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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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La Bataille de Kfar Kileh

La Bataille de Kfar Kileh
(reportage photos)
Par Stéphane Juffa
© Metula News Agency
 
 
 
Il m’est arrive un truc pas commun, cette après-midi. J’ai dû être l’un des 1ers journalistes à avoir jamais réalisé un reportage photo de guerre depuis sa salle de rédaction.
 
Je vous le livre brut de coffrage, sans analyse, comme je l’ai vécu.
 
J’étais en phase de dernière relecture de l’article de Masri Feki que nous avons publié ce jour. Etienne Duranier finissait de nettoyer la machine du fax, encore empoussiérée par les résultats de l’onde de choc des quatre Katiouchas tombées près de chez nous ce matin.
 
Ilan, de retour des événements tragiques d’Avivim – 2 soldats morts, 9 blessés – mettait la dernière main à la réparation du système de cryptage qui nous permet de communiquer avec Sami El Soudi, à Gaza, en relative sécurité.
 
Soudain quelques coups de feu sont tirés du Liban, qui aboutissent à moins de 200 mètres de nos bureaux. Des coups de feu épars : "des snipers, des snipers", s’écrie Ilan, "ils visent les soldats en embuscade de notre côté !". Plus tard, j’apprendrai que mon jeune confrère avait vu juste mais que les francs-tireurs chiites, sûrement sous le coup de l’émotion, avaient, fort heureusement, manqué toutes leurs cibles.
 
Les snipers sont venus du village de Kfar Kileh, là, juste en face de ma fenêtre, dont l’extrémité sud se trouve à 380 mètres d’où je suis assis. Kfar Kileh, une bourgade chiite de 16 à 18'000 habitants, parée de drapeaux du Hezbollah, une Kalatch verte dans un poing levé, sur fond jaune.
 
Mais aucun drapeau libanais. Le Liban, ils s’en foutent, c’est même pour eux un symbole de l’anti-arabité, avec ses composants chrétiens, druzes et sunnites, qu’ils haïssent tous. Vraisemblablement encore plus que ce qu’ils nous détestent nous ! Mais la petite ville est quasi vide, ses habitants ont suivi les injonctions de notre armée et sont partis en exil vers le Nord. Le Hezb a bien tenté de les en empêcher mais il a dû céder sous le nombre et sa volonté de se mettre à l’abri.
 
Restent les miliciens-terroristes. Comme les autres voisins, nous les connaissons tous, de l’époque guère lointaine où les gens de Kileh venaient journellement travailler à Metula.
 
A peine dix minutes se sont écoulées depuis l’attaque des snipers qu’Israël riposte. La tribu Shitt, c’est son vrai nom, dirige les miliciens intégristes de la région. Elle possède un petit quartier d’une dizaine de maisons dans le centre du bourg de Kileh. Dans un quart d’heure, ces maisons n’existeront plus, elles auront été rayées de la carte par trois obus d’artillerie tirés avec une précision impressionnante.
 




1er obus contre la tribu Shitt
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 




Second obus contre la tribu Shitt
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 




Troisième obus contre la tribu Shitt. Son empreinte est effacée de Kfar Kileh
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 
Cinq minutes passent, les canonniers d’Israël visent et détruisent une autre grande maison, dans laquelle vivaient plusieurs dizaines d’intégristes venus de Beyrouth et probablement aussi de Téhéran :
 




Coup direct sur la maison des lanceurs de Katiouchas
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 
Des frappes, d’une précision chirurgicale. Bientôt, tout le village voisin est recouvert par les flammes.
 




Kfar Kileh en feu
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 
La maison rouge, c’est celle d’Ibrahim Awaba, qui se vantait d’être le plus grand "chasseur de chrétiens" de tout le Proche-Orient.
 




C’était… la maison d’Ibrahim Awaba
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 
Restait un fortin du Hezb, à moins de 20 mètres de la frontière, tout près de la Porte Fatma, littéralement sous nous, l’ancien point de passage d’avant mai 2001. Faut-il que les artilleurs, disposés à 6 kilomètres de là, soient sûrs de leur coup !
 
Un fortin construit en son temps par Israël pour l’Armée du Liban Sud. Les terroristes en sortaient pour tirer leurs roquettes et revenaient rapidement y trouver refuge. Le bruit d’une formidable explosion qui fait trembler la Ména… ce soir, ce fortin n’existe plus…
 




C’était un abri pour les terroristes-lanceurs islamistes
Photo Stéphane Juffa © Menapress, moyens techniques Even Sokol
 
Les Hezbollani ont tenté de réagir. D’abord, ils ont lancé leur dernière Katioucha sur notre village… elle est tombée dans un terrain vague. Ensuite, cinq d’entre eux ont tenté de pénétrer dans Metula, sans doute pour mourir en martyrs.
 
Ils n’ont pas attaqué devant chez nous, mais tout à l’est du village des irréductibles Galiléens que nous connaissons bien. Pour une raison indéterminée, ils n’ont pas réussi à taillader le grillage de protection ; c’est là que l’armée et l’escouade d’urgence des habitants de Metula les ont repérés. Trois ont été tué lors d’un bref échange à l’arme automatique, deux se sont repliés, probablement blessés. Personne ne les a suivis, de crainte qu’ils n’aient, préalablement, miné leur chemin de retraite.
 
Une amie écrivain tessinoise nous a envoyé un dessein d’elle qui montre comment elle se représente la Ména, ces jours.
 




C’est, ma foi, assez proche de la réalité… Anna
Dessin d’AnnaLauwaert               
 
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