Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
Chávez, futur leader «arabe» ?
Par Jean-Hébert ARMENGAUD
Libération
Jeudi 20 juillet 2006
Le Venezuela va entrer dans... la Ligue arabe. L'affaire sera conclue en septembre, lors d'une signature officielle entre le bouillant président vénézuélien, Hugo Chávez, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Certes, le Venezuela ne sera que «membre observateur», car le pays sud-américain a peu de choses en commun avec le monde arabe - sauf le pétrole peut-être, dont le Venezuela est le cinquième exportateur mondial. Mais surtout, Chávez veut à tout prix décrocher, en octobre, une place de membre (non permanent) au Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui fait hurler les Américains, dont il est la bête noire en Amérique latine. Le président vénézuélien a entamé hier une «tournée mondiale» d'une quinzaine de jours, qui devrait notamment le mener en Iran dont il défend le droit à développer son programme nucléaire.
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Venezuela: Chavez en tournée pour renforcer sa position sur la scène internationale
Par Victor FLORES
CARACAS (AFP) - Le président vénézuélien Hugo Chavez, bête noire des Etats-Unis, va tenter de renforcer sa position sur la scène internationale lors d'une vaste tournée à l'étranger, notamment en Russie et en Iran.
Le bouillant chef d'Etat, dont les accents anti-impérialistes exaspèrent l'administration américaine, a annoncé que son périple avait pour but de "sauver le monde de tant de menaces et de guerres, de tant de faim et de misère".
Hugo Chavez débute sa tournée mercredi sur le continent sud-américain en se rendant, après une courte escale au Brésil, au sommet du Mercosur, le marché commun de l'Amérique du Sud, qui se tient jeudi et vendredi à Cordoba, en Argentine.
Le Venezuela vient officiellement d'adhérer comme cinquième membre, aux côtés du Brésil, de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, à ce bloc commercial, qu'il a appelé à "politiser" contre la puissance américaine, même si le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, voit dans cette adhésion un moyen de "modérer son discours".
Le président vénézuélien, qui doit se rendre ensuite en Europe de l'est, puis au Moyen-Orient et en Asie, n'a pas donné le détail précis de son agenda pour des raisons de sécurité.
M. Chavez a toutefois précisé qu'il serait au Belarus [NDCID - Bielorussie dernière dictature d'Europe] les 23 et 24 juillet et qu'il y rencontrerait le président Alexandre Loukachenko.
L'ambassade du Venezuela à Moscou a annoncé sa visite en Russie du 25 au 27 juillet. Il devrait y signer des accords de coopération militaire, portant notamment sur l'implantation au Venezuela d'une usine de fabrication de fusils d'assaut Kalachnikov, qui serait la première en Amérique latine.
Hugo Chavez a d'ailleurs acheté à la Russie 100.000 fusils d'assaut et des avions de combat Sukhoï 30, afin de contrer l'interdiction de Washington de vendre au Venezuela des armes ou des composants militaires de fabrication américaine.
Sa tournée au Moyen-Orient passera par le Qatar, qu'il a déjà visité quatre fois, et surtout par l'Iran, dont M. Chavez, narguant la Maison Blanche, soutient le droit à développer un programme nucléaire.
Le président vénézuélien, qui a annoncé qu'il fêterait son 52e anniversaire au Moyen-Orient le 28 juillet, a évoqué avant son départ le conflit entre Israël et le Hezbollah libanais, dénonçant le rôle des Etats-Unis.
Hugo Chavez a critiqué les opérations militaires israéliennes au Liban, affirmant que "la faute fondamentale revient à l'empire nord-américain, qui a armé et soutenu les attaques d'Israël, qui envahit et défie l'ONU depuis longtemps".
Le président du Venezuela, huitième producteur mondial de brut et seul pays latino-américain membre de l'Opep, devrait aussi profiter de son déplacement dans cette région pour défendre les cours du pétrole.
Mais cette tournée internationale, qui s'achèvera en Extrême-Orient et au Vietnam, est surtout destinée à rechercher des soutiens diplomatiques dans sa quête d'un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Le Venezuela mène depuis plusieurs semaines une intense campagne, en compétition avec le Guatemala, pour obtenir ce siège qui revient à la région englobant Amérique latine et Caraïbes. Faute de consensus, l'attribution du siège, laissé vacant en octobre par l'Argentine, doit être déterminée par un vote de l'Assemblée générale de l'ONU.