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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Reconstitution dans le calme du meurtre à l'origine des émeutes de Perpignan

 

PERPIGNAN (AFP) - Reconstitution dans le calme du meurtre à l'origine des émeutes de Perpignan

Une reconstitution du meurtre de Mohamed Bey-Bachir, un Franco-algérien de 28 ans battu à mort par plusieurs gitans à Perpignan le 22 mai 2005, qui avait déclenché une semaine d'incidents et d'émeutes, s'est déroulée lundi matin pendant plus de cinq heures.

"Elle a eu lieu dans le calme, a été fructueuse et a permis de progresser", a indiqué dans l'après-midi M. Jean-Pierre Dreno, procureur de la République.

Dès l'aube, le quartier médiéval de Saint Jacques, où s'est déroulé le drame, avait été bouclé par les forces de l'ordre, 170 hommes au total, "pour que la reconstitution se déroule dans la sérénité et pour prévenir tout nouvel incident" a précisé M. Henri Castets, directeur départemental de Sécurité publique.

C'est dans ce quartier vétuste que cohabitent, dans des conditions misérables, gitans et maghrébins qui, depuis, tentent d'effacer leurs ressentiments croisés. Des discussions de rue plus qu'animées entre des membres des deux populations en témoignaient encore lundi.

Les neuf gitans impliqués sont arrivés peu avant 07H00, escortés par des membres du GIPN. A plus de cent mètres du public et des journalistes, tenus à distance, les prévenus, les avocats et les magistrats ont parcouru les quelques 60 mètres séparant le lieu d'une première rixe du café "Chez Aziz", où le jeune homme a été bastonné à mort.

Tout a commencé par une altercation de la victime avec un jeune gitan mineur qui volait l'auto-radio d'une voiture en stationnement. Celui-ci a alors appelé quelques-uns de ses "cousins" qui ont entouré Bey-Bachir. Se sentant menacé, celui-ci a sorti un canif avec lequel il a blessé l'un de ses agresseurs. Après une course poursuite il a été massacré à coups de barre de fer, au fond du café où il s'était réfugié.

Neuf personnes avaient été rapidement mises en examen, huit -dont un mineur- pour "meurtre bande organisée", et le mineur à l'origine du drame pour "tentative de vol avec dégradation". Cinq d'entre eux restent en détention préventive, trois sont sous contrôle judiciaire. Le mineur à l'origine des faits "a été placé dans une institution spécialisée" a précisé le procureur.

Parquet, défense et partie civile se sont félicités de la tenue d'une "reconstitution indispensable à la manifestation de la vérité", prévue en décembre, et retardée pour des raisons d'ordre public. Selon M. Castets, "l'heure très matinale, et la période des vacances ont été choisies pour éviter tout incident".

Avocats de la défense et de la partie civile ont exposé leurs divergences face à la presse.

Jean-Marie Bourland, avocat des deux principaux accusés Aldo et Giovanni Cargol, voit des contradictions entre les faits et les conclusions du médecin légiste, "prouvant que l'affaire est très complexe, qu'il y avait 10 personnes dans le café et 30 à l'extérieur, alors que la justice n'a retenu que trois ou quatre acteurs principaux".

Pour la famille de la victime, Me Georges Catala a estimé "que le meurtre était l'expression d'une immense lâcheté où un groupe d'homme a fracassé la tête et le coeur d'un jeune homme. La lâcheté continue, c'est le principe de la savonnette, ils disent tous ce n'est pas moi, c'est mon cousin", a-t-il conclu.

L'assassinat, le 29 mai 2005, d'un deuxième homme, Driss Ghaib, un Franco-marocain de 43 ans abattu de cinq balles sur le seuil de son domicile, avait déclenché une nuit d'émeutes à Perpignan. Son meurtre reste à ce jour sans explication

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© copyright la-Croix

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