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Lettre d'actualité, avec un apport de symbolisme, et de spiritualité, accés le plus souvent sur un axe Moyen- Orient, Europe, et Amérique du Nord.

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Techniquement parfait… et ensuite ?

Techniquement parfait… et ensuite ?

Par Jean Tsadik


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© Metula News Agency












Impressionnante mise à feu du Khetz






 

Hier soir, à 20 h 19, un missile anti-missiles balistiques israélien de type Khetz (Flèche) a intercepté un objectif [1] présentant des caractéristiques similaires à celles du Shihab-3 (Météore) iranien. C’était la première fois, en quinze essais du Khetz, que la tentative avait lieu nuitamment.

 

Le lieutenant colonel Moshé Fattal, l’un des hauts responsables du projet, a commenté l’évènement sur la radio nationale israélienne. Il a annoncé qu’Israël était capable de contrer une attaque de missiles iraniens, y compris une attaque nucléaire.

 

Fattal a également informé les citoyens d’Israël qu’ils peuvent dormir en paix. Ce test s’est déroulé le jour même où l’on fête à Téhéran l’anniversaire de la révolution islamique.

 

Bien évidemment, en pareille occasion, c’est dans les non-dits des communiqués officiels qu’il convient de chercher les éléments réellement informatifs. Comme lorsque Fattal affirme que "ce qui est important, c’est que le système ait fonctionné dans des conditions extrêmes, celles qui pourraient exister en réalité". Et la Ména est en mesure de faire connaître que l’heure tardive du lancement ne représente pas une "condition extrême".

 

Ce qui est déjà beaucoup plus intéressant procède du fait que l’interception a été réalisée uniquement par des soldats de l’unité Khérev magen (Sabre bouclier) du dispositif anti-aérien. Sans intervention des scientifiques, comme c’était le cas jusqu’alors. Le colonel Dani Milau, chef des forces de DCA a relevé ainsi qu’il s’est agi d’une "utilisation opérationnelle du système" ; ceci consacre l’intégration du Khetz dans l’armée et c’est effectivement remarquable.

Au niveau des enseignements stratégiques de ce tir, le communiqué officiel du ministère de la Défense nous en apprend un peu plus : "Le but de cet essai consistait à étudier les capacités opérationnelles améliorées du système, qui comprennent un élargissement de l’enveloppe d’interception contre des objectifs futurs qui pourraient menacer Israël. Lors de ce test, le système a été utilisé en configuration opérationnelle à partir de deux batteries qui se trouvaient géographiquement distantes…".

 

En nous gardant d’aider les ennemis et les curieux à déchiffrer ce qui les intéresse de près, nous pouvons expliquer à nos lecteurs les raisons de la satisfaction des responsables du Khetz. Elles sont de quatre ordres :

 

  1. Les Iraniens utilisent en permanence l’appellation Shihab-3 afin de définir aussi bien les missiles balistiques en leur possession qui sont à l’état opérationnel, que ceux qui sont en développement. S’ils sont tous des émanations des No-Dong nord-coréens, des différences considérables existent entre les modèles du Shihab-3. Les premiers à entrer en service chez les Gardiens de la Révolution avaient une portée de l’ordre de 1 300 kilomètres et pouvaient à peine espérer atteindre certaines régions d’Israël. Désormais, d’après ce que l’on sait du Shihab-3B, il peut allègrement emporter une charge létale de 600 kilogrammes à 1 900 kilomètres de distance, soit assez pour exploser sur n’importe quelle région de l’Etat hébreu.

 

Or ces améliorations témoignent d’une puissance accrue, donc d’une altitude plus élevée et d’une vitesse de descente vers l’impact elle aussi amplifiée. Il fallait donc s’assurer que le Khetz, lui aussi modifié, était capable de détruire un objectif approchant à une allure supérieure à six kilomètres par seconde.

 

  1. Deuxièmement, d’après des informations fiables parvenues à l’Ouest, les Iraniens, avec l’aide de leurs professeurs coréens et pakistanais, seraient parvenus à développer un système (de contre-mesures et de guidage ?) anti-Khetz, destiné à soustraire le Shihab-3 B de l’enveloppe de destruction du système Pin-vert israélien. Sans entrer dans les détails, c’est pour s’assurer que les efforts de l’adversaire seraient sans effet que les Israéliens ont testé la double acquisition de l’objectif, par deux batteries séparées, l’une à Palmakhim, au sud d’Israël et l’autre à Ein-Shemer, au centre. Sur ce point également, l’exercice a parfaitement fonctionné.

 

  1. On suppose aussi que les islamistes et leurs alliés ont développé l’utilisation sur le Shihab-3 B d’ogives à têtes nucléaires multiples. Arrivé à une altitude prédéterminée, le cône du missile libère plusieurs bombes qui vont frapper des cibles multiples à divers endroits du territoire visé.

 

Les deux variantes théoriques capables de contrer cette disposition menaçante consistent soit à détruire le Shihab avant qu’il ne se divise – c’est-à-dire plus loin du territoire israélien, à une altitude plus élevée – soit à être capable de détruire chacune des métastases de l’agresseur.

 

Sur ce point aussi, tout laisse à penser que les savants israéliens ont trouvé une parade efficace et qu’ils l’ont testée hier soir.

 





 

Le striptease du Shihab

 

  1. Le quatrième point est d’ordre politico-économique : depuis plusieurs mois, certains experts diffusaient l’opinion selon laquelle la conception du Khetz et de son système Pin vert avait atteint ses limites. En d’autres termes que leur concept technologique ne disposait pas d’une réserve de développement suffisante pour répondre efficacement aux développements des missiles perso-coréens. Certains membres de l’establishment militaire israélien suggéraient déjà à haute voix de mettre un terme au (très) coûteux programme du Khetz et de s’inscrire comme clients du projet U.S d’armes anti-missiles balistiques en gestation.

 

A ce titre, l’essai d’hier constituait un véritable test de vérité, et je suis de ceux qui pensent que si le cahier des charges de l’expérimentation n’avait pas été rempli de façon satisfaisante, dans tous ses paramètres, le Khetz était voué aux gémonies.

 

A noter encore que les systèmes du Khetz étaient doublés, hier, par le système américain Patriot, qui était censé intercepter le moineau-météore à plus basse altitude, au cas où il serait parvenu à échapper aux Flèches de Tsahal. Il importe de bien saisir, à cet effet, qu’il suffirait qu’une seule bombe islamique traverse le filet des sabres-boucliers pour qu’elle détruise une large portion de la Terre Sainte. A ce titre, il faut considérer les Patriot comme l’option de la dernière chance.

 

Et dans le même temps, les ennemis iraniens ont mis en branle deux cascades de 164 centrifugeuses, nécessaires à la fabrication de l’arme nucléaire, dans le sous-sol de leur usine de Natanz. Selon des sources généralement bien informées, les Coréens auraient pour leur part procédé à un essai pro domo sur le territoire perse – histoire d’éviter les foudres de la communauté internationale – d’un missile balistique dit de "portée intermédiaire", pouvant livrer ses engins de mort sur les capitales européennes, sur la Chine et le Japon.

 

La réussite technologique d’hier en Israël est certes primordiale. Elle va nous permettre, de même qu’à nos amis européens, de dormir plus en sécurité. Mais les exploits technologiques ne sont pas la panacée de la protection contre l’expansionnisme de ces régimes qui mettent en péril la survivance de la planète. D’une façon bien plus urgente que la menace climatique. Il m’est avis que si les gouvernants ne saisissent pas très rapidement la dimension du danger, le monde file droit vers un tourbillon terrible de son histoire.   

 

 

Note :

 

[1] La cible de cet exercice était un missile américain de type Black sparrow (Moineau noir).

 

 

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