Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.
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Selon les règles de l’Union Européenne de football, le Maccabi Haïfa devrait recevoir les champions de Russie, le CSKA Moscou, en match retour des 16èmes de finale de la Coupe UEFA, jeudi prochain, dans son stade fétiche de Kiriat Eliézer. Après le 0-0 obtenu hier par les verts, en match aller à Vladikavkaz – on n’a pas pu jouer à Moscou car le ballon et les… moustaches de l’arbitre gelaient – c’aurait été la fête en Galilée.
Oui mais, Michel Platini, le nouveau président de l’UEFA, n’a pas considéré qu’il était urgent de lever l’interdiction raciste qui interdit aux équipes israéliennes de recevoir des hôtes étrangers en dehors de la région de Tel-Aviv. Lorsqu’il s’agit d’assurer aux formations israéliennes l’équité sportive, à Nyon, au siège de l’UEFA, on se hâte lentement, on se répète d’adage lémanique bien connu : "y a pas l’feu au lac !".
A l’UEFA, on est plus vif à organiser, aux quatre coins de la planète football, des conférences sur la nécessité de combattre le racisme que de mettre cette nécessité en pratique. On dit pourtant aussi que charité bien ordonnée commence par soi-même, non ?
Le porte-parole de l’Union Européenne confiait récemment à la Ména qu’il recevait plusieurs lettres par jour demandant pourquoi les équipes israéliennes, situées géographiquement en Asie, participaient aux compétitions européennes ; les mêmes intervenants, mus sans aucun doute par les principes fraternels du sport, concluant invariablement leurs missives sur l’exigence de nous exclure du foot de cette bonne vieille Europa.
La Ména rétorqua à l’UEFA que les statuts de la fédération mondiale de foot prévoyaient qu’aucun footballeur d’aucun pays ne pouvait être privé de compétitions internationales. En conséquence de quoi, après l’expulsion d’Israël de la fédération asiatique, pour des raisons uniquement politiques, la FIFA nous avait rattachés au continent européen en matière de ballon rond.
Le rédacteur en chef de notre agence ajouta à l’intention de William Gaillard, le porte-parole, que le fait d’accepter Israël au sein de l’UEFA sans lui octroyer le privilège d’un traitement égal à celui réservé aux autres membres constituait une ségrégation à caractère racial.
Monsieur Gaillard, fair-play, confirma le rationnel développé par le gaillard Juffa, mais lui fit remarquer que ce n’était pas lui qui prenait les décisions et qu’il n’y pouvait rien.
Au-delà du caractère révoltant de ce sinistre différend qui perdure après le départ des anciens chefs suédois et néanmoins antijuifs de l’institution, il y a ses répercussions sportives. C’est que, en principe, blonde Germaine, le but de l’UEFA est d’aider les clubs à progresser dans le monde de la balle au pied. Mais dans le cas du Maccabi Haïfa, il serait plus juste de relever que l’UEFA fait tout ce qu’elle peut pour l’encourager à la noyade. Cela avait commencé l’année dernière, en août plus précisément, lors de la rencontre de Ligue des Champions – la compétition reine de l’UEFA – Liverpool–Haïfa. Nyon avait interdit aux Israéliens de recevoir les Anglais où que ce soit en Israël, arguant de la guerre du Liban, bien que le 22 août 2006, la hache de guerre fût déjà enterrée.
Et si déjà… l’équité sportive aurait voulu que la qualification se disputât sur terrain neutre, en une ou deux confrontations. Mais pas à Liverpool à l’aller et à… Kiev au retour ! Dans le stade de la capitale ukrainienne, vers lequel des milliers de supporters arrivant d’Albion étaient venus montrer aux joueurs rouges la signification de you’ll never walk alone (tu ne marcheras jamais seul [la devise du F-C Liverpool]). C’était précisément la période durant laquelle les victimes du terrorisme à Haïfa, ville durement touchée par les Katiouchas, enterraient leurs morts et réparaient leurs maisons.
Pourtant, Maccabi s’inclina de justesse : 1 à 2 à Anfield Road et 1 – 1 en Ukraine. Haïfa, présenta un jeu supérieur à celui des Anglais, et si l’équité sportive – un match à l’extérieur, l’autre à domicile – avait été respectée, il existe de fortes probabilités que les verts auraient fait carrière en Ligue des Champions.
Et Maccabi Haïfa possédait le calibre de la Ligue des Champions, c’est là même la source de ses misères cette saison. On estime habituellement à 15 millions de dollars la contrepartie d’une qualification en Champions’ League, et cela représente une fois et demi le budget des verts, assuré par Yankélé Shakhar, l’importateur de Volvo en Israël et le concessionnaire de Hertz. Une telle différence d’argent à disposition, ça vous change les horizons économiques, pas vrai mes toutes belles…
A force de maltraitances de la part de l’UEFA, les joueurs de Haïfa en ont pris un coup sur le moral, les chaussettes, en berne, leur tombent sur les chevilles. On peut raconter ce qu’on veut à des footballeurs, reste qu’il est quasi impossible de leur faire avaler l’injustice et de les remobiliser à la demande. Alors, Haïfa, trois ans d’affilée vainqueur du championnat national est en manque d’appétit. Septième pour l’heure au championnat d’Israël et incapable de se mobiliser et de se concentrer contre les adversaires locaux. La faute à qui ? A Haïfa, bien entendu, mais on n’a rien dit d’intelligent lorsqu’on a désigné les fautifs dans ces cas d’espèce.
Car en coupes européennes, l’envie de jouer revient instantanément sur les visages de Maccabéens : demandez à Auxerre, qui a pris 3 buts à l’automne, au stade Bloomfield, synonyme pour Haïfa de son exil telavivien. Si cela ne tenait qu’à l’entraîneur, Rony Lévy, son équipe démissionnerait du championnat et ne disputerait que les rencontres européennes. Mais ce ne se peut pas, c’est interdit, un rêve, une utopie, ma Germaine…
Hier, dans le Caucase, nous nous sommes régalés. Il faut dire qu’en face, le CSKA Moscou possède également, et plus largement encore que Haïfa, la pointure top-européenne. Durant la saison 2004-2005, le CSKA était devenu le premier club russe à conquérir le trophée d’une compétition européenne majeure. La finale était à Lisbonne, contre le légendaire Sporting, c’était en principe mission impossible, pourtant, les hommes du coach caucasien Gazzaev – idole nationale hier soir sur ses terres – l’avaient emporté par 3 buts à 1.
Depuis, CSKA n’a cessé de se renforcer et de progresser encore et il est en passe de devenir un très grand club. Il a raflé, en passant, les deux derniers titres de champion de Russie. Et cette saison, CSKA est tombé de Champions’ League en Coupe UEFA (comme Haïfa), après avoir battu Hambourg et les intouchables d’Arsenal. Excusez du peu.
Les Russes ont-ils sous-estimé les Israéliens ? Possible. D’autant qu’il y a deux semaines, CSKA a remporté à Tel-Aviv le tournoi de la 1ère chaîne de TV russe, qui réunissait les deux clubs phares de Russie, d’Ukraine, Hapoël Tel-Aviv et Maccabi Haïfa. Un tournoi financé par les néo-oligarches milliardaires russes, et dont l’objectif est de maintenir les équipes en forme durant la pause d’hiver, qui dure là-bas onze mois et demi.
Haïfa n’y avait rien montré, considérant ces rencontres comme des parties d’entraînement. Alors, lorsque Rony Lévy a lancé ses joueurs, dès le premier coup de sifflet, à l’assaut des bois défendus par l’excellent gardien international Igor Akinfeev, CSKA subit en plein l’effet de surprise.
Katan, Alain Massoudi, Colautti, Boccoli, Dirceu, Abbas et les autres verts venaient taquiner les Moscovites dès qu’ils sortaient de leurs propres seize mètres. Les joueurs de Valéry Gazzaev en perdaient leur russe, sauf les Brésiliens Ramon, Corvalho, Dudu, Jô, qui ne l’ont jamais parlé, et Love qui, de plus, avait reçu une dispense spéciale à l’occasion de la Saint-Valentin.
Haïfa aurait dû marquer durant ces minutes de pressing. A la 6ème minute, le nouvel émigrant argentin Colautti, servi par Katan, ajusta le poteau droit des goals d’Akinfeev. A peine quatre minutes plus tard, à nouveau seul devant le cerbère de toutes les Russies, il manqua le poteau gauche, cette fois, histoire de briser la glace, de cinq centimètres.
Ensuite, le jeu s’équilibra, on tira cinq coups de coin de part et d’autre. La défense haïfaytte neutralisa les brillants avants de CSKA avec beaucoup de maîtrise. Ilan a particulièrement apprécié les jeunes Haïm Magrashvili et Dekel Keinan.
Mais gare à l’excès de confiance à l’orée du match retour : contre des adversaires de ce niveau, tous les résultats sont envisageables. Même presque à la maison. Du beau spectacle en perspective la semaine prochaine à Bloomfield.
Hapoël Tel-Aviv 2 – Glasgow Rangers 1
Le club des Ouvriers de Tel-Aviv, qui n’ont pas encore songé à enlever le marteau et l’enclume de leur tricot, et dont les tifosi brandissent le portrait de Ché Guevara dans les tribunes, ont infligé leur première défaite européenne de la saison – après 12 succès consécutifs en coupes européennes - aux terribles Rangers de Glasgow. Ils offraient ainsi aux amateurs de foot israéliens une véritable soirée de gala. Quand Ilan vous disait qu’on reparlerait de notre football au printemps, il faut croire qu’il sait de quoi il cause…
Pour l’anecdote, (plus ou moins véridique. Ndlr), lors du tournoi de la Télé russe à Tel-Aviv, les joueurs de CSKA et de Dynamo Kiev ont eu la peur de leur vie en recevant le fanion d’Hapoël en avant-match. Ils crurent qu’en leur absence, les Soviets avaient repris le pouvoir à Moscou et qu’ils les traquaient jusque chez les Hébreux.
Trêve d’ilânneries, okay, relevons plutôt la cocasserie qu’il y a à remarquer que les équipes étrangères viennent se réchauffer quinze jours chez nous, sans hésiter à visiter les lieux saints à Jérusalem-Est, alors que l’UEFA est toujours à se demander s’il est safe de faire disputer des rencontres en Israël. Attention, à Nyon, au jour de la résurrection des baffes perdues !
Solides Ecossais ! Pas un rouleau compresseur, mais des joueurs bien organisés, volontaires, impeccables techniquement et bâtis comme des armoires à Whisky. Si bien que nos rouges, qui viennent de changer d’entraîneur et qui ne brillent pas particulièrement non plus en championnat, avaient des airs de juniors à l’entame de la partie. Ils durent à leur volonté et à leur engagement de tenir le choc initial.
Peu ou pas d’occasions durant la plus grande partie de la première période. Match tactique, durant lequel on sentait que les hôtes se contenteraient bien d’un score vierge, histoire de transporter la décision dans leur chaudron mythique d’Ibrox, jeudi prochain. Devant 55 000 supporters déchaînés, tous en kilt et hurlant, il sera objectivement difficile à nos petits communistes de trouver un peu d’air pour respirer.
Puis vint la 43ème minute, mes chéries. Coup franc, à un peu moins de trente mètres légèrement sur la droite de la cage d’Allan Mc Gregor. Sélim Toama, l’un de nos meilleurs israéliens arabes dans ses œuvres : frappe liftée et puissante, qui contourne le mur en faisant coucou aux défenseurs médusés, qui fuse, qui fuse et qui vient nettoyer les toiles d’araignées du coin droit des buts Scottish. A croire qu’Isaac-Moïse Nettoizenberg, le responsable de l’entretien du stade de Bloomfield n’avait pas correctement fait son boulot !
Quel goal, Germaine, mon amour ! L’un des plus beaux coups de pied arrêtés jamais shooté en Israël.

Le chef-d’œuvre de Toama
Photo © Menapress, moyens techniques Haïm-Even Sokol
Seconde mi-temps, 54ème minute de jeu : coup franc pour les visiteurs, cette fois-ci. Le vilain capitaine Barry Fergusson (je vous dirai pourquoi "vilain" tout à l’heure) botte. Sur le trajet de son envoi, le ballon fait la connaissance de Baruch Dégo – mais qu’est-ce qu’il f…aisait là, Germaine ? A deux mètres de ses camarades qui faisaient le mur, à un endroit où on ne se positionne pas lors d’une semblable phase de jeu. Et pour cause : Dégo essaie d’intercepter le ballon, mais, au contraire, il modifie la trajectoire de ce dernier et prend le gardien Shavit Elymelekh à contre-pied.
Attends, c’est pas fini ! Le ballon est coquin, il n’entre pas dans l’embut, il frappe le poteau mais, horreur ( !), il échoit (il s’agit d’un ballon littérairement éduqué !) au Ranger espagnol Nacho Novo, qui n’a aucune peine à le loger au bon endroit. 1 à 1, voilà, maintenant le récit de ce goal est fini.
Douche froide à Bloomfield – ah, Isaac-Moïse n’a toujours pas réparé l’eau chaude ? (Germaine dixit) – avec ce score de parité, et un but marqué à l’extérieur qui compte double en cas d’égalité sur l’ensemble des deux matchs, le déplacement d’Ibrox ressemble à nouveau au jeu du Hamas qui consiste à s’offrir volontairement en pâture aux crocodiles.
Heureusement qu’à la 76ème, Dégo se réhabilite, marquant le 2 à 1 sur un habile centre d’Elianiv Barda, lui-même très bien servi par l’Argentin De Bruno.
Petite marge tout de même avant le match retour, mais déjà un succès de prestige pour le coach Nir Lévine, il n’était que de regarder la grimace de son vis-à-vis Walter Smith, qui n’a vraiment pas l’habitude de perdre, pour s’en persuader. Sur le papier, les Rangers devraient se qualifier, mais avec une volonté grosse comme ça, et pas mal de talent, le résultat, au foot, se joue heureusement sur le gazon et pas dans les statistiques.
Chapeau aussi au commentateur de Franz 2 – ces types se donnent, décidément ! - de la rencontre-débâcle du PSG, le 23 novembre dernier, contre les mêmes diables rouges d’Hapoël. 2 à 4, coups plus injures contre les spectateurs juifs (dont des enfants. Ndlr), sous les yeux impassibles des CRS, et un mort au Parc. Et pas l’esquisse d’une sanction de la part de l’UEFA ! Et le commentateur, en verve, qui prédit à cette équipe d’anonymes d’Hapoël qu’une telle soirée de grâce et de réussite serait sans lendemain.
S’il était un tant soit peu spécialisé dans le journalisme sportif, ou s’il avait simplement consulté ses notes, il aurait su qu’Hapoël Tel-Aviv avait atteint les quarts de finale de la même compétition durant l’édition 2001-2002. Saison durant laquelle les rouges furent contraints par l’UEFA de disputer leurs rencontres à domicile à… Chypre. Et qu’ils ne cédèrent que par un but d’écart, au terme des deux rencontres, la dernière face à l’AC Milan, dans le temple de San Siro.
Quant à Barry Fergusson, l’ex-excellent entraîneur français Paul Le Guen avait eu bien raison de lui retirer son brassard de capitaine. Même si Fergusson est le chouchou du président des Rangers et que cela valut à Le Guen sa mise à pied. Fergusson se comporte sur la pelouse tel un arsouille. Hier, il a adressé un direct à Tal Khen, qui venait prendre de ses nouvelles alors que Fergusson était étendu au sol. Cela valait sans aucun doute un carton rouge mais Pedro Proenca Oliveira Alves Gracia – non ce n’est pas un gag, c’est le nom de l’arbitre portugais – pas plus que ses juges de touche (dont je vous épargne le patronyme, l’article est déjà long) – n’ont vu ce geste d’antisport.
Pas grave. Des soirées comme celle d’hier, on en redemande. D’ailleurs, Ilan est certain que nous allons être très prochainement exaucés.