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Meurtre d'Ilan : Fofana refuse de se défendre DELPHINE CHAYET ET CYRILLE LOUIS. Audrey L., 24 ans, vient de retrouver la liberté D. Ch. et C. L..
Publié le 31 octobre 2006
URL: http://www.lefigaro.fr/france/20061031.FIG000000084_meurtre_d_ilan_fofana_refuse_de_se_defendre.html
Youssouf Fofona,le cerveau du gang des barbares, lors de son extradition de Côte d'Ivoire, le 4 mars 2005.
(Le Figaro)
En huit mois, l'assassin présumé d'Ilan Halimi a changé d'avocats une dizaine de fois. Intéressé par sa seule célébrité, il refuse désormais d'évoquer l'affaire.
L'enquête sur l'assassinat d'Ilan Halimi, qui se poursuit discrètement, s'est enrichie fin août du placement en détention d'une jeune femme et d'un homme soupçonné d'avoir servi de chauffeur à Youssouf Fofana. Au total, 29 personnes sont désormais mises en examen dans ce dossier - dont 19 se trouvent actuellement en détention provisoire. Par ailleurs, le MRAP vient d'être autorisé à se constituer partie civile.
« QUE je m'exprime ou pas ça revient au même. Qu'est-ce que j'ai à gagner à répondre à vos questions ? » Ce 5 avril 2006 au matin, Youssouf Fofana coupe court à l'interrogatoire entamé, une heure et demi plus tôt, dans le cabinet du juge d'instruction Corinne Goetzmann. Depuis ce jour, l'assassin présumé du jeune Ilan Halimi se mure dans le silence, au grand dam de ses avocats.
En huit mois, l'ancien chef de bande a ainsi épuisé une dizaine de pénalistes. Il a aussi contraint l'administration pénitentiaire à le transférer de Rouen à Lille, le 19 septembre dernier. « Depuis son extradition de Côte-d'Ivoire, Fofana se dit persuadé qu'il va prendre le maximum, confie un avocat parisien, qui vient de jeter l'éponge. Du coup, il refuse tout simplement de se défendre. » Ombrageux, le détenu n'hésite pas à congédier tel avocat ou à courtiser tel autre dont il a lu les exploits dans la presse. « Il m'a contacté au printemps mais lorsque je suis allé le voir en maison d'arrêt, j'ai eu le sentiment qu'il était simplement à la recherche d'un scribe pour écrire ses mémoires », raconte ce pénaliste qui n'a pas donné suite. A cet autre, Fofana n'hésitait pas à écrire, en juin : « Je me permets de vous écrire ce courrier pour vous dire que vous avez assez fait le con »...
Revenu sur ses aveux
Manifestement insatisfait de ses conditions de détention, l'assassin présumé s'est, au printemps, fendu d'une lettre au magistrat instructeur pour s'« étonner » d'être placé à l'isolement, demander à recevoir du courrier et déplorer l'usage des entraves lors des transferts. « Je tiens à vous prévenir d'avance que si je ne suis pas traité comme un prévenu, un peu plus normalement, je ne m'exprimerai pas à l'instruction », menace-t-il alors.
Depuis, Fofana est aussi revenu sur les aveux passés durant sa garde à vue en Côte d'Ivoire. Aux hommes de la police judiciaire d'Abidjan, il avait avoué avoir organisé le rapt du vendeur de téléphones mobiles Ilan Halimi « à des fins financières » - et non antisémite, comme le soupçonne le juge d'instruction. Depuis, il est revenu sur cette garde à vue devant le magistrat instructeur, visiblement sans convaincre : « J'ai été torturé et frappé sur ordre des policiers français. Quand je leur disais ce qu'ils voulaient entendre, ça allait. A d'autres moments, il me dictaient ce que je devais dire. »
Esquissée à Abidjan, sa frêle ligne de défense consiste à n'assumer que le rapt et les séquestrations, pour imputer le choix de la victime et son meurtre à Jean-Christophe S., alias «Craps». Interpellé en avril après plusieurs semaines de cavale, ce complice présumé reconnaît avoir recruté deux hommes de main et fourni la voiture utilisée pour enlever le jeune Ilan. Pour le reste, il livre une version opposée à celle de Fofana, expliquant aux policiers de la brigade criminelle : « Dans le courant du mois de janvier, Fofana est venu me voir. Il m'a dit qu'il y avait quelqu'un à prendre qui avait des sous. Il m'a proposé 30 000 euros. Il m'a dit que c'était un juif, sans plus. Interrogé sur le meurtre, Craps ajoute : « C'est Smiler (un complice présumé, NDLR) qui m'a appris l'issue tragique de cette histoire. Il m'a dit que Fofana avait emmené tout seul comme un grand, le garçon et qu'il lui avait donné des coups de couteau et qu'il l'avait brûlé. »
Recruté l'hiver dernier par la famille Fofana, Me Philippe Missamou explique qu'il assure toujours la défense du principal suspect et se dit convaincu que « Youssouf n'est pas le véritable cerveau de cette bande ». Certains de ses confrères évoquent pourtant la « tendance à la mégalomanie » chez ce prisonnier qui collectionne les coupures de presse sur l'affaire et « rêve de devenir célèbre ». Après une unique rencontre, un pénaliste interprète : « Enfermé dans un sentiment de toute puissance, il ne s'intéresse même plus aux faits qui lui sont reprochés et refuse de les aborder ». Mis en examen pour « assassinat, enlèvement et séquestration commis en bande organisée », Youssouf Fofana encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Commentaire SP : vous verrez que Youssouf Fofana va finir par simuler la folie.
Il semble bien que ses avocats ne s'y trompent pas.
Publié le 31 octobre 2006
URL : http://www.lefigaro.fr/france/20061031.FIG000000085_audrey_l_ans_vient_de_retrouver_la_liberte.html
Des vingt personnes écrouées l'hiver dernier dans le cadre de l'enquête sur le « gang des barbares », elle est la troisième à retrouver la liberté. Lundi 22 octobre, Audrey L., 24 ans, a quitté la maison d'arrêt de Rouen après huit mois de détention provisoire. Placée sous contrôle judiciaire, elle n'a pas le droit de venir en région parisienne. Au lendemain de la mort d'Ilan Halimi, le portrait-robot de cette jeune femme blonde avait été diffusé dans la presse. Le 15 février, Audrey L. s'était présentée au commissariat de Montrouge, racontant avoir approché des inconnus sans toutefois les attirer dans un guet-apens. « Sa remise en liberté est une décision logique dans la mesure où c'est son témoignage qui a conduit la police sur la piste du gang », commente Me Jean Balan, l'avocat de la jeune femme. Les deux autres remis en liberté auraient été mêlés aux tentatives de remise de rançon.
"l'appât" remise en liberté après 8 mois de détention provisoire (commentaire S.P)
Son avocat trouve que c'est "logique", puisque cela a mené à la découverte du gang.
Ainsi, le ou la complice d'un crime devrait encourir une peine légère pour peu qu'il la dénonce.
Il paraît qu'on va faire cesser la culture de l'excuse : est-ce qu'on en prend le chemin ?