|
L'armée de l'Air israélienne a pilonné dimanche, avant l'aube, un immeuble du village de Cana, près d’El Khiam, dans le secteur oriental du Liban. Le bâtiment de trois étages, touché de plein fouet, s'est effondré. Selon des sources libanaises, quelque 51 personnes, dont au moins 20 enfants, qui se trouvaient dans un abri situé sous l'immeuble, ont trouvé la mort dans cette attaque.
Le bilan devrait s'alourdir, 63 personnes se trouvant dans l'abri lors du bombardement selon un survivant, et des dizaines de bâtiments ayant été détruits lors du pilonnage opéré pendant deux heures dimanche avant l'aube.
Un haut responsable de l'armée de l'Air israélienne a confié dimanche matin à Arouts 7 en hébreu qu'Israël attaquait Cana depuis trois jours, parce que les terroristes du Hezbollah tiraient des dizaines de roquettes Katiouchas depuis les bâtiments du village libanais contre les régions de Kiryat Shmona, d'Afoula et des communautés du nord. Des terroristes, qui venaient de tirer des roquettes, étaient entrés dans le bâtiment avant le raid de Tsahal.
Il a ajouté que les terroristes se cachaient dans les maisons du village. "Nous savons que ce village, et bien d'autres, ne contiennent plus de civils. Nous ne bombardons pas des villages comme ça. Nous avons averti hier et ce matin les habitants de quitter les lieux, car nous avions l'intention de bombarder les régions abritant des aires de lancement de roquettes Katiouchas," a-t-il précisé, "Cana est un symbole, il est saturé de ces aires. Hier même, les terroristes ont tiré quelque 10 roquettes depuis ce village. Hier, nous avons trouvé sur les lieux 10 rampes de lancement de roquettes. "
Le porte-parole de Tsahal a indiqué dimanche dans un communiqué :
"Tsahal a effectué un raid aérien ce matin sur des aires de lancements au sud-est de la ville de Tyr, aires depuis lesquelles des roquettes ont été tirées contre Naharya et la Galilée.
L'ensemble [des habitants] des villages du secteur, dont Cana, ont été avertis à l'avance de ne pas rester dans les régions à partir desquelles sont tirées des roquettes.
Il convient de rappeler que, suite aux tirs de roquettes contre l'Etat d'Israël, 18 civils ont été tués et des centaines blessés.
Lorsque des civils libanais sont touchés dans ces aires, la responsabilité en incombe à l'organisation terroriste "Hezbollah", qui utilise les civils comme boucliers humains, et au gouvernement libanais, qui ne fait rien pour empêcher cela."
Le Premier ministre, Ehoud Olmert, a lui aussi déclaré dimanche matin devant le Conseil des ministres que le Hezbollah avait tiré des roquettes contre Kyriat Shmona et Afoula depuis Cana. Il a ajouté que l'armée avait averti les résidents du village de quitter les lieux, précisant qu'à la différence de la politique du Hezbollah, Israël ne cherchait pas à nuire délibérément aux civils.
Le ministre de l'Industrie, du Commerce et du Travail Eliyahou Yishaï (Shass) a indiqué dimanche que la mort de civils dans un bombardement israélien sur Cana ne devait pas empêcher Israël de poursuivre son objectif militaire au sud Liban, étant donné que l'Etat juif, contrairement aux terroristes du Hezbollah, prenait la peine d'avertir les civils.
«Ici, les gens quittent leurs maisons, mais au Liban le Hezbollah empêche les habitants de le faire,» a-t-il ajouté.
Le président français Jacques Chirac "a pris connaissance avec consternation de l'acte de violence qui a coûté la vie à de nombreuses victimes innocentes, notamment des femmes et des enfants à Cana cette nuit", a annoncé l'Elysée dans un communiqué. "La France condamne cette action injustifiable qui montre plus que jamais la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu immédiat sans lequel d'autres drames ne peuvent que se répéter", précise le communiqué.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a qualifé le bombardement de Cana d'"effroyable" et de "tragédie pour les familles et le peuple libanais."
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a déclaré que les conditions qu'il avait fixées pour l'échange des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah "avaient changé" après le bombardement israélien du village de Cana.
Des centaines de Libanais ont violemment manifesté devant les locaux de l'Onu à Beyrouth pour protester contre le "massacre" de Cana. Les forces de l'ordre libanaises les ont dispersé. A 16:00 dimanche, une autre manifestation est prévue en face de l'ambassade américaine à Beyrouth.
| |