantation militaires, il est clair qu’Hariri, le 1er ministre désigné par la décision populaire, fait tout ce qui est en son pouvoir pour repousser le diktat des islamistes.
 
Il a reçu hier un coup de pouce du Président Michel Souleiman, à l’occasion de l’iftar de la Présidence de la République. En présence des représentants de tous les partis, en son palais de Baabda, Souleiman à enjoint l’opposition à s’entendre avec la majorité.
 
Le Président a fait valoir que le statut quo, qui paralyse le pays et lui interdit de peser sur les discussions régionales et internationales le concernant au plus haut point, n’est plus supportable.
 
Le point de vue de Michel Souleiman, en toute logique, ne souffre d’aucune discussion, mais telle n’est pas la logique qui inspire les sous-fifres armés de Damas et de Téhéran. Dans leur dialectique, ils ont plus à perdre qu’à gagner dans le rétablissement d’un gouvernement central légitime : celui-ci ne manquerait pas, tôt ou tard, de remettre en cause les zones gérées par le Hezb et dont l’Etat est exclu, la présence de militaires et de terroristes étrangers sur notre sol, le désarmement des milices, ainsi que d’évoquer la possibilité d’établir la paix avec Israël.
 
Ce sont ces sujets qui urgent pour le Liban mais qui dérangent le plus les pourvoyeurs d’armes et d’argent des islamistes chiites.
 
Car pour le moment, chaque minorité régit ses lieux d’implantation, avec un avantage certain pour le Hezb, le seul à disposer d’une milice capable de tenter de s’emparer du pouvoir lorsqu’elle en aura reçu l’ordre. Tant qu’un gouvernement ne sera pas formé, c’est la force brutale qui fait loi, et à ce régime, c’est le Hezbollah qui détient donc la main.
 
Pendant que l’on palabre à Baabda et au Sérail, les islamistes infiltrent l’armée, établissent des caches d’armes au Sud, sous le regard presque impassible des militaires de l’ONU, importent du matériel de guerre, forment de nouveaux miliciens, étendent leurs zones d’influence, implantent des réseaux de communication parallèles, contrôlent l’aéroport international et permettent aux techniciens iraniens de déployer radars et missiles antiariens sur nos montagnes.
 
Dans des conditions aussi favorables à leur dessein, les chiites n’ont vraiment aucune raison de se presser.
 
Saad Hariri, la semaine dernière, s’est même fendu d’une pseudo-bravade : le Hezbollah participera au nouveau cabinet, que cela plaise ou non aux Israéliens et en dépit des pressions internationales.
 
Dans son esprit, le fils de feu Rafic Hariri, assassiné par ledit Hezbollah et ses patrons syriens, entendait flatter l’ego de Nasrallah à la place de lui remettre un droit de veto.
 
C’est méconnaître la constance de l’adversaire domestique. C’est également soumettre tout le pays à un risque gigantesque : car la question n’est pas de savoir si cela plairait ou non à Jérusalem, mais elle consiste à évaluer sa menace, selon laquelle toute instance à laquelle participerait le Hezb constituerait une cible légitime en cas de reprise des hostilités.
 
Et là, cela signifie que le Liban se verrait entraîner dans un conflit majeur, alors qu’en 2006, seuls les intérêts attenants aux Fous de Dieu et à leurs alliés directs avaient été visés par les Israéliens.
 
Ce distinguo revêt pour nous une importance capitale, car, si Solana a effectivement raison lorsqu’il affirme que nos voisins n’ont aucune intention de nous agresser, cela ne signifie absolument pas, j’insiste, qu’Israël ne fera pas usage de son droit de riposte au cas où il était attaqué.
 
On sait même, grâce aux articles de la Ména en particulier, que Tsahal est désormais prête à lancer une opération blitz, destinée à réduire rapidement la milice du Hezb au silence et à l’empêcher de lancer ses projectiles sur les villes d’Israël, en cas d’attaque islamiste.
 
Contrairement à 2006, les soldats d’en face sont maintenant bien entraînés, bien commandés et leur équipement pour la guerre classique à été mis à jour.
 
Or il existe un cas de figure bien précis dans lequel tout pourrait rapidement basculer. C’est dans la situation où les pressions internationales sur l’Iran ne convaincraient pas les ayatollahs de cesser, dès octobre prochain, leurs activités de militarisation de l’atome.
 
Dans ce scénario, une majorité d’experts internationaux est persuadée que l’Etat hébreu s’en prendra seul aux installations d’armes non-conventionnelles en Perse. Face à une telle éventualité, il ne fait aucun doute que Téhéran ordonnerait à Nasrallah d’ouvrir un second front contre Israël. C’est précisément dans cette éventualité que la milice chiite a premièrement été créée et armée.
 
Or, même si tout le monde s’entend à concevoir que, pour le Hezb et le Liban, il s’agirait d’une opération suicide – toutes les forces terrestres d’Israël, n’étant pas requises dans le Golfe, seraient à disposition pour nous régler notre compte – Hassan Nasrallah aurait beaucoup de mal à désobéir à ses chefs.
 
Il l’a fait en se tenant à carreaux, l’hiver dernier, lors de Plomb fondu dans la Bande de Gaza, mais, dans la conjoncture envisagée, il ne s’agirait plus d’aider les sunnites dissidents d’Hanya et de Mashal, mais d’obéir aux grands frères chiites de Qom et de Téhéran.
 
Ce qu’Hariri junior semble ne pas comprendre vu de Beyrouth, les villageois non-chiites du Liban-sud l’ont parfaitement assimilé : mieux vaut dès à présent prendre ses distances avec les miliciens du Hezb.
 
Je rentre d’une semaine dans les agglomérations sunnites, chrétiennes et druzes jouxtant la frontière d’Israël, et je témoigne du fait.
 
Là-bas au moins, on saisit que, si une nouvelle guerre venait à éclater, les frappes d’Israël seraient nettement moins parcimonieuses qu’en 2006. Comme la Ména l’a aussi décrit, on flaire, au Sud, que la disposition de l’establishment israélien à notre égard a profondément changé : la faute à l’accueil réservé par tous les clans libanais au massacreur de petites filles Samir Kuntar.
 
Si, avant de voir tous les leaders de toutes nos communautés religieuses embrasser cet énergumène, Israël était disposé à considérer qu’une partie des Libanais était, à son instar, victimes de l’impérialisme iranien, ça n’est plus le cas.
 
Les villageois du Sud prétendent que "depuis cet accueil enthousiaste, ceux d’en face ont la rage". Ils affirment aussi, qu’en cas de guerre, "ils" ne se contenteront pas de détruire les planques du Hezb dans les villages chiites, mais qu’ils réduiront à l’état de ruine chaque agglomération à partir de laquelle agiront les miliciens. Puis les villageois précisent ""ils" ne laisseront pas les habitants revenir, d’ailleurs, il n’y aura pas où revenir".
 
Partout, surtout dans les villages sunnites dans lesquels j’ai fait halte, les gens s’expriment librement et s’approchent volontiers pour participer à la conversation. J’ai ainsi souvent entendu "si on les laisse en paix, ils nous laissent en paix".
 
L’ambiance n’est évidemment pas la même dans les conurbations chiites, comme à Kfar Kileh, qui fait face à Em’toula [Métoula. En arabe, la mère de la vallée (du Jourdain). Ndlr.], où on organise chaque semaine des manifestations "spontanées" au cours desquelles on fustige et on menace de mort l’ "entité sioniste".
 
Les villages se touchent presque dans le Sud. Sur les routes qui les relient, des banderoles traversières, sur lesquelles on voit les photos des martyrs du Hezb. D’autres portent l’effigie de Nasrallah, souvent accompagné de celle Khomeiny ou de Khamenei.
 
Les soldats de l’ONU, omniprésents sur les routes, inexistants dans les villages, ainsi que ceux de l’armée libanaise circulent sous ces bannières, qui marquent le Hezbollahland. Jamais il ne leur viendrait à l’idée de les démanteler.
 
Mais dès qu’on franchit l’entrée d’un village non-chiite, c’est une autre histoire. A Marwahin, par exemple, les habitants ont échangé des coups de feu avec les miliciens, les chassant de leur agglomération. Ils étaient en train de s’y enraciner et d’y aménager une cache d’armes.
 
On m’a cité quatre incidents du même type pour le seul mois d’août. D’après mes interlocuteurs, la plupart des fiefs sunnites et chrétiens du Sud, de même que tous les bleds druzes n’accueilleraient plus de miliciens du Hezb. Ca reste à vérifier, mais c’est dans l’ordre des intentions des indigènes.
 
En 2006, le Hezb était partout ; maintenant, quoique timidement, l’armée et la FINUL épaulent les anti-Hezb.
 
Reste à espérer que les ayatollahs et Hassan Nasrallah se montreront raisonnables. Pour la région, pour le monde, pour les civils "d’en face", et surtout pour la pérennité du Liban et de ses habitants pacifiques.   
 
Michaël Béhé à Beyrouth
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 19:00

Atome iranien :
Lorsque c’est le chef de l’AIEA qui dissimule les preuves
Par Stéphane Juffa © Metula News Agency


 
Le 14 septembre prochain, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique – l’AIEA – ouvrira sa convention générale. Le point d’orgue de cette rencontre consistera en la présentation d’un rapport récent sur la situation en Iran.
 
Le contenu de ce rapport est crucial à plusieurs titres. Il conditionnera ainsi la discussion exceptionnelle, qui se tiendra le 24 du même mois, au siège du Conseil de Sécurité de l’ONU, à propos du contrôle des armes nucléaires et de leur prolifération.
 
Mais ledit rapport, qui a déjà été distribué aux Etats membres permanents du Conseil de Sécurité, est censé déterminer largement les travaux d’un autre meeting de grande importance, qui réunira, le 2 septembre, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine.
 
A cette occasion, les pays occidentaux entendent convaincre la Russie et la Chine de ce que les activités d’enrichissement forcenées d’uranium que conduit la "République" Islamique d’Iran nécessitent la proclamation d’un nouveau train de sanctions à l’encontre de ce pays lors de la réunion du Conseil de Sécurité.
 
Ces sanctions seraient "paralysantes" pour l’Iran, selon le contenu qui est envisagé.
 
La réunion du 2 septembre a, pour finalité, de déterminer la nature exacte de ces sanctions extraordinaires, afin qu’elles puissent être présentées à l’approbation du Conseil.
 
Pour le moment cependant, Pékin et Moscou s’opposent à la démarche envisagée, ou, au mieux, ne seraient disposés qu’à envisager des mesures de répression-restriction modérées, au point qu’elles n’entraveraient pas la mise au point de la bombe persane.
 
Mais ce qui rend la tâche des occidentaux quasi irréalisable découle de la position officielle de l’AIEA, exprimée par son directeur général, le docteur égyptien Mohamed ElBaradei.
 
Le dernier cité ayant récemment réaffirmé que son "agence ne détenait aucune preuve suggérant que l’Iran développait une arme nucléaire".
 
C’est là que le bât blesse, car des diplomates des pays occidentaux déjà mentionnés, ainsi que des proches du Dr. Shaul Horev – le directeur de la Commission Israélienne de l’Energie Atomique – ont indiqué au très sérieux quotidien Haaretz que l’AIEA dissimulait sciemment les preuves en sa possession, indiquant la continuation des efforts iraniens afin de se doter de l’arme suprême.
 
Très précisément, les mêmes sources ont dévoilé à Haaretz que les inspecteurs de l’AIEA œuvrant en Iran avaient rédigé et signé une annexe au rapport attendu le 14 septembre, contenant des preuves de ce que la "République" Islamique poursuivait ses efforts de militarisation ainsi que son programme de nucléarisation militaire.
 
L’annexe en question a été retirée du rapport en voie de publication. A en croire les diplomates supérieurs auteurs des confidences, le document et les preuves qu’il contient ont été censurés par la direction générale de l’AIEA à Vienne. 
 
D’après des indiscrétions parvenues à notre rédaction, cette fois-ci, c’est le chef des inspecteurs en poste à Téhéran qui, devant la gravité de la malversation commise par ses supérieurs, aurait décidé d’informer les occidentaux et de les prier de faire "tout ce qui est en leur pouvoir afin que l’annexe soit réintégrée au rapport".
 
Les Américains, les Français, les Anglais et les Allemands ont parfaitement saisi le message d’alarme. Ce sont eux qui ont orchestré les fuites en direction de Haaretz, avec suffisamment de détails afin que leur authenticité ne soit pas contestable.
 
D’autre part, ces pays exercent une pression massive sur ElBaradei pour qu’il divulgue l’annexe censurée lors de la réunion de la convention générale de l’AIEA. Le problème étant que, même si l’Egyptien se résout, en fin de compte, à rendre publiques ces preuves le 14 septembre, ce sera trop tard pour qu’elles figurent sur la table de discussion, le 2, face aux Russes et aux Chinois.
 
Ce pourrait être, par un jeu de cascades, également trop tard pour préparer une formule de consensus au sujet de nouvelles sanctions pour la réunion du Conseil de Sécurité.
 
Durant une période où chaque semaine compte dans la course contre la montre destinée à empêcher Téhéran de construire sa première bombe, la perte de temps occasionnée par la manœuvre d’ElBaradei pourrait donc s’avérer critique et donner un coup de pouce décisif au projet cataclysmique des ayatollahs.
 
Cette fois, les gants sont jetés, et les Israéliens ne s’encombrent pas de formules alambiquées pour encourager Européens et Américains à faire échec aux Iraniens et à leur allié providentiel ElBaradei. Quant aux nations sollicitées, elles paraissent saisir l’urgence de la situation et agissent en conformité avec leurs propres intérêts sécuritaires.
 
ElBaradei, qui quitte ses activités en décembre, pour être remplacé par un diplomate japonais de carrière : Yukiya Amano. Reste qu’en fonction de cette échéance, l’Egyptien est de moins en moins sensible aux critiques et aux pressions. Les actions de temporisation dont il est à l’origine sont de nature à mettre en danger ni plus ni moins que la paix du monde.
 
En cachant au public et à son organisation de tutelle – l’AIEA est une dépendance spécialisée des Nations Unies et lui est en tous points soumise – l’existence des preuves de la nucléarisation de l’Iran que ses inspecteurs ont accumulées, Mohamed ElBaradei se rend coupable d’une faute d’une gravité incommensurable.
 
Il commet un acte allant exactement en sens inverse du mandat qui lui a été confié : sa tâche consiste à rechercher la lumière relativement à l’état de nucléarisation militaire de la planète, or, dans ce cas, il fait volontairement obstruction à son rayonnement. Il prive ses mandants, notamment les Etats membres du Conseil de Sécurité, de la vérité en sa possession, recueillie par les inspecteurs de l’AIEA, sur la cassette de la communauté des nations, des éléments nécessaires à prendre des décisions pouvant influencer la survie de millions d’individus.
 
En fait, ElBaradei est le second haut fonctionnaire originaire d’Egypte, après Boutros Boutros-Ghali, l’ex-Secrétaire général des Nations Unies, qui œuvre à l’encontre du mandat qui lui est confié. En ce qui concerne Boutros-Ghali, on se rappelle qu’en 1994, il avait donné l’ordre de retrait du Rwanda aux contingents de l’ONU qui y étaient stationnés, jetant ainsi, au sens premier, les victimes sous les hachettes des génocidaires, plutôt que de donner l’ordre à ses soldats de s’opposer au massacre.
 
Le génocide des Tutsis avait fait entre huit cent mille et un million de morts innocents. Désormais, dans la crise à laquelle le monde est confronté, la menace s’exprime sous la forme de bombes atomiques et non plus de machettes, d’où l’amplification exponentielle du danger.
 
Pendant ce temps, les ayatollahs continuent à se foutre de la gueule du monde. La semaine dernière, ils ont autorisé des inspecteurs de l’AIEA à visiter le site de construction d’un réacteur d’eau lourde, à Arak, après les en avoir tenus écartés durant plus d’un an en dépit de leurs demandes incessantes.
 
Les experts occidentaux et israéliens sont persuadés que la visite des inspecteurs n’est pas à même d’empêcher des fuites d’uranium du complexe d’Arak à l’avenir.
 
Dans le même désir de rouler le monde dans la farine nucléaire, les Iraniens ont autorisé l’AIEA à disposer des caméras supplémentaires dans le réacteur de Natanz, qui se trouvait déjà sous la surveillance quotidienne des employés de l’agence internationale.
 
Certes, mais l’AIEA avait, en juin dernier, communiqué que l’usine de Natanz devenait rapidement invérifiable – dépassant les capacités de surveillance efficaces – et par là, qu’il n’est plus possible d’identifier les quantités d’uranium soustraites à des fins d’utilisation militaire.
 
Le consultant principal de la Ména en matière de nucléaire, l’ingénieur atomicien d’origine française Jean Claude Zerbib, a également attiré mon attention sur d’autres faits démontrant les limites des capacités de contrôle et de dissuasion de l’AIEA.
 
Ainsi Zerbib nous rappelle-t-il que ça n'est pas l'AIEA qui a bloqué le projet de nucléarisation militaire libyen, mais bien les Américains, qui avaient menacé Kadhafi de bombarder ses installations, lequel a fini par céder.
 
Plusieurs centaines de tonnes de matériel (centrifugeuses, uranium) avaient été transportées aux USA, qui avaient également découvert le plan d'une bombe chinoise, vendue à Kadhafi par le Pakistanais Abdul Kader Kahn.
 
En Iran, les inspecteurs de l'AIEA ont trouvé, dès 2003, et à plusieurs reprises lors de leurs inspections, des traces d'uranium enrichi.
 
En 2006, ils ont découvert qu'un contrat avait été signé avec le même Kahn pour le façonnage de l'uranium enrichi sous forme de métal. Or il n'existe qu'un emploi pour une pièce de ce type : être le constituant d'une bombe.
 
Les inspecteurs découvrirent également que les Iraniens fabriquent des sources de Polonium 210, qui sert principalement à constituer une "bouffée de neutrons" utilisée comme amorce neutronique ; l'allumette de l'arme nucléaire, en quelque sorte. Mais ces découvertes n’ont pas empêché le Dr ElBaradei de continuer à tergiverser sur les intentions profondes des mollahs.
 
Plus tard, lorsque les Syriens ont entrepris de construire un réacteur plutonigène avec l'aide des Coréens du Nord, ce sont les Israéliens qui l’ont détruit.
 
Quant à l’AIEA et à M. ElBaradei, qui ignoraient et jusqu’à l’existence de ce projet infernal, ils se sont plaints du fait que les Israéliens ne les aient pas informé "avant toute action". A constater leur efficacité, leur clairvoyance et les penchants du directeur général d’après les derniers événements d’actualité, on peut se dire que Béchar Al-Assad aurait été informé du jour et de l’heure du raid.
 
Reste que dans la zone bombardée par Israël, les inspecteurs de l'AIEA ont trouvé des traces de graphite qui signent le caractère plutonigène du réacteur détruit, rapporte Zerbib.
 
Zerbib qui conclut sa note en appelant à revoir l'organisation de l’AIEA, qui fait face à des problèmes d'une autre dimension que ceux imaginés lors de sa création, le 26 octobre 1956. "Les risques de terrorisme nucléaire et de prolifération étaient faibles en cette période", fait remarquer l’atomicien.
 
Aujourd’hui, à moins de fermeté de la part des nations occidentales et d’Israël, ces risques menacent notre survie. Il est vrai que, tant que l’AIEA prétend officiellement ne détenir aucune preuve de la militarisation de l’atome par les Iraniens, si Israël attaque les installations d’armes et d’enrichissement d’uranium en Iran, certains pourront prétendre que l’Etat hébreu a (à nouveau) agressé un pays pacifique. On le comprendra mieux, je l’espère, après avoir lu mon papier, la publication de l’annexe – et à temps ! - participe d’un enjeu déterminant.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 16:04


Pour Israël, c’est l’histoire d’un barrage, et de savoir s’il tiendra

Par Sami El Soudi © Metula News Agency



 
Ce matin, ce sont quatre Qassam et quatre mortiers que les islamistes de Gaza ont tirés sur le territoire israélien du Néguev occidental. Ces tirs n’ont fait ni victimes ni dégâts mais l’une des roquettes a explosé à équidistance entre deux jardins d’enfants.
 
L’armée israélienne n’a pas riposté à ces attaques. Tout comme elle n’a pas répondu, hier, au tir d’une Katioucha sur Ashkelon.
 
Tsahal tente de ne pas attiser le feu, alors que nous nous trouvons dans à une délicate croisée de chemins. La première raison qui me semble guider la prudence des Israélien se trouve à Rafah, en Egypte.
 
Depuis quelques jours, des spécialistes occidentaux y sont à pied d’œuvre, occupés à l’installation d’appareils automatiques de surveillance du sous-sol de la frontière avec Gaza. On trouve des techniciens venus de différents Etats européens et des Etats-Unis.
 
Ils sont en train de placer des caméras, des senseurs et des sismographes destinés à indiquer aux Egyptiens l’occurrence du percement et la localisation d’un tunnel de contrebande à partir de la Bande.
 
Lorsqu’ils auront terminé leur travail d’installation, on prête à ces personnels la tâche de former les militaires de Hosni Moubarak au fonctionnement et à l’entretien courant des appareils.
 
On comprend qu’en présence de ces spécialistes, venus de pays qu’elle considère amis afin d’aider à juguler la contrebande d’armes à destination du Hamas, Jérusalem ne veut à aucun prix avoir à soutenir des échanges de feu qui pourraient menacer la sécurité des experts.
 
De plus, une délégation de la Résistance Islamique Damas-Gaza est arrivée au Caire. Elle doit donner son accord aux conditions de l’instauration d’un cessez-le-feu avec Israël pour une période d’un an.
 
Des sources proches de notre agence dans la capitale baignée par le Nil nous ont affirmé, ce dimanche soir, que l’organisation fondamentaliste pourrait fixer à jeudi prochain le début de la trêve qu’elle dit vouloir respecter.
 
On note à ce sujet les dissensions de plus en plus tranchées qui se confirment entre la direction de Gaza et celle agissant depuis Damas. Alors qu’Hanya, depuis Gaza, multiplie ses efforts en vue de voir aboutir la trêve, Khaled Mashal, de son côté, s’emploie à annoncer la victoire du Hamas lors de sa dernière confrontation avec l’Etat hébreu.
 
Sur sa lancée, Mashal dénonce les tentatives de neutralisation du conflit, appelant, au contraire, à la reprise des hostilités au nom d’Allah.
 
Sur le terrain, on assiste, pour la première fois, à des petites manifestations de civils réclamant au Hamas la fin des hostilités et la cessation des percements de tunnels à Rafah. Le souci de ces habitants, qui ont souvent perdu leur maison lors du dernier conflit, est de ne pas assister au renouvellement de l’offensive israélienne.
 
En apparence, la direction islamiste fait la sourde oreille à ces complaintes, enjoignant, de plus, aux mécontents de ne pas s’adresser aux journalistes sous peine de "punitions sévères". Plus en profondeur, toutefois, nous considérons que le soutien populaire dont l’organisation fondamentaliste jouissait avant Plomb fondu s’est considérablement effrité.
 
Nous ne doutons pas que s’il s’engageait dans un nouveau bras de fer, amenant de nouvelles destructions, et lors duquel il ne possède aucune chance de prendre le dessus sur ses ennemis, la population marquerait sa désapprobation en cessant totalement d’obéir aux directives du Hamas.
 
A ce propos, le second problème d’Hanya et Jabaari, après celui du renouvellement de leur arsenal et de la reconstitution de leur milice, consiste à combattre la participation des habitants au renseignement de l’ennemi.
 
En dépit des exécutions sommaires ayant frappé des dizaines de sympathisant de l’OLP, la collaboration avec les renseignements hébreux n’a pas diminué depuis la fin de la guerre, bien au contraire. Elle provient de la haine que conçoit une partie de la population à l’encontre du Hamas, des avantages promis par les agents israéliens, et du fait que tout le monde, à Gaza, fait deux constatations :
 
La première est que l’organisation intégriste a montré, durant Plomb fondu, qu’elle était totalement pénétrée par le renseignement adverse, jusqu’à ses secrets qu’elle croyait le mieux gardés. L’étendue de la connaissance qu’ont les Israéliens de tous les lieux d’activité des miliciens, mais aussi de leurs mouvements, en temps réel, prolonge l’état de choc et de suspicion générale au sein du Hamas.
 
Bien évidemment, cette constatation criarde provoque la défiance de la population et des miliciens de base. La seconde observation que fait l’homme de la rue, très au fait, à Gaza, de tout ce qui se passe, est que les personnes abattues par le bras séculier cagoulé des intégristes n’entretenaient aucune relation avec les Israéliens.
 
Elles n’ont été liquidées que pour l’exemple, afin de dissuader les vocations et pour se venger de l’humiliation subie sur des victimes à merci.
 
Les Gazaouis savent que les véritables informateurs sont toujours en place et qu’ils continuent à informer Tsahal. En début de semaine dernière, ses hélicoptères ont pulvérisé une nouvelle fabrique secrète d’armement qui venait d’être ouverte, en représailles d’une agression contre l’une de ses patrouilles.
 
Et puis, lorsque le Hamas met la main sur un indic, il organise une parodie de procès durant laquelle la balance fait publiquement son autocritique, dans le but de démontrer, avant sa mise à mort, la "puissance du régime" et ses capacités à dévisager les espions.
 
Ce ne sont pas des procès de ce genre qui ont précédé les éliminations sommaires. Et la population de Gaza, qui n’est ni plus ni moins intelligente qu’une autre, n’est pas dupe.
 
Ces jours d’après-guerre sont également ceux des révélations. Les ONG et les associations internationales enquêtant, l’énorme mise en scène des pseudo-pénuries qui n’ont jamais sévi est progressivement dévoilée.
 
A l’instar des bilans truqués, dans lesquels le nombre des victimes civiles – avec le concours d’observateurs internationaux ! – a été enflé au-delà de toute mesure, tandis que celui des miliciens morts et blessés était réduit dans les mêmes proportions.
 
A Djabalya, à propos de l’école de l’UNWRA qui aurait été attaquée par les Israéliens, provoquant la mort de 43 civils selon le Hamas, des journalistes d’investigation canadiens se sont aperçus sur place qu’il s’agissait, là aussi, d’une imposture, participant à la propagande mensongère de victimisation à outrance que les islamistes ont menée.
 
A en croire un cadre supérieur de l’UNRWA à Gaza, John Jing, les bombes israéliennes sont toutes tombées hors des bâtiments scolaires. Aucune personne se trouvant à l’intérieur du complexe onusien n’a été tuée.
 
A Chypre, dans le même temps, la fouille de la cargaison du paquebot russe battant pavillon cypriote, le Montchegorsk, a révélé aujourd’hui, outre des armes en provenance d’Iran, des équipements industriels pour la fabrication de roquettes.
 
Le navire avait été arraisonné par l’U.S Navy en Mer Rouge et forcé à mouiller à Limassol. L’opération a été montée en réalisation de l’accord passé entre Jérusalem et Washington pendant le conflit, et qui prévoit que les Américains tenteront d’intercepter les cargaisons d’armes à destination du Hamas avant même qu’elles n’atteignent le Sinaï égyptien.
 
Dans le cas où l’application de l’accord serait étendue, cela porterait, sans aucun doute, un coup conséquent à la capacité de nuire de la succursale gazaouie des Frères Musulmans.
 
Malgré l’annonce, qui vient de nous parvenir (à 18h locales), selon laquelle deux militaires israéliens ont été légèrement atteints, ce soir, par des shrapnels de Qassam, dans la région du kibboutz Shaar Haneguev, on voit qu’il n’est pas dans l’intérêt de Jérusalem de s’empresser à déclencher une nouvelle guerre. Ce que le Hamas sait aussi bien que les Israéliens et qu’il exploite au maximum.
 
La clé stratégique n’est pas à rechercher dans les provocations quotidiennes des miliciens, ni dans les hypothétiques ripostes des soldats. Pas plus que dans les Taadyé et trêves de tous genres. Ni dans les engagements ou dédits des organisations intégristes. La clé du calme ou de la guerre se situe dans la capacité de la communauté occidentale à verrouiller la contrebande d’armes à Rafah.
 
Car privés de roquettes, les miliciens islamistes et leurs chefs ne sont que des pantins éructants et gesticulants qui ne font peur à personne et qui n’intéressent qu’eux-mêmes.
 
L’Etat hébreu, à neuf jours de la tenue de ses élections générales, est en train de mesurer la capacité de l’Egypte, aidée en cela par des Etats comprenant l’importance des enjeux, à contenir le trafic d’armes. Dans le cas où elle a une chance concrète d’y parvenir, cela constituerait une erreur fondamentale de manquer de la patience de voir venir. Car les Israéliens se contenteraient volontiers du seul arrêt de la contrebande ; ils ne connaissent aucune autre nécessité pressante de contrer le Hamas à Gaza.
 
Ce qui n’est pas le cas de nous autres, les Palestiniens : tant que le drapeau vert djihadiste flotte sur Gaza ville, la vision de notre Etat indépendant demeure un projet irréalisable. Et les pourparlers dits de réconciliation nationale, qui vont s’ouvrir au Caire sous l’égide de Moubarak, ne sont que poudre aux yeux : la direction du Fatah à Ramallah ne cédera rien à ses ennemis islamistes. Elle veut les voir à genoux, puis quitter le pouvoir à Gaza en rampant. Des agendas en forme de lignes parallèles, qui, comme chacun le sait, ne se touchent jamais. Pas même au Moyen-Orient.
 
 
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:47


 
Sdérot, Métula, 10h 05, (9h 05 à Paris)
 
Les unités de réservistes entrent, graduellement, depuis hier dans Gaza. Nous nous trouvons quelque part entre la phase 2 et la phase 3 de Plomb fondu. Avec la certitude que, du ministre de la Défense au plombier-zingueur, conducteur de camion dans son unité de réservistes, chacun sait exactement ce qu’il a à faire.
 
Cette armée n’est pas celle qui a balbutié sa partition à l’été 2006.
 
A moins d’une énorme surprise en provenance du front diplomatique, voilà ce qui va se passer. C’est le triumvirat qui l’a décidé en plein milieu de la nuit :
 
L’encerclement de ce qu’on appelle depuis hier dans Tsahal des "poches de résistance" du Hamas est un fait accompli. Reste, pour chasser le régime islamiste, à effectuer le sale boulot consistant à pénétrer dans les zones surpeuplées, les villes et les camps de réfugiés.
 
C’est dangereux, désagréable, mais l’armée l’a déjà fait avec succès lors de l’opération Rempart, dans les camps de Cisjordanie.
 
Nous en sommes à la mise en place. Des unités ont été spécialement constituées pour prendre d’assaut, qui un camp de réfugiés retranché, qui un quartier de Gaza ou de Khan Yunès.
 
Elles connaissent par cœur chaque rue, chaque venelle de l’objectif qui leur a été fixé. Elles savent où se trouve la majorité des pièges, et ont évalué les endroits propices aux guets-apens.
 
Ces unités ont eu deux semaines pour s’entraîner dans des quartiers reconstitués artificiellement, ressemblant à s’y méprendre à l’original.
 
Alors, dans un ordre impressionnant, les colonnes de réservistes viennent, ce matin, sans aucune précipitation, se positionner devant leurs cibles. Il s’agit d’une manœuvre délicate, puisque l’ennemi principal est plus le manque d’espace que le Hamas.
 
Israël est en train de positionner des dizaines de milliers de soldats supplémentaires, équipés de milliers de blindés, dans un territoire de 40 kilomètres sur 15, dans lequel se trouvent déjà les forces régulières de Tsahal, les miliciens, les civils, des paramédicaux et leurs centaines d’ambulances, ainsi que les milliers d’employés (16 000) des agences d’aide de l’ONU.
 
Ajoutez à ce décor de film de guerre hollywoodien entre 50 et 200 camions d’assistance humanitaire, qui, trois heures durant chaque jour, acheminent au cœur de Gaza des tonnes de vivres et de matériel à partir d’Israël.
 
De plus, Israël est en train de constituer des havres sécurisés pour les civils, dans ce qu’on pourrait appeler la "campagne", au sud de Gaza ville. Tsahal a l’intention, avant chaque assaut prévu, de proposer aux non-combattants de se rendre sans encombre dans ces zones de non-guerre.
 
Voilà où nous en sommes, ce lundi matin. A six heures, aux premiers rayons orangés du jour, Sami El Soudi et moi nous sommes postés sur la Colline du Cheval, qui domine la Bande, pour assister à cet étonnant ballet. Il y avait dans l’air une ambiance qui rappelait le film de Spielberg Rencontres du troisième type.
 
En face, hier, les dirigeants du Hamas, habillés en médecins, ont, dans une salle d’opération souterraine de l’hôpital Shifa, distribué leur solde aux commandants encore en vie de la branche armée.
 
Certains, moins courageux, ont réussi à fuir par un tunnel non explosé de la Voie Philadelphie. Le Fatah a indiqué à El Soudi que huit haut-dirigeants de la Résistance Islamique de Gaza avaient ainsi trouvé refuge auprès d’une tribu bédouine dans le Sinaï.
 
Une tribu qui a fait sa fortune dans la contrebande d’armes avec le Hamas, et qui supporte avec difficulté la présence des Egyptiens dans "leur" désert.
 
Question contrebande et tunnels, la Ména a eu connaissance de tentatives acharnées de la part d’experts iraniens d’utiliser ou de réparer, en plein bombardements, certains des tunnels, et de tenter de faire parvenir des munitions aux miliciens encerclés.
 
A ce propos, un militaire israélien a lâché cette remarque devant nous : "C’est incroyable ce que ces types creusent vite".
 
L’OLP nous a également communiqué que, sous le couvert des combats et des bombardements, les miliciens de Jabaari auraient sommairement exécuté une centaine de ses partisans. A la Ména, nous sommes au courant de violences exercées contre des partisans de Mahmoud Abbas, mais nous ne sommes pas en mesure de confirmer l’information.
 
La même source en provenance de Ramallah a certifié la nouvelle que nous vous donnions hier, selon laquelle les miliciens islamistes enterraient leurs morts sur place, sans tambours ni trompettes, aux motifs que nous énoncions. Nos interlocuteurs du Fath’ affirment avoir la certitude de l’existence d’environ 300 de ces sépultures.
 
Ce nombre, intégré au nombre officiel des victimes ayant transité par les morgues, de l’ordre de 800, conforte globalement notre estimation d’un millier de miliciens tués.
 
550 parmi les morts officiels seraient des membres du Hamas. De plus, nos interlocuteurs, situés dans la Moukata de Ramallah, concèdent avoir peu de détails sur les combats se déroulant à l’extérieur de Gaza-city.
 
Les relais de l’Autorité Palestinienne nous ont en outre informés que des heurts violents opposent sporadiquement des militants pro-Hamas à la police de l’AP dans toute la Cisjordanie. Il y a eu de nombreux blessés et des dizaines d’arrestations.
 
Autre information intéressante issue de cet échange, et confirmée par d’autres sources dignes d’attention en contact avec El Soudi : la direction de l’AP est persuadée que l’offensive israélienne ira au bout de ses objectifs.
 
Des échanges ont lieu entre le bureau de Mahmoud Abbas, les Américains, les Israéliens, les Egyptiens et des Européens pour préparer le transfert de Gaza déhamatisée à l’Autorité Palestinienne. On procéderait alors à une remise assez rapide du contrôle de la Bande à Abbas, qui a déjà donné son accord pour que des troupes étrangères aident ses unités d’élites à maintenir l’ordre après le départ de Tsahal.
 
Pour Jérusalem, l’avantage de ce transfert consisterait en ce qu’elle n’assumerait que durant un temps restreint la responsabilité légale sur le territoire de Gaza et ses 1.2 millions d’habitants.
 
Autre avantage, Tsahal pourrait conserver ses positions sur la Voie Philadelphie jusqu’au moment où la frontière égypto-gazaouie serait effectivement sécurisée contre la contrebande d’armes.
 
Les gens de l’entourage de M. Abbas qui nous ont parlé ont également évoqué la possibilité d’un round de négociations accéléré, après la chute de Gaza, entre Israël et l’AP, afin d’ "utiliser l’onde de choc de Plomb fondu, le sentiment de sécurité retrouvé dans le Néguev, et l’aura qui entourera Tsahal en Israël, pour parvenir à un règlement rapide et définitif du contentieux israélo-palestinien".
 
L’interlocuteur a terminé son long compte-rendu par "comme vous l’écrivez dans votre agence, la création d’un Etat palestinien est impossible tant que le Hamas est présent à Gaza".
 
Survenant au moment de l’investiture de Barak Obama à la Maison Blanche, d’après Sami El Soudi et Juffa, ce plan ne manque pas d’atouts. Juffa soulignant que "c’est après les guerres, d’habitude, que l’on conclut des traités de paix, non au cours des longues périodes de stagnation. Les adversaires sortent des conflits ramollis et en quête de calme, cela procède d’un cycle de l’Histoire humaine, c’est le moment où ils sont prêts à faire les concessions mutuelles nécessaires pour instaurer la paix. D’abord il faut déloger le Hamas", a conclu notre rédacteur en chef, jugeant qu’à Ramallah, on mettait la charrue avant les bœufs.
 
Il n’en demeure que cette perspective d’évolution paraît plus plausible qu’une quelconque solution avec le Hamas. Premièrement, parce qu’au-delà des déclarations officielles, surtout marquées par la préoccupation humanitaire, les leaders israéliens sont assaillis d’appels de dirigeants d’Etats les poussant à en finir avec les terroristes islamistes.
 
Ensuite, parce que si l’Egypte, qui détient les clés des négociations, désirait véritablement sauver le Hamas, il lui suffirait d’accepter la présence dans le Sinaï de spécialistes internationaux de la lutte anti-contrebande. Une disposition qu’elle n’a besoin de négocier avec personne.
 
Mais le Caire ne montre aucun signe d’assouplissement allant dans cette direction.
 
Et, finalement, parce que la tête du Hamas se lézarde, avec, d’un côté, les dirigeants à Gaza, qui voient bien que, faute d’accepter les termes d’Israël et de l’Egypte, leurs heures sont comptées. Et, de l’autre, Mashal, en Syrie, poussé dans le dos par les Iraniens, qui exige de ses collègues qu’ils se sacrifient en héros, après avoir résisté jusqu’à leur dernière balle de fusil. 

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 08:53

Le Hamas au bord du gouffre
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Les informations relatives au sacrifice de la population de Gaza par les chefs du Hamas se confirment de jour en jour. Hier et aujourd’hui, les radios et télévisions de Gaza ville ont sommé les habitants de ne pas s’approvisionner en nourriture lors de la trêve humanitaire – respectée par Israël chaque jour de 13h à 16h – diffusant qu’il s’agissait d’ "un piège des sionistes destiné à les massacrer".

 

En dépit de ces menaces, les civils de Gaza se sont rendus en nombre aux points de vente des denrées arrivées par le couloir sécuritaire imposé par Israël.

 

Si les Gazaouis avaient obéi aux injonctions des islamistes, ils seraient demeurés sans ressources. Ce qui aurait accentué l’idée que les fondamentalistes tentent de répandre sur les media, aux dépens de la population, d’une situation de pénurie alimentaire et médicamenteuse imposée par le blocus israélien.

 

La trentaine d’hôpitaux de Gaza ont eux aussi été livrés en matériel médical et en fuel pour les générateurs et ils ne manquent toujours de rien. D’autre part, des médecins volontaires internationaux ont été autorisés par Israël à venir prêter main forte aux praticiens palestiniens, pénétrant dans la Bande par la frontière égyptienne.

 

Les terroristes islamistes ont rompu la trêve humanitaire, qu’ils avaient pourtant respectée hier, et ce, à plusieurs reprises dès 13h. Des roquettes se sont notamment abattues sur Ashkelon et sur Sdérot, tandis que des mortiers explosaient à proximité des camions transportant l’aide humanitaire destinée à Gaza.

 

Tsahal n’a pas riposté.

 

La preuve est faite que la Résistance Islamique n’hésite pas à affamer les civils palestiniens afin de se servir de leur détresse comme argument visant à obtenir un cessez-le-feu israélien unilatéral.

 

De plus, il apparaît de plus en plus évident que les miliciens détournent à leur profit une partie de l’aide humanitaire convoyées à l’intérieur de la Bande. Les quantités de matériel franchissant les points de passage israéliens sont sensiblement supérieures à celles recueillies par les centrales responsables de leur distribution.

 

Plus inquiétant encore : une partie de l’approvisionnement médical disparaît des camions ; ce qui fait croire à des observateurs que les miliciens entretiennent un hôpital secret dans lequel ils soignent leurs blessés, à l’écart des caméras des media, qui ne filment que des blessés civils.

 

Sur le terrain militaire, un officier israélien, le major Roï Rosner, 27 ans, de la Brigade Kfir (lionceau), a été tué ce matin lors des combats, et un autre soldat a été légèrement blessé. Roï a perdu la vie alors que les fantassins attaquaient cinq groupes de miliciens.

 

Cela s’est déroulé dans les ruines de l’ancienne implantation de Nétzarim, au Sud de Gaza-city, lorsque le major a été la cible, à pied, d’une grenade antichar.

 

L’aviation et la marine arborant l’étoile à six pointes, de même que les troupes au sol, poursuivent l’accomplissement de la phase 2 de l’opération.

 

De multiples bâtiments à caractère sécuritaire ont ainsi été rasés (25), neuf stocks de roquettes détruits, et trois chefs importants, liés aux tirs de Qassam, deux du Djihad Islamique et un du Hamas, ont été neutralisés.

 

La décision gouvernementale de passer à la phase 3 – l’invasion de Gaza et l’éradication du régime islamique – est retardée de quelques jours, afin de donner une chance à une solution négociée.

 

A ce titre, une mission du ministère de la Défense, conduite par Amos Guilad, s’est envolée ce matin pour le Caire. Elle sera prochainement suivie par le 1er ministre Ehoud Olmert, qui a été invité dans la capitale égyptienne par Hosni Moubarak.

 

Un flou certain préside aux négociations. Un brouillard de malentendus que l’on doit largement à l’intervention dans le processus du président français, M. Nicolas Sarkozy.

 

Ce dernier s’était mis d’accord avec le triumvirat israélien sur le mode opératoire suivant : l’Etat hébreu négociera avec le Caire les modalités d’un cessez-le-feu, basé sur l’engagement de Moubarak de parvenir avec Jérusalem à une solution rendant la Bande imperméable au trafic d’armes et de munitions.

 

Une fois ces modalités arrêtées, elles seraient soumises au Hamas par l’Egypte ; dans le cas où les gouverneurs du Califat accepteraient ces conditions, on décréterait un cessez-le-feu et on réglerait les points de détail d’un accord durable.

 

La France, représentée à Jérusalem par Messieurs Kouchner et Sarkozy, s’est entendue avec Mme Livni, M. Olmert et M. Barak, pour Israël, sur deux éléments supplémentaires. Le premier : si le Hamas n’accepte pas les offres proposées par le Caire et Jérusalem, Tsahal sera libre de chercher une solution militaire au conflit.

 

Le second : forte de cette entente avec Israël, Paris cessera de pousser dans le sens de l’adoption d’une résolution contraignante au Conseil de Sécurité, enjoignant l’Etat hébreu de faire immédiatement taire ses armes.

 

Le second engagement a été tenu par la France, et le Conseil de Sécurité à momentanément laissé à l’Egypte et à Israël la possibilité de s’entendre sur une solution extra-onusienne.

 

Les problèmes ont commencé à surgir le lendemain, quand la délégation tricolore s’est rendue au Caire, où, de façon plus que surprenante, M. Sarkozy s’est entendu avec Hosni Moubarak sur des termes singulièrement différents de ceux qu’il avait scellés la veille dans la ville trois fois sainte.

 

Pour Moubarak, les Français sont d’accord avec lui pour commencer par un cessez-le-feu, et discuter, ensuite, de la façon de faire cesser la contrebande d’armes à Rafah et dans le Sinaï.

 

Le plus cocasse, dans cette pièce de boulevard, c’est que, le surlendemain, dès son retour à Paris, Nicolas Sarkozy a annoncé à la cantonade la conclusion d’un accord. Priée de s’expliquer, devant l’incompréhension israélienne, égyptienne, et la poursuite des combats, la France a étonnamment fait savoir que Jérusalem et… l’Autorité Palestinienne à Ramallah s’étaient accordées sur les conditions du cessez-le-feu.

 

A ce point, certains conseillers ont discrètement fait savoir à M. Sarkozy que l’AP de M. Abbas ne disposait malheureusement d’aucune influence sur les décisions prises à Gaza. Constatation qui fut reprise, beaucoup moins discrètement, par le Hamas lui-même.

 

Quelles que soient les nuances entre les propositions faites par Sarkozy, la direction de l’Organisation de Résistance Islamique, installée chez Béchar Al Assad à Damas, a communiqué qu’elle n’était pas preneuse. Que ses conditions étaient le retrait préliminaire de Tsahal de Gaza, qu’elle cesse son "agressions", ainsi que la réouverture, battants au vent, de tous les points de passage, y compris celui de Rafah avec l’Egypte.

 

A ce compte, on se dirige sûrement vers l’invasion générale de la bande et le dépôt du régime islamique par la force. Ce, bien que la décision ad hoc n’ait pas encore été prise en conseil des ministres.

 

A l’exception de l’Iran, de la Syrie, du Hezbollah et de quelques autres régimes fondamentalistes musulmans, l’agenda du Hamas n’est accepté par personne. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs présenté une troisième mouture de son programme de pacification, aujourd’hui, à l’occasion de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel à Paris : "Nous devons d’abord donner à Israël la garantie que les armes ne passeront plus par cette frontière", ont déclaré les deux chefs d’Etats à l’unisson.

 

"Dès ce moment", ont-ils poursuivi, "l’armée israélienne doit se retirer de Gaza. Ensuite, lors d’une seconde phase, nous discuterons de la réouverture de la frontière.

 

Et si le Hamas ne veut pas en entendre parler ? Parce que le Hamas, sans le composant djihad et destruction d’Israël, c’est un chat castré ; ça n’est plus la figure de proue de la conquête de la Terre par les Frères Musulmans. Ca n’est plus une tête de pont d’Ahmadinejad entre les côtes d’Hosni Moubarak et de Shimon Pérès.

 

Les Européens nous semblent à vrai dire un peu largués. La discussion avec Poutine pour un cessez-le-feu en Géorgie, c’était une pêche Melba à côté du contraste entre les points de vue au Moyen-Orient. L’unique aspect positif du manifeste Merkel-Sarko de ce jeudi, c’est qu’il barre, dans les faits, et à cause du refus des fondamentalistes, la promulgation d’une résolution mettant autoritairement fin au conflit au Conseil de Sécurité.

 

Si Sarkozy était un génie qui aurait voulu nous octroyer le temps nécessaire à mener à bien la phase 3 de Plomb fondu, il ne s’y serait pas pris autrement. Quant à conclure qu’il est un génie, de ce que nous en avons vu et entendu ces derniers jours, c’est une remarque que je ne pense pas que vous trouverez prochainement dans les colonnes de la Ména.

 

Ce matin, nous avons été autorisés à rendre visite aux divisions de réservistes qui s’entraînent dans le Néguev. La motivation et le sérieux de ces hommes font plaisir à voir. De plus, ils ont touché le même matériel que les divisions d’appelés, Givati, Golani et les paras, ce qui n’était pas le cas en 2006. Un détail peut-être, mais ils sont gonflés à bloc.

 

Lorsque le ministre de la Défense, Ehoud Barak, leur a rendu visite, il n’était pas question de "si vous allez entrer à Gaza", mais de "lorsque vous allez y entrer".

 

Pendant ce temps, à la maison, au chnord, cinq Katiouchas sont tombées sur la Galilée occidentale, faisant quelques blessés superficiels. Ces tirs ont été – en dépit de ses dénis – ordonnés par le Hezbollah. Car rien, mais alors strictement rien, ne se passe au Liban-sud qui ne soit pas décidé par les intégristes chiites.

 

L’ONU et l’armée libanaise quadrillent le terrain afin d’empêcher d’autres tirs. Siniora présente presque des excuses à Israël et affirme que son pays ne veut pas nous provoquer.

 

Il s’est agi d’un geste symbolique iranien en direction du Hamas presque au bout du rouleau, et de la rue arabe, qui constate que, tandis que Jabaari et Hanya écrivent leur testament, Nasrallah et Ahmadinejad se contentent de vociférer.

 

Mais à moins d’une grosse erreur d’analyse de la Ména, ou d’un élan suicidaire subit du Hezb, il n’y aura pas de guerre au Liban cet hiver. Il est vrai qu’il ne suffit pas d’être fou d’Allah pour souhaiter recevoir le même traitement que celui qui est actuellement administré par nos garçons au Hamas à Gaza.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 18:00

 

 Ce n'est pas nous qui l'avons choisi mais eux  Par Stéphane Juffa


© Metula News Agency

La démocratie moderne, et les Etats qui l'ont adoptée, sont, par définition, introvertis

 

Au lendemain du traumatisme qu'ont constitué les cinquante heures qu'ont duré les prises d'otages de Bombay, il faut, sans délai, se mettre à tirer les enseignements de ce qui s'est passé.

 

Car, à l'évidence, "quelque chose" se déroule sur notre planète, qui modifie l'ordre antérieur qui y régnait jusqu'à ces dernières années. Quelque chose, que l'on doit se résoudre à identifier comme un projet conçu par des forces intelligentes, qui partagent notre espace vital tout en le menaçant.

 

On pourrait, certes, comme s'obstinent à le faire certains courants de pensée présents dans la partie démocratique du globe, établir des cloisons entre les diverses agressions s'inscrivant dans ce projet violent, et les traiter en tant qu'"incidents" distincts sans rapports évidents entre eux.

 

Cette perception auto-aveuglante, que l'on trouve dans des publications tel le Monde diplomatique, possède l'avantage incertain de préserver, pour un temps encore, un semblant de normalité à l'intérieur des frontières de la sphère de vie visée par l'agression.

 

En rejetant jusqu'à l'idée que nous pourrions nous situer dans la première partie d'une guerre des civilisations, en tentant de marginaliser, voire d'invectiver ceux qui donnent l'alerte, on maintiendrait, en privilégiant par la pensée et la volonté une forme inadaptée d'humanisme sur la constatation des faits, une vision confortable du monde et des relations entre les hommes qui n'existent pas.

 

Pour comprendre, on doit d'abord constater que les sociétés démocratiques ne se définissent pas par une quelconque mission dynamique qu'elles entendraient imposer au reste du monde. La démocratie moderne, et les Etats qui l'ont adoptée, sont, par définition, introvertis.

 

L'objectif principal de ces Etats consiste à assurer le bien-être et l'évolution des individus qui les habitent. Dans cette sphère s'est développée une dynamique néo-épicurienne de la vie, dans laquelle l'homme - auquel la société ne réclame aucun effort spécifique et commun - campe effectivement au centre de l'univers.

 

Lors, il est difficile pour ce nouveau Dieu, pour ne pas dire impossible, ne serait-ce que d'imaginer que l'univers n'est peut-être pas conçu à son image. Tout au plus, il est capable d'admettre que d'autres individus peuvent se situer à un niveau inférieur de l'évolution intellectuelle.

 

Il tiendra tout de même pour certain que la dissemblance entre eux et nous résulte d'une mauvaise communication et des injustices que l'homme-Dieu, pour assurer sa consommation extravagante de richesses et d'énergie, leur a fait subir au cours de ces derniers siècles.

 

De là à concevoir sérieusement qu'une autre civilisation fonctionnât selon un système où l'homme n'aspire pas à être le centre du monde, et à assurer l'exercice du même privilège à ses semblables, il y a un pas difficile - pour ne pas dire impossible - à franchir.

 

C'est la grande faiblesse des démocraties et des démocrates. Croyant à la radiation qu'ils exerceraient par leur exemplarité, ils se trouvent incapables de défendre leurs valeurs face à un ennemi qui ne partage pas leur façon de penser.

 

C'est que, les dizaines de terroristes qui se sont attaqués aux douze objectifs qu'ils s'étaient désignés à Bombay se considèrent eux comme les maillons d'un projet commun supérieur. Non seulement étaient-ils prêts à mourir pour ce projet, mais encore ont-ils trouvé dans ce sacrifice la consécration, la réalisation et le sens, de leur existence terrestre.

 

A moins d'avoir du sable dans le cerveau, on mesure aisément la distance objective qui sépare les aspirations des moudjahidin de Bombay, ou des pilotes kamikazes du 11 Septembre, aux millions d'hommes-Dieu, entièrement préoccupés par la préparation de leurs vacances à la neige.

 

Pour faire réagir les bandes de skieurs - ce qui reste possible et qui va devenir inévitable -, il faut que la menace se généralise et qu'elle ne leur permette plus d'exercer les privilèges auxquels ils sont attachés.

 

La voilà cernée, la faiblesse naturelle des démocraties. Elles vont croire en l'"évitabilité" de l'inévitable jusqu'au moment au l'inévitable se sera répandu violemment dans leur quotidien.

 

On revit effectivement ce qui s'est déroulé durant les années trente, lorsque les Allemands redevinrent momentanément les Allemänner, les "Tous les hommes", du nom - ne devant rien au hasard - de l'une des tribus constituante du peuple germanique.

 

L'esprit du chamberlo-daladiérisme avait empêché, avant la lettre, de 1936 à 1938, les puissances démocratiques d'user de leur force afin de mettre un terme à la montée du nazisme. Elles pouvaient alors le faire à moindre risque et à moindre coût, et se seraient ainsi épargné des dizaines de millions de victimes.

 

Mais leur incapacité à prendre au sérieux la différence fondamentale prévalant entre le un pour tous et le tous pour un les égara jusqu'au point où ces puissances ne se préparèrent même pas correctement à une confrontation possible - y compris les Etats-Unis, qui ne s'équipèrent qu'après l'infamie qu'ils subirent à Pearl Harbour.

 

Les dirigeants de l'époque étaient eux-aussi persuadés que le chancelier Hitler était, au fond, l'un des leurs, et que le problème tenait dans la difficulté qu'il y avait à communiquer avec lui et dans les brimades excessives que les alliés avaient fait subir à l'Allemagne suite au premier conflit mondial.

 

Aujourd'hui, les démocraties et leurs leaders en sont au même point qu'alors ; ils s'appliquent à chercher des signes de lumière dans les déclarations des ayatollahs de Téhéran et d'apaisement dans les agissements de leurs alter-ego salafistes.

 

Au point d'ignorer que les victimes des terroristes en Inde n'étaient pas des guerriers et qu'ils ont été visés parce qu'ils vivent la même existence que nous. Parce qu'ils sont nous. Comme étaient nous les victimes de l'agression contre la gare de Madrid, celles du métro de Londres, celles des Tours jumelles, celles des marchés de Bagdad et celles de Sdérot. Parfaitement, celles de Sdérot.

 

Pour les skieurs de Noël, l'idée que des forces aux aspirations différentes des leurs puissent, de nos jours, œuvrer pour imposer leur loi à la planète est à ce point aberrante et dérangeante, que pour les protéger, démontrer qu'elles n'existent pas, et s'auto-flageller, certains néo-épicuriens n'hésitent pas à imputer un complot aux autorités de Washington, les accusant d'avoir elles-mêmes attaqué l'Amérique, le 11 Septembre 2001, et de croire dur comme fer en cette sornette.

 

Pour ne pas avoir à se préparer à la guerre, on élève des cloisons entre Manhattan, Madrid, Londres, Bombay, Sdérot, Bagdad, Beyrouth et l'Afghanistan. On perd la mémoire. On s'accuse de provocations imaginaires. On confond volontairement, et au bénéfice des islamistes, la chronologie des événements, les causes et les effets.

 

Et puis on est chaque fois surpris. Parce qu'on veut bien l'être ; parce qu'on prend le plus grand soin à ne pas écouter les sermons des imams prononcés hier à Gaza, pourtant diffusés par la télévision du Hamas.

 

Tout y est cependant : ce ne sont pas les actes que nous aurions pu perpétrer à leur encontre qui déchaînent leur rage, c'est l'Homme-Dieu et sa culture. Le plus grand et intolérable des blasphèmes, la situation à laquelle il faut remédier dans l'urgence. Djihad dont les combattants-pions se seront accomplis lorsqu'ils lui sacrifieront leur vie.

 

J'ai parlé ce matin à Sami El Soudi en Palestine, à Michaël Béhé au Liban et à Fayçal à Amman, eux ne sont pas surpris. Ils m'ont décrit la joie et la fierté des islamistes à l'écoute, comme nous, des informations en provenance d'Inde. Chaque infidèle éliminé, chaque heure que les terroristes ont tenu sont pour eux le signe de l'avènement prochain de la loi d'Allah sur Terre.

 

S'ils ont un regret, c'est celui d'être trop lâches pour participer personnellement à la Guerre Sainte. Pour eux, nos femmes et nos filles s'habillent et se comportent comme des prostituées, nous avons perdu l'humilité et ne respectons pas les devoirs de l'islam. C'est ce qui s'est dit dans beaucoup de mosquées, et c'est plus qu'il n'en faut pour justifier notre élimination physique et celle de la civilisation de l'Homme-Dieu.

 

Combien sont-ils à s'être réjouis de l'élimination des mécréants de Bombay ? Des centaines de millions.     

 

Est-ce une raison pour détester tous les musulmans ? Certes non, on n'est pas responsable de la foi dans laquelle on naît. Et puis tous les musulmans ne sont pas djihadistes, Sami El Soudi et Fayçal sont mahométans et ils s'opposent, de toutes leurs forces, tant aux assassinats qu'aux effusions de joie qu'ils entraînent.

 

Mais ils sont également les premiers à sonner le glas et à proclamer que combattre immédiatement l'islamisme n'est pas un acte raciste mais exactement le contraire ; que ce n'est pas parce que tous les assassins de Bombay sont musulmans, et que la majorité des musulmans ne sont pas des assassins, qu'il faudrait s'abstenir de combattre les assassins de Bombay et leurs commanditaires.

 

Tsipi Livni, le ministre israélien des Affaires Etrangères, a été claire lors de sa conférence de presse d'hier : "Notre monde subit une attaque, cela ne fait aucune différence si elle a lieu en Inde ou ailleurs, il y a des extrémistes islamiques qui n'acceptent ni notre existence ni celle des valeurs occidentales".

 

Madame Livni a dit également que "les objectifs visés par les terroristes étaient des objectifs juifs, des objectifs israéliens et des objectifs identifiés à l'Ouest, américains et britanniques".

 

Quant au 1er ministre indien, Manmohan Singh, il a déclaré qu'il ne faisait aucun doute que "le groupe qui a mené ces attaques, basé à l'extérieur, était venu avec la détermination aveugle de créer le chaos dans la capitale commerciale du pays".

 

Non pour l'occuper durablement, ni pour remporter quelque avantage tactique ou stratégique tels qu'on se les imagine encore chez l'Homme-Dieu. Mais pour mourir en tuant le plus d'infidèles possibles, pour déstabiliser la société de l'ennemi, pour aiguiser les haines entre les communautés ainsi que la conscience de l'islam telle qu'ils se la figurent, et pour faire ainsi avancer la conquête de la terre par le dar-el-islam. Et sa purification.

 

Tsipi Livni a raison, les attentistes ont tort. Cette semaine, ce sont les skieurs dans leur globalité qui ont été visés, bien qu'ils feignent de l'ignorer.

 

Si les islamistes possèdent des armes, c'est pour qu'elles servent au projet dont ils ne se cachent pas. C'est pour cela qu'une seule bombe atomique dans l'arsenal iranien est bien plus périlleuse que quatre cents dans celui d'un Etat démocratique.

 

Nous sommes à nouveau en guerre contre des Allemänner. Ce n'est pas nous qui l'avons choisi mais eux. Nous ne pouvons rien faire, sauf nous convertir à l'islam, pour arrêter cette guerre. Ne vous occupez pas de la communication, elle passe très bien ! Notre seul tort est celui d'exister et de vivre dans les valeurs qui sont les nôtres et qui ne sont pas tolérables pour cet ennemi, dont tous les membres sont mobilisables, comme exécutants, afin de reprendre la planète aux Hommes-Dieux et de la rendre à "son propriétaire".

 

Nous sommes quelque part en 1936.

 

 

 

 

 

 

 


 

Les soldats-Dayton à Bethlehem pour Noël
Par Sami El Soudi


Keith Dayton © Metula News Agenchy


Plus que le contenu littéral des négociations en cours, ce sont les faits et non les mots qui amèneront la paix

[photo : Keith Dayton

Ils sont l'espoir et peut-être la clé des cadenas qui verrouillent encore le chemin vers la paix et l'édification de mon Etat. Ils sont ceux qui, ces dernières semaines, ont donné l'assurance qui lui manquait au président Mahmoud Abbas. Ils sont ceux qui, après la victoire israélienne contre le terrorisme en Cisjordanie, après l'abandon par les terroristes d'Arafat de la lutte armée, du chaos et du double langage, ont donné aux Palestiniens la certitude que la Rive occidentale ne tombera pas dans les griffes du Hamas.

 

Je parle des soldats-Dayton, bien entendu, de ces policiers formés sérieusement, à Jéricho et en Jordanie.

 

Ils ne sont encore que 900 opérationnels, mais ils sont 900 fois plus efficaces que les dizaines de milliers de soi-disant policiers, qui arpentaient nos rues, déguenillés, dans de vieilles jeeps pourries ; qui portaient ces uniformes crasseux le jour, et participaient au banditisme et aux actes terroristes la nuit.

 

Neuf cents soldats qui sont en train de changer la donne au Proche-Orient, comme ils l'ont déjà fait à Djénine, puis à Hébron et Naplouse. Dans ces villes, le changement est plutôt saisissant. Tout d'abord, on n'y voit plus aucun homme armé n'appartenant aux forces de sécurité. Ensuite, les hommes de Dayton sont toujours actifs et n'étalent pas leur présence dans l'unique but de perpétuer un creux symbole d'un pseudo pouvoir de l'Autorité Palestinienne.

 

Avant leur arrivée, la police était statique et sur la défensive : les gendarmes jouaient aux cartes dans les casernes ou occupaient des postes de contrôle sur les routes ; dont ils déguerpissaient à la première alerte, laissant la rue et l'impression de la détention de la force et de la vérité aux miliciens et terroristes islamistes, beaucoup plus disciplinés, motivés et encadrés

 

Depuis qu'ils sont là, ça a changé. Parmi les nombreux indices de cette évolution, celle qui saute aux yeux, c'est que le commerce a repris, et la vie est revenue dans les ateliers des artisans. Les chiffres de l'économie en Cisjordanie pour ces deux derniers mois sont éloquents ; ici, l'activité croît inversement à la tendance du marché mondial.

 

Les soldats-Dayton, comme je les appelle, viennent de sécuriser deux congrès sur l'économie, qui se sont tenus à Bethlehem et Naplouse. De l'impensable, il y a quatre mois à peine, où toute l'énergie des gens était consacrée à survivre au jour-le-jour.

 

L'amélioration sécuritaire est telle, qu'on rencontre des marchands arabes-israéliens à Djénine, et qu'ils y font leurs affaires en toute quiétude.

 

Dans la ville de la nativité, on annonce avec impatience le déploiement des soldats-Dayton pour le 25 décembre - tout un symbole - avec l'assentiment enthousiaste des Israéliens.

 

A Bethlehem, où, justement, la municipalité vient d'ouvrir une patinoire à ciel ouvert... Il semble lointain, le temps des tireurs de Marwan Barghouti, qu'Arafat obligeait à ouvrir le feu sur les civils juifs de Gilo, depuis le quartier chrétien de Bet Jala, dans l'espoir que Tsahal riposte en démolissant des églises.

 

A Bethlehem, on attend la grande foule pour ce Noël ; rien à voir avec les années précédentes. Selon un responsable de la mairie avec lequel je me suis entretenu, l'affluence touristique serait en hausse de 85 %, la quasi-totalité transitant par Israël. "Si cela se poursuit à ce rythme", continue Monsieur Moussa, "on va dépasser le million de visiteurs pour 2008 !".  

 

Moussa espère que les "nouveaux policiers" vont faire le ménage à Bethlehem comme ils l'ont fait à Hébron. "La situation n'est certes pas aussi préoccupante ici qu'elle ne l'était à Al-Khalil (Hébron) avant l'arrivée des garçons entraînés par les Américains", explique mon interlocuteur. "Il n'y a plus de Tanzim actifs, mais il existe encore quelques cellules islamistes qui font du raffut, maltraitent les chrétiens, effrayent les touristes et collectent des fonds pour acheter des armes à Hanya. Il faut que cela cesse, assez !", gronde l'homme d'une soixantaine d'années.

 

Le Golf de 18 trous de Bethlehem fait le plein, ces jours, en dépit des premières rigueurs de l'arrière-automne, dans une ville qui veut clairement tourner la page de la violence et a toujours été friande de normalité.

 

Moussa, à qui j'ai confié que j'écrivais pour un media étranger, insiste pour que je dise aux exilés chrétiens de revenir. Il précise à leur endroit que les taxes sur les réunions, mariages, voyages et enterrements, que prélevait Barghouti sur les catholiques ont été abolies, et que, "très bientôt, ils ne souffriraient plus d'aucun climat de violence. Les Américains sont chrétiens aussi, ils n'enverraient pas des hommes qu'ils ont formés faire la loi ici, si c'était pour poursuivre les mauvais traitements contre leurs coreligionnaires", conclut Moussa, lui-même musulman, mais avant tout, qui aime sa cité et tous ses habitants.

 

A Hébron et dans ses environs, en très peu de temps, les soldats-Dayton ont effectivement imposé la loi et l'ordre de la Moukata de Mahmoud Abbas et de Salam Fayyad. L'activisme islamique a pratiquement cessé dans la ville dite des patriarches juifs. Les forces spéciales ont partout l'initiative et disposent d'un réseau et de systèmes de renseignements bien au point.

 

Désormais, ce sont les islamistes qui sont sur la défensive, tandis que les Juifs se battent entre eux, sous l'œil amusé des gamins palestiniens. "Edennistes" partisans du grand Israël, comme les définit notre rédacteur en chef, contre soldats et forces de sécurité.

 

Les soldats-Dayton ne s'approchent même pas de l'objet du différend : une maison achetée par des edennistes à un Palestinien, dont la haute-cour de Jérusalem a ordonné l'évacuation par les zélotes. Les super-policiers palestiniens n'ont pas même bronché lorsque les israélites ultras ont désacralisé une mosquée et un cimetière, les barbouillant d'insultes racistes à la peinture bleue.

 

Ils laissent à Tsahal le soin de s'occuper des Juifs, une nouvelle preuve de discipline.

 

Nombre d'hommes du contingent qui va être déployé à Bethlehem vont être prélevés à Hébron, où il ne s'agit plus que de veiller à l'ordre nouvellement instauré.

 

Jérusalem a d'ores et déjà autorisé l'envoi des nouveaux policiers palestiniens à Kalkiliya, face à la ville israélienne de Kfar Sava, et à Tulkarem, face à Nataniya. Pour le moment, les forces de sécurités de l'Etat hébreu gardent la responsabilité administrative des régions où sont déployés les soldats-Dayton, mais cela pourrait évoluer rapidement, m'assure un responsable du ministère israélien de la Défense.

 

Pendant que je termine cet article, d'autres soldats-policiers palestiniens poursuivent leur formation par les Américains. Leur arrivée sur la scène proche-orientale ne modifie pas uniquement l'équation interpalestinienne de Gaza ; il suffit de se promener à pied à Djénine, en sachant ce qu'elle a été, pour saisir que l'atmosphère qui y règne est propice à la création d'un Etat. Et que les Israéliens n'ont plus rien à craindre d'endroits où prévaut cet ordre nouveau.

 

Plus que le contenu littéral des négociations en cours, ce sont les faits et non les mots qui amèneront la paix. C'est ce qu'avait compris le général Keith Dayton, lorsqu'il a mis en chantier son projet. Si l'expérience se poursuit comme elle a commencé, la paix existera sur le terrain avant qu'elle ne soit formalisée sur le papier. Les négociateurs n'auraient plus qu'à solutionner les points de détail, vu qu'ils n'auront aucune raison suffisante de ne pas endosser la paix, lorsque celle-ci se sera installée de facto sur le terrain. On pourrait être moins éloignés de cette échéance qu'il n'y paraît vu d'Europe ou dans les discours des uns et des autres.


 
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:08


 
La planète passe à la couleur
 
L’Amérique a voté, l’Amérique a élu Barak Obama, propulsé à la Maison Blanche par 57 millions d’électeurs contre 52 millions à son adversaire. Remportant probablement la victoire dans 28 Etats, contre 22 à John McCain.
 
Quelles que soient nos préférences politiques, nos craintes pour l’avenir, nous commettrions une impardonnable erreur en passant à travers l’historicité de cette élection. Le choix d’Obama recèle plusieurs processus parallèles, attention alors à ne pas tout mélanger ; les priorités domestiques, la crise économique, la politique étrangère et la sécurité du monde ne doivent pas faire d’ombre à la cooptation du premier homme de couleur au rang de personnalité la plus importante et la plus puissante de la planète.
 
Seule une très grande démocratie pouvait exprimer concrètement cette préférence. Elle matérialise enfin l’égalité entre tous les hommes, met un point final aux scories de la Controverse de Valladolid, donne rétroactivement un sens aux souffrances endurées par les Africains, "importés" en Amérique dans des navires à bestiaux, exploités comme esclaves tels des bêtes de somme.
 
Aux USA, certes, mais également en Amérique du Sud, en Europe et dans le monde arabe. Depuis la nuit dernière, les gens de couleur ont non seulement une âme, mais ils sont encore reconnus capables par leurs pairs de mener les affaires du monde. Le gnome Adolf, qui ne leur serrait pas la main par peur de la contagion, a grillé une seconde fois devant son bunker.
 
Surtout, que personne ne doute un seul instant de l’impact immédiat que le choix d’Obama aura sur les vieux réflexes racistes ! Depuis cette nuit, parler de l’égalité entre les races n’est plus la prérogative des humanistes éclairés, c’est un fait avéré.
 
Tout comme les Etats-Unis, tant critiqués, avec leur peine de mort, leurs armes à feu, leurs télé-évangélistes et leurs dispositions ringardes sur l’IVG, ont montré aux autres peuples, que le problème de la couleur de la peau d’une personne n’en était pas un chez eux.
 
Tout aussi important, peut-être, la démonstration s’est déroulée en douceur, les démons racistes sont restés enfermés dans leurs bouteilles. La noirceur de Barak Obama n’a jamais occupé le moindre espace dans le débat, ce n’est donc pas hier que les Américains ont franchi le cap des vieux préjugés, car hier, ils n’existaient déjà plus.
 
C’est à peine si l’on est désormais capable de se rappeler que l’abolition de l’esclavage n’a pas encore fêté ses 150 ans. Qu’au XXème siècle, dans certains Etats, on pendait encore des "nègres" à "la plus haute branche de l’arbre le plus proche" pour avoir regardé une femme blanche à hauteur d’yeux.
 
Dans le Tennessee, il y a vingt-cinq ans, alors que je faisais mon apprentissage de pilote, mon moniteur avait cessé de m’adresser la parole après m’avoir vu inviter à danser une élève de Côte d’Ivoire au bal de l’école.
 
Maintenant il aura un président noir, et ça me fait sourire. C’est comme ouvrir toutes les fenêtres de sa maison, le matin, et respirer le bon air frais à pleins poumons. Le monde est moins injuste, ce mercredi, parce que les Américains lui ont donné une bonne leçon de choses.
 
 
A tort ou à raison
 
Les sondages à la sortie des urnes l’ont démontré : la préoccupation principale de 50% des Etasuniens relève de la situation économique.
 
Lors de l’interminable campagne électorale, les deux candidats se trouvaient dans un mouchoir de poche jusqu’à la semaine noire de la bourse américaine. Le mince avantage de McCain a fondu instantanément, et l’avance d’Obama, depuis, s’est faite irrattrapable.
 
Afin d’expliquer la victoire du Démocrate, on pourrait énumérer bien des facteurs, les américanologues s’y sont employés, sur toutes les chaînes de télévision, toute la nuit durant.
 
Certes McCain n’avait ni l’avantage de l’âge ni celui de la rhétorique, et il aurait pu beaucoup mieux gérer sa campagne. Mais il aurait perdu tout de même.
 
Ce ne sont pas les différences dogmatiques entre les deux prétendants qui ont fait pencher la balance, pas plus que la situation en Afghanistan ou en Irak, et encore moins les préoccupations relatives à l’avenir d’Israël.
 
Ce n’est pas moi qui le dit mais les mêmes sondages effectués devant les isoloirs. C’est la situation économique qui a fait sortir les Américains de chez eux et constituer les queues impressionnantes qu’on a vues devant les bureaux de vote.
 
C’est d’avoir entendu qu’un ami, qui travaillait chez General Motors depuis vingt ans, avait été licencié en un jour. C’est la florescence des affiches "A vendre. Propriété de la banque XY" sur les maisons de leur rue. C’est le jeune couple d’en-face, auquel on a enlevé la voiture car il avait cessé de payer ses traites.
 
C’est ce qui se déroule devant leurs yeux, qui a fait réagir les Américains, quoi de plus normal. Et dans ces conditions, McCain, avec son rêve américain pour tous était moins rassurant que celui qui parle de partager plus équitablement les ressources existantes. Dur de rêver et même d’imaginer l’avenir quand on a les jambes dans la mélasse jusqu’aux genoux.
 
Inutile de chercher à juger s’ils ont fait le bon choix ou s’ils se sont placés dans les mains du Diable. Ce qui est sûr, c’est que c’est sous la présidence d’un Républicain que le système a explosé, que les banquiers, qui leur faisaient la morale pour un dépassement de cinq cents dollars, en ont dilapidés des milliers de milliards, et que l’Etat est bien obligé de se porter garant de leurs folies pour empêcher la société de se désintégrer.
 
Il suffirait en effet qu’un établissement bancaire majeur, n’importe où sur terre, devienne insolvable pour entraîner un effet domino aux circonstances terrifiantes. C’est pour cela que tous les gouvernements sauvent leurs banques.
 
Mais c’est aussi le constat d’un échec cuisant et d’un procédé rageant, parce que profondément injuste et conduit avec nos économies.
 
Et même si les sénateurs Démocrates sont au moins aussi responsables que le gouvernement dans cette avalanche, il était hors de question, pour les Yankees, de reconduire les Républicains au Capitole.
 
Le sentiment de l’urgence de la situation économique est largement plus présent outre-Atlantique qu’en Europe, où nous avons toujours un temps de retard. Même si je doute qu’Obama pourra résoudre la crise, je n’hésite pas à jouer les propagateurs d’angoisses : les Américains ont tout-à-fait raison d’avoir peur ; la crise est là, elle est inéluctable, profonde, et nous allons tous passer un fort mauvais moment.
 
L’activité économique diminue partout, de jour en jour, inversement au nombre des licenciements qui lui, va croissant. Demandez aux industriels de votre région ce qu’il en est, et réservez une place numérotée dans l’Arche de Noé. Les autorités tentent d’éviter la panique en prenant des mesures rassurantes et sociales, mais ils font dans le cosmétique ; en vérité, le tsunami est terrible.
 
J’ai entendu certains experts financiers optimistes parler d’un creux de vague d’un an, moi je vois plutôt un marasme de trois, voire de quatre ans, juste en évaluant le temps que durent le flux, le reflux et la reconstruction de l’économie.
 
Juffa, éternel oiseau de mauvais augures ? Je n’en sais rien, je n’y suis pour rien, mais je peux vous dire, à propos de l’économie israélienne, reconnue pour être plus solide que la moyenne, qui a, par exemple, traversé sans même sourcilier la guerre de 2006, que les actions saines de la bourse de Tel-Aviv ont déjà perdu plus de 64% de leur valeur depuis le début 2008.
 
Lundi, j’ai reçu à Métula la visite de deux grands patrons de la high-tech israélienne, le secteur le plus porteur de notre économie. Ils prévoient que d’ici la même date en 2009, la moitié des sociétés de leur domaine auront mis la clef sous la porte.
 
"Vous comprenez, Stéphane, quel que soit votre produit, LE marché de la high-tech, c’est les Etats-Unis. Et s’ils cessent d’acheter, s’ils perdent leur pouvoir d’achat, si les banques ne financent plus leurs acquisitions, nous sommes cuits.". Je leur ai dit que je saisissais, ajoutant : "et c’est inévitable", eux me répondant : "ça a déjà commencé, nos ventes ont déjà diminué de 20%... et ça empire".
 
 
Une question de point de vue
 
En dépit de la préoccupation économique qui m’inquiète de plus en plus, ma plus grande crainte est toujours constituée par les efforts de dotation de l’Iran en armes atomiques.
 
Normal, je vis à Métula, au Moyen-Orient, et Ahmadinejad n’a de cesse de me rappeler son intention de m’éradiquer.
 
L’Amérique, c’est plus loin de Téhéran ; Jean Tsadik prévoit que la République Islamique sera capable d’envoyer ses missiles sur le continent américain dans un laps de 5 à 6 ans. Cela leur laisse un peu de temps, nous en possédons beaucoup moins.
 
De plus, toujours dans le but d’éviter l’affolement, les autorités US, comme leurs consœurs européennes et israéliennes, d’ailleurs, tentent de minimiser la menace islamiste. Elles s’y emploient en demeurant floues sur sa nature précise, qu’elles connaissent pourtant parfaitement.
 
Pour évoquer la différence de notre agenda de préoccupations, les Américains et moi, je prendrai l’exemple d’un grand paquebot. Dans mon cas, subissant l’anomalie de ma déviance professionnelle consacrée à la stratégie internationale, je me soucie de l’état de la coque, et, secondairement, des activités sociales qui se déroulent à bord.
 
Si je vois que nous nous dirigeons droit sur un banc d’icebergs, je sonne à la cloche d’alarme, j’informe le capitaine et les passagers.
 
Quant aux Américains moyens, qui ne voient pas la coque, qui ne savent pas évaluer sa solidité ni utiliser un radar, ils se préoccupent naturellement de ce qui se voit. L’état de l’intérieur du navire, ses réserves en nourriture, leur capacité à s’en procurer, comment continuer à payer sa cabine, etc.
 
De leur point de vue, qu’importe-t-il d’avoir une coque solide, si tout ce qui se trouve à l’intérieur est inutilisable ? Du mien, c’est "à quoi cela sert-il de vous occuper de socialités alors que votre coque est pourrie et que vous risquez de couler à tout moment ?".
 
Cela explique la raison pour laquelle la présidence de Barack Obama, dans la mer agitée que nous connaissons, avec les plages obscures de son passé et ses accointances, la vacuité de son discours, le risque, révélé par son colistier, qu’il se fasse flouer par les ennemis du monde libre m’apparaît infiniment périlleuse. Que j’aurais voté McCain, nonobstant la longue liste de nos divergences dans la façon d’aménager l’intérieur d’un paquebot.
 
Ceci dit, il existe une chanson très connue en Israël, qui dit "les choses que l’on voit de là-bas, on ne les voit pas d’ici", et, par la force des choses, vice-versa.
 
 
Peur pour Israël ?
 
Toujours, ce qui me semble naturel vu notre situation géopolitique. Je suis absolument certain, toutefois, que la menace iranienne est au moins autant dirigée contre l’Europe et les USA, que contre l’Etat hébreu. Mais j’ai appris à me soucier d’abord de mes intérêts, surtout lorsqu’ils sont existentiels et que, dans l’espace-temps, je suis menacé avant les autres.
 
L’innocence d’Obama m’inquiète, de même que ses longues fréquentations extrémistes antisémites et anti-israéliennes. Pour fournir une échelle de comparaison et donner matière à réflexion à ceux qui crient à la rumeur et prétendent que c’est sans importance, les théories des gens qu’Obama a côtoyés durant des décennies forment un mélange désavantageux de celles de Dieudonné et de la tribu-Ka.
 
Je déteste aussi les phrases qu’on lui prête à propos d’Israël, dont celles dissimulées du regard du public par les media Démocrates.
 
En bref, il serait surprenant que le nouveau Président se dévoile comme un ami sincère de mon pays. Et bien moins surprenant, s’il replaçait artificiellement notre conflit avec les Arabes au centre du calendrier international, et s’il se mettait, graduellement, à faire pression sur Jérusalem afin qu’elle fasse des concessions qui nous mettent en danger.
 
On sera fixé dès que Barack Obama formera son équipe gouvernementale ; dès qu’on connaîtra le nom du nouveau Secrétaire d’Etat, le nouveau chef à la Défense, aux renseignements, ainsi que son équipe de conseillers.
 
Il faut aussi craindre pour toute la région, et envisager la situation intenable qu’Obama y créerait s’il retirait subitement l’armée US d’Irak, comme il l’a promis durant sa campagne. Il faut être islamiste ou déséquilibré pour appeler de ses vœux semblable implosion trismégiste.
 
Il y a lieu toutefois de modérer ses appréhensions : en reconnaissant d’abord que les présidents américains ne prennent pas leurs décisions au milieu d’un vide politique. Washington est une mécanique complexe de pouvoirs et de contre-pouvoirs, et la marge de décision du Président est restreinte.
 
En matière proche-orientale, en raison de cette mécanique, un Président américain ne peut pas être farouchement anti-israélien. Certainement pas avec un parlement dont la majorité Démocrate compte parmi les meilleurs amis de l’Etat hébreu.
 
Pas non plus avec un électorat juif, dont Obama aura besoin s’il entend briguer un second mandat, et qui s’est prononcé à raison de plus de 75% en faveur de sa candidature. Un électorat représentant 3% en moyenne nationale, mais 0,001% dans le Vermont, et jusqu’à 30% dans les Etats qui fournissent le plus grand nombre de grands électeurs.
 
Dans ces conditions, un Président américain peut être "un peu proche d’Israël", ou "très", comme c’est le cas de George W. Bush.
 
Quant aux Juifs américains, ils ont donné la preuve de leur intégration A l’instar des originaires d’Italie, d’Allemagne ou d’Irlande, ils se sont mis à la décoration navale.
 
Ce à quoi il faut ajouter, avant de conclure, que les Israélites américains ont été les premiers et les meilleurs alliés de la communauté noire durant son émancipation. Au point que, jusqu’à l’émergence de Farrakhan, de sa nation de l’islam et d’autres mouvements extrémistes dans les années 70, les communautés noire et juive aux USA étaient pratiquement garantes l’une de l’autre, y compris lorsqu’il s’agissait de défendre le droit des Israélites de vivre dans leur patrie historique.
 
 
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 08:34



Il y a d'excellentes raisons de penser que Barack Obama sera élu demain Président des Etats-Unis. Il y a aussi d'excellentes raisons de penser que cette élection sera une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis et pour le monde.
 
Certes, les sondages se sont resserrés depuis quelques jours. Pour la première fois depuis six semaines, l'un d'entre eux (Zogby, 31 octobre) donne John McCain vainqueur. Mais chaque sondage comprend inévitablement un risque d'erreur ; comme les méthodes sont différentes d'un institut à l'autre, le risque est réduit si l'on considère la moyenne des différents résultats plutôt qu'un sondage particulier. Or, au 1er novembre, la moyenne des sondages - pour plus de 250 sondages réalisés dans les six dernières semaines - donnait à Obama un avantage de 6,5 points sur McCain.
 
Rien ne permet de croire que les sondeurs puissent se tromper en bloc, d'une manière assez massive pour permettre à McCain d'espérer l'emporter. Il y a bien eu, dans le passé, des erreurs de 3 à 4 points de la moyenne des sondeurs. Reagan fut élu en 1980 alors qu'il était à la traîne des sondages au cours des dernières semaines. Bush, en 2000, fut élu comme l'annonçaient les instituts, mais avec moins de voix que Gore, alors que les derniers sondages le montraient en avance de 3 points. Mais dans ces deux cas, le nombre des sondages en cause était beaucoup plus réduit qu'il ne l'a été cette année.
 
Si McCain l'emportait mardi, les instituts devraient se poser des questions très sérieuses sur leurs méthodes et sur leurs préjugés. Il faudrait aussi se demander comment le candidat Républicain aura pu surmonter tous les désavantages structurels qui l'ont handicapé pendant la campagne : des coffres beaucoup moins remplis (McCain a accepté le financement public, accompagné de sévères limites sur la capacité à lever des fonds privés, alors qu'Obama a mené la campagne politique la plus chère de l'histoire de l'humanité) et des volontaires moins nombreux et moins bien organisés.
 
Si, au contraire, les sondeurs ont raison et Obama l'emporte, il y a peu de chances que les Etats-Unis et le monde en retirent tous les avantages que nombreux parmi nos collègues journalistes énumèrent chaque jour.
 
Laurent Murawiec a expliqué hier, dans ces colonnes, l'une des principales raisons qui permettent de douter qu'Obama fera un grand Président. La presse américaine, en surprotégeant le candidat de son cœur, est parvenue à empêcher presque entièrement l'une des opérations les plus importantes pour le bon fonctionnement de la démocratie : le processus par lequel les électeurs sondent les qualités et les défauts de chaque candidat et se font, avant de voter, une idée aussi précise que possible de son caractère.
 
Le caractère de Barack Obama recèle des forces que nous avons tous vues : il est éloquent, intelligent, gracieux dans les débats et résistant sous la pression. Il a aussi montré une remarquable habileté tactique dans la conduite de sa campagne. Mais Obama a aussi ses faiblesses, qui ont été soigneusement dissimulées pendant la campagne, et qui pourraient avoir une considérable influence sur son action de président.
 
L'homme qui se présente aujourd'hui en candidat de réforme et de réconciliation a montré un goût prononcé pour les coups tordus. Il est le produit de la machine politique de Chicago - aujourd'hui comme jadis probablement la plus corrompue des Etats-Unis - et n'a jamais fait preuve de la moindre indépendance face aux méthodes qui y ont cours.
 
Lorsqu'il s'est présenté au Sénat de l'Illinois, en 1996, il a utilisé une armée de juristes pour faire disqualifier, sur une technicalité, tous ses concurrents - y compris Alice Palmer, qui avait été la première à reconnaître les talents politiques du jeune Barack. Plus tard, en 2004, lors de sa campagne pour un siège au Sénat fédéral, deux de ses concurrents virent leurs dossiers de divorce - des dossiers confidentiels, gardés par l'administration de l'Etat de l'Illinois - mystérieusement fuités à la presse.
 


Cet excellent ouvrage de David Freddoso est l'un des rares à avoir examiné la carrière politique d'Obama dans les années 1990 à Chicago


 
De plus, Obama ne s'est inventé que très récemment son nouveau positionnement politique de centre gauche. Il a circulé, pendant plus de vingt ans, dans les milieux de l'extrême-gauche révolutionnaire et anti-américaine ; il est considéré par ces milieux comme leur plus grand espoir. Il fut le disciple de Saul Alinsky (théoricien de l'agitation marxiste) ; l'ami de Bill Ayers et Bernardine Dohrn (terroristes marxistes actifs dans les années 1960 et 1970, désormais professeurs d'université) ; le paroissien, pendant vingt ans, de Jermiah Wright, un pasteur convaincu que le sida a été inventé par le gouvernement américain pour exterminer les Noirs.
 
Tout cela ne prouve pas, bien sûr, qu'un Président Obama conduirait la politique de ces dangereux cinglés. Mais on ne peut pas échapper au choix suivant : soit Obama partageait les convictions de ces gens jusqu'à un âge avancé, auquel cas il ment probablement dans son centrisme actuel ; soit il ne partageait pas leurs convictions mais ne voyait pas de difficulté à les fréquenter, auquel cas on peut se poser des questions sur son jugement ; soit, enfin, il ne les a fréquentés que pour constituer une base politique qui le lancerait et qu'il pourrait trahir plus tard. La dernière explication est la plus rassurante, mais elle fait d'Obama un homme politique cynique, comme les autres, et non un Messie.
 
Enfin - et, à mon sens, surtout - Obama souffre d'un narcissisme criant, même par comparaison avec la moyenne des hommes politiques. Voilà un homme qui a exigé, avant d'avoir été élu, de parler devant la porte de Brandebourg à Berlin, comme les Présidents Kennedy et Reagan ; qui a annoncé que son élection « renverserait la montée des océans » ; qui a rédigé deux autobiographies à quarante-cinq ans, et qui proclame tous les jours qu'il va « changer le monde ».
 
Une telle démesure dans l'ego serait insupportable, même chez un homme qui aurait produit une œuvre importante ou dirigé une grande organisation. Mais Obama n'a jamais dirigé que des campagnes politiques ; il n'a rédigé ni lois importantes, malgré sa longue activité politique, ni articles juridiques, malgré ses diplômes et son long enseignement du droit. La maigreur de sa production et l'ampleur de son ego sont d'ailleurs probablement interactifs. Il a encore, à quarante-sept ans, l'arrogance égotiste des jeunes gens brillants qui n'ont pas testé la limite de leurs talents.
 
Il est impossible que ces trois faiblesses du caractère d'Obama n'aient pas d'effet sur son action future s'il est élu. Son goût pour les coups bas risque de polluer l'atmosphère politique américaine et de faire régner à Washington la peur et la méfiance. Sa proximité avec l'extrême-gauche se traduira nécessairement dans ses recrutements.
 
Elle donnera un poids démesuré au groupe le plus gauchiste du Congrès, le Congressional Progressive Committee, qui veut réduire fortement les dépenses militaires, augmenter les impôts et faire intervenir massivement le gouvernement dans la gestion de l'économie. Enfin, le narcissisme d'Obama peut le conduire à éviter les sujets difficiles, ou à les traiter par un beau discours plutôt que par des actions toujours imparfaites. Il peut lui faire préférer, sur la scène internationale, l'adulation du monde à la défense rigoureuse des intérêts nationaux - et donc à céder trop facilement, négociation après négociation, aux concurrents ou aux ennemis de l'Amérique.
 
Les défauts de caractère du probable futur Président risquent donc de l'entraîner sur une route qui l'éloignera du peuple américain, un peuple qui reste majoritairement de centre droit et attaché à la défense de ses intérêts nationaux. Mais la situation sera presque certainement rendue encore plus grave par le caractère de celui qu'Obama a choisi pour colistier, le sénateur Joe Biden.
 
Obama a des défauts, mais Biden tient une pathologie. Voilà un homme qui, au cours de son débat avec Sarah Palin, a évoqué l'époque où « avec les Français, nous avons chassé le Hezbollah du Liban »...
 
Qui a nié que le candidat Obama avait affirmé qu'il rencontrerait Ahmadinejad, alors que le site d'Obama lui-même affiche officiellement cette position. Qui a invité les auditeurs à venir dîner avec lui dans un restaurant de sa circonscription, fermé depuis vingt ans. Qui a affirmé que sept ans de guerre en Afghanistan avaient seulement coûté autant que trois semaines de guerre en Irak (le vrai chiffre est vingt fois supérieur). Et qui va jusqu'à mentir sur son histoire familiale, affirmant, contre les faits, qu'il est le premier de sa famille à être allé à l'université, qu'il a eu des ancêtres mineurs de charbon en Pennsylvanie, ou que sa première femme, morte dans un accident de voiture, a été tuée par un conducteur ivre (l'homme était sobre).
 
La presse américaine, qui a examiné chaque déclaration de Sarah Palin au microscope, en espérant la faire passer pour une réactionnaire attardée, ne semble avoir aucun problème à la perspective de voir un mythomane clinique accéder un jour à la présidence. Il n'est pourtant pas difficile de prédire que cette pathologie ne va pas disparaître si Biden est élu, et ne peut pas contribuer à la réussite d'une présidence Obama.
 
Tous ces facteurs font peser le risque important que la probable présidence Obama ne soit pas, pour les Américains, une présidence réussie. Pour le reste d'entre nous, l'avenir ne s'annonce pas beaucoup plus riant.
 
On entend et on lit beaucoup que l'élection d'Obama « restaurera l'image des Etats-Unis dans le monde ». Cette affirmation est curieuse. Il y a bien eu, naguère, en 2003-2004, une crise sérieuse des relations entre les Etats-Unis et certains de leurs alliés, notamment en Europe. Mais, pour ceux qui l'auraient oublié, cette crise s'est terminée lorsque les deux pays les plus agressifs du camp anti-américain - l'Allemagne et la France - ont élu de nouveaux dirigeants pro-américains, qui ont rétabli des relations normales avec le Président Bush.
 
D'autres alliances américaines - avec le Japon ou l'Europe de l'Est, par exemple - n'avaient jamais faibli. Au cours des dernières années, les Etats-Unis ont renforcé leur amitié avec les pays arabes traditionnellement alliés. On voit donc mal ce qu'il y a encore à « restaurer » chez les alliés de l'Amérique. Le seul groupe actuellement hostile à l'Amérique de Bush, et qui pourrait être réconcilié avec l'Amérique d'Obama, est formé des classes bavasseuses de l'intelligentsia européenne. Heureusement, le poids de ces gens dans les affaires du monde est égal à zéro.
 
Et si la petite phrase sur la « restauration de l'image de l'Amérique » ne s'applique pas aux alliés des Etats-Unis, mais à leurs ennemis - alors, on peut se faire beaucoup de mauvais sang. Car la Russie ou l'Iran ne sont pas hostiles à Bush, mais aux Etats-Unis.
 
Contrairement aux intellectuels européens, ils ne passent pas leur temps à se moquer du cow-boy texan : ils travaillent à réduire la puissance américaine et à augmenter la leur propre. La seule façon dont Obama pourrait « améliorer les relations » entre son pays et ces ennemis serait d'accepter l'affaiblissement des Etats-Unis - en réduisant la présence militaire américaine à l'étranger, en acceptant de perdre encore plus de temps que l'Amérique n'en perd déjà dans des discussions stériles à l'ONU, et, surtout, en réduisant la protection que l'Amérique fournit à ses alliés contre leurs agresseurs.
 
Le monde semble convaincu qu'un tel affaiblissement américain sera, au moins dans un premier temps, la politique d'un Président Obama. Les chefs d'Etats et de gouvernements les plus anti-américains - Poutine, Ahmadinejad et Chavez - ont tous souhaité publiquement sa victoire. A l'inverse, les sondages montrent que l'opinion publique souhaite la victoire de McCain dans quatre pays : la Géorgie, l'Irak, Israël et les Philippines.
 
Ces quatre pays ont tous une chose en commun : ils sont menacés par le terrorisme ou par des voisins agressifs et ils comptent sur leur alliance avec les Etats-Unis pour ne pas être emportés. Quand l'élection d'un candidat est souhaitée par vos ennemis et redoutée par les alliés qui comptent sur votre aide, il faut effectivement se poser des questions.
 
Il n'est pas certain qu'Obama sera aussi faible qu'Ahmadinejad et Poutine le souhaitent, mais il est certain que les ennemis des Etats-Unis l'espèrent. Il est donc inévitable qu'ils chercheront à le jauger dans les premiers mois de sa présidence. Joe Biden a, récemment, publiquement reconnu qu'il y aurait une crise internationale majeure « dans les six mois » après l'élection d'Obama, dans le seul but de tester le nouveau Président.
 
Il est probable que, cette fois, Biden n'a pas fabulé. Plusieurs crises sont possibles : l'invasion d'un nouveau voisin par la Russie, une nouvelle vague d'attaques en Irak, coordonnée par l'Iran, une attaque simultanée d'Israël, venant de Gaza et du Liban, avec des armes améliorées, ou même une invasion de Taiwan par la Chine.
 
Si Obama est élu, quand ces crises se matérialiseront, celui qui y répondra ne sera pas l'Obama idéal que ses admirateurs ont inventé de toutes pièces. L'homme qui sera aux commandes ce jour-là sera l'Obama réel - avec ses qualités et ses défauts, son intelligence et son inexpérience, son éloquence et son narcissisme, sa souplesse d'esprit et ses préjugés. Espérons seulement que le monde ne regrettera pas, ce jour-là, de ne l'avoir pas connu plus tôt.
  
 
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 04:47

Le peuple américain va-t-il vraiment faire ça ? (info # 020311/8) [Analyse]
Par Guy Millière © Metula News Agency
 
Certes, nombre d’intellectuels juifs de gauche qui se disent attachés à l’existence d’Israël se sont déclarés en faveur de Barack Obama. J’ai lu leurs articles. Je dois dire qu’ils ne m’ont pas convaincu. Quand j’avais vingt ans, je me faisais des illusions ; je pouvais me laisser séduire par les apparences ; lorsque j’avais en face de moi des gens qui me parlaient de paix avec un grand sourire, il m’arrivait de croire qu’ils étaient obligatoirement sincères. Depuis, j’ai un peu mûri. J’ai appris à réfléchir et à analyser. Comme le dit une veille phrase, qui me semble très pertinente : "quand on ne croît pas à certaines niaiseries quand on a vingt ans, cela veut dire qu’on n’a pas de cœur, quand on y croît encore vingt ans plus tard, cela veut dire qu’on n’a pas de tête".
 
Je sais aussi que, si, comme cela risque de se produire, Obama est élu demain, l’unanimité qui se dessine déjà depuis un certain temps va se faire plus forte encore, et il ne sera pas facile de marcher contre le sens du vent.
 
D’ores et déjà, en France, je suis exclu de quasiment tous les débats radiophoniques et télévisés, dès lors que, pour avoir voix au chapitre, il faut, soit être en faveur d’Obama, soit adorer Obama.
 
Faute d’admirer Obama on se trouve rapidement stigmatisé comme un vil réactionnaire belliciste, abruti et arriéré, de tendance fascisante et vraisemblablement raciste. A ce propos, je ne me fais aucune illusion.
 
Il y a des années que je parle de la montée d’un totalitarisme doux, moins violent, mais tout aussi délétère que le totalitarisme dur : oserai-je dire que nous sommes en plein dans ce totalitarisme doux ?
 
Néanmoins, ma réaction d’ensemble à ce qui paraît bien être en train de se produire relève de ce mélange de stupeur, de consternation et d’incrédulité, qui faisait écrire cette phrase sur son blog à la journaliste anglaise Melanie Phillips : « Le peuple américain va-t-il vraiment faire çà ? ».
 
De fait, Barack Obama n’est pas un candidat Démocrate comme les autres. Sa caractéristique principale n’est pas d’être métis ou d’avoir été élu Sénateur en 2004. Elle n’est pas, comme on le dit trop souvent dans les discours de propagande ambiants, d’être un homme neuf et jeune.
 
Elle est d’avoir été le sénateur le plus à gauche du Sénat américain, d’avoir un passé très obscur et objectivement inquiétant, et d’apparaître aujourd’hui comme un produit de confection, dont les fabricants restent, pour la quasi-totalité d’entre eux, dans l’ombre.
 
Elle est d’avoir réussi à s’assurer de ce qu’il faut bien appeler la complicité de plusieurs financiers, de nombreux artistes, et de la plupart des grands media américains, qui, en cette année 2008, ont jeté à la poubelle les règles de déontologie les plus élémentaires, et se sont transformés en propagandistes.
 
Comment se fait-il qu’un homme né musulman, comme tous les documents disponibles le prouvent, puisse dire si aisément qu’il a toujours été chrétien, sans que quiconque, hormis quelques intellectuels courageux mais minoritaires, tels Daniel Pipes ou Edward Luttwak, n’en parle ? Sans que personne n’envisage même les conséquences potentielles de ce mensonge, alors que dans plusieurs pays musulmans, l’apostasie reste considérée comme un crime majeur ? Dans ces pays, on admet par ailleurs que la takyia, le mensonge pieux, est une pratique légitime pour un membre de la umma en situation délicate.
 
Comment est-il possible qu’un homme qui a eu pour guide spirituel, au temps de son adolescence, un pornographe, stalinien de surplus, Frank Marshall Davis, et qui a passé ensuite le plus clair de son temps en compagnie d’un terroriste gauchiste non repenti (William Ayers), d’un pasteur antisémite et radicalement antioccidental et antiaméricain (Jeremiah Wright), et d’un assortiment de gens, qui vont de l’escroc lié à l’ex-régime de Saddam Hussein (Tony Rezko), au chantre du terrorisme palestinien (Rashid Khalidi), et, pendant quelques mois, au dirigeant d’une secte islamiste, le zélateur d’Adolf Hitler Louis Farrakhan, puisse ne jamais se trouver questionné sur tout cela ? Comme s’il s’agissait de rencontres de fortune avec des gens sans importance ?
 
Comment est-il concevable qu’un homme, qui voici une décennie appartenait encore à un parti d’extrême-gauche (le New Party, fondé par les « activistes » Sandy Pope et Joel Rogers), et qui, jusqu’à cette année, entretenait encore des liens étroits avec une autre organisation d’extrême-gauche appelée ACORN, Association of Community Organizations for Reform Now, convaincue de fraudes massives dans au moins onze Etats, ne se voie poser aucune question sur ces sujets ?
 
Pas plus qu’il ne se voit non plus interrogé sur le fait que, ces derniers jours, toujours, il était possible de donner de l’argent pour sa campagne, de partout dans le monde, en utilisant des cartes prépayées, et en recourant aux fausses adresses et aux pseudonymes les plus fantaisistes (des donations d’un Américain signant Oussama Ben Laden ont été acceptées) ?
 
Comment serait-il imaginable qu’un homme, que certains s’entêtent à présenter comme un ami d’Israël, ait pu, au-delà de la liste de ses fréquentations, avoir sur celle de ses conseillers en politique étrangère des noms tels que Zbignew Brzezinski, Samantha Powers ou Robert Malley ?
 
Une mince, très mince chance existe qu’Obama soit un arriviste sans scrupules, qui a gravi les marches vers le pouvoir suprême en étant prêt à s’allier avec des gens sordides et en s’appuyant sur la crédulité de la gauche de Beverly Hills et le cynisme de quelques milliardaires tels George Soros.
 
Je crains toutefois que l’arriviste sans scrupule soit, au fond de lui, imprégné des dogmes de tous ceux qu’il a côtoyés sans sourciller. Je crains, à l’instar de la journaliste Claudia Rosett, qu’Obama, qui a entassé les cadavres dans des placards depuis des mois, puisse être redevable à des maîtres chanteurs, qui l’influenceront et le téléguideront.
 
John Frankenheimer avait réalisé, en 1962, un excellent film appelé The Manchurian Candidate, où il était question d’un agent programmé pour assassiner un président des Etats-Unis. Obama n’est pas un agent programmé, mais il peut être un agent tenu par des offres qu’il ne pourra refuser. Il n’envisage, bien entendu, l’assassinat de personne : loin de moi cette pensée.
 
Mais dans un monde en crise financière et géopolitique, où l’Iran poursuit sa marche vers l’arme nucléaire, où la Russie se place en position de fuite en avant, et où la sécurité d’Israël se trouve plus que jamais soumise à des pressions et à de lourdes menaces, confier la Maison Blanche à un homme tel qu’Obama me semble constituer un pari sur l’avenir, aussi risqué que s’il s’agissait de confier un briquet et des cuves emplies d’essence à un ancien pyromane, censé être guéri de son goût pour les incendies. Si le pari réussit, je m’en réjouirai. Si ce n’est pas le cas, je pourrai dire – c’est une moindre consolation - que j’avais pris date.
 
On me dira, bien sûr, que des gens tels que Colin Powell ne peuvent pas soutenir un homme dangereux : l’opportunisme et le désir immodéré d’être du « bon côté » de l’histoire peuvent cependant pousser des gens à prendre des décisions étranges, voire nauséabondes.
 
Powell n’a pas eu de mots assez durs pour parler de John McCain et porter contre lui des accusations mensongères. Une semaine plus tard, il témoignait en faveur de son ami, le sénateur Ted Stevens, jugé pour divers cas de corruption avérée. Devrais-je dire, comme je pourrais le faire également concernant Barack Obama : montre-moi tes amis et je pourrai commencer à définir qui tu es ?
 
Même si ce n’est pas à la mode ces temps-ci, j’entends rester du côté de la droiture. Je continuerai à penser qu’il y a des choses qui ne se font pas, comme retourner sa veste aux fins de garder le portefeuille qui se trouve à l’intérieur, par exemple. Je continue à aimer les Etats-Unis, tout en me sentant très mal à l’aise, et en me disant qu’une réaction irrationnelle, un mouvement de foule et une manipulation médiatique pourraient avoir rapproché le monde d’une situation catastrophique.
 
Je suis plus que jamais attaché à la liberté en général et, très spécifiquement, à l’existence d’Israël en particulier. Et je ne suis pas prêt à jouer à la roulette russe avec l’avenir de la liberté et la sécurité d’Israël. Si j’étais Américain, je voterais McCain, vous l’aurez compris. En tant qu’ami de la liberté, des Etats-Unis et d’Israël, je dirai seulement, en citant Melanie Philips une fois encore, « ce qui se passe est terrifiant », et en citant Mark Levin, « le peuple américain semble glisser sous l’emprise d’un démagogue autoritaire ».
 
J’ai peur que les quatre années à venir soient extrêmement longues, qu’elles revêtent, en divers endroits, les couleurs de l’incendie.
 
Je serai de ceux qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’elles soient aussi peu tragiques qu’il est possible. Mais je ne suis qu’un dissident, et une grande machine aux allures de rouleau compresseur est en marche. Le 31 octobre, c’était la soirée d’Halloween aux Etats-Unis : je fais partie de ceux qui appréhendent que la soirée du 4 novembre soit bien plus effrayante qu’une soirée d’Halloween.
 
J’espère me tromper, bien sûr. Si je me trompe, on dira en France qu’Obama a été victime du « racisme américain » : cette obsession de la race est bien plus française que présente dans une Amérique aujourd’hui essentiellement insensible à la couleur de peau.
 
Mais dans un pays comme le mien, où la nomination d’un journaliste noir à la présentation d’un journal télévisé est un événement national, l’idée qu’un métis puisse s’approcher de la présidence des Etats-Unis ne peut évidemment être que stupéfiante. Si Condi Rice avait été candidate, on aurait oublié, en France, qu’elle est noire pour souligner seulement qu’elle est Républicaine : il ne suffit pas, pour plaire à Paris, d’être noir ou métis ; il faut, en supplément, être à gauche, voire très à gauche, et si on a des amis voleurs ou poseurs de bombes, on a vraiment tout pour plaire… à une certaine intelligentsia.
 
 
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