Primo Europe vous apportera quelques nouvelles de la plainte que Monsieur Johan Weisz a déposé contre Primo. Votre site préféré est déterminé à aller jusqu’au bout. Plus que quelques jours pour savoir…
Alain Duhamel entre le marteau de l’idéologie
et l’enclume de la déontologie sélective
Alain Duhamel vient de se voir écarté d’éditorial politique pendant toute la durée de la campagne présidentielle pour avoir, il y a trois mois, mentionné devant des étudiants de Sciences Po qu’il voterait Bayrou le moment venu.
Plusieurs questions se posent : la conférence organisée par les jeunes de l’UDF était un événement privé qui a eu lieu devant un auditoire restreint. Comment se fait-il qu’une confidence faite à cette occasion par son intervenant, Alain Duhamel, filmé à son insu, soit diffusée sur Internet ? Cette déclaration datant du mois de novembre, pourquoi fait-elle les gros titres à la mi-février ? Pour résumer, « à qui profite le crime ? »
Les journalistes ne sont pas seulement des animaux doués de raison, ils ont également des opinions. En France, contrairement à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, c’est à partir de leurs opinions que la plupart des journalistes construit l’information.
Nos voisins d’outre-Manche séparent nettement les faits des commentaires. L’exception française se rit de cette distinction simpliste.
La façon dont nous traitons « l’hyper-puissance » est à cet égard symptomatique. Ailleurs, on parle des « Etats-Unis ». Seuls deux pays s’y réfèrent en usant d’une périphrase. Notre alter ego en ce domaine est l’Iran, pour qui l’Amérique du nord est « le grand Satan ».
Au pays de la liberté de la presse, l’ensemble des médias a intégré un système de valeurs qui oriente non seulement les commentaires présentés comme des faits, mais également la hiérarchie des faits que l’on présente.
Un exemple entre mille ? Lorsque, en mai 2004, les Etats-Unis ont décidé de procéder aux sanctions prévues par la « Loi relative à la responsabilité de la Syrie et à la restauration de la souveraineté libanaise », que le Congrès avait votée six mois plus tôt, l’AFP en tira un communiqué qui oubliait tout ce qui avait trait à l’occupation du Liban.
Les médias français se nourrissant au lait de l’AFP, ils ont titré sur les menaces de Bush contre la Syrie. L’hyper-puissance menaçant un petit pays musulman est un schéma classique correspondant bien à la grille de lecture française.
En revanche, celle-ci ne peut s’accommoder des Etats-Unis libérant un pays occupé par une puissance étrangère, a fortiori quand ce pays a des liens très étroits avec une France qui détourne les yeux.
Qu’à cela ne tienne : on « oublie » la raison des menaces américaines et on retombe sur un agresseur bien proprement Bushien et un agressé bien proprement débarrassé de son impérialisme !
Alain Duhamel faisait partie des éditorialistes français qui refusaient de voir le monde en noir et blanc. Il n’ignorait pas que la Syrie avait occupé le Liban pendant près de vingt ans, et n’avait pas hésité à le dire. Cela faisait déjà de lui un extra-terrestre du PAF. Il est aujourd’hui expulsé de la planète Médiazexagonaux, ça lui apprendra à appeler un chat un chat !
Quelle idée, aussi, que de dire, fût-ce six mois avant les élections, fût-ce à des étudiants pendant une conférence sur l’Europe, pour quel candidat il voterait en tant que citoyen !
Ne pouvait-il pas, à l’instar de Daniel Mermet, assener jour après jour pendant des années sur une radio de service public (France Inter) ses convictions altermondialistes ? Sans dire pour qui il voterait.
Ne pouvait-il pas, à l’instar de Serge Moati sur une chaîne du service public (la Cinq), agresser de Villiers et servir la soupe à Tarik Ramadan ? Sans dire pour qui il voterait.
La Société des rédacteurs de France 2, que les dérives des journalistes maison laissent de marbre, a montré un sursaut de déontologie en dénonçant Alain Duhamel.
Toutefois, le timing, qui permet d’éliminer un éditorialiste insensible au charme de Ségolène au moment où celle-ci voit nombre de ses électeurs potentiels choisir le candidat béarnais, pourrait faire penser qu’il s’agit là d’une mesure de protectionnisme machiste.
Il faudrait pour cela, admettre en plus que les journalistes du service public ont une sensibilité de gauche.
Or rien, à part leur attitude vis-à-vis des candidats, leur ton – incisif à droite, complice à gauche -, leurs choix éditoriaux et leurs commentaires ne le laisse supposer : ils n’ont pas dit pour qui ils allaient voter !
Liliane Messika © Primo-Europe, 17 février 2007
ENTERREMENT D’ILAN HALIMI EN ISRAËL
L’avion qui relie Paris à Tel Aviv le 8 février dernier transporte la dépouille d’Ilan Halimi, ce jeune français qui n’atteindra jamais 23 ans parce qu’il y a tout juste un an, une trentaine de brutes décérébrées en a décidé autrement.
Sur le même vol, la famille d’Ilan, groupée autour de Ruth, sa mère, accompagne le jeune homme dans cet ultime voyage. Leurs regards sont encore incrédules. Banals, les mots font comme un mur dérisoire entre le monde et la douloureuse réalité de ce voyage voulu par Ruth.
Etrange vol d’El Al… La voix du commandant de bord est douce, l’équipage soucieux des passagers, comme pour masquer la dure réalité : le transport, dans les flancs de l’appareil, d’un Juif mort qui a tant embarrassé la France, ses médias, ses politiques, qui les a embarrassé de souffrir, d’exister, d’être juif, qui les a embarrassés vivant, puis mort !
Ainsi que la loi israélienne le permet, tout Juif peut être enterré en Israël. Etre enterré à Jérusalem est une tout autre histoire ; mais le gouvernement israélien, considérant Ilan Halimi comme un symbole de la barbarie antisémite, lui a réservé une place au cimetière de Guivat Shaul, qui domine Jérusalem, dans un nouveau carré consacré aux Juifs français.
Le 9 février, dans une salle dépouillée du cimetière, une foule dense, encore marquée de l’incompréhensible horreur, accueille le corps d’Ilan, sorti de son cercueil, recouvert de son Tallit, comme le veut la tradition, et porté sur une civière par des hommes visiblement très émus.
C’est la seconde fois en un an que Ruth Halimi et sa fille Yaël se tiennent auprès du corps de leur fils et frère. Anne-Laure, enceinte, n’est pas là. La foule est vraiment nombreuse ; beaucoup sont venus de France uniquement pour accompagner Ilan.
Les personnalités présentes s’inclinent devant le courage d’une mère torturée. Gladys Tibi, représentante du FSJU, entoure la famille avec sollicitude. Chacun peut constater que Ruth puise toutes les forces dont elle a besoin dans une conviction inébranlable que justice sera faite ; justice des hommes, justice divine.
Venu de Richon Le Tsion, le Grand Rabbin s éfarade d’Israël, Schlomo Amar, accueille Ilan en rappelant qu’aucune concession ne sera jamais accordée à la barbarie. Il pleure.
Le Grand Rabbin de France, Joseph Sitruk, ému aux larmes, larmes qu’il ne retiendra pas, souligne l’intolérable injustice de cette affaire et le courage de la famille d’Ilan.
Jean-Michel Caza, ambassadeur de France en Israël, promet que rien n’arrêtera la justice française, que « le poison de l’antisémitisme » n’atteindra pas son but immonde, que tous les ignobles protagonistes de ce drame sont maintenant sous les verrous. Ah bon ? Et les deux tortionnaires toujours en cavale ?
L’émotion est palpable, l’incompréhension tangible. Les deux éternelles questions qui accompagnent tout acte de barbarie antijuive résonnent dans la salle silencieuse comme un tonnerre lancinant : pourquoi, pourquoi et jusqu’à quand?
Les prières tournent autour de ce corps martyrisé qu’on pourrait toucher du doigt, qu’on a envie de réveiller, qui reste figé dans sa solitude…
Les journalistes sont nombreux ; sauf les journalistes français.
Puis la foule, toujours muette, accompagne le corps d’Ilan dans une longue marche jusqu’au carré où il va être inhumé.
Le cimetière de Guivat Shaoul ressemble à un parc apaisant, éblouissant de lumière.
Là encore, pour la seconde fois, Ruth et les siens regardent les hommes de la Hévra Kadischa (la confrérie sainte chargée des défunts) descendre doucement le corps d’Ilan dans la terre. Ces hommes, pourtant habitués à ce cérémonial, ont les yeux pleins de larmes. Ils manipulent le corps d’Ilan avec des délicatesses d’accoucheur, le faisant glisser lentement dans sa sépulture tout en lui maintenant la tête comme celle d’un nouveau-né.
Chacun voudrait soutenir Ruth Halimi, dont les larmes silencieuses ne se tarissent pas. Mais qui saurait trouver les mots pour apaiser cette terrifiante brûlure ?
Ponctué du bienveillant soleil hiérushalmite, le cimetière, tout de blanc revêtu, blanc des allées, blanc des dalles tombales, blanc des cailloux sur les tombes, se vide peu à peu, comme pour laisser à Ilan le temps de faire connaissance avec son paysage d’éternité.
Encore interdite, Ruth Halimi confie son fils unique à la terre d’Israël qui lui sera plus clémente que celle de France et s’en retourne vers sa fille enceinte qui l’attend, n’ayant pu assister à la cérémonie.
Ainsi, en Israël sera une fois de plus respecté le commandement qui demande à toute douleur de s’incliner devant un heureux événement, devant la vie qui reprend ses droits, mais sans jamais oublier de préparer son talon à écraser le scorpion sordide et venimeux.
Yaël König © Primo Europe
Le Parlement européen subventionne un livre antisémite
Il était de notoriété publique que le Parlement européen a longtemps financé les livres scolaires distribués aux enfants palestiniens. Lesquels livres appelaient à la guerre sainte et la la haine des Juifs.
Vu le refus des Parlementaires européens de diligenter une enquête, malgré les preuves que François Zimeray (F: PS) leur mettait régulièrement sous le nez, on peut imaginer qu’ils se disaient :"
Tout cela était loin, si loin. Au Moyen-Orient !" La distance amoindrit la nocivité. Les naïfs ne voyaient pas qu'en propageant ces idées de haine, ils en autorisaient l'arrivée sur le territoire français, notamment dans les banlieues, par parabole interposée.
Mais ce genre de littérature passe les frontières, grâce au Parlement européen et à un député polonais.
Le parlement européen ne pratique pas la censure. Le parlement européen a entrepris quelques molles actions contre l'enseignement de la haine au Proche-Orient, ne cessant de glisser des bâtons dans les roues de quelques députés consciencieux et courageux, dont François Zimeray.
Ils ne sont pas pour les interdictions, nos députés. A l'heure où l'Europe interdit de fumer dans les lieux publics, eux se concoctent et votent un petit règlement interne qui leur permet de fumer à l'intérieur même de l'enceinte du Parlement de Strasbourg. C'est dire s'ils sont permissifs.
C'est vraisemblablement au nom de cette permissivité que ce même Parlement européen finance et accole son logo à un livre digne des années 30 et dont les thèses rappellent étrangement celles qui ont provoqué la plus grande tuerie organisée, planifiée.
Jean Quatremer, correspondant de Libération pour l'Europe, dénonce cette ignominie sur son blog.
Extraits : Vous voulez tout savoir sur la « civilisation juive » ? Sur les « différences biologiques » entre les juifs et les « gentils » ? Sur le choix volontaire de la ghettoïsation qu’aurait fait un « peuple » qui désire ne pas se fondre dans la masse? Sur l’impossibilité de cohabiter avec la « civilisation juive » en Europe ?
Lisez le petit livre – en anglais - intitulé « Civilisations at war in Europe » que vient de publier, avec les fonds du Parlement de Strasbourg, le député européen Maciej Giertych, l’un des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR). En couverture, une photo de l’auteur et, en bonne place, le logo du Parlement européen, obligatoire pour toutes les publications qu’il finance.
Ce chef d’œuvre d’antisémitisme a été présenté, hier, à Strasbourg, par son auteur, plutôt fier de son coup.Lire la suite sur le blog de Jean QuatremerLe correspondant de Libération nous informe que ce livre a pris par surprise le président du Parlement européen. Celui-ci craint cependant de ne pas pouvoir faire grand-chose. Martine Roure, députée européenne socialiste, trouve ce livre "épouvantable du début à la fin" et l'a remis aux mains de juristes.
Primo espère qu'à l'occasion du lancement de ce livre, les petits fours polonais ont été à la hauteur de l'événement et souhaite bon appétit aux députés européens.
© Primo, 15 Février 2007