Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
NEW YORK (AFP) -
Finul élargie:
l'Onu voit une force "musclée"
mais pas "offensive"
L'Onu voit la future Finul élargie au Liban comme "une force musclée et bien équipée" mais non "offensive" et espère un engagement rapide des Etats membres pour lui fournir des troupes.
"Ce sera une force musclée, bien équipée et autorisée à agir de la façon nécessaire dans ses tâches essentielles", a déclaré le secrétaire général adjoint, Mark Malloch Brown, à l'ouverture d'une réunion de pays contributeurs potentiels de troupes.
L'Onu propose des règles d'engagement "prévoyant l'usage de la force pour empêcher que la future zone de déploiement de la Finul soit utilisée à des fins hostiles (...) et pour aider le gouvernement libanais à sécuriser ses frontières et autres points d'entrée", a ajouté le numéro deux de l'Onu au cours d'une réunion rassemblant les représentants de 49 pays.
"Musclée donc mais pas offensive", a-t-il toutefois souligné. "La Finul sera là pour maintenir la paix tandis qu'une solution politique à long terme est mise en place". Car la clé de la résolution de ce conflit "n'est pas militaire mais politique", a-t-il dit.
M. Malloch Brown a souligné l'importance du facteur temps. "Nous devons agir avec un grand sens de l'urgence" car si la cessation des hostilités obtenue par la résolution 1701 du Conseil de sécurité "continue de tenir, la situation sur le terrain est fragile".
Promettant aux 49 pays participants les réponses aux questions qu'ils se posent sur les termes d'engagement de la future Finul, il leur a dit qu'il espérait en retour leurs réponses, "sinon aujourd'hui, du moins dans les quelques jours à venir". "Que pouvez-vous offrir et quand?", a-t-il demandé.
Il a estimé que "la légitimité de la future force dépendra d'une composition vraiment multilatérale". L'Onu, a-t-il précisé, souhaite avoir à la fois un noyau de gros contributeurs, tandis que d'autres fourniraient des apports plus modestes mais correspondant à des besoins spécifiques.
"Nous devons convertir les promesses en engagements fermes et les engagements en déploiements rapides sur le terrain. Chaque jour qui passe sans décision peut voir une reprise des combats", a-t-il averti.
Dans cette présentation, M. Malloch Brown n'a nommé aucun pays. La France, dont la participation est très attendue, s'est contentée jeudi, par la voix du président Jacques Chirac, d'annoncer l'envoi de 200 militaires pour muscler en urgence la force, loin des espoirs de l'Onu. Paris a réclamé des garanties pour la sécurité de ses soldats avant l'envoi éventuel de troupes supplémentaires.
A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a exclu une participation à un engagement de troupes terrestres dans le cadre de la Finul renforcée. L'Allemagne propose en revanche d'envoyer une "composante de protection maritime" en faisant contribuer sa marine au futur dispositif. Elle envisage aussi de mettre à disposition des forces pour la logistique, le transport par air et la reconnaissance.
La ministre française de la défense, Michèle Alliot-Marie, avait indiqué mercredi que la France était prête à assurer le commandement de la Finul élargie jusqu'en février, tout en mettant en garde contre une mission "floue" de cette force qui risquerait d'entraîner une "catastrophe".
Depuis qu'une trêve fragile s'est instaurée au Liban sud après un mois de durs combats entre Israël et la milice chiite libanaise Hezbollah, Paris a marqué son intention d'assumer ses responsabilités, mais a aussi multiplié les signaux de prudence, craignant de payer son engagement au prix du sang.
La résolution 1701 prévoit le déploiement au Liban sud d'une Finul renforcée de 15.000 hommes (contre 2.000 actuellement), en appui de 15.000 soldats de l'armée libanaise promis par Beyrouth, parallèlement au retrait progressif de l'armée israélienne.