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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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L'Education Nationale très courtisée : Bayrou engrange

L'Education Nationale très courtisée : Bayrou engrange

Sarkozy adresse des signes appuyés au monde enseignant
CHARLES JAIGU .
 Publié le 02 février 2007
 
 
Le candidat UMP a pris hier un certain nombre d’engagements envers les agents de l’Éducation nationale.
 
CHEVÈNEMENTISTES de tous les lycées et de tous les collèges, unissez- vous…et rejoignez Sarkozy. Tel était, en peu de mots, le propos du candidat de l’UMP, hier à Maisons- Alfort (Val-de-Marne), dans la circonscription du député (UMP) Michel Herbillon. Une « philosophie » de l’éducation qui veut tordre le cou, une fois pour toutes, à la vulgate pédagogique issue des années 1968 : « L’idéologie de 68 impose partout le relativisme intellectuel et moral », a martelé le candidat. « Il ne s’est plus agi d’élever le niveau de chacun pour l’approcher le plus possible d’un idéal humain, mais d’abaisser le niveau de l’école pour le mettre à la portée du plus grand nombre » , a continué Sarkozy.
 
Car il veut faire main basse sur le mérite, l’ascension sociale par les études et une certaine idée de la transmission des savoirs. Un retour à la République des origines, celle, justement de Jaurès, et Jules Ferry, qu’il aime tant citer ces temps-ci. Le choix de traiter à nouveau d’éducation– ce fut déjà le thème du meeting d’Angers, fin novembre – s’est vite imposé au candidat en début de semaine, quand il est apparu que les enseignants étaient, selon les enquêtes d’opinions, très réticents à l’égard de Royal.
 
« Trouble idéologique »
 
Sarkozy sait bien que, face à un Bayrou, ex-ministre de l’Éducation nationale, il est moins bien placé pour récupérer les suffrages des professeurs. Mais en sauvant Luc Ferry de l’impasse, lors des négociations sur la décentralisation des personnels techniques de l’Éducation nationale, en 2003, il avait posé un premier jalon avec ce milieu qu’il connaît mal. « Il y a un trouble idéologique chez les enseignants, à nous de savoir l’exploiter », confie l’ex-ministre de l’Éducation, François Fillon. Pour l’épauler dans sa démarche, Sarkozy a demandé hier à Xavier Darcos, ex-secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement scolaire, de conduire une étude sur la revalorisation du statut des enseignants.
 
Xavier Darcos fait d’ailleurs partie des noms cités pour reprendre les rênes du ministère, si Sarkozy était élu. « Je m’engage si je suis élu à cesser de faire des enseignants les boucs émissaires de la faiblesse de l’école, à leur rendre la considération qu’on leur doit, à revaloriser leur carrière si dévalorisée depuis un quart de siècle », a-t-il martelé hier, en promettant notamment que les gains de productivité réalisés dans l’Éducation nationale « leur soient redistribués pour moitié ».
 
Nicolas Sarkozy a aussi rappelé les grandes lignes du projet législatif de son parti : tourner la page de la carte scolaire et organiser une plus grande autonomie de gestion des établissements du secondaire. Garantir, aussi, la liberté pédagogique des professeurs, pourvu qu’ils respectent un cahier des charges fixé par l’Éducation nationale. Une façon d’oublier l’impopulaire circulaire ministérielle émise par Gilles de Robien l’année dernière, qui impose l’usage de la méthode syllabique dans les petites classes.
 
 
Les profs menacent Royal d’un vote sanction
NICOLAS BAROTTE ET MARIE-ESTELLE PECH.
 Publié le 02 février 2007
 
 
Les enseignants sont 59 % à déclarer qu’ils pourraient voter pour Ségolène Royal, 29 % pourraient choisir François Bayrou.
Les enseignants sont 59 % à déclarer qu’ils pourraient voter pour Ségolène Royal, 29 % pourraient choisir François Bayrou.
Marmara/Le Figaro.
Déçus par la candidate du PS, certains enseignants s’intéressent à la candidature de Bayrou.
 
PARLER de malaise entre Ségolène Royal et certains professeurs est un euphémisme. Les socialistes ont presque tous une anecdote, qu’ils racontent, inquiets, d’amis enseignants avouant leur scepticisme, ou pire, vis-à-vis de la candidate du PS. Cette semaine à Marseille, dans les couloirs du congrès de la FSU (le syndicat majoritaire chez les enseignants), les témoignages de professeurs déçus s’affichaient au grand jour : « Royal est capable de taper sur les enseignants pour brosser les Français dans le sens du poil », regrettait l’un d’eux.
 
En expliquant, à la fin de l’été, que « l’idéal » serait la suppression de la carte scolaire et en militant, dans une vidéo diffusée sur Internet, pour l’allongement du temps de présence des professeurs dans les établissements, la candidate a irrité une partie du corps enseignant. Et ruiné en quelques mots les efforts entrepris par le PS depuis 2002 pour recoller avec l’un de ses bastions électoraux les plus importants. Il y a cinq ans, Jospin avait déjà réalisé un mauvais résultat auprès des enseignants. Il avait été sanctionné pour la politique « brutale » de Claude Allègre contre le «mammouth ». Une fraction du monde enseignant pourrait, cette année encore, se détourner de la gauche si le PS ne tient pas compte de ses alertes. Les professeurs seraient « de plus en plus nombreux » murmure-t-on dans les salles des profs, à se laisser séduire par les sirènes de François Bayrou, agrégé de Lettres, ancien ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997. Mais iraient-ils jusqu’au bout de cette transgression sociologique ? Le patron de la FSU, Gérard Aschieri, est néanmoins convaincu que le candidat de l’UDF « a une carte à jouer dans le vote enseignant ».
 
Les « enseignants sont moins à gauche que par le passé, explique Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU, le syndicat majoritaire chez les professeurs du primaire. Le couple Camif (du nom de la mutuelle des enseignants) qui vote systématiquement à gauche, c’est fini ».
 
30 % pour Sarkozy
 
Pas de quoi inquiéter le porte parole du PS. Julien Dray a dénoncé hier une « campagne de rumeurs » : « Je n’ai pas entendu les enseignants dire qu’ils vont basculer ailleurs. » La gauche est très loin d’être mise en minorité au sein de l’Éducation nationale. Une enquête de l’Ifop pour le Cevipof du mois de décembre atteste certes d’une sympathie centriste, qui n’est pas une intention de vote (plusieurs réponses possibles), mais en relativise la portée : les enseignants sont 59 % à déclarer qu’ils pourraient voter pour Ségolène Royal, 29 % pourraient choisir François Bayrou.
 
L’extrême gauche demeure aussi fortement implantée. Les « royalistes » se rassurent sans peine : l’argument du vote utile porte toujours. Une majorité d’enseignants ne veulent, en aucun cas, ni revivre le 21 avril, ni laisser élire Nicolas Sarkozy, accusé de vouloir « casser la maison Éducation nationale », mais qui atteint pourtant 30% de votes possibles selon la même enquête du Cevipof.
 
Mais à l’évidence, la candidate du PS veut quand même se réconcilier avec les salles de classe. Jeudi, l’ancienne secrétaire générale du Snes, Monique Vuaillat, lui a organisé une rencontre avec des enseignants à Grenoble. Mais les désaccords persistent, sur le temps de présence par exemple : « Vu tout ce qu’il y a à faire, 35 heures n’y suffiraient pas ». Royal pourrait-elle changer d’avis pour retrouver les bonnes grâces des professeurs ? Monique Vuaillat veut croire que « sa pensée n’est pas figée ». 
 
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