Dans une interview à Galei Tsahal dimanche matin, le chef de l’opposition, le député Binyamin Netanyahu a donné son accord à cette position.
"Le Hamas ne s’est pas déplacé dans la direction d’Abbas, "a dit Netanyahu. "Il s’est plutôt déplacé dans la direction de Hamas. S’il donne la légitimité au Hamas, c’est mauvais ; mais si nous donnons la légitimité au Hamas, c’est encore plus mauvais."
En plus, des hauts fonctionnaires à Jérusalem ont dit samedi soir que l’accord de gouvernement d’unité national Hamas-Fatah atteint jeudi à La Mecque pourrait mettre en danger la réunion trilatérale "Israël-Palestiniens-Etats-Unis" prévue pour la semaine prochaine.
Le Premier ministre Ehud Olmert, Abbas et la Secrétaire d’État Condoleezza Rice ont prévu de tenir une réunion le 19 février.
Les officiels israéliens seniors ont dit que l’accord d’Abbas à et la nomination d’un nouveau gouvernement qui n’accepte pas les trois points de référence internationaux - la reconnaissance d’Israël, l’acceptation des accords précédents et le renoncement au terrorisme - a fait de lui un partenaire du Hamas et a mis en question la coopération future des Israéliens avec lui.
Officiellement Israël a dit qu’il évaluait soigneusement la situation et attendait de voir ce que seraient les nouvelles directives du gouvernement de l’Autorité Palestinienne avant de prendre une décision finale. "Peut-être serons-nous étonnés", a dit un officiel avec scepticisme.
L’accord, qui a pris la forme d’une lettre écrite par Abbas, fait appel au Hamas "pour respecter les résolutions internationales et les accords signés par l’Organisation de Libération de la Palestine."
Les sources à Jérusalem ont dit que "le respect" des accords n’est pas la même chose que "leur acceptation" et que la lettre n’a fait aucune mention de la reconnaissance d’Israël et de la renonciation au terrorisme. Certains, cependant, soutiennent que la reconnaissance d’Israël est implicite dans l’acceptation des accords précédents.
"Ce qui est nécessaire", ont dit les représentants gouvernementaux, "c’est la pleine reconnaissance d’Israël, l’acceptation des anciens traités et l’arrêt et la renonciation au terrorisme."
Les officiels ont dit qu’Israël "a déclaré très clairement que le terrorisme continue sur une base quotidienne - le tir de missiles et la contrebande d’armes dans la Bande de Gaza ne se sont jamais arrêtés. Et pour autant ce que nous pouvons dire des déclarations publiques qui ont été faites par Abbas et Hamas après l’accord, c’est que le nouveau gouvernement ne remplit pas les trois points de référence internationale."
Les officiels ont dit qu’Israël ne serait pas capable de mettre en question une politique claire avant que les Palestiniens n’aient publié les directives de base du nouveau gouvernement.
Mais en référence à un commentaire fait par Ahmed Youssef, un conseiller politique Hamas du Premier ministre de l’Autorité Palestinienne Ismaël Haniye - qui a dit samedi il n’y aurait aucune reconnaissance d’Israël - l’officiel a dit que ces commentaires "ne sont pas exactement utiles et ne sont pas dans la voie des principes de la communauté internationale."
On attend que Olmert, qui n’a pas encore fait de commentaire public sur la question, le fasse à la réunion du cabinet hebdomadaire dimanche.
La ministre des Affaires Étrangères Tzipi Livni, en attendant, a mené la charge diplomatique d’Israël pendant le week-end pour convaincre la communauté internationale que l’accord ne doit pas mener à un changement du boycott du monde de l’Autorité Palestinienne dirigée par le Hamas.
À un discours à la 43ème Conférence de Munich sur la Politique de Sécurité vendredi, Livni a dit que les trois conditions étaient "non-négociables" et a dit qu’Israël ne mènerait pas de pourparlers sur son droit d’exister.
"La demande d’abandonner le terrorisme n’est pas négociable," a-t-elle dit. "Ici à Munich, la ville où 11 athlètes israéliens ont été assassinés, cela doit être compréhensible que le terrorisme c’est le terrorisme."
Le désir d’Israël pour la paix "ne peut pas venir aux dépens de ses intérêts de sécurité essentielle," a-t-elle dit. Elle a dit que la communauté internationale doit "montrer une détermination et dire clairement aux Palestiniens qu’ils doivent accepter les trois points de référence. Ne donnez pas de légitimité à des accords incertains et intelligents. Vous devez imposer les conditions aux Palestiniens et l’on doit dire la vérité : le monde doit rejeter des formules vagues."
Livni a parlé deux fois avec la Secrétaire d’État Condoleezza Rice depuis que l’accord a été signé jeudi, aussi bien qu’avec un certain nombre d’autres hommes d’État internationaux clefs, y compris le Ministre des Affaires Étrangères allemand Walter-Frank Steinmeier, le Ministre des Affaires Étrangères Britannique Marguerite Beckett et le Chef de politique étrangère de l’Union Européenne Javier Solana.
Les ministres des Affaires Étrangères de l’Union Européenne ont prévu de se rencontrer lundi à Bruxelles et de discuter de cette question et en vue de cette réunion Livni a discuté de la question à Munich avec les ministres des Affaires Étrangères de l’Autriche, de la Suède, de la République tchèque et de la Slovaquie.
Des sources du bureau de Livni ont dit qu’il y avait eu une compréhension de la position d’Israël, quelque chose qui s’est reflété dans une déclaration du Quartette publiée vendredi, après des consultations téléphoniques entre Rice, Solana, Steinmeier, le Commissaire européen pour des Relations Externes Benita Ferrero-Waldner, le Ministre des Affaires Etrangères russe Sergei Lavrov et le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
Selon la déclaration, "En attendant la formation du nouveau gouvernement palestinien, le Quartette a réaffirmé sa déclaration du 2 février quant à son appui pour un gouvernement palestinien engagé à la non-violence, la reconnaissance d’Israël et l’acceptation des accords précédents et des obligations, y compris la feuille de route."
La déclaration se félicite de la réunion trilatérale projetée le 19 février et a dit que les représentants du Quartette se rencontreraient deux jours plus tard à Berlin pour étudier les événements récents et "l’examen de la formation et de la mise en oeuvre de l’accord sur le gouvernement." La déclaration n’a pas d’une manière significative déterminé si l’accord palestinien a rempli leurs trois principes.
Les officiels du département d’État ont dit au Jerusalem Post que le blocage du financement à l’Autorité Palestinienne contrôlée par le Hamas continuerait au moins jusqu’à la réunion du 21 février.
En attendant, les Etats-Unis considèrent que leur réponse à l’alliance Fatah-Hamas, faite par des représentants de l’administration avait besoin de plus de détails sur le plan et la composition du nouveau gouvernement.
Mais tandis que les officiels israéliens seniors avaient dit que l’accord pouvait mettre en question la réunion trilatérale, le porte-parole de Département d’État Américain Sean McCormack a souligné qu’il n’y aurait aucun changement au voyage de la Secrétaire d’État Condoleezza Rice le 19 février pour la tenue des pourparlers à trois avec Abbas et Olmert. De plus, il n’y a eu aucun signe que l’accord d’unité affecterait les 86 millions de $ alloués par le Président George W. Bush pour aider à la formation et à l’équipement des forces de sécurité d’Abbas.
La Russie, qui a signé la déclaration du Quartette, a envoyé des messages contradictoires, avec l’énonciation du Ministère des Affaires Étrangères russe dans une déclaration qu’il croyait que la mise en oeuvre de l’accord de La Mecque "doit être combinée avec la levée du blocus des territoires palestiniens qui a infligé souffrance et privation sur le peuple."
On a aussi entendu des échos de ce sentiment à l’intérieur de l’Union Européenne, comme le Ministre des Affaires Étrangères Finlandais Erkki Tuomioja qui a publié une déclaration disant que "il est essentiel pour l’Union européenne et la communauté internationale de s’engager immédiatement avec le nouveau gouvernement en partant du principe qu’il respecte tous les accords précédemment signés par l’Organisation de Libération de la Palestine."
Le ministre des Affaires Étrangères français Philippe Douste-Blazy a dit que "l’inclusion dans le programme de ce gouvernement de l’observance des résolutions internationales et des accords conclus par l’OLP est un pas dans la juste direction, vers la pleine conformité avec les demandes de la communauté internationale. Dans ces conditions, nous considérons que la communauté internationale doit encourager et soutenir la formation du nouveau gouvernement sur la base de ce programme pour frayer la voie à de nouvelles relations de coopération et la réactivation du processus de paix.
L’Associated Press, en attendant, a cité le porte-parole de l’Union Européenne, Emma Udwin, avec l’annonce qu’il fallait "prendre le temps de considérer et de voir ce qu’est l’accord et comment il va être mis en oeuvre, "avant de choisir finalement la levée de l’embargo de l’aide internationale aux Palestiniens.
La semaine dernière, le chef du Shin Bet (l’Agence de Sécurité d’Israël) Yuval Diskin a prévu que l’établissement d’un gouvernement d’unité national palestinien mènerait à la levée du blocus international et créerait finalement une pression sur Israël pour engager avec le groupe terroriste, un dialogue.
"Un gouvernement d’unité national autorisera la levée du blocus financier sur le Hamas et nous verrons alors un flux massif de fonds au gouvernement de l’Autorité Palestinienne" a dit Diskin.