Mati Ben-Avraham :
Des critiques se font entendre quant à la conduite des opérations. L’équation est simple : selon les données fournies par le ministère de la Défense au quatorzième jour des hostilités, l’aviation israéliennes a opéré 4200 raids tandis que 2500 roquettes se sont abattues sur la Galilée. Et ce n’est pas fini. Le public a du mal à se faire à cette idée : comment l’armée la plus puissante de la région piétine face à une milice!
Mikhael Bar-Zohar :
Je crois que cette situation est due à une confiance excessive de nos dirigeants. Il suffit de se rappeler leurs discours lénifiants d’il y a quinze jours pour en être convaincu.
Je demeure convaincu que l’on ne peut faire les choses à moitié. D’aucuns étaient convaincus – certains le sont encore – que l’on peut gagner une guerre de cette sorte avec les seules frappes aériennes.
Ce n’est plus évident. Par ailleurs, accompagner ces frappes par des incursions ponctuelles sur le terrain correspond à se laisser prendre au jeu de l’adversaire, c’est-à-dire se livrer à une guérilla. Je comprends que le souci des responsables militaires et politiques, est d’éviter les pertes humaines du côté de l’armée. Là aussi, le résultat n’est pas évident. Les Katiouchas continuent à pleuvoir.
De deux choses l’une : ou l’on attaque avec tous les moyens dont disposent une armée régulière, supérieurement entraînée, formidablement outillée, en acceptant le risque d’y laisser des morts, ou on avance prudemment, comme à Bint Djebeil, mais en prenant le risque de piétiner et , du coup, avoir des morts et des blessés dans nos rangs. Je crois, même redevenu Monsieur tout le monde et ne plus avoir accès aux informations sensibles, que les opérations en cours n’ont pas été mûrement réfléchies, que tous les paramètres n’ont pas été pris en compte ou que certains ont été écartés d’emblée.
Un changement de cap s’impose. Mais, je peux me tromper.