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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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BERLIN (AFP) - L'intellectuel de gauche Günter Grass enrolé dans les Waffen SS

 

L'intellectuel de gauche Günter Grass enrolé dans les Waffen SS

BERLIN (AFP)


Le prix Nobel de littérature Günter Grass, l'une des grandes figures intellectuelles allemandes engagées à gauche, révèle au crépuscule de sa vie avoir été enrolé à l'âge de 17 ans dans la Waffen SS, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

A 78 ans, l'écrivain allemand contemporain le plus connu à l'étranger choisit de briser son silence dans son autobiographie à paraître en septembre ("Beim Häuten der Zwiebel", "En épluchant les oignons") et dans un long entretien accordé samedi au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Plus de soixante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, l'auteur du "Tambour" (1959) dévoile avoir été membre de la terrible unité d'élite du régime nazi alors que jusqu'ici, il affirmait seulement avoir fait partie de la défense anti-aérienne, la flak (dca), en 1944 avant d'être fait prisonnier par les Américains jusqu'en 1946.

"Je voulais encore une fois tirer les choses au clair sur tout ce qui s'est passé autrefois et principalement sur des choses me concernant", explique cet humaniste moustachu aux lunettes rondes. "Cela devait enfin sortir".

Un aveu jugé tardif par certains écrivains ou historiens allemands et qui marque, selon son biographe Michael Jürgs, la "fin d'une instance morale".

Né en 1927 à Dantzig, devenue Gdansk dans l'actuelle Pologne, de parents commerçants, Günter Grass confie s'être porté volontaire à l'âge de quinze ans "dans la marine mais pas dans les Waffen SS", un moyen d'échapper à l'étouffant cocon familial. Avec du recul, il conçoit que c'était "tout aussi fou".

La marine ne recrutant plus, il reçoit comme la plupart des autres jeunes de sa génération, un ordre de mobilisation et est réquisitionné par l'unité d'élite du régime nazi pour intégrer la division "Frundsberg".

En toute franchise, l'écrivain dont l'oeuvre tourne autour de la patrie, l'histoire de l'Allemagne et de la responsabilité, se souvient qu'à l'époque, "les Waffen SS n'avaient d'abord rien de répulsifs" pour lui. Ce n'est que plus tard qu'il ressentira un "sentiment de culpabilité lourd de honte".

"Idiot que j'étais, j'ai pensé que les Allemands ne font pas des choses pareilles et j'ai tout pris pour de la propagande" jusqu'au procès de Nuremberg, affirme Günter Grass qui assure n'avoir jamais tiré durant sa période chez les Waffen SS.

Il dit même n'avoir réalisé la signification symbolique des initiales SS et de la peur qu'elles véhiculaient qu'une fois sa division complètement vaincue. Un des ses supérieurs lui avait alors ordonné de changer d'uniforme.

Autre anecdote surprenante : au camp de prisonniers de guerre de Bad Aibling en Bavière, là où était également détenu Joseph Ratzinger, l'actuel pape Benoît XVI, il évoque son amitié avec un prénommé Joseph "très catholique", leurs parties de dés et leurs spéculations sur l'avenir.

"Je voulais devenir artiste et lui voulait faire carrière dans l'Eglise", se rappelle l'ancien étudiant d'arts plastiques à Düsseldorf et Berlin. "Je le trouvais un peu coincé mais c'était un type sympa".

Günter Grass a presque douze ans quand la guerre éclate et c'est cette période-là qu'il choisit pour commencer son autobiographie, dans laquelle il dépeint, outre son expérience de la guerre, son enfance à Gdansk et ses débuts en tant qu'artiste d'Après-Guerre engagé à gauche.

Grand ami de l'ancien chancelier social-démocrate Willy Brandt, Günter Grass a exprimé sa sympathie pour le parti SPD dès les années 1960 avant d'en devenir membre en 1982. Multipliant ses attaques acerbes contre la politique allemande du droit d'asile et l'extrémisme de droite, il a également livré une critique sans merci de la Réunification allemande dans "Toute une histoire".

En 1999, il s'est vu décerner le Prix Nobel de littérature.

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