Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

Publicité

Islam de France

• Islam de France- Frères Musulmans-UOIF : Quelles propositions pour le candidat Sarkozy en 2007 ? - par Alexandre del Valle


 

Islam de France

Islam de France- Frères Musulmans-UOIF : Quelles propositions pour le candidat Sarkozy en 2007 ? - par Alexandre del Valle
Pour nombre de Musulmans modérés, issus de « la base » comme de l’élite intellectuelle, avant de créer une institution représentative de l’islam en France (mais il n’est jamais trop tard pour bien faire) il eut été utile d’engager un débat en profondeur sur l’Islam avec la majorité silencieuse de Musulmans éclairés, seuls capables d’engager une réforme visant à intégrer cette religion au sein de la République laïque et de lui faire épouser son époque.

Nous ne pouvons plus nous contenter de la fameuse rhétorique « pas d’amalgame entre islam et islamisme », qui permet d’éviter le débat et de se dédouaner. Car le fait que certaines organisations fondamentalistes s’abritent derrière ladite « orthodoxie » religieuse sunnite ou qu’elles se félicitent d’avoir été reconnues comme des « pôles orthodoxes » de l’islam (UOIF, etc) et qu’elles apparaissent même comme de nouvelles forces de médiation et d’interposition face aux casseurs des banlieues, ne prouve en rien que ces organisations « officielles » n’adhèrent pas aux grands principes liberticides, machistes, violents, voire même parfois barbares inclus hélas dans les versions les plus étroitement « orthodoxes » de l’islam mondial : lapidation, autorisation de battre sa femme, refus de la liberté de conscience et de choix des religions ; appels au Jihad, prosélytisme agressif ; condamnation à mort pour les adultères, les fornications pré-matrimoniales et les apostasies, etc, autant de dispositions prévues dans la Charià et revendiquées hélas explicitement par les références suprêmes des Frères musulmans « tendance anti-terroriste », dont Youssef al Qardaoui, référence majeure de l’UOIF (voir son livre Al Hallal wal Haram, où l’on apprend comment battre sa femme ou tuer les apostats, etc).

Il serait opportun, sans forcément défaire tout ce qui a été fait et tout en tenant compte du réel, dont l’UOIF et la FNMF font partie, d’accorder une plus grande place aux mouvances et personnalités de l’Islam de France clairement situé dans le camp des anti-islamistes et de l’Islam des Lumières, voire des courants soufis-libéraux. Il s’agirait à la fois de : 

   1/ donner plus de visibilité aux modérés et aux libéraux, majoritaires dans les esprits mais minoritaires dans les mosquées, et de prêter main forte aux tenants d’un aggiornamento de l’Islam, s’il le faut via le statut spécial réservé au culte et la tradition théologique propres à la Région Alsace-Lorraine. (on pourrait pour cela s’inspirer des réformes théologiques audacieuses initiées par Abd al Razeq en 1925 en Egypte[1], ou Mohamed Charfi en Tunisie. 

   2/ obtenir le soutien (ou du moins neutraliser l’hostilité) intellectuel, communautaire, médiatique et moral d’organisations maghrébines et /ou anti-racistes comme SOS Racisme, Ni Putes ni Soumises, voire l’Association des Maghrébins Laïques de France ou l’Association des Laïques Musulmans de France, puis les mouvances franco-algériennes soufies et libérales (Islam de France de Leïla Babès, Scouts Musulmans de France du Cheikh Bentounès). Sans parler de nombreuses individualités comme Souheib et Ghaleb Bencheikh, Mezri Haddad, Malek Chebel, Latifa Benmansour, etc).


Pour une Charte de l’Islam de France

Quand on garde présent à l’esprit le fait que l’islamisme est une idéologie fondée sur la terreur psychologique avant même de s’incarner dans la violence terroriste physique, et quand on sait à quel point les Musulmans modérés sont soumis à des pressions souvent difficiles à supporter exercées par les Intégristes circulant dans les « quartiers »,
le futur président de la République serait particulièrement bien inspiré s’il osait mettre sur pied une Charte du Culte Musulman ou de l’Islam de France invitant les organisations musulmanes à signer un texte solennel consacrant les droits des citoyens musulmans mais aussi l’allégeance envers les principes fondateurs de la République. 

Un peu sur le modèle de ce qui fut entrepris par le grand ami du judaïsme que fut Napoléon 1er et qui consacra l’intégration de ces derniers dans les institutions françaises lorsqu’il leur fit signer une Charte établissant les compatibilités entre la Loi juive et la loi française, Nicolas Sarkozy pourrait à sommer les « orthodoxes » musulmans de France de faire primer la loi de la République sur celles de la Charià, lorsqu’il y a conflit grave de valeurs entre les deux systèmes, notamment quant au droit de changer de religion, à l’égalité d’héritages et de droits entre hommes et femmes ; la légitimité du Djihad, la justification de l’esclavage, la haine des Juifs et des Mécréants, etc. 

Car jusqu’à présent, le grand malentendu concernant l’Islam de France que la pensée politiquement correcte somme de considérer comme intrinsèquement « tolérant » et « ouvert », repose sur le fait que les « modérés » de l’UOIF, de la FNMF, du BOLIM, du Milli Görüs ou du Tabligh, n’ont jamais saisi la moindre occasion de dénoncer les dispositions de la Charià, hélas enseignées dans les mosquées les plus officielles, pas seulement celles des caves, qui légitiment le Djihad, les corrections physiques des femmes, la peine de mort pour l’adultère ou l’apostasie, et l’infériorité des non-Musulmans, des esclaves et des femmes. 

Il serait temps et ce serait l’honneur de la République de refuser que ce type d’enseignement soit promulgué au sein de l’Islam de France. Du moins au sein des courants désormais reconnus au sein du CFCM et par là revêtus de l’aura de la respectabilité institutionnelle. 


[1] - Théologien d’Al Azhar, Razeq est l’auteur de L’Islam et les fondements du Pouvoir. Il est le plus grand réformateur musulman moderne avec Mohamed Charfi (Islam et Modernité) et Mohamed Talbi en Tunisie.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article