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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Metula News Agency © 

  

"Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde" (Albert Camus)

 

 © Metula News Agency

El Alam (info # 012012/6)

Par Viviane Miles

 

Que le journal Le Monde ne soit pas absolument impartial, ça on l’avait compris depuis un moment déjà. Mais l’édito paru le 18 décembre dernier sous le titre « Impasse palestinienne », tient plus du tract de propagande en faveur du Hamas que d’une tentative d’analyse objective de la situation prévalant dans les territoires palestiniens.

 

Ce bref édito, anonyme et partisan, cumule les mensonges et les conclusions hâtives, dans le but de démoniser directement Israël et indirectement l’Amérique, et de délégitimer le président Abbas, sans apporter la moindre information ni critique pertinente qui permettrait de justifier ce déchaînement d’arbitraire.

 

Selon le rédacteur de ce papier, les divergences politiques entre le Hamas et le Fatah se limitent au désir de dialoguer avec Israël pour le président Abbas et au refus de reconnaître Israël, pour les intégristes. Une manière comme une autre de faire comprendre que si l’Etat hébreu était hors jeu – entendez par là s’il n’existait plus -, il n’y aurait plus de brouille entre les deux factions rivales palestiniennes.

 

C’est, en dépit des poussées de fièvre islamiste du Monde, prendre un sérieux raccourci que de négliger les incompatibilités entre les approches des laïcs et celle des islamistes, ou les luttes intestines de pouvoir, ainsi que le rôle de la communauté internationale. Vouloir, à n’importe quel prix et au mépris de la réalité, impliquer la responsabilité d’Israël dans les luttes fratricides palestiniennes ne sert que la cause des fauteurs de guerre. Et en aucun cas celle de tous ceux qui souhaitent, de toutes leurs forces, avancer vers la paix que le Hamas rejette, même à l’état de principe.

 

Ainsi, l’éditorialiste du Monde « prend-il plaisir » à désigner un « coupable idéal », en alléguant que l’ « économie [de l’Autorité Palestinienne] subit un blocus israélien opiniâtre que les Européens et les pays arabes tentent de compenser à grands frais, pour un résultat plus que médiocre. ».

 

En l’occurrence, c’est surtout la tentative de mystification de l’éditorialiste qui a le souffle court. L’auteur de ce verbiage aurait tout de même pu se renseigner de manière quelque peu professionnelle sur les véritables raisons d’être du blocus économique. Sur l’identité des Etats et instances qui ont décidé de l’appliquer ainsi que sur les conditions qu’ils ont posées à sa levée. Il ou elle aurait appris que c’est le Quartette, composé des Nations Unies, de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la Russie, qui a décidé de l’interruption du versement des subventions allouées à l’Autorité Palestinienne, et ce, depuis l’arrivée de l’organisation terroriste Hamas au pouvoir et tant que cette dernière ne reconnaîtra pas le droit à l’existence de son voisin israélien. Prétendre que l’Etat hébreu est responsable de l’arrêt du paiement de la manne internationale est une tromperie de la pire espèce, puisqu’elle se base sur un mensonge qui prend sa source dans une détestation irrationnelle d’Israël.

 

Une énième tromperie antisémite du Monde, destinée à dissimuler le fait que le gouvernement Hamas et sa volonté hystérique d’anéantir Israël, sans en avoir les moyens, comme le relève mon camarade de la Ména Sami El Soudi, a précipité le peuple palestinien et son destin au fond d’un abîme profond dont il est bien difficile de s’extraire.

Quant à écrire que le président palestinien « est le jouet de l’unilatéralisme israélien soutenu par Washington », cela reprend très exactement la dialectique du Hamas, dont la principale accusation délirante à l’encontre de Mahmoud Abbas est d’être à la solde de l’entité sioniste. Si ce discours est classique, voire redondant, chez les islamistes les plus radicaux, il est injustifiable autant qu’aberrant dans les colonnes d’un media généraliste français.

 

En prétendant qu’Israël est responsable de ne pas se laisser exterminer et Abou Mazen de ne pas rejoindre cette politique de la Shahyda – du martyre – jusqu’à la destruction totale de la Palestine, l’éditorialiste du Monde prend effectivement parti pour les génocidaires-suicidaires fiers et heureux ! Les seuls intervenants dans cette crise, qu’il ne critique pas…

 

Les dernières lignes de cet édito sont tout aussi extravagantes que le reste de cette infecte plaidoirie en faveur des terroristes fondamentalistes islamistes. Parlant de Mahmoud Abbas, El Alam el Islami (« Le Monde islamique », en arabe) proclame : « En huit mois, le premier ministre israélien n’a pas jugé bon de l’inviter une seule fois. ». Le ton péjoratif employé par le confrère ne reflète pas la réalité des faits. A diverses reprises, il y a eu des contacts entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas, à la fois directs, et via des intermédiaires. Ces approches sont inspirées par une même volonté de trouver une solution raisonnable et durable au conflit israélo-palestinien. Les deux dirigeants se sont rencontrés le 22 juin 2006 à Petra, en Jordanie (il y a presque sept mois, Einstein ! Ndlr). Trois mois plus tard, soit le 22 septembre 2006, dans une interview au quotidien Yedioth Aharonot, le premier ministre israélien s’est déclaré prêt à rencontrer le président palestinien sans condition préalable.

 

A trop forcer le mouvement du côté du camp terroriste, le journal de Colombani se discrédite totalement et tout seul. Ce n’est pas uniquement la faute de l’Internet et de l’audiovisuel si ce quotidien sombre dans le rouge à la vitesse d’un avion en perdition. Le public est bien moins simplet que certains ne se le figurent ! Il suffit de lire les réactions des internautes sur le forum du même Monde pour le constater. Les lecteurs commencent en effet à prendre la mesure de la grossière manipulation dont ils sont victimes de la part de la rédaction. Ils comprennent peu à peu que la recherche de la vérité ne se trouve pas dans ses pages. A l’exception notable d’un ou deux arriérés antisémites, dont on retrouve d’ailleurs régulièrement les signatures dans ces débats, l’immense majorité des réactions témoigne du ras-le-bol du peuple de se faire servir d’aussi grasses contrevérités à la louche.

 

Les dirigeants du Monde sont-ils encore capables d’évaluer ces signaux d’alarme dans leur juste urgence ? Si aujourd’hui ils peuvent encore lire les réactions de leurs lecteurs, au train où vont les choses, il n’y aura bientôt plus de réactions car il n’y aura plus de lecteurs. Il est temps que le Monde et partant, les autres media généralistes français, intériorisent la différence fondamentale qui existe entre informer et militer. La majorité des lecteurs de se pays n’appartient pas au Hamas, ne rêve pas d’une nouvelle Shoah et ne déteste pas Mahmoud Abbas. Et ce n’est pas demain la veille que nous porterons le Tchador, et si cela devait arriver, ce serait longtemps après la fin du Monde

 

 

 

 

 

 

 

Metula News Agency ©  

La guerre civile, c'est maintenant

(info # 011912/6) [Analyse]

Par Sami El Soudi

© Metula News Agency

 

Hier, lorsque l'ancien ministre et baron du Fatah, Soufian Abou Zaïda, a été kidnappé par le Hamas, les responsables des forces fidèles au président Abbas ont lancé un ultimatum d'une heure aux islamistes pour le remettre en liberté. La menace précisait que si Abou Zaïda n'était pas relâché durant ce laps ou s'il lui était fait le moindre mal, le Fatah entamerait une offensive généralisée contre la Résistance Islamique.

 

Pour rendre leur menace encore plus tangible, les présidentialistes se sont à leur tour saisi d'une douzaine de miliciens appartenant à une unité de combat du Hamas, ainsi que de l'un de ses commandants, Emad Deeb, affirmant qu'ils allaient en abattre trois à chaque heure de détention de l'ancien ministre.

 

Abou Zaïda, qui était tombé dans un guet-apens alors qu'il circulait seul dans sa voiture dans le Nord de la bande, a été remis en liberté presque instantanément suite à la réception de l'ultimatum. Pour expliquer cette subite relaxe, le porte-parole du Hamas parlait d'un geste "de bonne volonté". Bonne volonté ? Alors pourquoi avoir monté préalablement une opération commando grand spectacle – deux véhicules bourrés de miliciens qui bloquent les accès et un troisième d'où sortent les kidnappeurs – pour capturer Zaïda ? En guise de "mauvaise volonté" ?

 

Les échanges de feu se multiplient entre les factions rivales, la liste des morts et des blessés s'allonge. Nous sommes entrés dans la guerre civile palestinienne ; ceux qui s'attendaient à des batailles rangées, à des offensives, des contre-offensives et à des manœuvres d'envergure n'ont pas saisi la spécificité de cet affrontement. Chacun fait la guerre comme il sait, avec les armes et le personnel à sa disposition. Or les spécialités locales, ce sont le coup de main, l'attaque surprise, l'attentat, l'assassinat, non la "guerre de tranchées".

 

On se bat pour le contrôle d'un ministère, pour l'occupation d'un point stratégique ou symbolique. On s'attaque aux biens des chefs ennemis et on jette ses partisans armés dans la rue. Ces derniers forment ainsi des manifestations-démonstrations de force en tirant en l'air. Souvent, parce que ce sont des excités et des maladroits, ils blessent ou tuent un passant, un spectateur. D'autres fois, comme cela s'est passé samedi dernier lors d'une "manifestation" de masse du Fatah, les miliciens adverses tirent carrément dans le tas…

 

Les manœuvres coordonnées possédant la capacité de donner la victoire à un camp ou à l'autre sont rares. Ce, pour la simple raison qu'aucun des protagonistes ne dispose d'hommes ayant la discipline ou l'expérience nécessaires pour effectuer ce genre d'exercices.                                                                                                             

 

Et puisque l'horizon politique semble totalement bouché, on pourrait bien s'enliser dans un chaos durable. Jamais le terme "dead-lock" (impasse) n'aura mieux convenu à décrire une situation. Une situation qui était si prévisible, que nous l'avions prédite le lendemain même de l'élection du parlement à majorité islamique : le Hamas veut continuer à lancer ses Qassam sur le Néguev jusqu'à l'éradication d'Israël, mais à cette cadence et avec ces moyens, 100'000 ans ne suffiraient pas à atteindre l'objectif. D'autre part, les islamiques-islamistes refusent catégoriquement le principe des deux Etats pour deux peuples et les dispositions qui s'ensuivent, à savoir la reconnaissance à Israël du droit à l'existence et celle des traités que l'Autorité Palestinienne a signés avec l'entité sioniste.

 

Or cette fois, la communauté internationale – le monde arabe y compris – applique un boycott officiel ou de fait contre le gouvernement d'Ismaïl Hanya. De plus, elle a coupé l'essentiel de son aide économique qui seule nous permettait de survivre. Et puis, on l'oublie souvent, du fait de ces mesures internationales et du manque d'argent, le développement industriel et économique de la Palestine est totalement paralysé. Pire encore, les quelques réalisations dans ces domaines qui étaient dignes d'intérêt, notamment les projets conjoints avec les Israéliens, se sont effondrés les uns après les autres.

 

Et ces catastrophes en chaîne ne sont rien encore comparées à l'hécatombe que nous fait subir la politique suicidaire du Hamas. Que ses coups d'éclat coûtent cher ! Depuis l'enlèvement du caporal Shalit, ce ne sont, d'après les estimations rendues publiques par le président Abbas, pas moins de 500 miliciens ou terroristes qui ont rendu l'âme sous les coups de boutoir de Tsahal et 4'000 autres qui ont été blessés. Près de 40% des éléments armés originaires de la bande auraient ainsi été atteints. Pour quel résultat ? Quel avantage la détention du jeune caporal nous a-t-elle procurée ?

 

Il est clair que, d'un point de vue strictement palestinien, l'expérience d'un gouvernement islamique n'est plus supportable. Vous imaginez bien, chers lectrices et lecteurs, le calvaire que traverse notre peuple, pris en tenaille entre les irréguliers armés, qui ouvrent le feu quand cela leur chante, où cela leur chante et contre qui cela leur chante. Ils sont les petits rois fous du macadam. La vie est devenue impossible.

 

Mahmoud Abbas, quant à lui, jouissant d'un très large soutien financier et logistique à l'étranger, en Israël et dans le monde arabe, a décidé d'en finir, de reprendre la main. Sa décision ferme de convoquer de nouvelles élections présidentielles et générales est courageuse. Elle ne ménage au Hamas que deux options, deux types d'affrontements : celui des urnes ou celui du pavé. Et dans les deux cas, les fondamentalistes n'auront pas l'avantage, ce qui les rend à la fois prudents et nerveux dans leurs déclarations et leurs actes : ils ne seront pas ceux qui franchiront le point de non-retour.

 

Mais pour Abou Mazen, il est absolument exclu d'envisager pouvoir tenir, sous trois mois, comme il l'a prescrit, des élections à Gaza. Les locaux de vote se mueraient en tire pipes et les électeurs en pigeons. En Cisjordanie, une consultation est possible, mais chaque bureau de vote aura les allures d'un camp retranché.

 

Dans ces conditions, les plus pragmatiques d'entre vous se demanderont pourquoi ne pas prendre les devants et profiter de cette période de regain de sympathie pour défaire le Hamas et ses alliés avant les élections. A question claire, réponse sans ambages : une décision militaire coûterait entre 10 et 30'000 morts – suivant si les combats s'étendent à la Rive Occidentale – et le triple en blessés et en estropiés. Ce, à raison de deux victimes du Fath' pour trois islamistes environ. Or tout Palestinien comprend sans faire d'effort que la décision de donner le feu vert à un tel massacre soit terrible à prendre pour le président. Notre ennemi, depuis la fondation de notre cause, c'était Israël, non nos frères, aussi est-ce presque un fratricide que de lever son arme contre un autre Palestinien, un sentiment quasi monstrueux…

 

Ceci dit, dans l'autre plateau de la balance, on trouve la possibilité de conclure la paix avec nos voisins et de vivre. En l'état actuel des choses, un Abbas victorieux des islamiques et un Olmert affaibli, au sein d'un peuple israélien avide de calme et ayant perdu ses illusions de puissance militaire invincible pour l'éternité, concluraient la paix en quelques mois. Les deux sont à point pour des discussions sérieuses et globales, les deux l'ont affirmé. Je les crois.

                          

L'option choisie par Abbas semble consister à laisser la marmite bouillir jusqu'à ce qu'elle explose d'elle-même. Ce, tout en ménageant à Hanya la possibilité, à n'importe quel moment, de faire cesser l'affrontement en adoptant les principes de gouvernement de l'OLP et celui… des élections anticipées. Afin de montrer à ses concitoyens qu'il n'est pas le fossoyeur du Hamas mais que les fondamentalistes sont leurs propres bourreaux. Après nous avoir sacrifiés, nous les Palestiniens, sur l'autel de leurs dogmes de caractériels, s'entend !

 

 

 



 

EXCLUSIF REVELATIONS

- ISRAEL CHRISTIANISME et JUDAISME

- LE TRESOR DU TEMPLE

- Interview du Père Emile Puech :

Le rouleau de cuivre de Qumran ne traite pas du trésor du Temple de Jérusalem.

 

 

Le Père Emile Puech, dominicain, de l’Ecole biblique et d’archéologie de Jérusalem, directeur de recherches au CNRS, auteur de multiples publications, a abordé les manuscrits de la mer morte en tant qu’étudiant à Paris, puis en tant que chercheur depuis une bonne trentaine d’année.

déc20

Par Mati Ben-Avraham

C’est l’un des grands spécialistes mondiaux de la question essénienne. Ces temps derniers, entre autres activités, il a mis un point final à une formidable aventure scientifique, qui autorise une approche renouvelée du développement de ce courant du judaïsme d’avant la destruction du 2ème Temple.

Il s’agit de la restauration des « rouleaux de cuivre », dont le contenu a donné lieu à des interprétations des plus farfelues, à des recherches style Indiana Jones et j’en passe…

Ses travaux seront publiés sous peu, par une maison d’édition hollandaise, spécialiste de ce genre d’ouvrage. Il a réservé à « Israelvalley » la primeur de ses conclusions.

Mati Ben-Avraham : Père Puech, situez-nous la place de ce document, dans le contexte général des manuscrits découverts à Qumran, à l’extrémité nord de la mer morte.

Père Emile Puech : C’est un rouleau spécial et unique. Il a été découvert par le Père de Vaux et son équipe lors de l’exploration de la falaise, en mars 1952 – 8 kilomètres environ – dans l’une des grottes situées le plus au nord (en ce temps, cette partie de la mer morte et du désert de Judée étaient sous souveraineté jordanienne tout comme la partie oriental de Jérusalem où se trouve l’Ecole biblique et archéologique. MBA).

De cette grotte, il a été retiré deux rouleaux de cuivre, le plus petit en- dessous, le plus grand au-dessus. Ce qui signifie, à mon sens, que c’est celui qui l’a déposé est aussi celui qui l’a enroulé et, à mon sens encore, celui qui l’a gravé. Et quand il l’a roulé, les rivets de la première feuille, celle qui se trouve donc à l’intérieur, se sont cassés. Ce qui fait que nous avons deux rouleaux, mais qui n’en font qu’un.

L’emplacement où il a été trouvé est également important et il est heureux que ce fut des archéologues et non pas des bédouins. Il était déposé au fond de la grotte, dont l’entrée s’est écroulée, et derrière laquelle ont été trouvés des débris de jarres et des restes de cuivre. Ce qui me fait dire que le rouleau appartient aux même groupe de documents.

Aussi, il est inimaginable que des gens soient entrés dans la grotte, au plafond bas, à l’entrée écroulée pour aller cacher ce rouleau au fond. Ce qui est très important dans la mesure où des personnes ont voulu dissocier le rouleau du reste, pour en faire une liste de trésors cachés se rapportant au Temple de Jérusalem.

Ceci ne tient pas debout, vu comment ce rouleau a été trouvé.

MBA : Mais voilà, ce rouleau a été trouvé en piètre état !

Père Emile Puech : Oui, c’est du cuivre mais, somme toute, il ne s’est pas si mal comporté en 2000 ans. Ceux qui l’avaient conçu estimaient, et à juste raison, que ce support perdurerait mieux que le cuir ou le papyrus. Mais le cuivre a aussi son temps de vie. Il n’est pas éternel. Et le temps a passé.

Selon les spécialistes des métaux, il ne reste plus que de l’oxyde de cuivre, qui est un métal instable. Si bien que, maintenant, on dirait que c’est du papier cigarette que l’on touche. C’est très, très, très léger. Alors, quand le père de Vaux a trouvé ce rouleau, il a été impossible de l’ouvrir. Il a lancé une demande de conseils, une enquête pour savoir comment procéder pour pouvoir lire le texte gravé. Beaucoup de personnes ont répondu. Des réponses assez farfelues. Comme celle d’un rabbin d’Europe ou des Etats-Unis, je ne me rappelle plus, qui conseillait de le tremper dans de l’huile bouillante pour l’adoucir, l’assouplir… Le seul qui a présenté un projet raisonnable était un anglais, le professeur Bekker de Manchester.

Il avait conçu une machine avec des bras articulés, comme chez les dentistes, et une petite scie. L’idée a été acceptée. Le rouleau a été découpé, par segment de ¾ de circonférence, à peu près, en passant entre les colonnes pour endommager le moins possible les lettres. Le déchiffrement était difficile, car il était impossible de prendre des photos valables. En l’absence d’une surface plate, vous focalisez sur une partie, et le reste est soit en dehors de l’objectif, soit déformé. Le tournant est intervenu au début des années 1990.

L’Electricité de France (EDF) a été sollicitée par le Musée d’Amman où le rouleau reposait sous verre depuis son retour de Manchester. EDF, il faut le savoir, est spécialiste à la fois de la pierre et du cuivre : la pierre en raison de la construction des barrages, le cuivre qui est un excellent conducteur d’électricité. Une équipe de la société française travaillait alors à Petra, pour une tentative de sauver le site, attaqué par un excès de salinité et d’autres choses. 40 ans après sa découverte par le père de Vaux, en 1993, le précieux rouleau a été emporté à Paris. Avant de commencer quoi que ce soit, ce qui était très astucieux, les spécialistes ont procédé à un état du document.

Ils ont, entre autres, réalisé des radiographies, comme pour le corps humain. Et quand j’ai vu ces photos, j’ai été estomaqué par le résultat obtenu. Je n’avais jamais vu des photos aussi claires, aussi belles. Extraordinaire. C’est alors que j’ai été appelé été à me joindre à l’équipe en raison de mes compétences propres. J’ai donc travaillé sur ces radiographies. Puis, il m’a été demandé de faire un relevé graphique à partir de ces photos.

J’ai répondu : impossible ! Les bords étaient, en effet, déformés et je ne pouvais m’amuser à progresser millimètre par millimètre. Je leur ai dit d’effectuer un moulage. Impossible ! m’a-t-on rétorqué. Trop fragile ! En fait, l’équipe n’a pas baissé les bras. Elle a cherché des solutions.

Elle y a mis le temps, mais finalement les spécialistes ont abouti à un produit qui ne soit pas oxydant, destructeur pour la surface, très léger, très fluide pour épouser toutes les aspérités de la surface et très souple pour s’enlever et être mis à plat. A partir de là, ils ont fait des répliques en plâtre, un support neutre, passé ensuite dans un bain spécial de cuivre pour, à l’arrivée, obtenir des plaques plates, répliques exactes de la surface première.

Un rouleau de 2m30 de long. Chapeau aux techniciens d’EDF. Cette recherche va être profitable A partir de là, je crois que EDF est en mesure de proposer diverses solutions de restauration aux Musées, au cas par cas. Moi, j’ai été ahuri par le résultat. A partir de là, il m’a été possible d’exécuter un dessin, qui a été fort utile pour le déchiffrement.

MBA : Parlons-en de ce déchiffrement…

Père Emile Puech : En fait, je n’avais pas attendu la réplique pour commencer mon travail de déchiffrement, d’annotations. Je me suis appuyé sur les radiographies. Ce n’est que vers la fin que j’ai pu bénéficier de la réplique. Ce qui m’a permis de revoir certains passages, d’opérer des mises au point.

Alors, c’est un texte très particulier que celui-ci. Vous avez une liste d’indications : à tel endroit, sous la pierre, à tant de coudées, telle chose…C’est un texte très stéréotypé. Il n’y a pas de phrases fluides. Ma difficulté était de savoir comment localiser les lieux en question. Il n’y a jamais la mention de Jérusalem.

Je pense qu’il est question du Temple, mais sans le dire. Et puis, il y a des mots, des noms, des choses. Tel arbre. Telle maison. Tel canal. On n’a pas le cadastre de l’époque. C’est très difficile, donc. Je suppose qu’un lieu est Jéricho, un autre Siloé, le Cédron. Sokoka revient plusieurs fois, qui est pour moi l’ancien nom de Qumran. Ce que je crois avoir résolu, c’est que j’ai en mains une liste double.

Les 15 ou 16 premières entrées mènent quelque part depuis le Jourdain, on tourne autour de Jéricho et on monte vers Jérusalem, au sud et à l’est de la ville. J’ai sept fois trois lettres en grec, à la fin du livre. Je pense que ce sont des abréviations de noms propres de gens responsables de secteurs, de groupes, de caches. De là à la 60ème entrée, il n’y a plus ce genre d’indication.

Il me semble que l’on revient à nouveau dans le même secteur, en gros autour de Jéricho pour revenir à Qumran, vers le barrage et l’on remonte le Cédron pour arriver aux alentours de Bethléem et de Jérusalem. A mon avis, il s’agit d’une autre liste de cachettes, placées directement sous la responsabilité de la communauté elle-même. A la fin, dans les trois dernières lignes, il est fait état de copies, probablement en cuir ou papyrus, déposées à l’entrée du tombeau… Et voilà !

L’hypothèse est que le rédacteur a effectué une copie en cuivre d’originaux en cuir ou papyrus, moins détaillée, de manière à ce que après X temps, on puisse au moins retrouver un rouleau de cuivre pour retrouver les choses cachées ailleurs, que les gens devaient connaître mais que maintenant nous ne connaissons plus.

MBA : Le contenu de ces caches.

Père Emile Puech : De tout : des rouleaux qu’il ne faut pas abîmer, des objets, des habits, de la monnaie, en or, en argent. C’est laconique. Dans le pigeonnier X, dans le séchoir Y près de Jéricho, tel canal à tant de distance…Absolument impossible à localiser. Alors, d’aucun phantasme sur le contenu de ces caches. De l’or. De l’argent. Le trésor du Temple. Il ne faut pas rêver.

Pour moi, l’intéressant – je le dit dans ma conclusion du livre à paraître- c’est, dans la mesure où l’on peut définir cette topographie qui nous échappe, c’est de retrouver la géographie de l’implantation du mouvement essénien, soit dépendant directement de la communauté, soit d’obédience essénienne, c’est-à-dire ceux qui se reconnaissaient davantage dans ce courant que dans celui des pharisiens ou des sadduciens. On les retrouve, en gros, autour de Jéricho, Bethléem, Tekoa, Jérusalem. Rien à l’ouest !

Trois autres sites : Har Guerizim – qui peut-être celui que l’on connaît, mais il y a aussi un Har Guerizim, à l’époque plus tardive, à l’ouest de Jéricho ; Beit Sheam, avec un M et non un N mais je pense que c’est bien Beit Shean ; et il y a Bezek, que je localise entre le Guerizim et Beit Shean. Rien en Galilée. Rien sur le Golan. Rien en Jordanie. Pour moi, c’est une révélation intéressante car, jusqu’ici, il était fait une lecture factice, après coup, qui ne présentait aucun intérêt historique. Chacun tirait la couverture à soi, pour justifier son interprétation. Je crois être assez proche de la réalité historique. J’attends les critiques qui ne manqueront pas.

MBA : Dernière question, père Puech : quelle est, aujourd’hui, votre hypothèse quant aux origine et développement du courant essénien, de ce Maître de justice, de l’approche religieuse qui le distinguait des pharisiens et des sadduciens ?

Père Emile Puech : Pour moi, le mot essénien qui vient, en français, du latin esseni et du grec essenoï, est la traduction du mot hébreu Hassid, en araméen Hassin, au pluriel Hassiyah, d’où essenoï. C’est le courant religieux traditionnel du judaisme ancien, de l’époque perse et du début de l’hellénisme. C’est le courant orthodoxe. Simon le Juste était un représentant de ce courant. Vous savez qu’à un moment, le grand prêtre Onias III est parti en mission auprès du roi seleucide. Son frère, Jason, pro-grec, en a profité pour prendre le pouvoir. Il a été assassiné trois ans plus tard par son cousin, Menelas, pro-helléniste également. A la mort de Menelas, c’est Alcime qui lui succède. Il meurt en 159. De là jusqu’en 152, il n’y a pas de grand prêtre, officiant au Temple de Jérusalem. Puis arrive Jonathan Maccabée. Il n’était pas, tout comme Menelas, de la lignée des grands prêtres. A mon avis, le fils de Onias III, dont on n’a pas le nom, n’était pas en âge d’être grand prêtre en 159, mais l’étant à la mort d’Alcime et il a été nommé grand prêtre. Les hassidim ont combattu aux côtés des Maccabées pour éliminer l’hellenisme. Seulement, à la mort de Judas Maccabée, son frère Jonathan, qui avait la haute main sur l’administration civile, également stratège, a pris le relais. Il avait la charge de restaurer Jérusalem, mais aussi de continuer la guerre. Il a engagé des mercenaires. Il lui fallait donc des sous. C’est ce qui lui manquait le plus. Et où trouver de l’argent, sinon dans la banque de l’époque : le Temple. Le grand prêtre, dont on ignore le nom mais je crois qu’il s’agit de Simon, a répondu: “non, pas question. Cet argent est sacré, il est interdit de le détourner.” Jonathan s’est incliné, mais il a fait alliance avec les séleucides qu’il combattait peu de temps auparavant pour chasser le grand prêtre et se nommer lui-même grand prêtre légitime. ” Simon ” est parti,a fui Jérusalem, suivi des prêtres fidèles à la lignée Tzadok, emportant selon toute vraisemblance des rouleaux de la bibliothèque du Temple, des ustensiles cultuels, des habits sacerdotaux afin de pouvoir le culte authentique après leur retour car, entre-temps, ce coquin de Jonathan avait adopté le calendrier solaire et, par conséquent, avait bouleversé le calendrier liturgique.

Le grand prêtre légitime, que je nomme Simon, s’est établi dans le désert avec les siens, convaincu que Dieu fera périr ce faux prêtre de Jonathan. Celui-ci est bien mort en 143 de manière peu brillante. Mais c’est son frère qui a pris le pouvoir. Le retour a donc été bloqué. Et comme Simon n’était plus très jeune, il a perdu tout espoir de retrouver sa fonction, à Jérusalem. A ce moment là, à mon avis, le groupe de Qumran s’est organisé, a pris ses dispositions pour pallier aux sacrifices sanglants par une autre forme. Ce fut la louange. Et puis, quand on est isolé, on se met à édicter des règles d’organisation, de plus en plus strictes, pour éviter toute déviance. C’est ainsi, à mon sens, que s’est constituée la communauté, formée de célibataires, à Qumran. Parce que le groupe de prêtres et de lévites, de service une semaine au Temple, devait observer un état de pureté cultuel, les femmes étant à la maison.

Quittant Jérusalem, ils ont appliqué cette pureté au sein de leur communauté, sorte de substitut du Temple et pour aussi, partir en guerre en état de pureté rituelle, pour que Dieu leur accorde la victoire. Voici deux motifs de célibat temporaire, dans l’attente du retour à Jérusalem pour y rétablir le culte, selon leur conception du judaïsme authentique. Le groupe a également développé une eschatologie propre, avec l’intervention successive des deux messies, calculs à l’appui, selon leur calendrier propre. Après la mort de Simon, ils ont vécu dans cette attente du messie. Mais sans composer de noux textes. Ils se sont contentés de copier et recopier ceux élaborés du temps de Simon. Et cela jusqu’en 68 de notre ère.

A l’approche de la 10ème Légion, qui a pris Beit Shean et Jéricho, les esséniens de Qumran se sont dépêchés de cacher leurs documents dans les grottes, en vrac comme dans la grotte 4 entre autres. Ils se sont dispersés. Quelques uns ont gagné Massada. A ce moment, a été gravé le rouleau de cuivre qui résume les caches principales. Je vois cela comme ça. Cela me paraît logique.

 


 

 

 

 

http://www.menapress.com/

 

Breaking : Didier François blessé à Gaza


© Metula News Agency

breaking news












 

Metula, 21h 15 locales, dimanche,

 

Notre ami et confrère Didier François, de Libération, a été blessé cet après-midi à Gaza. Celui que nous considérons comme le meilleur spécialiste français du conflit israélo-palestinien, et l’un des plus grands reporters de guerre de notre époque, a été atteint d’une balle à la cuisse, vers 15 heures locales.

 

Comme à son habitude, Didier se trouvait au cœur même de l’évènement. C’est sa manière de travailler, ne parler que de ce qu’il connaît et qu’il a constaté de ses yeux. Sans peur et sans reproche, notre camarade se trouvait dans le triangle des ministères de l’Autorité Palestinienne, non loin du bâtiment des Transports et de l’Agriculture, peu de temps après que le périmètre eut été investi par les forces de la Garde Présidentielle.

 

Didier a été atteint lors de la contre-attaque des miliciens du Hamas, destinée à en chasser les hommes de Mahmoud Abbas. Visé ou victime d’une balle perdue ?, c’est la question que son ami, Stéphane Juffa, lui a posée. Le reporter, qui n’a à aucun moment perdu connaissance, est incapable d’y répondre ni d’identifier le camp qui lui a tiré dessus. Il s’étonne toutefois d’un fait dont il est certain : au milieu des rafales qui sifflaient dans tous les sens, lui a été touché par une balle orpheline.

 

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