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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Lettre au Président des Français de Denis ELKOUBI d'HAÏFA

  

Lettre au Président des Français

HAÏFA, le 16 juillet 2006

 

Monsieur le Président,

 

Par un étrange télescopage de l’Histoire, la France commémore ces jours-ci deux de ses plus grandes forfaitures: la dégradation du Capitaine Dreyfus et la rafle, par la police française, des Juifs de Paris en juillet 1942, transportés dans des autobus de la RATP et les trains de la SNCF vers les chambres à gaz d’Auschwitz.

 

Par un étrange télescopage de ma vie, je me trouve à Haïfa, chez ma fille, pour enterrer mon père en Terre Sainte. Mon père, arrêté par la police française, enfermé à la prison des Baumettes, envoyé à Drancy, puis Auschwitz par les autorités françaises en mai 1944.

 

Haïfa, ville bombardée par les armées du Hezbollah, acte de guerre non provoqué par Israël, qui laisse la population de cette ville désemparée et dans la peur.

 

Je suis ici chez ma fille et je regarde, inquiet, le journal télévisé de France 2 relayé par TV5 monde. J’y vois un conseil des ministres préoccupé par la sécurité de ses ressortissants de la région, qui décide d’envoyer d’urgence deux bateaux pour les rapatrier vers la France.

 

Mais en écoutant attentivement, je découvre, avec stupéfaction, que ce sont les ressortissants français du Liban qui seront secourus, pas un mot des Français actuellement en Israël, touristes ou résidents. Et pourtant, ceux-ci sont pourtant bien plus nombreux et subissent des centaines de tirs destinés à tuer des civils, et non pas à détruire des infrastructures.

 

Voilà donc votre nouvelle forfaiture, Monsieur le Président. C’est avec une immense douleur que soixante quatre ans après mes parents et mes grands-parents, je découvre que, moi aussi, je suis trahi par la France. Tout d’un coup, je ne suis plus un Français à part entière, je ne mérite pas d’être l’objet de la protection de mon pays. Pour moi et mes enfants, il n’y aura pas de navires pour nous sauver des bombes du Hezbollah.

 

À de nombreuses reprises par le passé, par des prises de positions iniques des divers gouvernements de la France, dictées par une politique arabe sans morale, j’ai eu à avoir honte d’être français. Et puisque nous en sommes à l’heure des commémorations, l’attitude de la France lors de la libération des otages d’Entebbe, dont nous célébrons le trentième anniversaire, a été l’un de ces épisodes indignes.

 

Aujourd’hui, je découvre que ce droit à la honte m’est définitivement retiré, puisque je suis devenu désormais un sous-citoyen qui ne mérite pas les mêmes moyens de protections que les autres.

 

Monsieur le Président, à quoi servent les commémorations si elles ne sont pas l’occasion de réflexion sur le présent et le futur ? A quoi bon rappeler comme une tache le souvenir des forfaitures passées de la France si celle-ci ne peut s’empêcher de renouveler ses comportements coupables. Comme mes parents abandonnés aux nazis, vous nous abandonnez aux bombes du Hezbollah.

 

L’attaque du Hezbollah ne répond à aucune provocation israélienne. Elle ne peut s’expliquer que par l’ouverture d’un front nord destiné à diminuer la pression exercée par Israël sur les organisations terroristes de Gaza, qui détiennent, souvenez-vous en, un ressortissant français.

 

A moins qu’elle ne soit téléguidée par l’Iran, pour détourner l’attention du G8. Ces deux raisons, qui ne s’excluent pas, s’ajoutent probablement à la volonté d’une part militante du monde arabo-musulman engagée dans une offensive destinée à islamiser le monde occidental.

 

Faire semblant d’ignorer cela pour ne retenir qu’une disproportion entre les réponses israéliennes aux attaques du Hezbollah, c’est choisir de refaire la forfaiture de Munich, c’est faire croire que la guerre déclarée par l’islam à l’Occident peut être arrêtée par des vœux pieux.

 

Mais il est vrai, Monsieur le Président, que ces récentes commémorations sont là pour nous rappeler que la France n’en est plus à une forfaiture près.

 

Denis ELKOUBI © Primo Europe

 

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