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PARIS (Reuters) - Bachar al Assad a reçu mardi à Damas le député socialiste Jack Lang, premier responsable français à rencontrer officiellement le président syrien depuis le début de la guerre au Liban il y a environ un mois.
L'ancien ministre a précisé à Reuters qu'il avait prévenu le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, de sa démarche "entièrement personnelle" qui se situe dans le droit fil de la position du Parti socialiste.
Lundi, au nom de son parti, Jack Lang a demandé à Jacques Chirac de n'écarter aucun pays dans les négociations en vue d'une issue au conflit au Liban, Syrie comprise.
Face à Bachar al Assad, il a défendu les efforts diplomatiques français, notamment la séquence en trois étapes préconisée par Paris pour sortir de la crise au Liban : cessez-le-feu, accord politique puis déploiement d'une force multinationale.
"Je lui ai dit que je soutenais les efforts de la diplomatie française dans la région mais qu'il ne fallait pas à nos yeux écarter la Syrie. C'est la thèse officielle des socialistes français", a-t-il déclaré au cours d'un entretien téléphonique de Damas.
Pour Bachar al Assad, a rapporté Jack Lang, l'interprétation selon laquelle Damas bloque tout processus de paix dans la région "n'est pas exacte". Le président syrien estime que "les portes de la paix sont ouvertes", a-t-il expliqué.
"Il a dit qu'il était favorable à un cessez-le-feu équitable et qu'il approuvait les sept points du plan Siniora", a-t-il raconté, allusion à la proposition du Premier ministre libanais.
De plus, "il est favorable à un accord provisoire de paix pour la région mais, à ses yeux, il doit s'agir d'un processus d'accord général et régional sans aucune exclusive".
Interrogé sur l'influence que pourrait avoir le gouvernement syrien sur le Hezbollah, Bachar al Assad a estimé qu'il s'agissait d'une "question libanaise seulement".
"Il considère que le Hezbollah est libre de ses comportements", a expliqué Jack Lang.
La diplomatie française a été en pointe en 2004 pour parvenir à l'adoption de la résolution 1559 des Nations unies, prélude au départ des troupes syriennes du Liban.
Après l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier libanais Rafic Hariri, un proche de Jacques Chirac, Paris a également beaucoup oeuvré pour l'ouverture d'une enquête internationale aux côtés des Etats-Unis.
Depuis, Paris ne juge "pas souhaitable" de parler à Damas mais multiplie en revanche les gestes d'ouverture en direction de Téhéran.
Selon Jack Lang, Bachar al Assad "aimerait renouer avec la France. Il est attristé de la situation diplomatique actuelle avec Paris".
Le "présidentiable" socialiste doit rentrer à Paris mercredi et devrait rendre compte de son entretien au ministre des Affaires étrangères.
"Petit poucet venu apporter son petit caillou blanc pour la paix", il a également prévu de rencontrer avant la fin du mois le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, en Israël.