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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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La justice française entérine l'existence d'un ''caractère juif méprisant ayant satisfaction à humilier''

La justice française entérine l'existence d'un ''caractère juif méprisant ayant satisfaction à humilier''
Par Viviane Miles
© Metula News Agency



 
 




 

 
 

et considère la diffusion publique de son existence comme l'expression d'une "opinion" licite


Parmi les roquettes et les Katiouchas qui explosent et les obus qui leur répondent, il est une bombe qui n’a guère fait de bruit. Il s’agit d’une décision de la cour de cassation, qui vient d’annuler la condamnation, pour diffamation raciale, d’Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave, ainsi que de Jean-Marie Colombani, directeur du journal Le Monde.
 
Pour mémoire, les trois co-auteurs, qui avaient commis un article intitulé « Israël-Palestine : le cancer », publié dans une tribune du Monde le 4 juin 2002, y avaient attribué des caractéristiques ataviques malfaisantes au peuple juif, s’offusquant, entre autres, « qu'une nation de fugitifs, issue du peuple le plus persécuté de l'histoire de l'humanité (...) soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui et, à l'exception d'une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier ». Ce passage, ainsi qu’un autre de la même veine, avait valu à leurs auteurs une plainte pour diffamation raciale, déposée par les associations France-Israël et Avocats sans Frontières, suite à une série d’articles publiés par notre agence, qui avait relevé le caractère raciste de ces propos et de leur diffusion publique.
 
Après avoir été déboutés par le tribunal de Nanterre, le 12 mai 2004, les plaignants ont été entendus, un an plus tard, par la cour d’appel de Versailles, qui a infirmé, le 26 mai 2005, le verdict émis en première instance, et reconnu la particularité diffamatoire raciste de l’écrit incriminé du trio, le condamnant à payer un euro symbolique de dommages et intérêts [1].
 
Las, dernier rebondissement, ces jours-ci, la première chambre civile a cassé, le 12 juillet dernier, la condamnation des trois nazillons et de leur chaperon médiatique. Cet arrêt de la cour de cassation ne change cependant rien à l’évidence raciste de l’article concerné et de sa diffusion. L’accusation de Morin et compagnie, en attribuant aux Juifs un caractère nocif par atavisme, participe de la même dialectique criminelle que celle de la police tsariste, lorsqu’elle imputait à ceux-ci la fabrication de pains azymes pour la fête de Pessah avec le sang de bébés chrétiens. Rappelons que c’est ce genre d’affirmations qui a entraîné et justifié des pogroms dans la Russie tsariste. Puis qui a généré les théories raciales national-socialistes : les agissements de la race d’Israël étant dictés par des traits malfaisants innés, ils ne sont donc pas corrigibles et la seule façon de "s’en protéger (!)" consiste à éliminer ce peuple physiquement.
 
Si Morin et Cie ne proposent pas la même solution finale que la Shoah, mise en place par le régime hitlérien pour mettre un terme aux problèmes que le caractère des Israélites fait subir au monde, leur agrégation entre "le peuple juif" et "son caractère [2] méprisant ayant satisfaction à humilier", justifie les mêmes méthodes. C’est, se basant sur des "constatations" identiques à celles de Morin-Nahoum, ou les siennes, d’ailleurs, qui sait ?, que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad établit la nécessité d’éradiquer Israël.
 




Edgar Morin… Nahum
 
La justice française vient donc d’affirmer que l’incitation à la haine raciste par référence à de prétendus attributs inhérents au peuple juif, constitue l’_expression d’une opinion licite exprimable en public. On retiendra de ce verdict le message suivant : il est désormais officiellement PERMIS de calomnier le peuple juif dans son ensemble, sur un support médiatique et en s’en prenant à de prétendus attributs relatifs à son caractère.
 
En notant que « Les propos poursuivis (...) n'imputent aucun fait précis de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération de la communauté juive dans son ensemble en raison de son appartenance à une nation ou à une religion, mais sont l'_expression d'une opinion qui relève du seul débat d’idées », la cour invite Morin, ses acolytes, et ses nombreux disciples dans la presse et l’intelligentsia françaises, à continuer impunément à employer des arguments racistes afin d’établir et d’inciter à la haine d’Israël.
 
Le texte du jugement en cassation précise d’autre part qu’il s’agirait d’une mention isolée de Morin, qui se concentrerait par ailleurs sur la critique d’une orientation de la politique israélienne. Cette assertion est totalement fausse, et plutôt trois fois qu’une ! D’abord, parce que le même Edgar Morin a tenu le même genre de propos ouvertement antijuifs dans divers autres media, y compris à des dates postérieures à la sentence de la cour d’appel de Versailles ; ensuite, parce qu’une critique qui englobe « les Juifs » ne vise pas uniquement la politique suivie par le gouvernement d’un pays du Proche-Orient. Et enfin, les analyses spécifiques antérieures par les rédacteurs de la Ména de « Israël-Palestine : le cancer » l’ont démontré, ce texte ne recèle pas la moindre critique d’une quelconque politique, mais uniquement une théorie basée sur une pseudo "constatation" raciale. La cour de cassation aurait dû mieux lire cet article : l’attribution aux Juifs de traits de caractère néfastes ne constitue pas une péripétie périphérique de ce manifeste appelant à la haine, elle en est le moteur, le thème. Soustrayez-la à ce Cancer, et les autres digressions de ces salopards, privées de toute assise théorique, s’effondrent les unes après les autres !
 
Ainsi, la décision de la cour de cassation admet que l’on puisse exprimer librement l’existence d’une nature juive néfaste. En la circonstance, cette cour n’a pas appliqué la justice ou la loi, le caractère assurément raciste de l’œuvre de Morin étant indiscutable, elle les a, au contraire, dangereusement transgressées. D’ailleurs, l’existence du caractère raciste de l’assertion des nazillons et de leur éditeur n’est pas niée dans les attendus de la cour, mais sa portée y est normalisée, diminuée, marginalisée, et présentée comme une opinion.
 
Depuis quand le fait d’accoler des propriétés sataniques à une nation entière est-il une opinion ? On imaginait, jusqu’à maintenant, que le rôle de la justice, dans une démocratie, fût également de défendre l’honneur et l’intégrité des minorités placées sous sa protection. Or, l’admissibilité, consacrée par la justice française, d’une prédisposition atavique de la nation juive à "maltraiter et à humilier" remet en question la sécurité de tous les membres de la communauté juive française ! Au-delà de remarquer l’iniquité juridique de cette décision et sa participation à la diffamation des citoyens juifs de ce pays et d’ailleurs, il importe d’affirmer, sans compromis possible, que cette sentence fait courir d’énormes périls à la démocratie et à la liberté. Elle est le feu vert à la poursuite du déchaînement légalisé de l’antisémitisme et de sa forme masquée qu’est l’antisionisme. Et il ne s’agit pas d’une question à caractère théorique, puisque la quasi-totalité des media généralistes tricolores traitent, au quotidien, du conflit proche-oriental, campés sur la sémantique colonialiste réinventée par Schattner et les théories fascisantes de Morin et du Monde.La récente justification juridique de cette haine, fondée toute entière sur des éléments controuvés comme toutes les approches racistes d’un questionnement, et irrationnelle, pose, pour la première fois à bon escient et en urgence depuis la promulgation des lois d’exception de Vichy, la question de savoir si les Juifs, les démocrates et les humanistes peuvent encore concevoir leur avenir dans cette France-là.
 
L’expérience l’a déjà démontré, des mots aux actes, on finit invariablement par déraper en l’absence de garde-fou. La justice hexagonale vient, par cette décision malheureuse, de faire sauter l’un des verrous sécuritaires dont elle avait la garde. Elle vient d’admettre le racisme dans le débat national. Et la crainte est grande que cette justice ne soit plus qualifiée à défendre une minorité nationale, qui a pourtant largement mérité sa place au sein de la société française depuis des siècles.
 
Un arrêt visant à absoudre des personnes qui prennent sciemment le risque d’allumer un incendie raciste contre les Juifs est largement pire qu’une décision qui consisterait à congédier sur le champ tous les policiers chargés de protéger les synagogues, les écoles et les lieux de rassemblement de la communauté juive française. Depuis la décision de la 1ère chambre civile, en effet, les Juifs sont reconnus constituer une communauté distincte du reste de la communauté nationale par la justice de leur pays, en cela qu’ils peuvent être publiquement considérés comme possédant une propension innée à maltraiter et à humilier les autres êtres humains ; il est évident que cette cassation constitue un encouragent pour tous les antisémites à ressortir des tiroirs les stéréotypes nauséabonds qui ont fait la gloire de Vichy et de la collaboration. Et puis, comment la même justice pourra-t-elle juger les justiciers volontaires, qui prendront sur eux de "protéger" par des actes violents la société contre les membres d’une nation malfaisante ?
 
La Ména a déjà été seule à réagir lors de la publication de l’article de Morin, Naïr et Sallenave, en en explicitant le caractère raciste et sa portée historique désastreuse ; aujourd’hui, nous tirons à nouveau et de toutes nos forces, la sonnette d’alarme. Mais où se terrent donc ceux qui prônent les valeurs de la République ? Où sont les Juifs, où sont les institutions juives de France ? Combien de fois peuvent-ils faire la même erreur et laisser, sans réagir, le pouvoir juridique, pouvoir suprême d’une démocratie, souscrire à la publication d’un texte qui clame le caractère ataviquement néfaste des Juifs ? Exactement à l’instar du 3ème Reich, qui autorisait à qualifier le peuple juif de dégénérescent...
 
 
 La justice doit être respectée quand elle est respectable. Pour que les pages les plus sombres de l’Histoire ne se renouvellent pas, je conjure – après avoir rempli ma tâche consistant à les informer – les démocrates français, les Français juifs, et les institutions qui les représentent, de porter le cas de cette décision souillant la justice et le peuple de France, devant la cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. Tant que ce déni de justice, au plus haut niveau du plus important des trois pouvoirs n’aura pas été réparé, le caractère démocratique de ce pays s’en trouve suspendu.
 
Notes :
 
[1] Le caractère d’un peuple est un élément atavique, non modifiable du fait de la volonté des membres dudit peuple ; exactement de la même manière qu’on ne peut pas demander à un individu de modifier son caractère. Mais le seul fait d’attribuer un caractère spécifique à une communauté, une nation, un peuple ou une race est constitutif d’un acte raciste. Un groupe de personnes ne pouvant, par les lois naturelles, partager un caractère commun.
 
[2] Voir différents articles publiés à ce sujet dans nos colonnes :
 
 

 

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