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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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les incohérences onusiennes : Analyse de Mati Ben-Avraham pour IsraelValley

EDITO:
Analyse Proche-Orient :
 les incohérences onusiennes
 
 
 
Après 11 jours d’affrontements dans le nord, trois leçons principales se dégagent sur le double plan militaire et diplomatique. Et d’une, dans une première phase, l’Etat-Major israélien a donné la préférence aux raids de l’aviation et aux frappes de l’artillerie à moyenne et longue portée.
 
jul23
 
Par Mati Ben-Avraham
 
Analyse de Mati Ben-Avraham pour IsraelValley
 
Ancien rédacteur en chef du service des informations en français de Kol Israël.
 
Ancien réalisateur – 1ère chaîne de télévision israélienne.
 
L’idée maîtresse est, d’une part, isoler les positions du Hezbollah au sud-Liban en les coupant de leurs sources d’approvisionnement en armes et roquettes situées au nord du Litani et, d’autre part, empêcher tout renouvellement des stocks de l’organisation par la Syrie et l’Iran, d’où les bombardements de l’aéroport international de Beyrouth et de l’axe routier Damas-Beyrouth. La deuxième phase, complémentaire, a été engagée dans la nuit de vendredi à samedi. Elle consiste en des opérations de ratissages, opérées par des unités terrestres d’élite, appuyées par des tanks et des hélicoptères, destinées à rendre inopérable le réseau de bunkers et de fortins édifié par le Hezbollah depuis mai 2000, date du retrait israélien. Une tâche rendue difficile par la nature du terrain, type maquis provençal ou corse.
 
Et de deux, il s’avère que, en six ans, le Hezbollah s’est doté d’une infrastructure militaire à l’échelon d’un Etat(voir encadré), couvrant le centre et le sud du Liban. Et en plus des différentes types de roquettes, des RPG, des fusils d’assaut, armes de poings, grenades et j’en passe, le Hezbollah dispose de camps d’entraînement, de dépôts d’armes, d’un réseau de bunkers enterrés à parfois plus de 40 mètres, d’un système de télécommunication sophistiqué, doublé d’un langage codé ( ainsi, quand le porte-parole du Hezbollah déclare, par exemple, aux médias : “le cheikh Nasrallah va bien” cela peut signifier : feu vert pour une salve de roquettes…
Aussi, la question qui se pose est la suivante : le Hezbollah a-t-il pu se renforcer de la sorte au nez et à la barde des autorités libanaises? Et des services de renseignements occidentaux et autres? A ce jeu de cache-cache, Israël partait avec un gros handicap. Le retrait du sud-Liban a également marqué la fin du renseignement de proximité. Et qui n’a pas été compensé par le survol du territoire libanais, de temps à autre, par un avion-espion.
 
Et de trois, le ballet diplomatique qui s’esquisse met, une fois de plus, en lumière les divergences d’approche entre les Etats-Unis, une partie des pays européens et le secrétaire général de l’ONU. Pour le gouvernement israélien, les choses sont simples. Depuis mai 2000 et le tracé de la frontière – par les experts de l’ONU – qui s’en est suivi, il n’y a plus de conflit territorial entre les deux pays. Et plus d’obstacle à la signature d’un accord de pays, si n’était le Hezbollah, télécommandé par l’Iran et la Syrie.
 
Depuis ce retrait, le mouvement chi’ite a multiplié les incidents de frontière. Israël a réagi au coup par coup, observant une retenue certaine. En septembre 2004, la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU est venue mettre fin à ces provocations en enjoignant au gouvernement de désarmer ce mouvement et de rétablir sa souveraineté au sud-Liban en y déployant son armée. Israël demande donc l’application de cette résolution – ainsi que la libération de ses deux soldats – pour mettre fin aux hostilités.
 
Une position soutenue par Washington qui estime que le mal doit être traité à sa racine, à savoir que le Hezbollah étant le fauteur de trouble, un cessez-le-feu ne peut intervenir que si cette organisation se plie aux conditions édictées par Israël et soutenues par une bonne partie de la communauté internationale.
 
Agir autrement, a déclaré la secrétaire d’Etat américaine, c’est donner une prime à l’agresseur et préparer le terrain pour d’autres confrontations. Côté européen, mais pas tous, on ne l’entend pas de cette oreille. Samedi, le chef de la diplomatie française, Mr Douste-Blazy, a appelé à un cessez-le-feu immédiat, sans conditions préalables. Il a peu de chances d’être entendu.
 
Reste l’ONU. Kofi Annan a proposé, jeudi, un plan de paix refusé immédiatement par le Hezbollah(voir encadré). Ce plan, s’il comporte des éléments qui vont dans le bon sens, marque cependant un recul dans la mesure où, primo, il met agresseur et agressé sur un même plan et, secundo, il remet en question le tracé de la frontière internationale, établi par les propres services de l’ONU. Commentaire à Jérusalem : une marche arrière dont la logique échappe à l’entendement.
 
 
•        L’arsenal du Hezbollah
 
Selon l’hebdomadaire britannique ” Jane’s Defence Weekly”, le Hezbollah dispose de 10000 à 15000 missiles et roquettes, livrés par le Syrie et l’Iran. Les différents modèles : les Fajr-3, Fajr-4 et Fajr-5, de fabrication iranienne, avec des rayons d’action de 15 à 75 km, ainsi qu’une centaine de Zelsal-1, d’une portée de 150 km. Haïfa, Tel Aviv et Jérusalem sont donc sous la menace.
 
 
•        La résolution 1559
 
Elle a été adoptée le 2 septembre 2004 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elaboré par la France et les Etats-Unis, la résolution prône” l’extension du contrôle exercé par le gouvernement libanais à l’ensemble du territoire. Elle exige également le retrait total des “troupes étrangères ainsi que le démantèlement de toutes les milices”. Soit donc le départ des troupes syriennes et le désarmement du hezbollah. (et, au passage, des organisations palestiniennes). La Syrie n’a obtempéré, sous la pression internationale, qu’en avril 2005, à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février de la même année.
 
 
•        Le plan de paix de Kofi Annan
 
Les principaux points : arrêt immédiat des hostilités arrêt de la part du Hezbollah des tirs visant la population civile israélienne et, de la part d’Israël, de faire un usage disproportionnée de la force et d’infliger une punition collective au peuple libanais.
 
Libération le plus tôt possible des deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah et accès immédiat de la Croix-Rouge à ces prisonniers.
 
Efforts diplomatiques pour la mise en place d’un cadre politique pouvant intervenir dès la fin des hostilités.
 
Déploiement d’une force de paix le long de la “ligne” bleue” qui sert de frontière entre le Liban et Israël.
 
Mise en œuvre par le gouvernement libanais des résolutions de l’ONU portant sur le démantèlement des toutes les milices dont le Hezbollah et le rétablissement de sa souveraineté.
 
Tenue d’une conférence internationale pour fixer un calendrier précis pour la mise en œuvre de ces résolutions. Cette conférence devra également déterminer les frontières internationales du Liban et apporter une solution sur les zones disputées et notamment sur les fermes de Chebaa. (zones contestées par le seul hezbollah. MBA).
 
La mise en place d’un cadre pour les donateurs afin de garantir la collecte des ressources indispensables à la reconstruction du Liban.
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