Liban: Paris réaffirme sa volonté de ne pas traiter avec la Syrie
PARIS (AFP) -
La France a réaffirmé jeudi qu'il n'était "pas souhaitable" de traiter avec la Syrie dans la recherche d'une solution au conflit entre Israël et le Hezbollah, alors que la diplomatie européenne s'active de plus en plus en direction de Damas.
"Il ne nous paraît pas actuellement souhaitable de nous déplacer en Syrie (ou) de nous entretenir avec les autorités syriennes", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, lors d'un point de presse.
Interrogé ensuite sur les raisons d'une telle politique, le ministre a cité la résolution 1595, adoptée en avril 2005 par le Conseil de sécurité des Nations unies après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et lançant une enquête internationale sur cet attentat.
"Cette enquête est très importante sur le plan international. Il ne faudrait pas qu'à l'occasion d'une discussion (sur le conflit au Liban: ndlr), on parle d'autres sujets", a dit M. Douste-Blazy à la presse à l'issue de sa conférence de presse.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, s'est entretenu jeudi avec le président Bachar al-Assad et le vice-président Farouk al-Chareh. La veille, il avait rencontré son homologue syrien Walid al-Mouallem, devenant le premier responsable occidental de haut rang à visiter la Syrie depuis plusieurs mois.
M. Mouallem a également eu un entretien téléphonique avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
Paris, tout en engageant le dialogue avec l'Iran, a exclu de traiter avec la Syrie, autre pays accusé de soutenir le Hezbollah. Le président Jacques Chirac a déclaré le 26 juillet que le régime syrien lui "paraissait difficilement compatible avec la sécurité et la paix" au Moyen-Orient.
Interrogé, dans une interview publiée lundi, sur l'opportunité d'une visite du Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, à Damas, M. Douste-Blazy avait répondu: "Ce n'est ni d'actualité, ni souhaitable