| Affaire Redeker : le droit d'expression à l’épreuve de l'intimidation islamiste Jean-Pierre Bensimon le 28 septembre 2006 On en sait plus désormais sur les menaces qui pèsent sur le professeur de philosophie, Robert Redeker, coupable d’avoir exercé en France la liberté d’expression, une liberté constitutionnelle, en critiquant l’Islam et son Prophète. S’il a dû quitter son enseignement et son domicile, c’est que les menaces de mort qui lui avaient été adressées dès la parution de son article n’étaient pas des « paroles verbales ». Dans un courriel à André Glucksman, Robert Redeker révèle que l’on trouve sur les sites le condamnant à mort sa photo, celle des lieux où il enseigne, le plan d’accès à son domicile, et last but not least, l’acte de sa condamnation à être exécuté. Les réseaux islamistes ne se contentent donc pas de prêches confidentiels dans les profondeurs de telle ou telle mosquée. Il y a des cellules opérationnelles qui sont en mesure de mener en quelques jours une enquête complète, de prendre des photos, de relever des numéros de téléphone, de donner des plan d’accès, etc. La condition de celui qui est coupable d’avoir exercé sa liberté constitutionnelle d’expression, philosophe de surcroît dont le métier est la critique et le questionnement, devient alors terrible. Le voila, sommé de quitter son domicile, contraint de quémander ci et là une ou deux nuits pour dormir, tenu de vendre sa maison, de déménager, etc., tous les frais restant à sa charge… Si ce n’était que cela… Une série de dépêches de l’AFP viennent ajouter au tragique de la victime pourchassée au cœur même de son pays par des tueurs fanatiques, les salissures de la fameuse institution de presse, para étatique et para officielle. Que nous dit l’une de ces dépêches intitulée « Un prof de philo menacé de mort après avoir publié une tribune sur l'islam » datée du 28 septembre à 15 h 51 (celle de 21 h 04, sur le même modèle, est signée Alexandra Lesieur) · que M. Redeker a publié une tribune « virulente » sur l’Islam ; · que son ministre, Gil de Robien, estime qu’un fonctionnaire « doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances » ; · que M. Redeker est connu pour ses prises de positions polémiques au sein du corps enseignant ; · que M. Redeker est d'ailleurs loin de faire l'unanimité dans son lycée; · que M. Redeker aimait attirer l'attention sur lui selon un de ses collègues: · que ses propos agaçaient souvent lesdits collègues; · qui ceux-ci n'ont pas apprécié la mention du lycée dans l'article du Figaro ; · que les lycéens sont rassurés, puisque le professeur a été remplacé ; · qu’une élève estime que « C'est normal qu'il y ait des gens qui se révoltent, il a dit des choses qui étaient fausses par rapport au Coran.. » Voila donc que, sous la plume des officiants para étatiques de l’AFP, par petites touches, de biais, Robert Redeker, la victime, passe progressivement au statut du coupable, avant d’être traîné dans la boue avec le pire jésuitisme. Le philosophe qui a critiqué l’Islam et son prophète est un homme qui fait preuve de « virulence » ; ensuite il est désavoué par son ministre qui l’accuse d’imprudence. Voltaire, M. de Robien, Voltaire ! Entrent en scène les « collègues » qui, « agacés », l’accusent d’attirer l’attention sur lui, et d’avoir donné le nom de l’établissement. Et puis les élèves : ils se lavent les mains de leur professeur de philo puisqu’ils sont « rassurés » dans la mesure où il est remplacé. Cerise sur le gâteau : une élève encore, une certaine Chloé, justifie la condamnation à mort de son prof qui devient « une révolte normale » contre celui qui a dit « des choses fausses par rapport au Coran ». La mort pour avoir dit des choses fausses, voila l'horizon d'une lycéenne qui fait de la philo en 2006 ! L’AFP a fait son œuvre, avec ces mêmes techniques qui ont si bien marché pour diffamer Israël, ou pour faire peser sur les États-Unis la responsabilité du 11 septembre. Le coupable, c’est la victime, dès que d’une façon ou d’une autre l’Islam est en cause. L’affaire Redeker met aujourd’hui la démocratie française au pied du mur. - Va-t-on pourchasser les réseaux jihadistes qui condamnent à mort un professeur de philo français, ou bien condamner le professeur pour s’être exprimé ?
- Va-t-on aider et assister ce professeur en détresse et lui accorder toute la protection de la République, y compris la couverture de ses frais de survie ?
- Va-t-il y avoir un mouvement d’opinion pour le soutenir, ou bien l’indifférence prédominera-t-elle ?
- Les instances élues de l’Islam français, vont-elles s’indigner publiquement et sincèrement de cette chasse à l’homme, déclenchée par des gens qui agitent le Coran, ou bien faire silence ?
- Les intellectuels musulmans et les religieux vont-il témoigner de leur indignation, ou bien s’enfermer dans un silence confortable. "Le sang plait-il à Dieu" ?
Après le meurtre de Théo Van Gogh, la déprogrammation d'un opéra de Mozart en Allemagne, l'Europe et la République sont au défi, aujourd’hui, et la suite de l’affaire Robert Redeker, à qui vont toute notre solidarité et toute notre admiration, nous en dira beaucoup sur l’état de ses valeurs et sur sa capacité à faire échec à l’Islam conquérant sur son propre sol. Courriel de Robert Redeker à André Glucksman Cher André, Bonjour. Je suis maintenant dans une situation personnelle catastrophique. De nombreuses menaces de mort très précises m'ont été adressées, et j'ai été condamné à mort par des organisations de la mouvance al-qaïda. L'UCLAT et la DST s'en occupent, mais...je n'ai plus le droit de loger chez moi (sur les sites me condamnant à mort il y a un plan indiquant comment venir à ma maison pour me tuer, il y a ma photo, celle des lieux où je travaille, des numéros de téléphone, et l'acte de condamnation). Mais en même temps on ne me fournit pas d'endroit, je suis obligé de quêmander, deux soirs ici, deux soirs là...Je suis sous protection policière permanente. Je dois annuler toutes les conférences prévues. Et les autorités m'obligent à déménager. Je suis un SDF. Il en suit une situation financière démente, tous les frais sont à ma charge, y compris ceux eventuels d'un loyer d'un mois ou deux éloigné d'ici, de deux déménagements, de frais de notaire, etc...C'est bien triste. J'ai exercé un droit connstitutionnel, et j'en suis puni, sur le territoire même de la République. Cette affaire est aussi une attaque contre la souveraineté nationale: des lois étrangères, décidées par des fanatiques criminophiles, me punissent d'avoir exercé un droit constitutionnel français, et j'en subis, en France même, grand dommage. Amitiés Un prof de philo menacé de mort après avoir publié une tribune sur l'islam [ jeudi 28 septembre 2006, 15h51 - AFP ] http://info.aol.fr//article.jsp?id=16273820 Un professeur de philosophie, menacé de mort après la publication d'une tribune virulente sur l'islam dans Le Figaro, a été placé sous protection dans un endroit secret et n'assure plus ses cours depuis une semaine dans un lycée près de Toulouse. A 52 ans, Robert Redeker, professeur à Saint-Orens-de-Gameville (Haute-Garonne), n'en est pas à son premier article polémique dans la presse. Mais cette fois, il a reçu des "menaces de mort écrites, sous forme de mails" le jour même de la publication, le 19 septembre, et n'est pas réapparu dans l'établissement le lendemain, selon le proviseur Pierre Donnadieu. "A l'évidence, c'était relativement grave", a-t-il poursuivi. Le ministre de l'Éducation nationale Gilles de Robien, tout en se déclarant "solidaire" du professeur, jeudi sur RTL, a souligné qu'"un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances". La police n'a pas souhaité s'exprimer "pour des raisons de sécurité", mais selon La Dépêche du midi, ce père de famille serait protégé par la DST et placé "en lieu sûr". Interrogé par le journal, M. Redeker, qui ne regrette pas d'avoir écrit ce texte, a déclaré avoir éprouvé "de l'angoisse dans un premier temps car ces menaces sont précises et visent (sa) vie". "De la tristesse, ensuite, car ce qui m'est fait correspond tout à fait à ce que je dénonce dans mes écrits: l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique de l'Islam", a-t-il ajouté. Dans sa tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?", l'auteur qualifie notamment le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame". Dressant un parallèle avec la guerre froide, il considère que, "l'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental" et qu'il "est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine". A la suite de cette publication, l'édition du 19 septembre du Figaro a été interdite en Tunisie. Auteur de nombreux articles, notamment sur le révisionnisme et l'enseignement, et détenteur d'un site internet, M. Redeker est connu pour ses prises de positions polémiques au sein du corps enseignant. Il est d'ailleurs loin de faire l'unanimité au sein des 1.500 élèves et 200 membres du personnel de ce lycée, où il exerçait depuis cinq ans. "Il a abordé à plusieurs reprises la question de l'islam en France et aimait attirer l'attention sur lui", a souligné un enseignant, sous couvert d'anonymat, précisant que ses propos agaçaient souvent ses collègues, qui n'ont pas apprécié la mention du lycée dans l'article. Au lycée, élèves et professeurs ont été informés vendredi de la situation. "Le fait d'expliquer les choses, la passion est immédiatement retombée", a estimé le proviseur. Aujourd'hui, les lycéens se disent rassurés, le professeur a été remplacé, le plan vigipirate renforcé et les courriers adressés à M. Redeker filtrés. "C'est normal qu'il y ait des gens qui se révoltent, il a dit des choses qui étaient fausses par rapport au Coran (...). On a eu peur des représailles", a estimé Chloé, une des élèves du professeur. Afin d'assurer "le lien pédagogique", le proviseur est régulièrement en contact avec Robert Redeker. "Ce remplacement durera autant que nécessaire", a ajouté M. Donnadieu, qui a rappelé à l'équipe enseignante les principes de la laïcité. © 2006 AFP |