Encore une fois .....
Et voilà que la police va «encore» être mise en cause dans l’affaire de l’enlèvement du petit Julien, 3 ans et demi…
Dans mon livre « Outreau la Justice m’a tuer… », j’ai déjà eu, comme devant la commission parlementaire, l’occasion de dire que la garde à vue était un « no man’s land » où régnait le non droit.
Certains ont pu interpréter cette réflexion comme une méfiance à l’égard de la police, ou de la gendarmerie, voire une défiance.
En réalité il s’agissait, pour moi, de stigmatiser une situation anormale. Le gardé à vue est seul, devant un, ou plusieurs policiers, et personne ne sait ce qu’il se passe, et surtout, comment ça se passe.
Les magistrats seraient-ils tellement suspects dans leur « morale » pour que la loi leur impose d’interroger le justiciable en présence de l’avocat ?
Alors que le policier lui, serait considéré comme étant « de toute façon, irréprochable » au point qu’il ne soit pas jugé nécessaire que l’avocat soit présent pendant les interrogatoires, et que cette revendication soit, elle, jugée quasi insultante.
L’AVEU ! Cette terrible maladie dont souffre la justice pénale française, va-t-elle encore polluer longtemps notre système judiciaire ?
Et puis, a-t-on réfléchi à ce que pensent de plus en plus les justiciables français ? Tous les justiciables ! Pas seulement les « gros» (politiques, financiers, notamment) mais aussi les petits, les innocents, comme les coupables.
Ainsi qu’il en a été pour l’affaire d’Outreau, la question qui va se poser, concernant cet homme qui s’est suicidé après sa garde à vue va être :« que lui ont-ils fait ? »
Bien sûr, une enquête interne sera sans doute diligentée, mais confiée à des policiers, qui rendront leur rapport. Il y aura ceux, hélas de moins en moins nombreux, qui vont y croire, et puis il y aura ceux qui douteront, qui s’interrogeront…et c’est beaucoup plus eux, le problème, que ceux qui par nature, n’y croiront pas du tout.
Cela d’autant que l’homme a été mis hors de cause, et relâché, après qu’on l’ait vu, menotté, entrer dans les locaux de la police …
Et ainsi, la police va encore être mise sur la sellette. Et plus loin, la justice, encore et encore. Et plus loin encore, les politiques, qui ne vont pas manquer selon leur camp de faire « leurs choux gras » d’une telle polémique, sans tenir compte du vrai problème, celui des droits de la défense.
Si les droits de la défense étaient au premier plan, il y aurait au moins une personne pour dédouaner la police de tous soupçons. L’AVOCAT. Car il aurait été là.
Et pour les esprits chagrins, ceux qui s’imaginent que les policiers sont des tortionnaires, ils pourront toujours penser que si tout s’est bien passé, c’est uniquement dû à la présence de l’avocat.
La question qui se pose une fois de plus est la suivante :
Pourquoi des policiers (et certains magistrats) s’opposent-ils à la présence de l’avocat pendant la garde à vue ?
Il ne faudrait pas que la réponse induite, non dite, soit que l’avocat est un empêcheur de tourner en rond, voire plus, qu’il est un complice éventuel (seulement éventuel, j’espère) de la personne gardée à vue. Certains policiers, paraît-il, en seraient convaincus, au point de faire pression sur l’avocat.
Si une telle réflexion est vraie, alors il faut le dire et mieux encore l’écrire. Ainsi les avocats seront-ils « officiellement » informés de ce que l’on pense d’eux, et ainsi ils pourront en tirer toutes les conséquences.
Si en revanche, ce n’est pas le cas, alors il est temps de faire cesser de planer un doute.
Comme devant la commission parlementaire, je redis que la justice est la colonne vertébrale de notre démocratie. Il faut impérativement que cette notion soit à l’ordre du jour, toutes tendances confondues.
Il suffira de prendre exemple sur la commission parlementaire qui a été remarquable.
Il y va de l’honneur de la police, de l’institution judiciaire, et de « notre » société.
Jean Marie Viala
Avocat à la Cour
MERCI DE FAIRE SUIVRE A QUI VOUS JUGEREZ BIEN DE LE FAIRE