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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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La polka du couple Royal / Hollande & Néantitude

La polka du couple Royal / Hollande

 

Simon Fraydenraych pour LibertyVox

Alors que la Halde finance par nos impôts la publicité de notre propre asservissement, un drôle de Vaudeville se joue en coulisses. Simon Fraydenraych nous résume cette mauvaise pièce.

Marie Ségolène s’habille en Paul Ka. Connaissez-vous la charmante comptine ?

"Mon Papa, ne veut pas,
que je danse, que je danse,
Mon Papa, ne veut pas,
Que je danse la Polka.

Il dira, c'qu'il voudra,
Moi je danse, moi je danse,
Il dira c'qu'il voudra,
Moi je danse la polka."

 

Chacun commence à savoir, dans le Landernau politique, que la lune de miel entre François Hollande et Marie Ségolène Royal est bien finie, ce qui nous explique les dissensions concernant la politique fiscale voulue par un François Hollande, plus gauchisant que jamais, malgré l’éducation bourgeoise reçue à Neuilly, qui le rend peu crédible dans les chaumières. Les journaux «People» n’osent pas encore en parler, mais il se dit dans les dîners en ville, chez les «Bobo» du 6ème arrondissement, que le nouvel élu du cœur de la Présidente putative serait… «And the winner is… Louis Schweitzer ? Interesting, No ?». Certains ont supputé sur le candidat Arnaud Montebourg, assez joli garçon, mais assez écervelé aussi pour manquer de déclencher une guerre fiscale avec la Suisse lors du départ de Johnny vers des cieux fiscaux plus cléments, et surtout, pour son inoubliable aveu: «le seul défaut de Ségolène, c’est son compagnon». Comme on n’imagine pas un garçon aussi susceptible se remettre en cause avec cette lucidité, nous l’écartons pour l’instant de la cour Royale.

Montebourg est presque aussi maladroit que le couple Hollande / Royal, pris la main dans le sac de sa «SCI La Sapinière», dans laquelle ils ont logé tous leurs biens immobiliers: un appartement (ou un hôtel particulier je ne sais plus) de 120 m² à Paris, un appartement de 120 m² à Boulogne-Billancourt, une maison à Melle (bon lieu pour une fille qui ne s’est jamais mariée), enfin un quatrième bien immobilier, probablement pour justifier l’implantation de François Hollande à Tulle. Attention, François Hollande n’est pas beau joueur: il attaque en diffamation tous ceux qui oseraient mettre en cause la régularité juridique de la SCI «La Sapinière» qu’il partage avec Marie Ségolène. Le hic, c’est l’évaluation… Tout ce patrimoine est évalué, si j’ai bien retenu le montant qui circule, à 933.000 euros, heureusement divisé à parts égales entre les deux participants. Pas cher me direz-vous !

En effet, si c’était en vente, je rachèterais le tout pour le revendre aussitôt avec un gros profit. Si un inspecteur du fisc avait l’idée saugrenue de lancer un contrôle fiscal dans cette période électorale, l’électorat Royaliste se mettrait à hurler à la chasse à courre, mais ce serait au moins aussi justifié que les contrôles lancés contre de malheureux petits contribuables, à qui les inspecteurs ont pour mission de faire rendre gorge au rendement. Certains finissent en effet par se pendre… Ces infamies ne sont jamais sanctionnées: il / elle était dépressive diront-ils. Mais c’est tout de même un crime de papier. La cure d’amaigrissement au ministère des finances devra être sévère, d’autant qu’avec l’informatique et le prélèvement de l’impôt à la source, on ose espérer que les troupes affamées de travail du Trésor Public ne seront pas jetées aux basques des contribuables.

Interrogée vendredi dernier sur RTL sur la désagréable révélation publique de son patrimoine, Marie Ségolène fit savoir que d’abord elle avait construit ce patrimoine avec son travail depuis trente ans, en partant de rien. Elle eût dit à la sueur de son front, comme le laboureur de la Bible, qu’elle aurait encore multiplié son public au Missel et à la jupette bleue marine. Elle nous refit le coup de «Cosette élevée à la dure», ce qui fait grincer TOUTES les familles de militaires qui ont connu ce type d’existence et l’acceptent avec le sourire pour servir la Patrie. C’est leur métier, c’est la condition du militaire. Son père était dur? Ses parents ont divorcé? Et alors Cosette, cela vous a-t-il empêché de poursuivre vos études et votre ambitieuse ascension? La révélation de son patrimoine constitué en trente ans confirme que la vie de haut fonctionnaire, de membre de cabinet ministériel et de député est quand même assez confortable. Ensuite elle reconnut qu’elle était «aisée», et payait l’impôt sur la fortune, soit 832 euros par an… depuis deux ans. Sage précaution avant de se présenter aux présidentielles et à des élections nationales. Mieux vaut être clean de ce côté. Et ce n’est même pas cher! Ce qui l’amena à contre-attaquer en demandant que «chaque candidat publie l’état de son patrimoine». Or, c’est la loi qui l’exige.

D’autant que le Figaro du 19 janvier dresse un panégyrique dithyrambique de la «tête d’œuf» qui fut successivement directeur de cabinet de Laurent Fabius, puis Président de Renault, et dans une «troisième vie», comme le titre l’article, président de la HALDE. J’ai nommé: Louis Schweitzer. S’agirait-il d’un plan de communication presse, destiné à habituer le grand public à l’idée de la nouvelle donne, et à l’entrée à l’Elysée de l’arrière petit neveu d’Albert Schweitzer, fondateur de l’hôpital de Lambaréné, et prix Nobel de la paix ?

0n va donc finir par apprendre que la dame à l’écharpe blanche qui prit la pose dix minutes sur la muraille de Chine la semaine dernière, courant dans les pas de François Mitterrand avant son élection pour prouver une «stature internationale» qui la fuit, choisit des compagnons de haute volée. L’hypothèse Arnaud Montebourg est remise pour un mois. Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’on veut encore une fois nous faire passer les vessies pour des lanternes, et nous faire prendre Louis Schweitzer pour un preux chevalier de la lutte contre les discriminations, alors qu’il n’est qu’un vil profiteur du système. En effet, il préside la HALDE depuis sa création = Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et l’Egalité des chances. Ce monsieur, qui touche tout de même une très confortable retraite de PDG de Renault et de haut fonctionnaire, touche aussi des jetons de présence pour tous les conseils d’administrations où il participe, et notamment le C.A. qu’il préside pour la filiale française de la firme pharmaceutique Astra-Zeneca, géant anglo-Suédois de la pharmacie, dont le siège est à Rueil-Malmaison.

Mais Louis Schweitzer n’a pas la vocation humanitaire de son grand-oncle, Albert. Il n’accomplit pas sa mission de président de la HALDE bénévolement. Il touche environ 100.000 euros par an pour ce faire. Vous me direz que pour lui, c’est un pourboire. Mais quand vous lisez dans le corps de l’article du Figaro à sa gloire «qu’il paie presque autant d’impôts que ce qu’il gagne», vous vous dites que pour un ancien inspecteur des finances, ce garçon est assez maladroit. Ajoutons surtout que la HALDE est le volet le plus anti-démocratique de la loi instaurant la lutte contre les discriminations. Pourquoi ? Parce que cette entité, créée sous l’impulsion de nos hauts fonctionnaires, et où M. Mouloud Aounit siège ès qualité de président du MRAP, fonctionne en étant juge et partie.

Au printemps dernier, des centaines de milliers de jeunes, poussés aimablement à la rue par leurs profs, plus marxistes que jamais, ont manifesté pendant près de deux mois pour faire retirer la mesure la plus astucieuse de cette loi: le CPE. Villepin, après une résistance courageuse, a dû se replier. Les lycéens ont eu leur récompense: malgré deux mois d’absence aux cours, le taux de réussite au Bac a été encore plus élevé qu’en Mai 1968, 82 %! Autrement dit, le Bac, dont on savait déjà qu’il n’est plus «discriminant», puisque quatre candidats sur cinq l’obtiennent, y compris ceux dont l’orthographe est celle d’un mauvais élève de CM1. Le hic, c’est que, arrivés sur le marché du travail, ce diplôme n’a aucune valeur. Ce qui permet de pousser vers des facultés / dépôts / salles d’attente, des étudiants en mal de diplôme pas plus discriminants (psycho, socio, une année de ceci, une année de cela, composez votre menu tutti frutti). Terminez par la case ASSEDIC ou RMI. Et surtout, pas de CPE, ne touchez pas à mon droit du travail, gravé dans le marbre du chômage qui est une grande source d’inégalité. Le bon vieux «certificat d’études» avait paraît-il plus de valeur que le Bac actuel. Mais le CPE n’était qu’un rideau de fumée: dans la même loi, l’instauration de la HALDE rétablit une justice expéditive et arbitraire d’ancien régime.

Et l’article du Figaro veut nous faire passer M. Louis Schweitzer pour un humanitaire désintéressé, que les «discriminations révulsent». Exemple: des représentants de la HALDE constatent dans une entreprise, généralement petite (il est plus facile d’y faire les fiers à bras) ce qu’elle croit être un délit discriminatoire, elle le sanctionne aussitôt, d’une lourde amende, voire d’une peine de prison à l’encontre du dirigeant, plus du tout maître à bord. Mais nos fonctionnaires de la HALDE savent, eux, comment il faut gérer. Au temps de Louis XIV, on appelait cet arbitraire une lettre de cachet. De nos jours, personne ne s’étonne plus des abus de cette nouvelle noblesse de robe qu’est devenue l’Enarchie, qui truste depuis cinquante ans TOUS les postes de la haute fonction publique, mais aussi les conseils d’administration des grandes entreprises publiques et privées françaises.

Curieux d’ailleurs que dans l’article consacré à Louis Schweitzer, son «pair» Alain Minc, qui échoua si lamentablement chez Olivetti, que son patron de Benedetti dût lui en retirer la gestion pour faire cesser le naufrage, a créé un cabinet de conseil, AM Conseil, qui lui laisse assez de loisirs pour pondre tous les deux ans, avec la régularité d’un métronome, un nouveau livre sur l’état du monde, et sa vision de l’avenir. Son confrère Jacques Attali n’est pas moins péremptoire et, à un journaliste qui l’interviewait récemment en lui lisant un passage de son livre sur le futur, il reprocha de façon véhémente de le «traiter de menteur» sur une radio publique, avec cette arrogance de ceux qui croient ne devoir jamais être contredits. C’est ça l’ENA ! Le brillant dirigeant de Vivendi, Jean-Marie Messier, a fait perdre plusieurs dizaines de milliards à ses actionnaires en truquant les comptes avec son directeur financier, autre inspecteur des finances. Il n’a pas vraiment été inquiété. L’ancien dirigeant du Crédit Lyonnais a fait perdre 150 milliards d’euros aux Français (soit près de 10 % de la dette de la France, mazette !): il n’a jamais été inquiété. Michel Bon a fait plonger France Telecom: pas de sanction. Tout ce petit monde, c’est la crème de l’ENA : inspecteurs des finances, ils sont à l’abri de la critique dès l’âge de 26 ans, parce qu’ils sont sortis «dans la botte» d’un concours réputé difficile. Mais ils seraient bien embarrassés de faire pousser du blé, ou de faire du pain. Et quand ça ne marche pas, tout ce beau monde se recase sans dégât pour soi-même: le petit peuple est là pour payer les pots cassés. Et c’est comme cela que ce système se perpétue depuis cinquante ans.

Les Américains, ces «ploucs libéraux, voire, horreur ! Néocons !», trouvent le système proprement ridicule et inefficace. Il est vrai que eux réussissent à merveille sur le plan économique, mais Ô horreur, ce sont des capitalistes, des «ultralibéraux», camarade ! La vérité du mal profond qui ronge la France depuis trente ans, outre la corruption de nos élites, dont un Le Pen a tôt fait de faire son miel, c’est cette nouvelle noblesse de robe que constitue l’Enarchie, tellement imbue de sa supériorité intellectuelle, parce que ces petits chéris ont passé des concours réputés difficiles dans le cursus scolaire à la française. Mais ces gens-là n’ont jamais connu la vraie vie.

Parmi les mesures phares que devra adopter un gouvernement désirant pratiquer une «rupture tranquille», il faudra :

1 - Remettre la moitié des fonctionnaires sur le marché du travail. Ils produiront enfin des richesses et pas du papier.
2 - Fermer définitivement l'ENA, sans aucune substitution.
3 - Remettre à plat les régimes de retraite exorbitants des fonctionnaires et assimilés qui pompent littéralement la moelle du régime général des salariés.
4 - Dissoudre l'URSSaf (notez bien l'orthographe),
5 - Soumettre les caisses de Sécurité Sociale à la concurrence, avec les mutuelles auxquelles les assurés cotiseront selon leurs besoins. Un plancher devra couvrir le «gros risque».
6 – Exiger la démission de la fonction publique, pour tout fonctionnaire élu à une élection du niveau parlementaire, ou d’une ville de plus de 20.000 habitants: pas de parachute pour les uns et le risque permanent pour les privés.

En conclusion, voici un extrait de l’article à la gloire de Louis Schweitzer :

La troisième vie de Louis Schweitzer
Publié le 19 janvier 2007. ANNE FULDA

Le débat sur le comptage ethnique des salariés a été relancé par la Cnil sous la pression des entreprises. À la tête de l’Autorité de lutte contre les discriminations, l’ex-patron de Renault est venu dire son opposition. Histoire d’une reconversion.
Les statistiques ethniques permettent-elles de lutter contre les discriminations? La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) avait estimé en juin 2005 que cette classification raciale, interdite en France, n’avait pas de fondement sérieux. Pressée par des entreprises qui veulent mesurer «leur diversité interne», laCnil vient de rouvrir le débat. Elle doit d’ici à mars remettre un rapport à l’Élysée.
Les premières personnalités auditionnées se montrent toujours réticentes à ces «comptages ethniques». Louis Schweitzer, le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), s’est clairement prononcé contre. Ces statistiques, que seule la Grande-Bretagne autorise en Europe, reviennent à «classer les gens en fonction de groupes qui n’ont pas de réalité scientifique», a-t-il insisté. Pour preuve, Louis Schweitzer a cité une étude britannique révélant «qu’en apparence les enfants noirs réussissent moins bien à l’école que les blancs alors qu’à catégorie socioprofessionnelle égale des parents, les petits Noirs réussissent en fait mieux». «Cette mesure serait cependant utile pour inciter les entreprises à promouvoir la diversité», a plaidé Claude Bébéar, président de l’Institut Montaigne, qui préconise un classement par le lieu de naissance des parents et grands-parents. La Cnil proposera un avis. C’est aux élus que reviendra la décision de changer la Constitution s’ils le souhaitent.

Cécilia Gabizon

La totalité de l’article encore disponible à l’URL : http://www.lefigaro.fr/france/20070119.WWW000000969_la_troisieme_vie_de_louis_schweitzer_au_service_de_la_lutte_contre_les_discriminations.html

Simon Fraydenraych, analyste, pour LibertyVox

Ségolène Royal. Source image ci-dessus et à la Une : http://www.mittelbayerische.de

Louis Schweitzer


© Simon Fraydenraych pour LibertyVox - Article paru le 20/01/2007
URL de cet article = http://www.libertyvox.com/article.php?id=235

 

 


 

 


 

Néantitude

 Schlomoh Brodowicz pour LibertyVox

Pas une semaine sans une “perle” “pondue” par notre Ségolène nationale! Schlomoh Brodowicz entreprend un voyage au pays du néant absolu. Personnes sujettes au vertige s’abstenir !

"Du haut de cette muraille, trente millions d’électeurs me contemplent"

«Ne faites pas attention à ce que l’on dit de vous, mesurez-le en centimètres» disait Andy Warhol. Et il est vrai qu’à cet égard, la Muraille de Chine a de quoi faire monter l’adrénaline de ceux qui par «être» entendent «paraître». Et on imagine sans contorsions mentales outrancières que notre aspirante nationale à la magistrature suprême, tel Bonaparte devant les pyramides, n’allait pas laisser passer l’occasion de pérenniser le moment.

Et on ne se trompe pas: sitôt juchée sur ce haut vestige de l’Empire du Milieu et investie de l’esprit qui anima toujours ceux dont les mots ont infléchi l’Histoire, Madame Royal y est allée de sa faconde. «Qui va sur la Grande Muraille conquiert la bravitude». On ne sait pas trop ce que cela veut dire mais on apprend au moins qu’il suffit désormais d’un billet d’avion pour devenir un conquérant. Reste que pour une personne dont la vocation est censément de faire passer un message, ce genre de sortie possède autant de relief que le plat pays de Jacques Brel.

«Bravitude» ? Les écoliers, dont jadis le destin était entre les mains de Madame Royal, se disent que s’il leur prenait l’envie de glisser un mot pareil dans une rédaction, on leur souderait un bonnet d’âne à la colle néoprène, pour barbarisme aggravé. Oui mais pour paraphraser Staline: «les écoliers, combien de bulletins de vote?».

L’homme de la rue ouvre son dictionnaire, dont le mot est désespérément absent. Mais son indéfectible civisme lui dicte qu’une femme qui possède un passé de ministre de l’«Éducation scolaire» doit savoir de quoi elle parle, comme d’habitude du reste. Mais Ségolène Royal sait ce que «prendre ses responsabilités» veut dire. On s’inquiétait, il est vrai. Devant un parterre d’étudiants chinois francophones, elle explique le néologisme de «bravitude» –à la place duquel «bravoure» n’aurait certes pas démérité– en disant qu’elle n’a «pas fait d’erreur de français» et que «c'est l'expression de la densité de ma pensée». On ne se doutait pas qu’une quelconque densité y fût pour quelque chose, mais si c’est celle de la pensée de Madame Royal, le mercure n’a plus qu’à bien se tenir.

Jean-Louis Bianco, son co-directeur de campagne, croit bon de préciser: c’est «la plénitude de la bravoure. Ce n’est pas un lapsus, c’est de la création». Si j’ai donc bien suivi, on conquiert la plénitude de la bravoure en arpentant la Muraille de Chine. En d’autres termes, la Butte Montmartre, c’est déjà un peu la bravoure, mais pour la plénitude c’est un peu plus haut. Quant au sommet de l’Everest, c’est probablement quelque chose comme la bravitudité, ou le bravitudisme. (Soit dit en passant, j’imagine que pour ce qui est de la bravoure et de sa plénitude, certains médaillés de la Résistance doivent trouver le bouillon saumâtre...). Et comme le terme de «créativité» est un peu blafard pour qualifier cette témérité qui ne se déjuge pas, on parle de «création». Si la teneur de cette terminologie préfigure la recette de Madame Royal pour «créer» des emplois, notre industrie est dans le bon couloir. Mais tout de même, qu’est-ce qu’il faut pas faire pour s’assurer un retour d’ascenseur !

Pour l’ineffable Jack Lang, «conseiller spécial» de Ségolène Royal –on l’avait presque deviné– il s’agit d’un «beau mot» qu’il "regrette de n’avoir pas fait". Alors qu’il se rassure. Des beaux mots, il en a faits. Comme lorsqu’à la suite des insultes lancées par le groupe Nique ta mère aux forces de l’ordre, il avait réagi en citant Paul Éluard: «Je choisis la liberté». Vraiment «space» le conseiller.

Parlons vrai: le néologisme n’est pas un péché en soi. Des écrivains, et pas des moindres, en ont pavé la langue française. Mais ces mots là étaient issus d’un besoin de signifier que la langue ne semblait pas pouvoir assouvir et qui n’avait pas grand-chose à voir avec un agenda politique. Ainsi lorsque Rimbaud inventa le désormais célèbre «abracadabrantesque», pour les besoins d’un poème, il était loin de se douter que son inspiration serait un jour pérennisée par un président de la République tentant de sauver sa tête.

La Royal n’en est pas demeurée là pour les bons mots. À la Cité Interdite, elle récidive: «Un coup d'œil vaut parfois mieux que des centaines de commentaires». C’est donc vrai qu’un voyage est plus édifiant qu’un dépliant touristique ! Notre digne candidate a quand même sauvé l’honneur. Enfin presque. «Rien de grand ne se fait sans passion et donc tout ce qui se fait de grand se fait avec passion», a-t-elle déclaré pendant sa visite d’un centre de recherche et développement de France Télécom à Pékin. C’est beau ! Sauf que c’est une paraphrase de… Hegel.

Mais la messe n’était pas dite et Ségolène avait probablement gardé quelque chose d’authentiquement pénétrant en réserve. Alors s’adressant à des étudiants, elle a affirmé souhaiter «incarner un changement politique profond». Voilà une profession de foi bien inédite que j’invite son «auteure» à faire breveter avant de se la faire piquer. Mais peut-être l’est-elle déjà… brevetée. Je m’aventure même à imaginer que si le fauteuil n’était pas déjà occupé par Giscard d’Estaing, Ségolène Royal aurait voulu «regarder la France au fond des yeux». Mais à propos de fauteuil justement, sachez que le pire est peut-être à venir. Car Edouard Balladur, que le néologisme de Madame Royal a tout émoustillé, lui entrevoit un possible «destin» à… l’Académie Française ! Il est vrai que depuis Giscard, on est en droit de s’attendre à tout, mais moi qui croyais que cette confrérie réunissait des écrivains à la plume attestée et non des voyageurs de commerce…

Ceci dit, si un tel événement est envisageable, alors c’est l’occasion pour les plus fieffés agnostiques de croire à la résurrection des morts. Car nul doute que le jour où Ségolène Royal fera son entrée chez les Immortels, le secrétaire perpétuel de l’Académie française sera l’auteur d’un autre néologisme, tout aussi immortel. J’ai nommé Alfred Jarry dont le «Merdre» n’est, lui, pas encore enterré et dont le personnage Ubu caractérisera à merveille cette joyeuse circonstance.

Reste qu’une question se pose et cette fois-ci c’est bien sérieux. S’agit-il bien d’une personne élue par un parti qui se réclame de Jaurès, de Blum, et de Mendès France ou d’un personnage hybride, d’un cocktail exotique fait de vacuité politique issu de rancunes recuites, arrosé de punch médiatique? Est-ce bien à ces mains que la France doit seulement envisager de confier ses rênes pendant cinq années ?
La France va t-elle donner raison à Philippe Bouvard lorsqu’il affirme que «la démocratie c’est la moitié des cons plus un» ?

C’est quand même Pierre Dac que je paraphraserai en dernier: «Un candidat est cuit lorsque ses mots ne sont pas crus».


Schlomoh Brodowicz pour LibertyVox


 

Pierre Dac et Francis Blanche.  


© Schlomoh Brodowicz pour LibertyVox
URL de cet article = http://www.libertyvox.com/article.php?id=233
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