Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
| Sous les bombes, les habitants de Beyrouth vivent aussi dans la crainte de la guerre civile © Le Temps. www.letemps.ch
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| PROCHE-ORIENT. Les Beyrouthins appréhendent la reconstruction de l'Etat libanais avec le Hezbollah, seul groupe armé. | |
| Des Libanais aidant d'autres Libanais, malgré les rancœurs de la guerre civile, ce sont les images qui défilent sur tous les écrans télévisés du monde. Pourtant, derrière la solidarité affichée se cache une autre réalité. Celle de l'angoisse de l'après-guerre. Que se passera-t-il quand le bruit des armes se sera tu? Les Beyrouthins ont de plus en plus peur que de nouvelles divisions ne surgissent une fois que l'émotion des premières semaines laissera place à un problème bien concret: la nécessité de reconstruire un Etat. Et surtout, les chrétiens, sunnites et Druzes sont exaspérés par le fait que seule l'une des communautés confessionnelles dispose d'une puissance de feu. Cette situation entraîne, de fait, un déséquilibre des rapports de force internes et représente une menace à long terme. Qui peut, en effet, garantir qu'un jour le Hezbollah ne retournera pas ses armes à l'intérieur du pays? Le chef druze Walid Joumblatt, qui considère le Hezbollah comme un dangereux cheval de Troie syro-iranien à l'intérieur du pays, fut l'un des premiers à oser défendre, haut et fort, cette position. Oser, car l'aile militaire du parti de Dieu fait office de résistance officielle au Liban, celle qui se bat pour le retrait de l'armée israélienne des fermes de Cheeba, occupées depuis 1967, le retour des prisonniers libanais détenus dans des geôles de l'Etat hébreu, la défense du territoire national. Et la population chiite la soutient massivement. En effet, aux yeux de la communauté internationale, les fermes de Cheeba sont syriennes. Dès lors, aucune démarche ne pouvait être lancée, au nom du Liban, pour obtenir un retrait israélien de ces quelques kilomètres carrés. Enfin et surtout, parce que chacun croit encore en une solution politique. Les cartes sont désormais entre les mains des Nations unies. Si elles n'imposent pas à l'armée israélienne de se retirer du territoire libanais, y compris des fermes de Cheeba, le Hezbollah n'aura aucune raison de renoncer à son arsenal militaire, et le gouvernement de Fouad Siniora aura toutes les peines du monde à faire aboutir un processus de négociation vital pour l'avenir du pays. |
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