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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Kerem Shalom : notre enquête est bouclée Par Ilan Tsadik avec Stéphane Juffa

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Kerem Shalom : notre enquête est bouclée
Par Ilan Tsadik
avec Stéphane Juffa
© MetulaNewsAgency
 
 
 
Afin de conclure notre enquête [voir Le destin de quatre jeunes hommes et ses facéties] sur le guet-apens tendu par des miliciens palestiniens à Kerem Shalom, il nous restait un point à résoudre : par quel(s) gaz le soldat Roï Bitton avait-il été intoxiqué ? Le diagnostic posé à notre intention par le docteur Tsakhi Ben Zion, vice-directeur de l’Hôpital Soroka de Beer Sheva, selon lequel Bitton avait inhalé une substance nocive ne souffrant d’aucun doute, il nous fallait encore déterminer de quel gaz il s’agissait et, surtout, quelle était son origine !
 
 
 
A la Ména, une enquête n’est jamais terminée avant que nous n’ayons recueilli, puis vérifié, les éléments qui la constituent ; c’est forts de ce principe, que nous sommes allés, Stéphane Juffa et moi-même, dans la nuit de mardi à mercredi, à la rencontre des soldats ayant essuyé l’attaque du Hamas.
 
 
 
Une fois de plus, notre obstination a payé. Nous avions exclu, par l’analyse et la constatation, qu’une roquette antichar ait percé le blindage du Merkava ; dans un tel cas, statistiquement déjà très douteux, l’équipage serait probablement mort carbonisé ou, dans le meilleur des cas, aurait subi des blessures par brûlures. Or Roï Bitton, le rescapé, de même que les corps de ses deux camarades, ne portent aucune trace de ce genre de blessures.
 
La seconde hypothèse que nous avions envisagée nous avait amenés à imaginer que les miliciens palestiniens avaient jeté une ou plusieurs grenades par l’une des deux trappes d’accès restées ouvertes sur le tank. Mais, dans cette éventualité également, il y avait de grandes chances pour que le première classe Bitton fût, au moins superficiellement, atteint par des éclats, or ce n’était pas le cas. De plus, nous avons reçu un descriptif détaillé de l’état du Merkava, dont la prise de connaissance a définitivement éliminé l’hypothèse de la grenade. Alors… la source de l’intoxication ?
 
Elémentaire, mon cher Watson ! Lorsque le RPG, la grenade antitank et autopropulsée, lancée par les miliciens à très courte distance de leur objectif, a atteint le char et explosé, si elle n’a pas généré de dommages conséquents, elle a tout de même déclenché le système automatique d’extinction d’incendie du Merkava. Un système réagissant notamment aux déflagrations et qui a pour but d’éteindre, quasi instantanément, tout début d’incendie. Or ce système ne fonctionne ni à l’eau ni par projection de mousse – des moyens à effet trop lent pour l’application recherchée – mais par diffusion d’une formule gazeuse de très grande efficacité appelée "BCF". Et ce cocktail de gaz a la propriété de stopper presque aussitôt n’importe quel feu, protégeant ainsi, et en principe, les hommes de la carbonisation et le tank de l’explosion due à l’échauffement exorbitant des stocks de projectiles qu’il contient.
 
Mais ce BCF possède un inconvénient : il est modérément toxique et très désagréable à respirer. De toutes façons, nous avons désormais toutes les preuves nécessaires nous permettant d’affirmer que Roï Bitton a été indisposé par ce fameux BCF. D’autre part, le déclenchement automatique du système anti-feu a peut-être poussé le commandant du char, Khanan Barak, à appeler à l’abandon du Merkava. Peut-être Barak était-il persuadé qu’à l’extérieur – en territoire israélien ! – ses hommes ne couraient aucun danger ; peut-être estima-t-il que le risque de se trouver en présence de forces hostiles à l’extérieur était largement moindre que le désagrément consistant à se faire suffoquer par ce mélange irritant.
 
 
 
 
 
 
La niche du conducteur dans le Merkava dans laquelle dormait Roï Bitton
On comprend aisément la difficulté qu’il y a à s’en extraire par l’arrière…
Il faut faire basculer le dossier du siège et se faufiler entre les divers objets qui peuvent encombrer le passage.
Remarquez le collier de balles qui alimente l’une des deux mitrailleuses
 
Khanan a payé ce jugement de sa vie, de même que le sergent Pavel Slutsker. Le caporal Gilad Shalit est, du fait de cette décision, tombé prisonnier entre les mains des intégristes palestiniens. Roï Bitton, qui n’a pas réussi à s’extraire du tank demeuré intact, n’a été que très légèrement blessé. Le Merkava n’a jamais cessé d’être opérationnel et il a correctement servi à protéger les occupants lovés dans son ventre.
 
 
 
Nous sommes en mesure d’affirmer aujourd’hui que, sauf le jugement erroné du commandant, l’équipage du char serait aujourd’hui sain et sauf et Pluies d’été n’aurait pas été déclenchée. A quoi tient la météo…
 
 
 
Ceci dit, la décision de feu le 1er lieutenant Khanan Barak est à mettre en balance avec toutes les circonstances atténuantes qui ont précipité sa mauvaise évaluation. L’une d’elle tient au fait que les fantassins qui occupaient la tour de garde – que nous avons également rencontrés – n’ont pas pu remplir leur fonction consistant à être les yeux et les protecteurs des arrières du Merkava, puisqu’ils étaient entièrement occupés à repousser l’attaque de diversion qu’une partie sacrifiée du commando avait lancée contre leur promontoire. Ils nous ont précisément confirmé de vive voix les éléments qui précèdent.
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