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| GHANDOURIYA (AFP) - Guerre de mouvement entre Israël et le Hezbollah au sud Liban La camionnette blanche du Hezbollah est remplie de mines rectangulaires. "Placées sur la route d'un char Merkava, elles l'ouvrent en deux", affirme Abou Ali en roulant à tombeau ouvert vers le front mouvant de la guerre de la milice chiite libanaise contre Israël. La camionnette d'Abou Ali et de son compagnon est le seul signe de vie, à part un chien abandonné, dans le village chiite de Ghandouriya à sept kilomètres du plus fort des combats. Les miliciens sont trop pris par la guerre pour se dissimuler. Ils portent leur treillis olive et avouent appartenir au Hezbollah, contrairement à ce qu'ils font dans les agglomérations habitées, plus loin du front. Couvert de poussière, Abou Ali dit avoir combattu les Israéliens tout le long des 80 km de frontière, de Aïta ach-Chaab à l'ouest, à Khiam à l'est. Ce champ de bataille est varié, passant de collines couvertes de buissons et de bosquets d'eucalyptus à proximité de la mer, aux escarpements arides et aux ravins encaissés quand on progresse vers la Syrie. Le Hezbollah utilise les lits asséchés des wadis pour cacher ses lance-roquettes. Immédiatement à l'est de Ghandouriya se dresse le village de Taïbé, théâtre d'affrontements parmi les plus violents depuis le début de cette guerre, déclenchée le 12 juillet après l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah à la frontière libano-israélienne. Les herbes sèches brûlent sur les collines autour de Taïbé. Le feu, déclenché par les projectiles israéliens et attisé par le vent, franchit une route, coupée par les raids israéliens et rouverte par le Hezbollah qui essaie de maintenir ses voies de ravitaillement. Les deux camps semblent suivre la même tactique de guerre de mouvement. L'artillerie israélienne fait tomber une pluie d'obus sur les ravins pour couvrir la progression de ses blindés et de ses chars mais continue à essuyer des pertes en cherchant les lance-roquettes qui frappent Israël presque toutes les nuits. D'après le chroniqueur militaire israélien Ze'ev Schiff, la plupart de ces pertes lui ont été infligées par des unités spéciales anti-chars du Hezbollah. Ceux-ci sont équipés de lance-roquettes RPG-29 fabriqués en Russie, vendus à la Syrie et livrés ensuite à la milice libanaise, écrit dans le journal Haaretz l'expert le plus reconnu en Israël. Comme leurs adversaires, les Israéliens évitent d'occuper des positions fixes. Au cours des derniers jours, ils ont abandonné plusieurs villages pour attaquer ailleurs. Depuis son bureau au quartier général de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), Ryszard Morczynski, conseiller politique des Casques bleus, peut observer les échanges de roquettes du Hezbollah et d'artillerie israélienne. Il estime qu'Israël a tiré les leçons de ses 22 années d'occupation au Liban et ne veut pas tenir des positions durables, "une tactique toujours coûteuse face à une guérilla". "Occuper les villes ne semble pas vraiment les intéresser", dit-il. Ils entrent, nettoient le secteur et se retirent". Contrairement à l'invasion de 1982, où l'Etat hébreu avait engagé le gros de son armée dans une progression éclair jusqu'à Beyrouth, les forces israéliennes lancent de petites incursions et se retirent. Dix mille hommes ont franchi la frontière. Mais près de quatre semaines après le début de la guerre, la menace israélienne d'occuper une zone tampon jusqu'au fleuve Litani ne s'est pas matérialisée. |
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