Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
Six mois après la guerre :
"Depuis l'instant où j'ai été blessé, la guerre de Tsahal s'est terminée pour moi et ma propre guerre a commencé"
Grièvement blessé à la tête au cours d'un combat qui s'est déroulé au sud de Tyr, Amit Bar-El (36 ans) de Kiriat Ono a perdu la vue. Après six mois de rééducation à l'hôpital Tel Hashomer, il est rentré chez lui rejoindre sa femme Efrat et ses deux filles. Il déclare : "Depuis l'instant où j'ai été blessé, la guerre de Tsahal s'est terminée pour moi et ma propre guerre a commencé."
Yedihot Aharonot - www.ynet.co.il : Shlomo Tzazna
Amit rentre à la maison. Efrat, Lior et Ziv l'attendent. Après cinq mois d'hôpital, Amit Bar-El a quitté le service de rééducation des blessés à la tête de Tel-Hashomer pour rentrer chez lui. Grièvement blessé au cours de la seconde guerre du Liban, Amit a perdu la vue. Hospitalisé durant plusieurs mois, il a dû subir une longue rééducation. Depuis sa blessure, sa femme Efrat et ses deux filles, Lior (6 ans) et Ziv (3 ans), l'attendent dans la maison qu'il quittée à la suite d'un ordre de mobilisation d'urgence l'appelant à rejoindre son unité au Liban.
Amit Bar-El a été blessé au cours de la bataille de Ras-Bayada, au sud de Tyr, lorsque des forces israéliennes ont investi le village à l'aube. Il a été grièvement atteint par les éclats d'un missile tiré par les hommes du Hezbollah en direction de la maison où il se trouvait. Touché à la tête, il a perdu connaissance et a été évacué sous le feu. A l'hôpital Rambam de Haïfa, où il a été transporté par hélicoptère, il a appris, de la bouche des médecins, qu'il était condamné à la cécité. Atteint à la tête et criblé d'éclats dans tout le corps, il est resté cloué au lit durant de nombreuses semaines, presque paralysé. Après avoir subi de nombreux traitements, il est progressivement revenu à la vie.
Amit est sorti du service de rééducation sur ses deux jambes. A première vue, il semble bien-portant. A part sa cécité, suite à laquelle il est considéré comme invalide à 100 %, rien ne rappelle chez lui la grave blessure subie l'été dernier. Parfaitement lucide, il n'est pas limité dans ses mouvements et il est résolu à poursuivre sa vie. Au cours deux prochaines semaines, il habitera chez ses parents et il s'installera ensuite dans un nouvel appartement adapté à ses besoins.
Les deux fillettes de la famille Bar-El posent de nombreuses questions à leur père. Celui-ci "s'efforce d'arrondir les angles et ne leur raconte pas exactement tous les détails". Sa femme Efrat se souvient très bien du matin où il a été blessé : "Assise devant mon ordinateur, je parcourais la page d'accueil du site Ynet, sur laquelle figurait une information faisant état de deux blessés à Ras-Bayada. Ma première réaction a été de me dire 'c'est une bonne chose que personne n'ait été tué, et si j'étais concernée, j'aurais déjà été contactée par l'armée'."
C'est seulement une heure plus tard, lorsqu'elle a ouvert la porte à des hommes en uniforme venus lui annoncer qu'Amit avait été gravement blessé, qu'elle a commencé à craindre pour la vie de son mari. "Ils ont raconté que Papa avait été touché, qu'il ne se sentait pas bien et que Maman devait partir le rejoindre", se souvient sa fille Lior, qui se tenait près de la porte lorsque les représentants de Tsahal sont arrivés. Depuis lors, elle essaie de donner une signification concrète aux propos qu'elle a entendus. Lior n'a pas quitté son père un instant, tout comme les autres membres de la famille, les camarades de travail d'Amit chez Comverse et ses compagnons d'armes.
Amit Bar-El est rentré chez lui pour une heure et demie à l'occasion de Rosh Hashana 5767. Depuis lors, il est revenu pour des visites de plus en plus longues. A un certain moment, il a décidé de renoncer au fauteuil roulant et de revenir à la vie. Une série de traitements physiothérapeutiques, des médicaments antidouleur et des exercices suivis l'ont rendu apte à rentrer chez lui. "A l'hôpital, le sol est constitué de dalles et lorsque l'on marche, on sait où on se trouve", explique-t-il pour tenter de faire comprendre le changement que constitue son retour à la maison. "C'est bizarre, mais c'est à la maison, un endroit que je suis pourtant censé connaître, que je me débrouille le moins bien. Pour moi, le plus difficile, c'est de ne pas voir. Lorsque je suis, par exemple, couché sur mon lit avec mes filles, je ne sais pas laquelle se trouve à ma droite et laquelle est installée à ma gauche."
Malgré la douleur qu'il éprouve, Amit sait qu'il en a fini avec la forme de souffrance qui le poursuit depuis six mois. "C'est ici, à la maison, que je vais devoir relever le véritable défi. Je commence un processus d'apprentissage et je vais être confronté à des choses que je n'ai jamais connues. J'ai un peu peur, mais c'est une forme de peur inexplicable, une peur qui a quelque chose de bon, qui marque un nouveau début."
Cet homme, dont l'armée a transformé la vie en un instant, reconnaît que les informations l'intéressent moins qu'autrefois. "Je les écoute un peu mais cela ne m'intéresse pas vraiment. Depuis l'instant où j'ai été blessé, la guerre de Tsahal s'est terminée pour moi et ma propre guerre a commencé."
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