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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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BEYROUTH (AFP) - La cessation des hostilités est entrée en vigueur au Liban

 

 

BEYROUTH (AFP)

La cessation des hostilités est entrée en vigueur au Liban


 

L'accord de cessation des hostilités entre Israël et la milice chiite du Hezbollah est officiellement entré en vigueur lundi à 08h00 (05h00 GMT), après un mois d'une guerre meurtrière au Liban.

Israël avait continué dans la nuit à bombarder les régions de Khiam et de Tyr, dans le sud du Liban, et la plaine de la Békaa, dans l'est. Ses avions ont largué des tracts sur Beyrouth et le Liban sud menaçant de nouvelles attaques "si les opérations terroristes se poursuivent".

A Tyr, le silence s'est fait lundi matin après des jours de bombardements aériens et d'artillerie.

Avant l'entrée en vigueur de l'accord, Israël s'était engagé pendant deux jours dans une course contre la montre pour "nettoyer" le Liban sud du Hezbollah.

Une vaste offensive terrestre, menée avec 30.000 soldats, s'est heurtée à la résistance des miliciens chiites qui ont infligé samedi et dimanche à Israël ses plus lourdes pertes militaires depuis le début de la guerre le 12 juillet, avec 29 soldats tués en deux jours.

Israël avait aussi intensifié dimanche ses bombardements à travers le Liban, notamment dans la soirée sur la banlieue sud de Beyrouth où 15 personnes ont été tuées.

L'arrêt des combats est la première étape de l'application de la résolution 1701 votée vendredi par le Conseil de sécurité de l'Onu et entérinée samedi par le Liban, puis dimanche par le cabinet israélien.

Cette résolution, fruit d'un difficile compromis négocié par la France et les Etats-Unis, prévoit une simple cessation des hostilités, et non un véritable cessez-le-feu. Elle appelle le Hezbollah à cesser immédiatement toutes ses attaques, et Israël à cesser immédiatement toutes ses opérations militaires offensives.

 

Le texte prévoit que le Liban et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont les effectifs passeront de 2.000 à 15.000 hommes, avec un mandat renforcé, déploient leurs forces ensemble à travers le sud du Liban, et qu'Israël retire parallèlement ses troupes de cette région.

La résolution autorise aussi la Finul à "prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées" pour empêcher toutes "activités hostiles".

En annonçant dimanche que son offensive cesserait lundi à 05h00 GMT, Israël avait prévenu qu'il conservait son droit à l'auto-défense.

Des source militaires ont également annoncé lundi qu'Israël maintiendra son blocus aérien et maritime au Liban jusqu'à la mise en place d'un mécanisme de contrôle de la contrebande d'armes.

Deux heures avant l'entrée en vigueur de l'arrêt des hostilités, des appareils israéliens ont largué des tracts sur Beyrouth et le Liban sud menaçant les Libanais de nouvelles attaques "si les opérations terroristes se poursuivent".

"Libanais, le Hezbollah qui sert les intérêts de ses maîtres iraniens et syriens vous a apporté la mort et la destruction. Etes-vous prêts à payer ce prix une seconde fois ? Sachez que l'armée de défense d'Israël reviendra à la charge et agira avec la force nécessaire en cas de nouveaux actes terroristes à partir du Liban. Signé l'Etat d'Israël".

L'arrêt des combats entre l'Etat hébreu et la milice chiite a été négocié par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan avec les dirigeants d'Israël et du Liban, dans la foulée du vote au Conseil de sécurité.

Le Hezbollah, qui n'est pas partie prenante dans la résolution, s'était rallié à la position libanaise et s'était engagé "à ne pas faire obstacle aux décisions du gouvernement".

Mais dimanche, le gouvernement libanais avait ajourné une réunion extraordinaire qui devait être consacrée notamment au désarmement du Hezbollah, refusé par la milice chiite selon un ministre. Or la résolution de l'Onu prévoit explicitement ce désarmement.

Dans l'intervalle, Israël avait engagé samedi 30.000 soldats dans une vaste offensive dans le sud du Liban, pour tenter de gagner du terrain sur les combattants du Hezbollah qui contrôlaient cette région depuis six ans.

Dimanche, des combats acharnés ont fait rage sur plusieurs fronts dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont heurtées à la résistance du Hezbollah dans leurs efforts pour progresser jusqu'au fleuve Litani, qui coule à une distance variant entre 5 à 30 kilomètres de la frontière et constituait l'objectif de l'offensive.

Israël, qui en un mois de guerre n'a jamais réussi à mettre en déroute la milice chiite, avait annoncé vouloir "nettoyer" le Liban sud du Hezbollah, qui en un mois a tiré 4.000 roquettes sur le nord d'Israël.

La résolution 1701 devra maintenant être mise en oeuvre sous les auspices de l'Onu, malgré certains points pouvant être sujets à interprétation et des réticences libanaises sur la capacité laissée à Israël de mener des opérations non-offensives.

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a réclamé dimanche un "déploiement immédiat" de l'armée libanaise dans le sud du Liban, afin de s'assurer que le Hezbollah ne puisse pas reprendre position dans cette région, dont il a fait son fief après le retrait israélien de mai 2000.

 

Mme Livni a également affirmé que le Hezbollah devait être démantelé. "Il est clair que la résolution 1701 vise au démantèlement du Hezbollah et pas seulement à son désarmement", a-t-elle souligné.

Organisation armée pouvant mobiliser plusieurs milliers d'hommes, le Hezbollah est aussi un parti politique représenté au gouvernement et son chef, Hassan Nasrallah, s'est ces derniers jours rangé aux propositions libanaises en vue d'un règlement du conflit.

Hassan Nasrallah avait qualifié samedi "d'injuste" la résolution de l'Onu, mais s'était "engagé" "à cesser tout acte d'hostilité" une fois l'accord sur un arrêt des combats entré en vigueur. Il n'avait en revanche pas fait mention d'un désarmement du Hezbollah.

La guerre a fait près de 1.200 morts et 3.700 blessés au Liban, déplacé plus de 900.000 personnes, le quart de sa population, et infligé d'énormes destructions, évaluées à 6 milliards de dollars.

En Israël, entre 300.000 et 500.000 personnes ont été déplacées depuis le nord du pays, une quarantaine de civils ont été tués, et une centaine de soldats sont morts en action.

 

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