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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Un danger clair et actuel

 
Un danger clair et actuel
Editorial du Haaretz
(journal de la Gauche israélienne, ndt) 
9 février 2007
 
Adaptation française de Sentinelle 5767
 
 
Aucune commission n’est nécessaire pour réaliser le fait que le Premier Ministre et le ministre de la défense ne se parlant pas, cela représente un danger clair et actuel pour la sécurité nationale. Cette situation grave s’est poursuivie depuis que la guerre du Liban a pris fin, mais le public n’est pas complètement informé de sa gravité. Toutes les déclarations de conciliation émanant des bureaux des deux ministères sont fausses, comme les sourires qu’ils échangent devant les caméras. L’Etat n’est pas gouverné, et il n’y a pas de coordination entre Ehud Olmert et Amir Peretz sur les questions les plus vitales.
 
Hier justement, une lettre scandaleuse envoyée par Peretz à Olmert, exigeant que les travaux de construction sur le Mont du Temple soient stoppés, a été publiée. Au lieu que cette affaire sensible soit discutée en privé et sérieusement, les choses sont faites à l’évidence sans coordination, et le ministre de la défense répond sans recul aux évènements.
 
L’explication inacceptable proposée pour cet état de choses est que Olmert a l’intention de remplacer le ministre de la défense, mais qu’il retarde ce changement pour des raisons politiques. Cette lâcheté prouve l’incapacité d’Olmert à gouverner. Le Premier Ministre – qui se plaint que des investigations judiciaires entravent le travail du gouvernement, et donc, de façon à montrer son insatisfaction, a nommé rapidement et de façon provocatrice un ministre de la justice partageant son état d’esprit – s’est montré incapable depuis des mois de choisir un ministre de la défense qui l’aidera à assurer la sécurité des citoyens d’Israël. La question n’est plus de savoir si Peretz est adapté au poste, ou si le Parti travailliste acceptera de le remplacer. La situation dans laquelle ces deux personnages sont incapables de travailler ensemble est effrayante en elle-même et par elle-même.
 
Il est difficile de prêter du crédit aux déclarations du gouvernement sur l’activité des Forces de Défense d’Israël (Tsahal) sur les frontières du Liban ou de Gaza, sa stratégie politique sur les avant-postes des implantations, et les réflexions qui ont conduit à acquérir de nouveaux systèmes d’armes – sans parler de sa gestion de la question nucléaire iranienne ou ses contacts avec l’Autorité Palestinienne – quand ces questions sont traitées essentiellement à travers les médias, et chaque déclaration d’un côté déclenchant immédiatement une réponse dédaigneuse de l’autre. Les bureaux du Premier Ministre et de celui de la défense rappellent trop ceux du Président de l’AP Mahmoud Abbas et du premier ministre de l’AP Ismaïl Haniyeh, et l’avantage d’Israël de sa propre gouvernance démocratique est sapé par le jeu gênant des ego.
 
Le ministre adjoint de la défense, Ephraïm Sneh, dit que la publication de la lettre de Peretz au sujet du Mont du temple a provoqué la consternation au ministère de la défense. Mais le fait même que la lettre ait dû être envoyée d’un ministère à l’autre sur une affaire aussi sensible, susceptible de provoquer des pertes en vies humaines, prouve l’énormité de la crise. Les travaux sur le Mont du temple, aussi bien que les opérations sur la frontière libanaise, sont tous susceptibles de faire éclater une conflagration majeure, aussi il aurait été raisonnable de supposer que les décisions ont été prises en connaissance de cause et judicieusement. Mais le gouvernement israélien actuel n’a ni connaissance ni jugement, mais seulement des politiciens s’accroupissant dans leurs propres camps et parmi leurs propres copains et il semble que les rancoeurs et la vengeance soient devenues les substituts d’un projet national.
 
Si le Premier Ministre veut laisser la moindre impression positive avant d’être remplacé, il doit au moins s’assurer que le ministère de la défense soit dirigé par quelqu’un qui jouisse de la confiance de ce ministère, et avec lequel il puisse travailler. Et si le Parti travailliste quitte le gouvernement sur la question du remplacement du ministre, ce sera un signe que, là aussi, il n’est pas adapté à la conduite du pays.
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