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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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"Disproportionnée, la riposte d'Israël? Et celle de Zidane ?"

"Disproportionnée, la riposte d'Israël? Et celle de Zidane ?"
 
Par Nicolas Verdan
 
Tribune de Geneve
 
Joseph Henrotin, chargé de recherche au Centre d'analyse et de prévision des risques internationaux (CAPRI), à Aix-en-Provence, relativise la notion de disproportionnalité appliquée à l'intervention israélienne.
 
Interview
 
Tribune : Un constat revient sans cesse. La réaction israélienne seraitdisproportionnée. Sur quel plan placer cette notion de disproportion?
 
J.H. : "Tout dépend de quel point de vue on se place. Le droit international dit qu'un Etat a le droit de répliquer à une attaque donnée. Mais de manière proportionnée. Voilà pour l'angle juridique.
 
Dans une perspective stratégique, on parle d'asymétrie ou de symétrie, enfonction de la nature des forces impliquées.
 
Israël, avec son armée conventionnelle (blindée, mécanisée) fait face à desactions de guérilla et de terrorisme quand les attaques visent des civils.
 
Le pays s'est ainsi engagé de manière asymétrique à Gaza et au Liban. Sa stratégie est conventionnelle, telle que la préconisent les manuels de l'OTAN.
 
Bombarder des ponts et l'aéroport de Beyrouth, c'est faire directement pression sur le niveau politique de l'adversaire, pour l'obliger à relâcher ses prisonniers. (...)
 
A Gaza, même si l'engagement est asymétrique, les moyens déployés par Israël restent modérés, car globalement limités à des actions de ratissage. Cela semble moins être le cas au Liban.
 
Mais Israël dispose moins d'informations et de points d'appui dans ce pays, pour l'avoir quitté il y a plus longtemps que Gaza.
 
Tribune : Si nous en revenons au droit, Israël a-t-il agi de manière disproportionnée?
 
J.H. : Toutes les parties tentent d'instrumentaliser le droit. Est-ce qu'il y a eu «acte de guerre», comme le disent les Israéliens? Et quelle serait la proportion dans le cas d'un enlèvement de soldats?
 
Les Israéliens enlèveraient des membres des forces de sécurité palestiniennes.
En réalité, le droit international n'est pas complètement applicable aux conflits contemporains. Il règle les guerres classiques entre Etats, mais ne dit pas comment répondre à la question des enlèvements, par exemple.
 
Tribune : Est-ce à dire que le recours à la force est en fin de compte valable?
 
J.H. : Je ne pense pas. La force ne représente qu'une pièce de l'action stratégique d'Israël, du Hezbollah et du Hamas. Mais à côté, il y a la négociation, la diplomatie. Tout en se focalisant sur cette question des bombardements et des opérations militaires en cours, on peut aussi penser qu'il
y a beaucoup de coups de fils ­entre les deux camps. La force seule ne résout
rien.
 
Tribune : Ces notions de proportionnalité et d'asymétrie sont donc relatives.
 
J.H. : Oui, parce qu'elles sont partiellement subjectives. Tous les intervenants d'un conflit ont intérêt à mixer les aspects juridiques, stratégiques et politiques de ces notions.
 
Prenez le cas de Zidane. Le coup de boule était-il proportionnel à l'insulte? Si on applique ce principe, Zidane aurait dû répondre avec des injures. Là non plus, ça n'aurait rien résolu."
 
http://www.tdg.ch/
 
 
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